Créer une Entreprise de Vente Automobile en France : Guide Complet

L'achat-revente de voitures représente une opportunité captivante, que ce soit pour les novices ou les professionnels, tels que les garagistes, qui souhaitent élargir leur activité. Pour vous lancer, aucune qualification spécifique n'est requise, mais une solide connaissance en mécanique automobile, en commerce et en gestion est indispensable.

Réussir son business automobile

Les Étapes Essentielles pour Lancer Votre Entreprise

1. Choisir le Statut Juridique Adapté

La première étape cruciale consiste à choisir le statut juridique le plus adapté à votre projet. Plusieurs options s'offrent à vous :

  • Micro-entreprise : Idéale pour démarrer simplement, avec des formalités réduites. Cependant, elle est soumise à des seuils de chiffre d'affaires et peut limiter votre capacité d'investissement. La création d'une micro-entreprise est très facile.
  • Entreprise Individuelle (EI) : Permet une création rapide et protège votre patrimoine personnel. Depuis peu, l'EI est ouverte à l'impôt sur les sociétés. Vous exercez cependant en votre nom propre et il est impossible de s’associer.
  • Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée (EURL) et Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle (SASU) : Ces statuts offrent une protection de votre patrimoine personnel et une plus grande crédibilité auprès des partenaires financiers.
  • Société à Responsabilité Limitée (SARL) et Société par Actions Simplifiée (SAS) : Adaptées si vous vous lancez avec des associés. Votre responsabilité est limitée aux apports réalisés, et vous pouvez inclure des associés. Ce sont les mêmes que ceux d'une SAS.
  • Société Anonyme (SA) : Convient aux projets de grande envergure nécessitant un investissement initial important. Vous devez pouvoir vous le permettre - l'investissement de départ minimum est élevé.

Le statut le plus adapté pour l’achat-revente automobile est la SASU ou l’EURL, car ils permettent de structurer l’activité tout en limitant la responsabilité.

2. Immatriculation de Votre Société

Une fois votre statut choisi, immatriculez votre société auprès du registre dont elle dépend. Par exemple, les SASU, les SAS et les SA doivent s'inscrire au registre du commerce et des sociétés (RCS). La formalité d’immatriculation permet d’inscrire l’entreprise sur un registre. Celui-ci est différent selon la nature de l'activité exercée.

Les nouveaux marchands automobiles sont soumis à une réglementation spécifique. Renseignez-vous sur toutes les démarches administratives à réaliser.

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Pour une micro-entreprise, il y a très peu de formalités à accomplir. L'une d'entre elle est l'immatriculation. Il s'agit de la déclaration d'activité de la micro-entreprise auprès de l'administration.

La demande d'immatriculation doit être réalisée en ligne sur le site internet du guichet des formalités des entreprises, au plus tôt 1 mois avant le début d'activité ou au plus tard dans les 15 jours qui suivent la date de début d'activité.

Lors de la demande d'immatriculation auprès du guichet des formalités des entreprises, il faut indiquer un certain nombre d'informations et joindre les documents suivants :

  • Justificatif de domiciliation de l'entreprise avec l'adresse clairement identifiable (facture d'eau, d'électricité ou de gaz par exemple)
  • Copie du contrat d'appui au projet d'entreprise (Cape)
  • Documents concernant l'entrepreneur :
    • Déclaration sur l'honneur de non-condamnation et attestation de filiation datées et signées par l'entrepreneur
    • Copie de la pièce d'identité de l'entrepreneur
    • Copie authentique de la déclaration relative à l'insaisissabilité des biens immobiliers non affectés à l'activité professionnelle

L'immatriculation est gratuite.

Une fois le dossier déposé sur le guichet des formalités des entreprises, l'entreprise reçoit un récépissé de dépôt de dossier de création d'entreprise (RDDCE) comportant la mention « En attente d'immatriculation ».

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Une fois l'immatriculation effectuée, la micro-entreprise reçoit un justificatif (ou attestation) d'immatriculation contenant ses numéros d'identification (Siren, code APE...).

3. Habilitation au Système d'Immatriculation des Véhicules (SIV)

Vous souhaitez proposer l’immatriculation de vos voitures vendues ? Pour accéder au système d'immatriculation des véhicules (SIV), vous devez être habilité par le préfet du département où votre entreprise est domiciliée.

4. Sourcing Automobile

Le sourcing automobile permet aux professionnels de trouver rapidement des options de qualité et adaptées aux besoins de leurs clients. Grâce au sourcing, les professionnels peuvent se constituer un parc automobile diversifié et proposer des offres plus compétitives.

Les autres avantages de cette pratique ? Vous comblez facilement des besoins ponctuels. Votre client souhaite acheter une voiture récente d'occasion ? Vous satisfaites tous les budgets. Vous répondez à des demandes très spécifiques.

Sourcing automobile

5. Déclaration d'Achat et Sécurisation des Transactions

C'est l'étape cruciale de la revente de voitures. Les revendeurs s'appuient sur cette version pour une estimation plus précise. Vos ventes doivent être rentables… mais aussi sécurisées.

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La déclaration d'achat sécurise vos transactions en leur fournissant un cadre juridique et administratif.

Les professionnels du secteur automobile s'en chargent. En tant que professionnels, vous pouvez déléguer l’immatriculation auprès d’un partenaire agréé par le SIV afin de gagner du temps.

Les demandes et suivis d’immatriculation auprès de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) peuvent se faire directement en ligne.

6. Garanties et Extensions de Garantie

La garantie panne mécanique, assurance proposée par les revendeurs, couvre les réparations imprévues liées à des défaillances mécaniques ou électriques après la vente. Une tranquillité d'esprit grâce à des coûts de réparation réduits, et une augmentation de la valeur de revente du véhicule.

L'extension de garantie, quant à elle, prolonge la couverture du fabricant - et donc la prise en charge des réparations - au-delà de sa date d'expiration initiale.

La garantie panne mécanique couvre les pannes imprévues durant une période initiale. Pour un véhicule récent, elle complète la garantie constructeur obligatoire, qui prend en charge les défauts de fabrication.

L'extension de garantie, elle, prolonge cette première protection une fois qu'elle a expiré. Attention : vérifiez les termes des deux contrats pour éviter les chevauchements et optimiser vos coûts.

Intégrez l'offre dans votre processus de vente. Expliquez clairement ses avantages. Présentez les termes du contrat et les exclusions. Personnalisez l'offre. Utilisez des arguments de vente convaincants. Mettez l'accent sur la tranquillité d'esprit qu'elle offre.

7. Solutions de Financement

C'est un moyen sûr d'augmenter vos ventes. Mais pour offrir des solutions de financement à vos potentiels acheteurs, vous devez d'abord comprendre leurs besoins. Quel est leur budget ? Leur situation financière ? L'objectif : proposer des options adaptées, pour plus de voitures vendues et des clients plus fidèles.

  • Crédit Automobile : C'est l'habituel prêt automobile, accessible aux particuliers comme aux entreprises pour l'acquisition d'un véhicule neuf ou d'occasion. Le coût du véhicule est réparti sur une période déterminée, et les mensualités sont définies en fonction de ces deux paramètres. Le crédit automobile offre une alternative à l'achat comptant, permettant l'acquisition rapide d'un véhicule sans mobilisation immédiate d'une grande somme d'argent.
  • Location avec Option d'Achat (LOA) : Dans ce cas, le client loue le véhicule avec option d'achat à la fin du contrat.

Vos potentiels acheteurs hésitent entre acquisition et location ?

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8. Création d'un Site Internet

Vous vous lancez dans la revente de véhicules ? Concessionnaire, revendeur VO, négociant, mandataire ou encore garagiste - munissez-vous d'un site internet. Vos clients utilisent internet au quotidien. Ils ont donc des attentes. Le design de votre site doit être aligné sur la charte graphique de votre marque, mais il doit surtout servir l’expérience client. une arborescence de site optimisée.

Certains proposent des solutions clé en main. C'est le cas de Starterre.

9. Campagnes Marketing Digitales

Les campagnes SMS permettent d'envoyer des messages courts, personnalisés et instantanés directement à vos clients.

10. Le Business Plan

Rédiger votre business plan est une étape essentielle pour comprendre comment ouvrir une concession automobile. Il vous aide à vous projeter dans l’activité, mais surtout, à trouver des investisseurs. Voici comment faire votre business plan :

  • L’executive summary résume et donne envie de lire votre business plan. En 2 pages maximum, c’est un peu la vitrine de votre projet de concession automobile. Rédigez-le en dernier, pour plus de facilité.
  • Présentez-vous, votre équipe, vos compétences et expertise de vendeur automobile ou de concessionnaire. Quelle est votre légitimité à ouvrir une concession ?
  • L’étude de marché analyse les concessions concurrentes et positionne la vôtre. Elle prouve l’opportunité d’ouvrir votre concession !
  • La partie économique détaille le business model de votre concession automobile, sa stratégie commerciale, le mix marketing et comment votre concession auto gagne de l’argent.
  • La structure juridique du concessionnaire.
  • Les éléments financiers : le plan de trésorerie, le compte de résultat prévisionnel, le seuil de rentabilité… Ces tableaux financiers vont déterminer la capacité de votre concession automobile à être rentable. Ils seront scrutés par vos futurs investisseurs et les banques, soignez-les !

11. L’étude de marché

Pour vous projeter et notamment anticiper le budget pour ouvrir votre concession automobile, l’étude de marché est cruciale. Elle valide le concept et l’opportunité commerciale :

  • Étudiez les concessionnaires concurrents dans le détail : qui sont-ils ? Les marques de voitures partenaires ; leur chiffre d’affaires et marges ; la zone d’implantation.
  • Qui sont vos clients ? Leurs attentes ; les besoins et habitudes (par exemple : la fréquence de rachat d’un véhicule) ; leur budget (voitures avec options ou non). Notez que la demande pour la location de véhicules et le leasing augmentent fortement.
  • Le lieu d’implantation : une concession automobile du XVIe arrondissement de Paris ne vendra pas les mêmes véhicules pour le même budget, qu’une concession d’une petite ville en région.
  • Le choix des fournisseurs et des marques avec qui travailler.
  • L’environnement réglementaire (normes, fin des véhicules thermiques en 2035, vente de voitures électriques, etc.).

N’hésitez pas à discuter avec d’autres concessionnaires et clients de voitures, grâce à des études qualitatives et quantitatives. Pour ouvrir votre concession automobile, grâce à l’étude de marché, déterminez le type de commerce :

  • Le concessionnaire mono-marque revend les véhicules neufs d’une seule marque (mais différents véhicules d’occasion). Il signe un contrat de concession à durée déterminée avec un constructeur. La franchise et le concessionnaire ne sont pas la même chose !
  • Les agents de marque sont commissionnés par une marque sur leurs ventes de voitures. C’est un modèle plus direct, poussé par Volkswagen, Mercedes ou Tesla.
  • Le e-commerce se développe également, avec la livraison et la maintenance des véhicules en concession.

12. Obligations générales de commerçant

Il est important de se procurer un certain nombre de registres : comptables, liés à la sécurité des données personnelles ou aux salariés.

Ces registres sont pour la plupart obligatoires et dépendent du type d'activité exercée (libérale, artisanale, commerciale, agricole).

Selon le registre, il peut être tenu sous format papier ou sous format électronique.

Spécificités du Statut d'Auto-Entrepreneur pour l'Achat-Revente de Voitures

Le statut auto-entrepreneur est de plus en plus prisé par les revendeurs automobiles, en raison de sa simplicité. Nombreuses sont les personnes qui se jettent à l’eau et tentent l’expérience. Dans le secteur de l’automobile, le statut d’auto-entrepreneur offre un grand nombre de perspectives.

Voici le résumé des principales informations à retenir pour devenir auto-entrepreneur dans l’automobile :

  • Le Centre de Formalités des Entreprises (CFE) compétent est : La Chambre Commerce et d’Industrie (CCI)
  • Le code APE généralement attribué par l’INSEE est : 45.11Z - Commerce de voitures et véhicules automobiles légers
  • Le plafond de chiffre d’affaires de l’auto-entrepreneur en achat-vente de voitures d’occasion est de : 188 700 €
  • La catégorie fiscale de l’auto-entrepreneur revendeur de véhicules est : Vente de marchandises - Micro-BIC
  • La rémunération des auto-entrepreneurs dans l’automobile est de : variable selon les prestations
  • Les cotisations sociales de l’auto-entrepreneur en achat-revente de voitures sont de : 12,3% du chiffre d’affaires

Le statut auto-entrepreneur présente des avantages indéniables pour se lancer dans l’activité de revendeur automobile. Le premier avantage tient à la simplicité de ce statut, à la fois concernant les démarches de création, mais aussi concernant la gestion et la comptabilité simplifiée.

Caractéristique Auto-Entrepreneur SARL/SAS
Formalités de création Simplifiées Plus complexes
Plafond de chiffre d'affaires 188 700 € Pas de plafond
Cotisations sociales 12,3% du CA Plus élevées
Déduction des charges Impossible Possible

En revanche, il y a un inconvénient majeur lié au régime de la micro-entreprise : vous ne pourrez pas déduire de votre chiffre d’affaires les frais liés à votre activité d’achat-vente de véhicules ! En effet, vous paierez votre impôt et vos cotisations sociales en fonction de votre CA et non en fonction de votre bénéfice.

Réglementation applicable à l’auto-entrepreneur en achat-vente de voitures d’occasion

Il est possible de devenir revendeur de véhicules neufs ou d’occasion sans diplôme en tant qu’auto-entrepreneur. En revanche, si vous souhaitez proposer en plus à vos clients des prestations de réparations mécaniques ou en carrosserie, vous devrez dans ce cas justifier d’au moins 3 années d’expérience ou d’un diplôme dans la réparation automobile.

Pour pouvoir bénéficier du régime simplifié de la micro-entreprise, il faudra également ne pas dépasser les seuils de CA du statut auto-entrepreneur :

  • Pour la vente des véhicules : 188 700 € de CA HT par an
  • Si vous proposez en plus des prestations de services (réparations par exemple) : 188 700 € de CA HT maximum par an dont 77 700 € maximum pour les prestations de services.

De plus, vous aurez d’autres obligations légales à respecter. En effet, vous devrez :

  • Vous inscrire au Registre des Revendeurs d’objets mobiliers : cette formalité obligatoire doit être effectuée auprès de la Préfecture en transmettant le cerfa n°11733*01, votre extrait Kbis ainsi que le récépissé de déclaration de création d’entreprise transmis par le Centre de Formalités des Entreprises ;
  • Tenir un registre de police (ou registre de brocante) : la tenue de ce registre est obligatoire, et il vous faudra, avant d’ouvrir, faire parapher ce registre par le commissaire de police ou le maire de votre commune d’implantation ;
  • Remplir une déclaration d’achat de véhicule d’occasion : lorsque vous achetez un véhicule d’occasion, vous devrez remplir, avec le vendeur, une déclaration d’achat de véhicule d’occasion (cerfa n°13751*02). C’est un document provisoire qui remplace le certificat d’immatriculation définitif et vous permettant de revendre le véhicule sans avoir à faire modifier la carte grise ;
  • Respecter les obligations en matière d’affichage sur le lieu de vente : les véhicules en vente ou exposés en vue de la vente doivent être munis d’un étiquetage apposé sur le véhicule ou à proximité et portant, en caractères apparents et de mêmes dimensions, certaines mentions obligatoires ;
  • Fournir les documents de vente à vos clients : vous devez obligatoirement remettre à vos clients une facture comportant certaines mentions obligatoires supplémentaires (mode de financement, date de 1ère mise en circulation, kilométrage, etc.) ;
  • Fournir à l’acquéreur un procès verbal de contrôle technique : avant la conclusion de la vente et pour tout véhicule de plus de 4 ans, vous devez transmettre à votre client un procès verbal de contrôle technique de moins de 6 mois (fournir le contrôle technique après la vente constitue une infraction pénale) ;
  • Fournir à l’acheteur les documents nécessaires pour l’immatriculation du véhicule : plusieurs documents devront être fournis à vos clients afin qu’ils puissent faire immatriculer le véhicule et modifier la carte grise (certificat de déclaration de cession cerfa n°15776*01, carte grise barrée, certificat de non-opposition, certificat de gage ou de non-gage, contrôle technique et le cas échéant un certificat de garantie commerciale).

Si vous choisissez d’être mandataire automobile, vous devrez également signer un mandat avec chaque client. Ce mandat indique notamment le montant de la commission et le montant des divers services administratifs proposés (frais d’immatriculation, de livraison, de douanes, etc.).

Enfin, vous aurez également l’obligation de souscrire à certaines assurances. En effet, tout véhicule capable de rouler doit être obligatoirement assuré. L’auto-entrepreneur dans l’automobile devra donc assurer tous les véhicules dont il fait l’acquisition et ce même en attendant qu’ils soient vendus !

De plus, vous aurez l’obligation de souscrire à une police d’assurance responsabilité civile professionnelle (RC Pro). Cette assurance vous couvrira en cas de dommages causés à vos clients ou à des tiers lors de votre prestation et une fois le véhicule vendu, notamment en cas de véhicule défectueux (vice caché) par exemple.

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