Compte Courant SARL : Fonctionnement, Avantages et Inconvénients
Le compte courant d’associé est un dispositif qui permet aux associés d’une société de lui apporter du financement sans procéder à des apports en capital social. L’opération s’apparente ici à un prêt réalisé par l’associé à la société.
Le compte courant d’associé peut être utilisé dans les SARL et les EURL. Il s’agit d’une solution de financement souple et rapide pour la société, moins contraignante qu’une augmentation de capital ou un emprunt bancaire. Mais attention aux modalités de remboursement notamment en cas de conflits entre associés.
MAÎTRISER SON COMPTE COURANT D'ASSOCIÉ COMME UN PRO ! FAQ Compte courant d'associé
I. Définition et Principes du Compte Courant d'Associé
Le compte courant d’associé est un mécanisme par lequel un associé, un dirigeant ou parfois un salarié met à disposition de la société des fonds sous forme d’avances, afin de répondre à ses besoins de trésorerie. En effet, la double qualité d’apporteur en capital et d’apporteur en compte courant fait d’une même personne un associé et un créancier.
Les avances en compte courant d’associé sont enregistrées dans un compte de passif au bilan (dettes). L’associé a une créance envers la société. En contrepartie de son apport, l’associé n’obtient aucun droit dans le capital social de la société (contrairement aux apports en capital social).
Le compte courant doit être créditeur (la société doit de l’argent à l’associé). Sa rémunération est versée sous forme d’intérêt.
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Les modalités d’apport et de remboursement sont librement convenues entre les parties. Les modalités de fonctionnement sont fixées dans une convention ou directement dans les statuts de la société.
Qui peut réaliser des avances en compte courant d'associé ?
Les personnes pouvant réaliser des avances dites en compte courant et ainsi bénéficier d'un compte courant d'associé sont les suivantes :
- Associés et actionnaires, personnes physiques quel que soit le nombre de parts sociales ou d'actions détenues dans le capital
- Dirigeants : administrateur, membre du directoire et du conseil de surveillance, gérant, président de SAS, directeur général, directeur général délégué de SA ou SAS
- Sociétés commerciales (SA, SARL, SAS, SCA) dont les comptes sont certifiés par un commissaire aux comptes. Celles-ci peuvent consentir, à titre accessoire, des prêts à moins de 3 ans à d'autres sociétés avec lesquelles elles entretiennent des relations économiques (on parle de « prêt intergroupe » ou de « pool de trésorerie »).
Quelles sommes peuvent alimenter le compte courant d'associé ?
Le compte courant est alimenté de l'une des façons suivantes :
- Par la rémunération du dirigeant
- Par les éventuels dividendes ou remboursements de frais qui n'ont pas été perçus
- Par des sommes d'argent déposées volontairement par l'associé, le dirigeant
Dans tous les cas, la personne qui réalise l'avance en compte courant dispose d'une créance à l'égard de la société. Les avances en compte courant sont donc enregistrées au passif du bilan de la société.
II. Modalités de Remboursement et Conventions
En principe, sauf dispositions contraires, l’associé prêteur peut réclamer le remboursement des sommes mises à la disposition de la société à tout moment. La demande doit être formulée exclusivement par le titulaire du compte courant d’associé.
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Les modalités de remboursement peuvent sont prévues par les statuts ou par une convention spécifique. La convention peut prévoir une durée de blocage des fonds afin de différer en partie ou en totalité le droit de remboursement de l’associé prêteur. Cette clause peut également imposer le respect d’un délai de préavis à l’associé pour obtenir le remboursement.
En l’absence de disposition spécifique, le remboursement reste la règle à laquelle la société doit se soumettre, elle reste notamment tenue de rembourser l’associé même si elle traverse des difficultés financières.
Afin d’assurer une relation harmonieuse et efficace entre associés et prémunir les difficultés en cas de mésentente, il est essentiel que les parties conviennent et formalisent les modalités de fonctionnement par une convention.
Cas spécifiques
- Au sein d’une convention de compte courant à durée indéterminée : lorsqu’un associé cède ses parts sociales ou actions, il perd sa qualité d’associé.
- Au sein d’une convention de compte courant à durée déterminée : comme énoncé précédemment, les parties sont libres de prévoir des modalités spécifiques encadrant le remboursement.
La Cour de cassation a également considéré que le compte courant d’associé n’est pas nécessairement remboursé lorsque son titulaire cède les comptes. L’ancien associé reste titulaire de la créance inscrite à son nom et peut en demander le remboursement à la société, puisqu’il s’agit d’une dette distincte de la participation au capital.
III. Rémunération et Fiscalité du Compte Courant
Le compte courant d'associé est un prêt consenti à la société par un associé. Il peut donc être rémunéré, comme un emprunt bancaire, par le versement d'intérêts à cet associé.
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Si l'associé est une personne physique, il n'est pas obligé de percevoir des intérêts et peut librement y renoncer. En revanche, lorsque l'associé qui consent l'avance en compte courant est une société ou une association, l'avance en compte courant est obligatoirement rémunérée.
Le taux d'intérêt est fixé par les statuts ou par la convention de compte courant conclue entre la société et l'associé.
Les intérêts versés aux associés constituent des charges financières qui sont déductibles du résultat fiscal de la société. Toutefois, cette déduction est limitée fiscalement par un taux maximal d'intérêts déductibles, également appelé « taux de référence ».
Taux maximal d'intérêts déductibles
Voici un tableau des taux de référence pour un exercice de 12 mois :
| Clôture de l'exercice | Taux de référence |
|---|---|
| Du 31 mars 2024 au 29 avril 2024 | 5,88 % |
| Du 30 avril au 30 mai 2024 | 5,92 % |
| Du 31 mai au 29 juin 2024 | 5,96 % |
| Du 30 juin au 30 juillet 2024 | 5,96 % |
| Du 31 juillet au 30 août 2024 | 5,97 % |
| Du 31 août au 29 septembre 2024 | 5,97 % |
| Du 30 septembre au 30 octobre 2024 | 5,93 % |
| Du 31 octobre au 29 novembre 2024 | 5,90 % |
| Du 30 novembre au 30 décembre 2024 | 5,87 % |
| Du 31 décembre 2024 au 30 janvier 2025 | 5,75 % |
| Du 31 janvier 2025 au 27 février 2025 | 5,70 % |
| Du 28 février 2025 au 30 mars 2025 | 5,65 % |
| Du 31 mars au 29 avril 2025 | 5,49 % |
| Du 30 avril au 30 mai 2025 | 5,41 % |
| Du 31 mai au 29 juin 2025 | 5,32 % |
| Du 30 juin au 30 juillet 2025 | 5,16 % |
| Du 31 juillet au 30 août 2025 | 5,07 % |
| Du 31 août au 29 septembre 2025 | 4,97 % |
Les règles fiscales applicables
Les règles fiscales applicables aux comptes courants d'associé sont différentes pour la société bénéficiaire des avances et l'associé titulaire du compte courant.
- Société bénéficiaire: Les intérêts versés à l'associé sont des charges financières déductibles du résultat de l'entreprise à condition que le capital social soit intégralement libéré et que le taux d'intérêt pratiqué n'excède pas le taux de référence.
- Associé personne physique: Les intérêts perçus par l'associé sont imposés comme des revenus de capitaux mobiliers au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8% d’impôt sur le revenu et 17,2% de prélèvements sociaux).
- Associé personne morale: Pour une entreprise relevant de l’impôt sur les sociétés: les intérêts perçus sont des produits financiers imposables. Les intérêts versés sont des charges financières.
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