Cession de fonds de commerce: procédure notaire à Orléans et cadre juridique

Le fonds de commerce est un ensemble d’éléments corporels et incorporels utilisés pour l’exploitation d’une activité commerciale. Il se compose de plusieurs éléments de différente nature : les éléments incorporels (enseigne, nom commercial, droit au bail, clientèle, brevets d’invention, licences d’exploitation, etc.) et les éléments corporels (meuble, outil, machine, matériel, marchandise, etc.). En revanche, le fonds ne comprend pas les immeubles, les créances et dettes, les contrats (sauf ceux transmissibles comme les contrats de travail), les documents comptables, le droit de terrasse…

Quelles démarches pour une cession de fonds de commerce ?

La cession de fonds de commerce est une vente soumise aux règles civiles et aux dispositions spécifiques du Code de commerce. Dans le cadre de la vente, une procédure précise est à suivre :

  • Informer la mairie de son projet de cession si le fonds est soumis au droit de préemption, par cerfa 13644*02, pour les entreprises de moins de 250 salariés.
  • Informer les salariés au moins deux mois avant la conclusion de l’acte afin de leur offrir un délai pour proposer une offre de rachat du fonds.
  • Rédiger et signer l’acte de cession du fonds de commerce.
  • Enregistrer l’acte auprès du service des impôts des entreprises pour déterminer les droits d’enregistrement et taxes dues.
  • Publier une annonce légale dans un journal habilité dans les 15 jours suivant la conclusion de la vente.
  • Immatriculer l’entreprise sur le site du guichet unique des formalités des entreprises (GUFE) quelle que soit la nature de l’activité (commerciale, libérale, artisanale ou agricole).
  • Le guichet transmet ensuite les publications au BODACC, la déclaration au Registre National des Entreprises (RNE) et la demande d’immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS).

Comment rédiger l’acte de cession d’un fonds de commerce ?

Des règles juridiques et fiscales impératives s’appliquent lors de la promesse et de la vente d’un fonds de commerce afin de protéger vendeur, créanciers, acquéreur et banquier. Le document fondamental est le compromis de vente ou la promesse de vente. Il est fortement recommandé de recourir à un professionnel du droit, tel que le notaire. Si certaines informations manquent, la vente peut être nulle.

Ce qu’il faut vérifier avant la cession

Une étude approfondie s’impose en amont car de nombreuses informations sont essentielles :

  • Que se passe-t-il si des contrats de travail ne sont pas mentionnés alors que le repreneur a l’obligation de les maintenir ?
  • Le bail est-il régulier ou contient-il des erreurs ou omissions ?
  • Les locaux correspondent-ils à ceux indiqués dans le bail ?
  • Quel est le loyer actuel ? Est-il soumis à la TVA ou non ? Quand doit-il être révisé ?
  • Faut-il verser un dépôt de garantie ?
  • Les clauses du bail permettent-elles d’exercer toutes les activités envisagées ? Le bail sera-t-il renouvelé par le propriétaire ?
  • Quelles dispositions d’urbanisme s’appliquent aux locaux d’exploitation ?

Des projets d’aménagement urbain peuvent modifier la commercialité des lieux. Le bail commercial est transmis à l’acheteur, formant le droit au bail; le propriétaire ne peut pas s’y opposer. Des clauses peuvent encadrer la cession : agrément préalable du bailleur, nécessité d’un acte notarié, garantie sur les loyers, etc. Cette garantie permet au bailleur de se retourner contre le vendeur si l’acheteur n’honore pas ses loyers.

Lire aussi: Fiscalité Cession Parts SARL

Ce que doit contenir l’acte et les informations obligatoires

Aujourd’hui, il n’existe plus d’obligation de forme ou de mentions obligatoires dans l’acte, suite à la suppression de l’article L141-1 du Code de commerce par la loi du 19 juillet 2019. Néanmoins, l’acte reprend souvent les anciennes mentions afin de sécuriser la vente et le vendeur conserve une obligation générale d’information. D’autres clauses fréquemment insérées : clause de non-concurrence, clause de non-rétablissement pour le vendeur, répartition des frais d’enregistrement, ou prise en charge par le vendeur.

Informations comptables et garanties

Concernant les éléments comptables (C. com. art. L141-2), le vendeur et l’acheteur doivent viser, le jour de la vente, un document présentant les chiffres d’affaires mensuels entre la clôture du dernier exercice et le mois précédant la vente. Le vendeur doit mettre à disposition les livres comptables pendant trois ans à compter de l’entrée en jouissance du fonds. Le vendeur est garant envers l’acheteur de l’exactitude des énonciations (C. Com., art. L142-3). En cas d’inexactitude prouvée, l’acheteur peut obtenir restitution du fonds, diminution du prix ou dommages-intérêts.

Publications, enregistrement et paiement du prix

Dans les 15 jours suivant la signature, la vente doit être publiée dans un journal d’annonces légales pour ouvrir le droit d’opposition des créanciers. Les créanciers disposent de 10 jours pour s’opposer. Le repreneur doit solliciter le greffier du tribunal de commerce dans les 3 jours suivant l’insertion; le Bodacc publie l’avis. L’acte doit être déposé auprès du service fiscal de l’enregistrement; des droits d’enregistrement sont dus. L’acquéreur doit transmettre une déclaration des bénéfices dans les 60 jours suivant la publication. Le paiement du prix est généralement versé au vendeur mais peut être séquestré par un notaire jusqu’à règlement. Le séquestre a un délai de répartition de 105 jours, rallongé de 60 jours si le vendeur n’a pas déposé sa déclaration des bénéfices. Les honoraires et frais de séquestre sont à la charge de l’acheteur, sauf autre répartition prévu par l’acte.

Solidarité fiscale et coûts

Après l’acquisition, l’acheteur peut être poursuivi pendant trois mois pour certains impôts liés au bénéfice du fonds, à hauteur du prix de vente (solidarité fiscale de l’acquéreur). Le délai peut être abaissé à 30 jours sous certaines conditions (avis adressé à l’administration, dépôt de la déclaration de résultats dans les 60 jours, vendeur à jour de ses obligations). Les honoraires du notaire sont librement fixés et varient selon l’acte; il est conseillé de s’adresser directement à lui pour obtenir le coût précis.

Rôle du notaire et accompagnement

Le notaire est un partenaire clé dans la cession d’un fonds de commerce. Il délivre conseils, rédige l’acte avec les mentions légales et assure la sécurité juridique des transactions. L’étude notariale peut proposer un accompagnement sur mesure et sécuriser chaque étape jusqu’à l’acte authentique de cession. La signature d’un acte authentique marque le transfert de propriété définitif.

Lire aussi: Imposition Plus-Value Cession Parts SARL

Cas pratique et localisation

La cession d’un fonds de commerce peut être réalisée dans la région d’Orléans et ses environs, avec un accompagnement pour les formalités à réaliser dans le Loiret et le Centre-Val de Loire. Une approche rigoureuse consiste à auditer le fonds à céder, à dresser un descriptif précis et à coordonner les pièces comptables et contractuelles avec l’expert-comptable.

Le droit au bail est un élément central du fonds de commerce. Lorsqu’il est nécessaire, une cession du droit au bail est encadrée et peut impliquer des clauses comme l’agrément du bailleur ou une garantie sur les loyers pour sécuriser le repreneur et le bailleur.

Formation et conclusion

Pour faciliter la cession, des offices notariaux locaux proposent un cadre d’accompagnement personnalisé, notamment à Orléans et dans les environs. Chaque projet est unique et nécessite un audit complet du fonds, l’identification des actes et des clauses nécessaires, et une coordination des formalités administratives et fiscales afin de sécuriser la transmission.

Cession de Fonds de Commerce : Les 6 Étapes Clés

Lire aussi: Transition Réussie PME

balises:

Articles populaires: