Adresse et informations sur l'usine BASF proche de Rouen (Saint‑Aubin‑lès‑Elbeuf)
Plusieurs centaines de manifestant·es ont bloqué pendant quelques heures l’usine BASF de Saint‑Aubin‑lès‑Elbeuf, près de Rouen, en Seine‑Maritime. Entamé à l’aube, le blocage du site a été levé peu avant 13 heures.
Localisation et statut administratif
Cet établissement, immatriculé sous le SIRET 343 979 092 00032, est en activité. Il a été créé le 6 février 2004. C’est un établissement secondaire de la société BASF AGRI PRODUCTION SAS, qui possède 3 autre(s) établissement(s). Une société est constituée d’autant d’établissements qu’il y a de lieux différents où elle exerce - ou a exercé - son activité. Il faut bien distinguer la fiche résumé de la société et les fiches de ses établissements.
Le site de Saint‑Aubin‑lès‑Elbeuf est spécialisé dans la synthèse chimique de plusieurs substances actives, et en particulier du fipronil, insecticide destiné principalement aux marchés brésiliens (canne à sucre, soja), nord‑américain (termites), japonais (riz) et européens. Il fabrique également trois substances fongicides, le triticonazole, la dimoxystrobine et le pyriméthanil. Les substances actives sont ensuite formulées dans d’autres usines du groupe en France ou dans d’autres pays. Le site exporte plus de 75% de sa production.
Activités et production
Son domaine d’activité est : fabrication de pesticides et d’autres produits agrochimiques (20.20z). En plus de produire plus de 1 500 tonnes de pesticides par an, ce site est régulièrement épinglé pour ses rejets massifs de PFAS (ou « polluants éternels »), ces substances toxiques persistantes dans l’environnement. Les PFAS et les pesticides posent un problème majeur de santé publique, alertent les manifestant·es présent·es sur place.
Sur son site Internet, BASF assume de continuer à produire cette substance nocive pour l’exporter dans des pays où elle reste autorisée : « principalement aux marchés brésiliens (canne à sucre, soja), nord‑américain (termites), japonais (riz) et européens ». Malgré une loi de 2022 interdisant cette pratique, les géants de l’agrochimie utilisent une faille dans le texte pour continuer à produire et à exporter depuis la France plusieurs milliers de tonnes de pesticides interdits dans l’Union européenne.
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Principales substances fabriquées
- Fipronil (insecticide)
- Triticonazole (fongicide)
- Dimoxystrobine (fongicide)
- Pyriméthanil (fongicide)
Controverses et pollution
En janvier, plusieurs associations avaient affirmé que cette usine détenait le « record français, et de très loin, de rejets de TFA dans la Seine », un polluant éternel de la famille des PFAS. BASF a indiqué qu’un plan mené depuis janvier a permis « une réduction de 85 % des émissions de TFA » depuis janvier. Ils dénoncent la production de pesticides et des rejets de polluants éternels dans l’environnement.
« Ce lieu incarne les dérives et l’impunité persistantes de l’industrie criminelle des pesticides », dénoncent les associations dans un communiqué. Les manifestant·es mettent en avant que « les premiers touchés, ce sont les paysans, les paysannes et les salariés agricoles de ce système agrochimique ». « Il faut dépasser le clivage écolos‑agriculteurs », explique un membre du collectif Les Soulèvements de la Terre, à l’origine de cette mobilisation sans précédent.
Manifestation et actions citoyennes
A l’initiative du syndicat agricole Confédération paysanne et du collectif Les Soulèvements de la Terre, environ 300 personnes ont participé au rassemblement de protestation, lundi 17 novembre, devant l’usine du groupe agrochimique. Au matin, environ 500 personnes selon les organisateurs - 300 selon la préfecture - revêtues de combinaisons blanches, parmi lesquelles des agriculteurs de la Confédération paysanne, avec leurs tracteurs, ont bloqué le site normand du géant allemand de l’agrochimie pour dire « stop à la production de pesticides », dénoncer « BASF exportateur de poison » et chanter à tue‑tête : « L’agriculture, on veut en vivre, pas en mourir. »
Arrivés vers 7h45, au moins une quinzaine de militants ont réussi à s’introduire dans l’enceinte de l’usine après avoir percé le grillage, tandis que sept tracteurs et des amas de terre interdisaient le passage à six poids lourds bloqués devant l’entrée. Les organisateurs ont affirmé avoir réuni environ 500 agriculteurs et citoyens. Le blocage du site a été levé peu avant 13 heures. « L’action est levée », a signalé la Confédération paysanne, tout en regrettant « deux interpellations » parmi les militants. Une trentaine de manifestants se sont ensuite rendus devant le commissariat de Rouen pour demander leur libération.
Plusieurs organisations, la Confédération paysanne, le Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest (CSVPO), Cancer Colère, les Faucheurs volontaires et les Soulèvements de la Terre, ont décrit cette opération coup de poing comme une « inspection des stocks afin de récupérer des preuves supplémentaires de la fabrication et du stockage de pesticides interdits, notamment à base de fipronil ». « Nous avons fait une inspection des stocks afin de récupérer des preuves supplémentaires de la fabrication et du stockage de pesticides interdits », confirment les organisateur·ices.
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Réactions de BASF et suites juridiques
« Des intrusions, des dégradations de matériels, des comportements pouvant porter atteinte à la sécurité du site et des attitudes d’intimidation à l’égard des personnels ont été constatés », a dénoncé la direction de BASF France. Avec l’intervention des forces de l’ordre, « l’action a été rapidement contenue (…) Les personnes impliquées ont été appréhendées », a affirmé le groupe, annonçant son intention de déposer plainte.
Le groupe BASF, considéré comme l’un des plus gros groupes chimiques au monde, possède plusieurs centaines de sites de production de pesticides, d’engrais ou encore de colorants à travers la planète. BASF a indiqué reconnaître la production destinée à l’export et assume de continuer à produire certaines substances pour des marchés extérieurs où elles restent autorisées.
Informations pratiques et précautions
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| Élément | Détail |
|---|---|
| Nom de l’établissement | BASF (établissement secondaire à Saint‑Aubin‑lès‑Elbeuf) |
| SIRET | 343 979 092 00032 |
| Date de création | 6 février 2004 |
| Activité | Fabrication de pesticides et autres produits agrochimiques (20.20z) |
| Produits majeurs | Fipronil, triticonazole, dimoxystrobine, pyriméthanil |
| Export | Plus de 75% de la production (marchés Brésil, Amérique du Nord, Japon, Europe) |
« Cette usine produit en immense majorité des pesticides interdits en Europe pour l’exportation vers l’Amérique du Sud, c’est totalement illégitime », a affirmé Thomas Gibert de la Confédération paysanne, dénonçant la recherche de profits au détriment du bien commun et « l’indécence » d’entreprises qui, selon lui, « vont profiter aussi des accords de libre‑échange comme le traité du Mercosur » avec l’Amérique du Sud. « Nous invitons paysans et habitants à poursuivre cette mobilisation, à converger vers les autres sites de production de pesticides et à interpeller les institutions complices de ce modèle destructeur et meurtrier », explique Thomas Gibert.
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