Comment obtenir un crédit pour l'achat d'un fonds de commerce
Financer l’achat d’un fonds de commerce est une étape clé pour toute personne souhaitant reprendre une activité existante. La réussite dépend en grande partie de la qualité de votre montage financier. De nombreux acquéreurs cherchent à comprendre comment financer un fonds de commerce, quel apport prévoir, quelles solutions existent (prêt professionnel, financement bancaire traditionnel, aides publiques, financement alternatif) ou encore quelles garanties les banques exigent réellement.
Qu'est‑ce qu'un fonds de commerce et que contient‑il ?
Un fonds de commerce désigne l'ensemble des éléments corporels et incorporels utilisés par un commerçant afin d’exercer son activité. Un fonds de commerce regroupe l’intégralité des éléments matériels et immatériels qui permettent à une activité de fonctionner au quotidien. Parmi les plus essentiels, on retrouve la clientèle, le nom commercial, les équipements, certaines autorisations administratives ou encore des outils indispensables à l’exploitation.
L’achat d’un fonds de commerce consiste à reprendre une activité existante en acquérant l’ensemble des éléments nécessaires à son exploitation. La reprise d’un fonds de commerce offre un avantage majeur : vous intégrez une activité déjà opérationnelle. Vous bénéficiez d’un historique, d’indicateurs fiables, d’une fréquentation établie et d’une rentabilité mesurable. À l’inverse, la création demande un temps de lancement important, un investissement marketing élevé et comporte davantage d’incertitudes.
Estimation du besoin et coûts annexes à anticiper
Le prix affiché du fonds n’est qu’une partie de l’investissement. En plus du prix d’achat, il faut anticiper les droits d’enregistrement, les honoraires juridiques, les frais d’expertise, les travaux éventuels et la trésorerie de démarrage. Beaucoup de repreneurs négligent les droits d’enregistrement, les frais de notaire, les éventuels travaux de mise aux normes ou encore les dépenses liées à la trésorerie de démarrage. Cette sous‑évaluation crée des tensions financières dès les premiers mois, et peut fragiliser le remboursement du prêt.
L'apport personnel : rôle et méthodes pour le renforcer
L’apport personnel joue un rôle déterminant dans le financement d’un fonds de commerce. Il constitue un signe de sérieux aux yeux des banques et influence directement la capacité d’emprunt. Les banques demandent généralement un apport d’environ 20 à 30 % du montant total du projet. Dans la plupart des cas, un apport d’environ 30 % du montant du projet est conseillé, même si ce pourcentage peut varier selon la rentabilité du commerce, votre expérience ou la nature de l’activité.
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Si l'argent dont vous disposez est insuffisant, voici comment renforcer votre apport personnel avant de solliciter un prêt bancaire :
- Demandez le déblocage anticipé de votre épargne salariale et celles de vos éventuels associés.
- Bénéficiez de l'ARCE (aide à la reprise et à la création d'entreprise) : l'aide est égale à 60 % du reliquat des droits à l'assurance chômage du créateur ou du repreneur au jour de la création ou de la reprise de l’entreprise.
- Obtenez le coup de pouce d'un proche qui va rentrer au capital de votre société : la love money. En contrepartie de sa prise de participation au capital de votre entreprise il bénéficie d’un avantage fiscal. Un bon argument pour le convaincre d’investir dans votre entreprise.
- Les dons de sommes d'argent effectués au profit notamment d'un enfant ou d'un petit-enfant sont exonérés de droits de mutation dans la limite de 31 865 euros tous les 15 ans.
- Sollicitez un prêt d'honneur auprès des plateformes d'Initiative France ou du Réseau Entreprendre (couplé à un prêt bancaire).
- Sollicitez un prêt bancaire personnel.
- Faites appel au crowdfunding. Le recours à ce mode de financement vous permet notamment de tester le potentiel de votre marché et l'accueil du public vis‑à‑vis de votre produit ou service.
Les principales sources de financement
Financer un fonds de commerce implique de composer avec plusieurs solutions possibles. Chaque option présente ses propres conditions, ses avantages et ses limites.
1. Les banques (prêt professionnel)
Que ce soit pour le rachat de parts sociales, d'actions ou de fonds de commerce, contactez : les banques : le prêt bancaire se fait généralement sur une durée de 7 ans et ne couvre pas plus de 70 % du prix d'acquisition. Le prêt professionnel reste le mode de financement le plus répandu pour l’achat d’un fonds de commerce. Sa durée varie le plus souvent entre 5 et 10 ans, en fonction du secteur et du niveau de revenus attendus.
Les banques analysent des éléments clés : performance du commerce, qualité de l’emplacement, cohérence de votre business plan, solidité de votre apport et nature des garanties. Elles peuvent exiger des sûretés telles que le nantissement du fonds ou une caution personnelle. Les banques analysent plusieurs indicateurs : capacité d’autofinancement, marge brute, niveau de charges fixes, cohérence de la trésorerie prévisionnelle et qualité du bail commercial.
2. Le crédit‑vendeur
Le crédit vendeur : il est parfois possible de négocier avec le cédant le paiement échelonné d'une partie du prix du bien (50 % au maximum). La durée du prêt est généralement fixée entre 1 et 3 ans. Cette solution comporte de nombreux avantages, tant du point de vue du repreneur que du vendeur de l’entreprise. Par exemple du point de vue du repreneur, le fait que le cédant ait pris le risque de recourir à cette formule constitue pour les banquiers un gage de confiance dans les capacités et compétences professionnelles du repreneur.
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3. Bpifrance et garanties publiques
Bpifrance : le prêt transmission de 40 000 à 5 000 000 d'euros, aux côté de votre banque, peut financer :- la transmission de la majorité du capital, des droits de vote, ou le cas échéant, d’une position minoritaire ayant vocation à atteindre la majorité dans un temps déterminé, attestée par contrat,- l’acquisition par un ou des actionnaires majoritaires, d’une minorité du capital lorsque l’opération est essentielle au développement de l’entreprise,- la reprise du fonds de commerce.
Pour faciliter vos prêts bancaires, différents dispositifs peuvent garantir vos emprunts. Une garantie est une assurance qui couvre une partie de la perte finale de la banque (ou d'un autre organisme de financement) en cas de défaillance de l'emprunteur, moyennant une cotisation payée directement par la banque ou par l'emprunteur. Il existe une solidarité fiscale entre le cédant (vendeur) et le cessionnaire (acheteur) prévue à l’article 1684 du Code général des impôts. Cette solidarité fiscale ne peut néanmoins excéder le prix de l’achat du fonds de commerce.
La garantie transmission de Bpifrance : Bpifrance garantit, à hauteur de 60% de leur montant, les prêts consentis aux repreneurs nouveaux entrepreneurs et aux entreprises existantes en phase de développement par croissance externe.
4. Crowdlending et crowdfunding
Le crowdlending : ce type de crowdfunding permet aux entrepreneurs d'emprunter auprès de particuliers via une plateforme. Les prêts proposés peuvent être proposés avec ou sans intérêts ou prendre la forme de prêts en minibons. Le recours au crowdfunding vous permet notamment de tester le potentiel de votre marché et l'accueil du public vis‑à‑vis de votre produit ou service.
5. Prêts d’honneur et financements solidaires
Bon à savoir : il existe également des prêts d’honneur (prêts à taux zéro sans exigence de garantie personnelle de la part de l’emprunteur). Sollicitez un prêt d'honneur auprès des plateformes d'Initiative France ou du Réseau Entreprendre (couplé à un prêt bancaire). Des financements solidaires : si vous vous lancez dans le secteur de l'Economie Sociale et Solidaire (ESS) ou si vous n’avez pas obtenu la totalité de votre financement via le système bancaire.
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6. Crédit‑bail et crédit bail immobilier
Le crédit bail : également appelé leasing, il permet l'acquisition de matériel ou de véhicules pour la société. Cette solution convient parfaitement à un locataire‑gérant qui ne dispose pas d’apport initial important, car avec ce montage juridique, l’achat du fonds est différé. En effet, le crédit‑bail ne nécessite pas de financement immédiat de l’intégralité du prix d'achat du fonds de commerce.
Le Crédit bail immobilier permet de financer jusqu'à 100 % TTC l'acquisition ou la construction de votre bien immobilier à usage professionnel, sous forme d'un contrat de location avec option d'achat à la fin du contrat.
7. Apports et créances des associés
Une créance de vos associés : si vous créez une société pour reprendre une entreprise, vos associés pourront « prêter de l’argent » à cette société en portant une partie de leurs apports au passif du bilan dans des comptes‑courants d'associés.
Garanties, assurances et sûretés exigées par les banques
Pour sécuriser le prêt professionnel, les établissements bancaires exigent souvent des garanties. La plus courante est le nantissement du fonds de commerce, qui permet à la banque de se protéger en cas de difficulté. La garantie la plus courante est le nantissement du fonds de commerce. Selon le profil du projet, une caution personnelle peut également être demandée, tout comme une garantie complémentaire (société de cautionnement, assurance bancaire, voire hypothèque si des murs commerciaux entrent dans l'opération).
Une assurance de prêt professionnel (ou assurance emprunteur de prêt professionnel) sert à garantir le remboursement du crédit en cas de défaut de paiement de l’emprunteur. Avec l'assurance emprunteur pro, assurez votre tranquillité financière et celle de vos proches dans les situations difficiles. LCL vous propose notamment le règlement des mensualités venant à échéance en cas d'arrêt de travail. Ces prestations sont dues à l'issue d'un délai de franchise de 90 jours d'arrêt continu et complet de travail.
Constitution du dossier et critères d'évaluation
Un dossier complet inclut un business plan détaillé, un plan de trésorerie, les trois derniers bilans du commerce (si disponibles), votre apport et son origine, une étude de marché structurée, ainsi qu’une présentation claire du projet. Les banques attendent des prévisions cohérentes, une vision claire du chiffre d’affaires, une démonstration de votre capacité à exploiter le commerce et une analyse structurée des risques.
Un dossier imprécis, sans projections financières détaillées ou sans justification solide du projet, compromet vos chances d’obtenir un accord. Pour compenser l’absence d’apport, la banque exigera un dossier extrêmement solide, un commerce très rentable ou des garanties renforcées.
Délais, comité de crédit et obtention du prêt
L’obtention d’un financement pour un fonds de commerce nécessite plusieurs étapes : analyse du dossier, étude de la rentabilité, validation du secteur, passage en comité de crédit, puis émission de l’offre de prêt. Selon la banque et la complexité du dossier, ce processus peut durer de quelques semaines à plusieurs mois. Anticiper ces délais est essentiel pour ne pas compromettre l’acquisition, notamment lorsque la signature définitive dépend d’un accord de financement.
Erreurs fréquentes à éviter
- Négliger les coûts annexes (droits, notaire, travaux, trésorerie).
- Présenter un apport trop faible ou mal expliqué.
- Omettre de vérifier le bail commercial : durée restante, conditions de renouvellement, montant du loyer ou destination des locaux.
- Présenter un dossier imprécis sans projections financières détaillées.
- Penser pouvoir gérer seul l’ensemble du financement sans expertise : les montages financiers liés aux fonds de commerce sont complexes et nécessitent une expertise pointue.
Accompagnement et optimisation du montage financier
Comprendre et maîtriser l’ensemble de ces garanties et conditions demande une expertise financière pointue. Un courtier comme ICC Finance vous accompagne dans la préparation du dossier, identifie les garanties réellement pertinentes, anticipe les exigences des banques et optimise la présentation du projet. ICC Finance met à votre disposition une expertise pointue pour analyser votre projet, identifier les leviers financiers les plus pertinents et construire un dossier cohérent.
Grâce à son réseau de partenaires financiers, ICC Finance vous permet de profiter d’une mise en concurrence efficace des banques. Cette approche maximise vos chances d’obtenir de meilleures conditions, qu’il s’agisse du taux, de la durée, des garanties exigées ou de la structure du prêt. En étant accompagné par ICC Finance, vous réduisez considérablement les risques liés à la constitution et à la présentation du dossier. Vous bénéficiez d’un suivi précis, d’une préparation complète et d’un soutien professionnel jusqu’à l’obtention du financement.
COMMENT MONTER SON DOSSIER DE FINANCEMENT?
Ce qu'il faut retenir
Financer l’achat d’un fonds de commerce demande une préparation rigoureuse, une vision claire de vos besoins et une stratégie parfaitement structurée. Entre l’analyse du commerce, l’évaluation des coûts annexes, la constitution du dossier bancaire, la négociation des garanties et la maîtrise des délais, chaque étape joue un rôle clé dans la réussite de votre projet.
| Source de financement | Avantages | Limites |
|---|---|---|
| Prêt bancaire / professionnel | Montant important, conditions adaptées | Apport demandé ~20-30 %, garanties exigées |
| Crédit‑vendeur | Étalement du paiement, gage pour la banque | Plafond souvent 50 %, durée limitée 1-3 ans |
| Bpifrance (prêt transmission) | Jusqu’à 5 M€, garantie partielle | Souvent en cofinancement avec la banque |
| Crowdfunding / Crowdlending | Validation marché, alternatives au bancaire | Montants variables, dépend de la mobilisation |
| Prêts d’honneur / love money | Conditions favorables, pas ou peu de garantie | Montants limités |
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