Coiffeur et TVA : Régime d'imposition et encaissements
La TVA, abréviation de Taxe sur la Valeur Ajoutée, est un impôt indirect mis en place en 1954 et est devenue une source de revenu très importante en France. La TVA est calculée en fonction d’un pourcentage du prix de vente des biens ou des services, versé par le consommateur final. Les entreprises collectent la TVA sur les ventes qu’elles réalisent, tout en déduisant la TVA des dépenses professionnelles engagées.
En qualité de coiffeur, vous devez vous conformer aux différentes modalités de la TVA en vigueur selon les services que vous proposez ainsi que les produits vendus dans votre salon.
Découvrez quel taux de TVA est applicable sur vos prestations ainsi que les différents régimes de TVA auxquels les coiffeurs peuvent être assujettis.
Comment Bien Gérer un Salon de Coiffure ? 5 Astuces
Les taux de TVA applicables en France
En France, il existe plusieurs taux de TVA applicables selon la nature des biens ou des services.
- Le taux standard de la TVA est établi à 20 %.
- Le taux réduit de 10 % s’applique notamment à une gamme variée de produits et services, comprenant les produits agricoles bruts, le bois de chauffage, les rénovations non éligibles au taux réduit de 5,5 %, certains hébergements.
- Le taux réduit de 5,5 % s’applique principalement aux produits alimentaires, aux produits de protection hygiénique féminine, aux préservatifs, aux équipements et services pour les personnes handicapées, aux livres sous toutes leurs formes, mais également aux abonnements de gaz et d’électricité, à la fourniture de chaleur provenant de sources d’énergie renouvelables, aux repas servis dans les cantines scolaires.
Toutefois, certains articles ou services peuvent bénéficier de taux réduits de TVA. Par exemple, les produits capillaires, les shampoings, les soins ou les accessoires peuvent être soumis au taux réduit de 5,5 %.
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Exonération de TVA pour les coiffeurs
En qualité de coiffeur, vous pourriez être exonéré de TVA sous certaines conditions, notamment si votre chiffre d’affaires annuel demeure en dessous d’un seuil spécifique. Les autoentrepreneurs bénéficient souvent de la franchise en base de TVA, leur permettant ainsi d’être exonérés de la TVA tant que leur chiffre d’affaires ne dépasse pas un certain montant.
Cependant, il est important de noter que lorsque vous bénéficiez de cette exonération, vous n’êtes pas autorisé à récupérer la TVA sur les achats professionnels.
Choisir le régime de TVA adapté à votre salon
En tant que coiffeur, le choix du régime de TVA adapté à votre salon dépend de plusieurs facteurs clés. Ce régime vous dispense de collecter et de reverser la TVA, simplifiant ainsi vos obligations administratives.
Si votre salon de coiffure génère un chiffre d’affaires dépassant 840 000 € HT pour les ventes de produits ou 254 000 € HT pour les prestations de service, vous pourriez envisager le régime réel normal (RN). Ce régime vous permet de déduire intégralement la TVA sur vos achats professionnels, ce qui peut être avantageux pour réduire vos coûts.
Les coiffeurs doivent être attentifs à leurs obligations en matière de TVA collectée. Votre expert-comptable peut vous assister à chaque étape du processus, de la préparation à l’envoi de la déclaration.
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Les différents régimes d'imposition à la TVA
Lors de la création de l'entreprise ou de la société, il convient de choisir le régime d'imposition à la TVA (franchise en base, régime simplifié d’imposition, régime réel normal). En fonction de ce choix, les obligations déclaratives diffèrent (acomptes semestriels, déclarations mensuelles, trimestrielles ou annuelles).
La franchise en base
A compter du 1er janvier 2025, le régime d'imposition s'applique, de plein droit, aux entreprises et aux sociétés dont le chiffre d'affaires au titre de l'exercice précédent n'excède pas :
- 85 000 € pour les opérations de ventes de marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur place, fourniture de logement.
- 37 500 € pour les prestations de service.
Pour les entreprises nouvelles, il y a lieu de proratiser sur la période d’exploitation le chiffre d’affaires de l’année de création. Par ailleurs, la franchise est de droit la première année d'activité dès lors que le chiffre d'affaires n’excède pas 93 500 € ou 41 250 €. Ces montants correspondent aux limites majorées de la franchise en base.
Le régime simplifié d’imposition (RSI)
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Ce régime est applicable aux entreprises ou sociétés :
- qui ne sont pas concernées par la franchise en base ;
- qui à compter du 1er janvier 2025, réalisent un chiffre d'affaires compris entre 85 000 € et 818 000 € pour les opérations de ventes de marchandises et entre 37 500 € et 247 000 € pour les prestations de service.
- dont la TVA due est inférieure à 15 000 € ;
- qui ont opté pour ce régime d'imposition lors de leur création ou ultérieurement auprès de leur service des impôts des entreprises.
Le régime réel normal (RN)
Le régime réel normal s'applique aux entreprises ou sociétés qui :
- ont un chiffre d'affaires supérieur à 818 000 € HT pour les opérations de vente de marchandises et 247 000 € HT pour les prestations de service ;
- sont exclues par une disposition légale du régime simplifié d'imposition (RSI) ;
- ont opté pour ce régime et relèveraient de plein droit de la franchise en base ou du RSI.
Obligations comptables et fiscales d'un salon de coiffure
Que vous possédiez un salon de coiffure ou soyez coiffeur à domicile, vous êtes tenu de tenir votre comptabilité à jour. D’un côté, il y a les factures provenant de vos fournisseurs, ce qui représente vos dépenses et de l’autre, les factures établies pour vos clients. Ces dernières représentent vos recettes sur vos prestations et ventes de produits.
Ces dépenses et recettes doivent être fidèlement retranscrites sur un journal de comptes, en reprenant le chiffre d'affaires quotidien, hebdomadaire et mensuel de votre salon de coiffure. Enfin, ce journal est transmis au cabinet d’expert-comptable qui assure votre comptabilité.
Les obligations comptables d’un salon de coiffure dépendent de votre régime juridique.
Activité de coiffeur exercée en tant que société (SAS, EURL, SASU, SARL, …)
La comptabilité nécessite une implication différente pour ceux qui sont au régime réel d’imposition et ceux au régime simplifié.
Activité de coiffeur exercée en entreprise individuelle (EI ou micro-entreprise)
La gestion comptable d’un salon de coiffure est dite “simplifiée”. Cette gestion comptable est plus simple et peut être abordable facilement. Un logiciel comptable pour auto-entrepreneur facilite même la tâche.
Pourquoi prendre un expert-comptable pour un salon de coiffure ?
S’occuper de la comptabilité dans un salon de coiffure peut prendre du temps si l’on décide de la faire soi-même. Le métier de coiffeur étant très intense, libérer de son temps pour cette tâche n’est pas évident. C’est pourquoi beaucoup de gérants de salon de coiffure font appel à un comptable. Mais quels sont les avantages de faire appel à un cabinet comptable ?
- Gagner du temps: Si vous choisissez de confier toute la comptabilité à un cabinet d’experts-comptables, cela vous laisse du temps pour vous consacrer au cœur de votre métier.
- L’accompagnement: Un expert-comptable a aussi un rôle de conseil, que ce soit lors de la création de votre salon de coiffure ou au cours de la vie de votre entreprise. Grâce à son expertise, il propose des axes de développement aussi bien en termes d’optimisations fiscales que sur la santé financière de votre entreprise.
- Les économies: On pense que faire sa comptabilité seul permet de faire des économies. Hors, si vous comparez le temps passé à faire votre compta et les honoraires d’un comptable, vous vous apercevrez que ce temps est bénéfique pour votre salon de coiffure, auprès de vos clients.
- L’expertise: Le recours à un expert-comptable vous assure que votre comptabilité est réalisée dans le respect du plan comptable d’un salon de coiffure ainsi que dans le respect des délais légaux.
TVA sur les débits ou sur les encaissements : comprendre leur fonctionnement
Avant de détailler le fonctionnement de ces deux régimes, il est important de comprendre le principe de l’exigibilité de la TVA.
Toutes les entreprises françaises sont normalement assujetties à la TVA. Cependant, certaines bénéficient d’une exonération de TVA, prévue par le Code général des impôts. C’est notamment le cas des auto-entrepreneurs qui peuvent profiter du régime de la franchise en base, sous réserve de respecter certains plafonds de chiffre d’affaires.
L’exigibilité de la TVA correspond au moment où vous devez rembourser la taxe perçue à l’État. Elle résulte de la survenance d’un fait générateur, qui diffère selon la nature de l’activité exercée. On distingue ainsi deux régimes.
- La TVA sur les encaissements s’impose pour les prestations de services.
- La TVA sur les débits concerne les professionnels qui vendent des biens.
Une entreprise soumise à la TVA sur les encaissements peut opter pour la TVA sur les débits.
Si vous exercez une activité mixte (ventes de biens et prestations de services), deux possibilités s’offrent à vous :
- Utiliser les deux régimes, en déterminant la date d’exigibilité selon la nature de chacune de vos opérations.
- Opter pour la TVA sur les débits pour l’ensemble de vos transactions.
La TVA sur les encaissements
Ce régime concerne les opérations suivantes :
- les prestations de services ;
- les travaux immobiliers ;
- les cessions ou concessions de biens meubles incorporels (marques, brevets, etc.).
En pratique, la TVA devient exigible au moment de la perception du prix ou des acomptes.
La TVA sur les débits
Ce régime de TVA concerne les fournisseurs de biens (produits transformés ou marchandises).
Pour ces entreprises, la taxe est exigible à la date du débit, c’est-à-dire au moment de l’émission de la facture.
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