Statut d’avocat auto-entrepreneur et fonctionnement: guide détaillé

La profession d’avocat est une activité libérale réglementée qui peut être exercée par l’intermédiaire de plusieurs types de structure juridique : entreprise individuelle, société d’exercice libérale, société civile professionnelle. Tout d’abord, la première option consiste à s’installer en nom propre pour ouvrir votre cabinet d’avocat. Cette option ne sera toutefois envisageable que si vous vous lancez seul dans votre activité libérale. En effet, les entreprises individuelles ne sont pas faites pour se regrouper à plusieurs associés.

En réalité, une SELARL, une SELAS et une SELAFA offrent des possibilités pour des associés, chacune avec des formes spécifiques comme SARL, SAS et SA. Deux formes de société d’exercice libéral peuvent n’être constituées que par un seul associé unique : les SELASU (SEL prenant la forme d’une SASU) et les SELARLU (SEL prenant la forme d’une SARL unipersonnelle ou d’une EURL). Le choix de la société d’exercice libéral offre donc plusieurs possibilités pour les associés. En optant pour une société par actions, les dirigeants auront la possibilité d’être affiliés au régime général de la sécurité sociale.

Entreprises individuelles et sociétés d’exercice libéral

Sur toutes les formes juridiques citées, la responsabilité des associés est limitée au montant de leurs apports à la société. La société civile professionnelle (SCP) est une autre forme juridique de société possible pour exercer la profession d’avocat et suppose de réunir obligatoirement au moins deux participants dans le projet de création d’entreprise. Des statuts rédigés par écrit sont obligatoires pour organiser le fonctionnement de la société et le capital social est fixé librement.

Conditions et risques des SCP et SEL

La SCP peut uniquement avoir des associés personnes physiques et la responsabilité des associés est indéfinie et solidaire sur les dettes sociales. La direction est assurée par un ou plusieurs gérants. D’un point de vue fiscal, chaque associé est imposé personnellement à l’IR sur sa quote-part de bénéfice non professionnel (BNC). Sur option, il est toutefois possible d’opter pour l’impôt sur les sociétés. Par rapport à ce statut, il faut retenir qu’il laisse beaucoup de liberté pour organiser le fonctionnement de l’entreprise, mais c’est une structure risquée compte tenu de l’étendue de la responsabilité des associés.

Auto-entrepreneur et avocat

Vous souhaitez devenir auto-entrepreneur ? Pour créer une entreprise en France, l’entrepreneur peut choisir parmi plusieurs statuts juridiques, dont l’Entreprise Individuelle (EI), l’Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée (EURL) et l’auto-entrepreneur. L’auto-entrepreneur, aussi appelé micro-entrepreneur, est un entrepreneur individuel soumis au régime fiscal et social simplifié. Instauré par la loi de modernisation de l’économie du 4 août 2008, ce statut permet d’exercer une activité libérale non réglementée, artisanale ou commerciale indépendante à titre principal ou secondaire.

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Le statut d’auto-entrepreneur est particulièrement attractif pour les avocats qui veulent une activité indépendante avec des démarches simplifiées. Cependant, il existe des limites et des conditions spécifiques pour l’exercice de la profession d’avocat sous ce régime. Le CNB rappelle que, historiquement, l’auto-entrepreneur ne peut pas s’appliquer facilement aux avocats en raison des plafonds de chiffre d’affaires et des exigences propres à la profession.

Caractéristiques du régime micro-entreprise

Pour les auto-entrepreneurs, le régime micro-fiscal s’applique par défaut. Le versement libatoire de l’impôt sur le revenu peut être choisi, en appliquant un taux sur le chiffre d’affaires déclaré à l’URSSAF (2,2 %). Le plafond de chiffre d’affaires annuel brut en tant que micro-entrepreneur libéral est de 83 600 € en 2026. Si le seuil est dépassé deux années consécutives, le statut peut être requalifié en entreprise individuelle l’année suivante.

La TVA pour les professions libérales en micro-entreprise bénéficie par défaut d’une franchise en base de TVA, avec des seuils de 37 500 € (ou 41 250 € en cas de tolérance). En cas de dépassement, la TVA devient due et déclarable. Certaines activités restent incompatibles avec le régime micro-entreprise, notamment certaines professions juridiques comme les avocats selon les avis du CNB, et les professions réglementées.

Obligations d’un avocat auto-entrepreneur

Pour devenir avocat auto-entrepreneur, il faut s’enregistrer auprès de la Banque-Carrefour des Entreprises et s’immatriculer à l’Ordre des Barreaux, souscrire une assurance professionnelle et créer un compte bancaire professionnel. Le processus peut inclure la création d’un site web, l’utilisation du réseau professionnel et le recrutement d’un comptable. Une attention particulière est portée à la nécessité d’un compte pro, d’un logiciel comptable adapté et d’un regard sur les prix des loyers si vous louez des bureaux. De plus, des démarches administratives spécifiques et une inscription à l’Ordre des Barreaux sont requises : le SIRET est délivré après immatriculation.

Règles et exceptions pour les avocats

Selon le CNB, le statut de l’auto-entrepreneur ne peut pas s’appliquer de manière générale aux avocats, en raison du seuil de chiffre d’affaires jugé trop bas et de l’affiliation obligatoire à la CNBF. Le CNB indiquait qu’un avocat sera rarement en mesure d’adopter le statut d’auto-entrepreneur, tant pour des raisons déontologiques que pratiques. Toutefois, certaines exceptions et évolutions réglementaires peuvent influencer ce cadre au fil du temps.

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Aspects pratiques et stratégies de développement

Pour développer une activité efficace en tant qu’avocat auto-entrepreneur, l’on conseille de créer un site web professionnel comme vitrine principale, de développer son réseau via les anciens contacts universitaires et professionnels, et d’utiliser les réseaux pour prospecter sans remplacer le site. La localisation des bureaux peut être optimisée par la location de bureaux équipés ou un espace de coworking, offrant un cadre professionnel et des loyers comparables.

La formation et les compétences d’un avocat auto-entrepreneur restent identiques à celles des avocats salariées, avec une priorité sur les qualités de communication, de négociation et de veille juridique. L’accès au barreau et les conditions générales d’exercice restent des éléments à comprendre et à respecter pour exercer la profession en toute conformité.

Comment devenir auto-entrepreneur en 2026 ?

Tableau récapitulatif des formes et caractéristiques

Forme Nombre d’associés Responsabilité Régime fiscal Remarques
Entreprise individuelle 1 Limitée au patrimoine affecté IR (BNC) ou IS sur option Pas de capital social, seul entrepreneur
SELARL / SELAS / SELAFA Plusieurs Limitée aux apports Imposable selon forme (IS souvent) Affiliation au régime général possible
SCP 2 ou plus Solidaire et indéfinie IR (BNC) ou IS sur option Statuts écrits obligatoires
Auto-entrepreneur (micro-entrepreneur) 1 Limité aux apports, selon activité IR avec option micro-fiscal, ou versement libatoire Franchise TVA par défaut, plafonds 83 600 € CA

En résumé, le statut d’auto-entrepreneur présente des avantages indéniables de simplicité et de flexibilité, mais exige une attention particulière à l’éthique professionnelle et aux plafonds propres à la profession d’avocat. Pour les avocats, le choix entre auto-entrepreneur et autres structures dépendra des objectifs, du volume d’affaires et des obligations déontologiques.

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