Procédure nationale de cessation CIRDI : cadre, modalités et recours

Le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) joue un rôle primordial dans l'administration des procédures arbitrales entre investisseurs et États. Il offre un mécanisme structuré pour la résolution efficace des différends en investissant son pouvoir à travers des sentences ayant force obligatoire. Ces sentences, définitives, engagent les parties au différend, et les recours sont strictement encadrés au sein de la procédure nationale qui gouverne la cessation des différends selon les règles du CIRDI.

Caractère définitif et force obligatoire des sentences CIRDI

Les sentences prononcées dans le cadre du CIRDI sont définitives et obligatoires pour les parties en litige. Selon l'article 48 de la Convention CIRDI, les recours ne peuvent être dirigés que contre une sentence et non contre les décisions provisoires ou interlocutoires rendues par le tribunal pendant l'instance.

Dans un délai de 45 jours suivant le prononcé de la sentence, chaque partie peut soumettre une requête pour obtenir une décision supplémentaire ou une rectification de la sentence conformément à l'article 49(2) de la Convention CIRDI et à l'article 61 du Règlement d'arbitrage. La procédure est initiée par la réception par voie électronique de la demande et du paiement du droit de dépôt. Cette requête est ensuite transmise à l'autre partie et au tribunal ayant prononcé la sentence, qui fixe un calendrier pour la réception des observations des parties et détermine la marche à suivre.

Interprétation et révision des sentences : modalités et délais

Les parties disposent également du droit de demander une interprétation du sens et de la portée de la sentence en tout temps après son prononcé. Pour ce faire, elles doivent soumettre une demande électronique, accompagnée du règlement du droit de dépôt. Le Secrétaire général sollicite alors l'accord des membres initiaux du tribunal pour reconstituer le tribunal en vue de cette procédure d'interprétation. La procédure suit le modèle d'un arbitrage classique, comprenant une session initiale du tribunal, suivie des phases écrite et orale, conformément à l'article 72 du Règlement d'arbitrage.

La partie requérante peut en outre solliciter le sursis à l'exécution de la sentence jusqu'à la décision finale du tribunal sur la demande d'interprétation (article 50(2) de la Convention CIRDI, article 73 du Règlement d'arbitrage).

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En ce qui concerne la révision de la sentence, la demande doit être introduite dans un délai de 90 jours à compter de la découverte d'un fait nouveau, et en tout cas dans les trois ans suivant la prononciation de la sentence, d'une décision supplémentaire ou d'une rectification. Elle est déposée par voie électronique avec règlement du droit de dépôt. Le tribunal initial est reconstitué pour statuer sur la demande de révision selon la même procédure que celle de l'arbitrage (article 72 du Règlement d'arbitrage). Le sursis à l'exécution de la sentence peut également être sollicité pour la durée de cette procédure.

Procédure d’annulation : recours exceptionnel et constitution du comité ad hoc

L’annulation d’une sentence représente un recours exceptionnel visant à préserver les principes fondamentaux du droit procédural (article 52 de la Convention CIRDI). Chaque partie peut introduire une demande d’annulation par voie électronique dans un délai de 120 jours suivant la sentence.

Le Président du Conseil administratif constitue alors un comité ad hoc de trois membres parmi la liste des arbitres pour statuer sur la requête. Le déroulement de la procédure d’annulation est similaire à celui de l’arbitrage classique, avec une première session, une phase écrite et une phase orale. Le CIRDI peut, avec le consentement des parties, publier une version intégrale ou expurgée de la décision d’annulation (article 62(2) du Règlement d’arbitrage).

Lorsque la sentence est annulée totalement ou partiellement, une nouvelle formation arbitrale peut être constituée pour réexaminer le différend et rendre une nouvelle sentence.

Les règlements et amendements récents du CIRDI

Le 21 mars 2022, le CIRDI a adopté de nouveaux amendements aux règles d’arbitrage qui sont entrés en vigueur le 1er juillet 2022. Ces nouveautés visent à améliorer l’efficacité, la transparence et la rapidité des procédures. Par exemple, des règles relatives aux procédures accélérées ont été intégrées au chapitre XII, incitant à une réduction significative de la durée de traitement des dossiers.

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La première session du tribunal est désormais prévue dans un délai de 30 jours après sa constitution, sauf accord contraire. La soumission de la demande d’arbitrage et des documents associés s’effectue principalement de manière électronique, avec certaines exceptions si exigées par le Secrétaire général du CIRDI.

Le financement par des tiers est abordé explicitement pour la première fois, dans l’approche pragmatique adoptée par les nouvelles règles pour garantir transparence et permettre l’accès à la justice aux investisseurs privés.

Le chapitre X du Règlement d'arbitrage prévoit une transparence accrue avec la publication des sentences, décisions supplémentaires, rectifications, interprétations, révisions et décisions d’annulation, sauf opposition expresse dans le délai de 60 jours suivant la décision.

Par ailleurs, la règle 65 introduit la possibilité d’observer les audiences à des tiers, sous réserve du consentement des parties, tandis que les parties non contestantes peuvent intervenir par dépôt d’observations écrites.

Les délais et coûts sont mieux encadrés afin d’optimiser l’administration des différends, avec des délais obligatoires pour le rendu des sentences et ordonnances, contribuant ainsi à rendre la procédure nationale de cessation CIRDI plus efficiente et transparente.

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Accession à la qualité de membre du CIRDI

L’adhésion au CIRDI suit une procédure précise décrite dans les articles 67 à 75 de la Convention. Un État souhaitant devenir membre commence par signer la Convention CIRDI, généralement au siège de la Banque mondiale à Washington, D.C. Cette signature peut être réalisée par le chef d’État, le chef de gouvernement, le ministre des affaires étrangères ou un représentant officiel muni de plein pouvoir.

Une fois la signature effectuée, l’État procède à la ratification interne de la Convention avant de déposer un instrument officiel auprès du dépositaire. La Convention CIRDI ne prévoit aucune possibilité de formulation de réserves. Un État peut, enfin, dénoncer la Convention par notification écrite avec effet six mois après réception.

Pour accompagner les gouvernements, le CIRDI a élaboré un guide détaillé sur le processus d’obtention du statut de membre et les modalités de signature et ratification, garantissant ainsi la bonne compréhension et mise en œuvre des procédures d’adhésion.

Disposition préliminaire des contentieux et rejet des demandes non fondées

L’article 41(5) du Règlement d’arbitrage prévoit une procédure accélérée permettant au tribunal de rejeter toutes demandes manifestement infondées dès le stade préliminaire. Cette mesure vise à préserver les ressources des parties en écartant rapidement les litiges juridiquement non fondés. Elle s’applique aux arbitrages engagés sous la Convention ou des traités disposant de clauses similaires, comme l’Accord de libre-échange entre la République dominicaine, l’Amérique centrale et les États-Unis (ALEAC-RD).

Après le dépôt d’une exception ou d’un moyen, le tribunal établit un calendrier pour les échanges écrits et l'audition orale lors d'une session initiale. Une décision favorable rejette alors les demandes sans fondement, accélérant ainsi le déroulement de la procédure nationale de cessation CIRDI.

Type de recours Délai de dépôt Organes impliqués Procédure
Décision supplémentaire / rectification 45 jours après la sentence Tribunal initial Phase écrite puis orale
Interprétation À tout moment après la sentence Tribunal reconstitué Procédure arbitrale classique
Révision 90 jours après découverte fait nouveau / 3 ans max Tribunal reconstitué Procédure similaire à l’arbitrage
Annulation 120 jours après la sentence Comité ad hoc de 3 membres Phase écrite et orale, publication possible

Cette synthèse illustre les composantes clés du système d’arbitrage de cessation des différends CIRDI, mettant en avant la rigueur procédurale et les garanties offertes aux parties pour un règlement équitable et transparent.

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