AXA assurances : activités, investissements et présence en Israël

Le géant de l’assurance AXA est au cœur d’un débat public intense autour de ses investissements en Israël et de son implication supposée dans l’économie liée aux colonies israéliennes en territoires occupés. La question de savoir si AXA a amorcé un désinvestissement en Israël a été posée après plusieurs annonces publiques, des campagnes de mobilisation citoyenne et des analyses d’ONG et de coalitions militantes.

Vente des parts d’Elbit Systems et réaction des campagnes BDS

L’information a été révélée le 17 avril : Axa Investment Manager (Axa-IM), une filiale du groupe d’assurance français, a cédé, fin 2018, l’ensemble de ses parts détenues dans le capital du fabricant d’armes israélien Elbit Systems. La campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), qui milite contre la colonisation des territoires palestiniens, s’est en tout cas félicitée le 18 avril de la vente par une filiale d’investissement d’AXA de toutes ses parts dans le capital du fabricant d’armes israélien Elbit Systems. Si BDS se félicite de cette décision, l’ONG regrette cependant que ce désinvestissement ne s’étende pas à cinq banques israéliennes qui financent des activités illégales d’occupation militaire et de colonisation de l’Etat israélien.

Interrogé par Bastamag, le groupe AXA assure déployer « une des politiques d’investissement responsable les plus complètes et les plus avancées du secteur financier ». Et affirme que « dans le cadre de (sa) politique dédiée aux armes controversées », il a « pris la décision de désinvestir d’Elbit Systems lorsqu’ils ont acquis une société qui produit des armes à sous-munitions ».

Critiques et demandes de la coalition Stop AXA Assistance to Israeli Apartheid

La coalition, qui réunit des comités de la campagne Boycott désinvestissement sanctions (BDS) et SumOfUs, n’entend pas se laisser voler ce qu’elles considèrent comme une première victoire et poussent AXA à aller plus loin. Lancée en avril 2018 par SumOfUs, la pétition appelant AXA à « cesser de faire du profit sur la colonisation en Palestine » a été signée par plus de 140 000 personnes. La coalition « Stop AXA Assistance to Israeli Apartheid » appelle les individus, les organisations et les institutions du monde entier à boycotter AXA jusqu’à ce qu’elle mette fin à sa complicité avec l’apartheid israélien et les violations des droits humains en Palestine.

La coalition dénonce que AXA reste investi dans au moins trois banques israéliennes, qui « constituent l’épine dorsale des colonies de peuplement illégales par le biais des services financiers qu’elles fournissent ». Dans le cas d’Axa-IM, les banques concernées sont Bank Hapoalim, Bank Leumi et Mizrahi Tefahot Bank. Si Axa-IM s’est bien débarrassée de ses parts dans Elbit Systems, il reste investi dans au moins trois banques israéliennes, qui « constituent l’épine dorsale des colonies de peuplement illégales par le biais des services financiers qu’elles fournissent », dénonce la campagne.

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Investissements indirects : Equitable Holdings et autres liens financiers

AXA détient également 9 % d’Equitable Holdings (EHQ), qui investit 157 millions de dollars dans cinq banques israéliennes - Bank Hapoalim, Bank Leumi, First International Bank of Israel, Israel Discount Bank et Mizrahi Tefahot Bank - ainsi que dans Israël’s largest arms company, Elbit Systems. AXA owns 9 % of Equitable Holdings (EHQ), which invests 157 million dollars in 5 Israeli banks, Bank Hapoalim, Bank Leumi, First International Bank of Israel, Israel Discount Bank, and Mizrahi Tefahot Bank, as well as in Israel’s largest arms company, Elbit systems. Par ailleurs, l’investissement d’Axa au sein d’acteurs de l’économie israélienne impliqués dans l’occupation passe aussi par Alliance Bernstein, une holding d’investissements au sein de laquelle AXA n’a plus la majorité du capital, mais où le groupe reste présent, avec 31 % de parts encore détenues selon SumOfUs (contre 65 % auparavant).

Accusations liées aux banques impliquées dans les colonies

Bien qu’AXA affirme que ses « investissements dans les banques israéliennes n’ont absolument pas vocation à financer l’extension des territoires occupés », la coalition et plusieurs rapports documentent le rôle des banques citées. Ces banques opèrent des succursales dans les colonies illégales des territoires palestiniens et de la zone du plateau du Golan, fournissant des prêts hypothécaires aux colons et des services financiers aux autorités locales des colonies pour des projets de construction.

Ces banques complices travaillent également comme « partenaires d’accompagnement » en s’assurant de fournir à l’entreprise de construction les principaux services financiers nécessaires jusqu’à l’achèvement du projet. Sans ces banques, de nombreux projets de colonies israéliennes illégales auraient du mal à être mis en œuvre. Ce schéma est également documenté avec précision dans un autre rapport publié en 2017 par l’ONG Who Profits qui travaille sur « l’industrie de l’occupation israélienne ».

Accusations contre Elbit Systems et conséquences humanitaires

Elbit Systems est connue pour profiter du siège israélien sur Gaza, « testant en combat » ses drones tueurs, le phosphore blanc, les balles de sniper et des composants d’avions de combat, tous déployés par l’armée d’occupation israélienne pour tuer ou mutiler des Palestiniens. Elbit Systems’ Hermes 900 drones were among Israel’s drones that murdered 164 Palestinian children in Gaza in 2014. Les drones Hermes 900 d’Elbit Systems faisaient partie des drones israéliens qui ont assassiné 164 enfants palestiniens en 2014, lors de l’agression armée israélienne sur la bande de Gaza.

AXA a expliqué que Elbit Systems ne rentrait pas initialement dans leurs critères d’armes controversées, puis a affirmé avoir pris une décision de désinvestissement en lien avec l’acquisition d’une société produisant des armes à sous-munitions. Imen Habib, animatrice de la campagne BDS France, résume : « Leur double implication dans les banques et dans Elbit Systems nous a cependant paru assez grave en terme de complicité pour que l’on mène une campagne. »

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Contexte politique israélien et enjeux géopolitiques

En Israël, après la victoire du Likoud aux élections législatives du 9 avril, Benyamin Netanyahou s’apprête à former un nouveau gouvernement. Ce sera son cinquième mandat à la tête du pays. Actuellement sous la menace d’inculpation pour des faits de corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires distinctes, le bientôt septuagénaire a franchi un nouveau seuil durant la campagne électorale en faisant part de sa volonté d’annexer les colonies implantées en Cisjordanie.

« Aujourd’hui, on assiste à une alliance forte entre les différentes extrême-droites mondiales et Benyamin Netanyahou en est l’un des leaders », rappelle Imen Habib. Tout comme la loi « État nation » votée en Israël en juillet 2018, (qui consacre Israël comme « l’État-nation du peuple juif » et ne reconnaît le droit à l’autodétermination qu’aux juifs-israéliens, ndlr), cela éclaire de façon nette la nature profonde du régime israélien d’apartheid.

Mobilisations, pétitions et actions ciblées

La pétition lancée par SumOfUs a recueilli plus de 140 000 signatures pour demander à AXA de « cesser de faire du profit sur la colonisation en Palestine ». La coalition annonce poursuivre la campagne sur le désinvestissement d’AXA et en enclencher une autre sur le boycott de la marque Puma, « pour qu’ils mettent fin au sponsoring des équipes de foot des colonies israéliennes ». Une journée d’action internationale à cet effet est prévue le 15 juin.

La coalition « Stop AXA Assistance to Israeli Apartheid » appelle les individus, les organisations et les institutions du monde entier à boycotter AXA jusqu’à ce qu’elle mette fin à sa complicité avec l’apartheid israélien et les violations des droits humains en Palestine. En signant, je m’engage à boycotter AXA en refusant d’acheter ses produits d’assurance et j’appelle autres individus, entreprises, équipes sportives, institutions et syndicats à mettre fin à tous leurs contrats commerciaux, de sponsor et/ou d’assurance avec AXA.

Complexité des structures capitalistiques et obstacles au contrôle

Autre difficulté : la grande complexité des organigrammes des multinationales. Durant cette campagne, il a souvent été difficile de faire la part des choses dans les filiales d’Axa, ajoutait Leyla Larbi, chargée de campagne de SumOfUs. Ils en ont beaucoup, et répondent sans cesse que ce n’est pas eux... Cette grande complexité des organigrammes des multinationales rend les campagnes de responsabilisation et de désinvestissement plus ardues.

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Perspectives : suite des campagnes et retours aux actions culturelles

Dans les mois à venir, BDS annonce poursuivre la campagne sur le désinvestissement d’AXA et en enclencher une autre sur le boycott de la marque Puma, « pour qu’ils mettent fin au sponsoring des équipes de foot des colonies israéliennes ». Après le désinvestissement, un retour aux actions de boycott culturel est envisagé par les militants. Comme l’ont démontré Eyal Sivan et Armelle Laborie et plus encore Jean Stern, Israël a fabriqué ces dernières années une image « gay friendly » de Tel Aviv. La capitale israélienne devenant ainsi la pièce maîtresse d’une entreprise de pinkwashing qui laisse songeur, quand on sait les fondations sexistes, homophobes et virilistes des dirigeants actuels du pays.

Is Israel imposing 'apartheid' on Palestinians? – Inside Story

Tableau récapitulatif des principaux points mentionnés

Élément Description
Désinvestissement d’Elbit Systems Axa-IM a cédé fin 2018 l’ensemble de ses parts dans Elbit Systems
Bases de contestation Pétition SumOfUs (140 000+ signatures), campagnes BDS et coalition internationale
Banques concernées Bank Hapoalim, Bank Leumi, Mizrahi Tefahot Bank (investissements indirects et directs)
Participations indirectes 9 % d’Equitable Holdings (EHQ), 31 % dans Alliance Bernstein (réduction depuis 65 %)
Accusations Financement et accompagnement de projets de colonies illégales, soutien indirect à industrie d’armement

La controverse autour d’AXA illustre la difficulté pour les grandes entreprises multinationales de concilier politiques de responsabilité sociale et chaînes d’investissement complexes, surtout lorsque des acteurs impliqués sont accusés de violations graves des droits humains. La campagne continue de mettre la pression pour obtenir des décisions plus larges et durables de la part du groupe d’assurance.

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