Comment créer une entreprise pendant le confinement

Le confinement et la crise sanitaire ont profondément transformé l’environnement économique mais n’ont pas arrêté l’envie d’entreprendre. Si la période présente des risques réels (baisse du pouvoir d’achat, difficultés de financement, changements d’habitudes de consommation), elle offre aussi des opportunités nouvelles et des dispositifs d’accompagnement pour lancer ou préparer un projet entrepreneurial.

Pourquoi créer pendant le confinement ?

Les crises n'arrêtent pas les entrepreneurs : un paradoxe confirmé par les chiffres récents de la création d'entreprise en France. L'histoire économique récente confirme un paradoxe : les créations d'entreprises augmentent pendant ou juste après les crises.

Trois facteurs structurels expliquent pourquoi les périodes d'incertitude économique sont propices à la création d'entreprise : l'entrepreneuriat comme alternative au salariat fragilisé, la quête d'autonomie et de sens, et la simplification administrative. La micro-entreprise est le choix naturel en période d'incertitude car elle ne génère aucune cotisation en l'absence de chiffre d'affaires.

Les secteurs porteurs pendant et après la crise sanitaire

  • Services aux entreprises (conseil, formation, IT) : les entreprises externalisent davantage en période de tension économique.
  • E-commerce et vente en ligne : le Covid a définitivement ancré les habitudes d'achat en ligne.
  • Santé, bien-être et services à la personne : demande structurelle liée au vieillissement et aux préoccupations de bien-être.
  • Transition écologique et rénovation énergétique : aides publiques soutenant la demande.
  • Alimentation locale et circuits courts : montée des préoccupations environnementales et confiance alimentaire.

Adapter son projet aux nouvelles contraintes

Si votre projet est déjà très avancé, profitez du confinement pour affiner votre projet. La période de confinement est propice pour approfondir votre projet et en affiner les contours. En effet, les conséquences de cette crise pourraient vous obliger à refaire votre étude de marché et à adapter votre projet, car cette pandémie risque de changer un certain nombre d’habitudes des consommateurs.

Pour les créations basées sur une production à l'étranger, il va falloir réfléchir à une alternative de production en France ou en Europe afin de limiter les risques. Le « made in France » a le vent en poupe et répond aux attentes des consommateurs, même si cela peut vous coûter plus cher.

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Choisir le statut juridique en période d'incertitude

Le choix du statut juridique est d'autant plus important en période d'incertitude que l'objectif est de limiter les risques tout en conservant de l'agilité. En période d'incertitude, la règle est simple : commencez léger (micro-entreprise) et montez en structure (EI au réel puis société) quand l'activité le justifie.

StatutAdapté si...Risque financier
Micro-entrepriseVous testez une activité, charges faibles, CA prévisionnel modéréMinimal (pas de cotisations si pas de CA)
EI au réelCharges réelles élevées (loyer, matériel, sous-traitance)Faible (patrimoine personnel protégé depuis 2022)
SASU / EURL / SARLSouhaitez couverture sociale du régime général, optimisation rémunération, ou vous associerLimité au capital social

Se former, tester et conserver de l’agilité

La formation est un excellent moyen d’assimiler les connaissances nécessaires pour créer son entreprise et surtout les pièges à éviter ! Profitez du confinement pour suivre des formations à distance : des formations gratuites ont été annoncées pour les demandeurs d’emploi, apprentis et salariés au chômage partiel, notamment sur les métiers du bâtiment (prises en charge par l’État). Il existe aussi des webinars gratuits couvrant de très nombreux sujets.

Testez avant d'investir : la micro-entreprise permet de valider un marché avec un investissement proche de zéro. Ne signez pas de bail commercial, n'achetez pas de matériel coûteux et ne recrutez pas tant que votre chiffre d'affaires ne le justifie pas. Conservez un revenu de sécurité : si vous êtes salarié, le cumul emploi/création d'entreprise est possible.

Financer son projet en période de crise

L'anticipation des besoins de financement est essentielle. Il est toujours possible d’obtenir des aides au démarrage : business angels, financement participatif (crowdfunding), prêts d'honneur, microcrédit (ADIE), aides régionales, subventions européennes ou locales. Les prêts d'honneur sont des prêts à taux zéro, sans intérêt et sans garantie.

Le gouvernement et les réseaux d'accompagnement ont mis en place des dispositifs spécifiques pour soutenir les entreprises durant la pandémie : reports de cotisations sociales et fiscales, possibilité de demander des délais de paiement, garanties de prêts, et fonds de solidarité pour les plus fragiles.

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Dispositifs d’aide disponibles et mesures exceptionnelles

Pour faire face aux déficits de trésorerie, plusieurs mesures d'urgence ont été prises. Le fonds de solidarité a été mis en place pour les auto-entrepreneurs et petites entreprises avec des modalités évolutives selon les mois et les secteurs (S1, S1bis). Le montant de cette aide pouvait être égal à la perte de chiffre d'affaires et plafonné selon les périodes.

Vous pouvez demander le report de vos cotisations sociales auprès de l'URSSAF sans justificatif dans certains cas et demander des échelonnements. Le gouvernement a également confirmé la possibilité d'un report des charges fiscales. Les banques se sont engagées à reporter jusqu'à 6 mois le remboursement des prêts professionnels, et l'État a apporté une garantie massive pour faciliter l'octroi de prêts de trésorerie.

Mesures sanitaires et responsabilité de l'employeur

Le protocole national pour assurer la santé et la sécurité des salariés en entreprise est un document de référence établi par le ministère du Travail et constitue la norme sanitaire applicable dans votre entreprise. Il rappelle les dispositions à mettre en œuvre en matière de santé et sécurité au travail, notamment l’obligation de sécurité vous incombant, les principes généraux de prévention et la nécessaire évaluation des risques qui en découle.

Conformément à ces principes généraux, la démarche engagée doit conduire par ordre de priorité à : évaluer les risques d’exposition au virus ; mettre en œuvre des mesures de prévention visant à supprimer les risques à la source ; réduire au maximum les expositions qui ne peuvent être supprimées ; privilégier les mesures de protection collective ; et mettre en place les mesures de protection des salariés répondant aux orientations du protocole défini.

Concrètement, l'employeur doit passer en revue les circonstances d'exposition, mettre en œuvre les mesures nécessaires pour éviter ou limiter le risque, informer les salariés sur les mesures d'hygiène à respecter et détailler les obligations comme le port du masque. Le télétravail reste une pratique recommandée car il participe à la prévention du risque d'infection.

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Gestion d’un cas symptomatique et contact-tracing

Il revient à l’entreprise, en lien avec le service de santé au travail, de rédiger une procédure de prise en charge sans délai des personnes symptomatiques : isoler rapidement dans une pièce dédiée et aérée, inviter la personne à rentrer chez elle, puis à contacter son médecin traitant. La prise en charge repose sur l’isolement, la protection et la recherche de signes de gravité.

En présence d’une personne symptomatique, il faut garder une distance d’au moins 1 mètre, fournir un masque si nécessaire, mobiliser le professionnel de santé dédié ou le référent Covid, et contacter le médecin du travail si nécessaire. En cas de signe de gravité, appeler le Samu. Si le cas Covid est confirmé, l’identification et la prise en charge des contacts seront organisées par le médecin ayant pris en charge le cas et les plateformes de l’Assurance maladie.

Conseils pratiques pour lancer votre activité pendant le confinement

  1. Affinez votre étude de marché en prenant en compte les changements d’habitudes de consommation.
  2. Choisissez un statut flexible et peu coûteux pour tester (micro-entreprise).
  3. Formez-vous en ligne et profitez des formations prises en charge.
  4. Priorisez une offre anti-cyclique : réduire les coûts, gagner en efficacité, résoudre des problèmes urgents.
  5. Conservez des charges fixes minimales et provisionnez vos cotisations.
  6. Soutenez votre visibilité via un site e-commerce, la livraison à domicile ou des services digitaux (coaching en ligne, e-learning).
  7. Faites-vous accompagner tôt par des organismes spécialisés et utilisez les aides locales et nationales.

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Questions fréquentes

Est-ce risqué de créer son entreprise en période de crise économique ? Le risque dépend du statut et de l’investissement initial. En micro-entreprise, le risque financier est proche de zéro : pas de chiffre d’affaires, pas de cotisations. Le vrai risque est temporel : le temps investi dans un projet qui ne fonctionne pas est du temps non consacré à une recherche d'emploi salarié.

Peut-on créer son entreprise en restant salarié ? Oui, le cumul d'un emploi salarié et d'une activité indépendante est légalement possible, sous réserve de respecter les obligations de loyauté et de non-concurrence envers votre employeur. Vous pouvez demander un congé pour création d'entreprise ou réduire votre temps de travail pour vous consacrer au projet.

Peut-on créer une entreprise tout en touchant le chômage ? Oui. Les demandeurs d'emploi inscrits à France Travail peuvent continuer à percevoir leurs allocations ARE (partiellement) ou demander l'ARCE (versement en capital) pour financer le démarrage.

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