Différence entre Manager et Entrepreneur: Comprendre les Rôles et les Logiques
Les termes "entrepreneur" et "manager" sont souvent utilisés de manière interchangeable, car tous deux jouent un rôle essentiel dans la gestion d’une entreprise. Toutefois, il est essentiel de distinguer les différences entre un entrepreneur et un manager dans le climat professionnel actuel.
Comprendre la différence entre un entrepreneur et un manager permet de déterminer si l’on est plus disposé à prendre des risques ou si l’on préfère travailler en équipe pour atteindre les objectifs d’une entreprise existante. Cela permet également de distinguer les défis et opportunités et de savoir lesquels conviennent le mieux.
C’est quoi un manager ? 6 qualités, 5 rôles et 4 types de management
I) Définitions et Objectifs
Un entrepreneur est une personne physique qui crée et gère une entreprise en cherchant à en tirer un bénéfice économique. En somme, un entrepreneur crée une entreprise en prenant des risques financiers pour la faire croître. Les objectifs d’un entrepreneur sont généralement liés à la croissance et à la rentabilité de son entreprise. Cela peut inclure la création d’emplois ou la création ou amélioration de produits ou services.
Le manager est quant à lui, un gestionnaire qui supervise les opérations quotidiennes de l’entreprise en veillant à ce que chaque processus se déroule sans heurts. En règle générale, le manager a pour objectif l’amélioration de la productivité, l’augmentation des ventes, la réduction des coûts, la satisfaction des employés et des clients.
II) Compétences et Responsabilités
L’entrepreneur sait identifier les opportunités, gérer les finances, élaborer des stratégies, négocier avec les partenaires commerciaux et communiquer efficacement avec ses employés. Il sait également s’adapter aux changements constants de l’environnement commercial.
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Un manager est un chef de projet qui sait motiver une équipe, gérer les conflits en entreprise, prendre des décisions stratégiques, gérer les ressources matérielles ou immatérielles allouées.
Les différences de comportements et de responsabilités entre les entrepreneurs et les managers peuvent être très marquées. Alors qu’un manager se concentre sur les performances et objectifs à court terme de l’entreprise avec des ressources humaines, financières et matérielles limitées, un entrepreneur prend des risques financiers calculés, engage son temps et sa carrière pour faire progresser son entreprise sur le long terme.
III) Le Manager de Transition
Le manager de transition est un acteur clé dans une période charnière d’une entreprise. Qu’il s’agisse d’une transformation, d’un remplacement temporaire du dirigeant, d’une gestion de crise ou d’une croissance, le manager de transition est chargé de piloter la stratégie de l’entreprise et apporte son expertise pour compléter et renforcer l’équipe existante. Grâce à ses compétences et à son expérience, il offre à l’entreprise le leadership dont elle a besoin pour assurer une transition réussie.
Pour une transition réussie, le manager de transition doit tirer parti de son expérience et de son expertise, être réactif et adaptable, résister à la pression, garder une position neutre et objective à chaque problématique, et écouter ses collaborateurs avec empathie et compréhension. Il ne doit pas agir seul, répéter les mêmes schémas, processus et stratégies utilisés, ni vouloir tout changer immédiatement.
IV) La Logique Entrepreneuriale
La logique entrepreneuriale qualifie un mouvement de pensée qui vise à avoir une démarche/comportement portée sur l’innovation, la création de valeur, la prise de risque et le leadership.
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1) Définition de l’entrepreneur
L’entrepreneur est une personne qui investit des moyens humains, matériels et/ou financiers pour porter, développer et réussir un projet économique, avec pour volonté de réaliser des profits et d’assurer la réussite d’une entreprise sur le long terme.
2) L’entrepreneur innovateur
Cela correspond à un profil d’individu qui est capable d’identifier de nouvelles opportunités d’affaires. Il est capable d’innover en créant, en imaginant et en inventant de nouvelles choses (Joseph Schumpeter).
3) L’entrepreneur organisateur
Cela représente un profil d’individu qui est capable de gérer des ressources et de les optimiser pour accroître la production de l’entreprise (Jean Baptiste Say). L’objectif final de l’entrepreneur est de créer de la valeur à travers la création, la reprise ou la réactivation d’une entreprise.
4) Les qualités de l’entrepreneur
Pour porter un projet à sa réussite, un entrepreneur doit disposer des qualités suivantes : innovateur, créatif, prise de risque, opportuniste et créateur de valeur.
V) La Logique Managériale
À la différence de la logique entrepreneuriale liée principalement à l’innovation et à la création de ressources, la logique managériale est un mouvement de pensée qui est porté sur la gestion et l’optimisation des ressources de l’entreprise.
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Un entrepreneur possédant une logique managériale définit les objectifs à réaliser, planifie et structure l’existant. Il contrôle les ressources, motive et forme les équipes. Avec son profil différent de l’entrepreneur, le manager gère une entreprise, prend des décisions complexes et mesurées. Elle se distingue de la logique entrepreneuriale qui consiste à créer de nouvelles ressources.
Il n’existe pas de définition unique de la logique entrepreneuriale, mais on peut retenir la définition suivante : l’entrepreneuriat est l' »ensemble des activités et des démarches qu’impliquent la création et le développement d’une entreprise et plus généralement la création d’activité« .
Une fois le projet de création ou de reprise d’entreprise finalisé, l’entrepreneur va devoir endosser un nouveau rôle, celui de « manager », en quelque sorte un rôle de gestionnaire. Son objectif sera alors d’assurer la pérennité de son entreprise en adoptant une logique managériale de gestion des ressources, des contraintes et des compétences.
VI) Création d'Entreprise et Risques
L’entrepreneur ne sera reconnu comme tel que lorsqu’il aura abouti dans son projet de création d’entreprise.
- Création pure : création d’une activité nouvelle qui n’a jamais été exercée au même endroit par une autre entreprise et que l’entrepreneur va développer dans une nouvelle organisation pour répondre à un besoin du marché ou pour susciter ce besoin.
- Création par reprise : Reprise de tout ou partie des moyens de production d’une autre entreprise ou rachat d’un fonds de commerce.
La création d’entreprise reste dans tous les cas risquée puisque, au bout de cinq ans, seule la moitié des entreprises seront toujours en activité (six sur dix pour les créations par reprise) et que plus de 85 % des entreprises créées n’ont pas de salarié. Pourtant, les entreprises sont aujourd’hui au cœur de notre système productif. Toutes les politiques industrielles tendent à favoriser leur création compte tenu des emplois qu ‘elles font naître.
Les innovations, en déstabilisant le marché, engendrent une destruction créatrice qui, selon l’économiste, est à l’origine du dynamisme industriel et de la croissance à long terme. L’entrepreneur est un porteur de projet.
VII) Analyse du Projet Entrepreneurial
Réaliser une ETUDE DE FAISABILITÉ pour vérifier la cohérence du projet :
- Quelles sont les contraintes à lever ?
- Les points forts ?
- Les points faibles du projet ?
- Si le projet est en adéquation avec l’environnement légal, concurrentiel… (repérer les contraintes ou « facteurs de contingence »)
- Vérifier que l’activité envisagée va générer des bénéfices suffisants pour convaincre les partenaires de fournir les capitaux nécessaires.
- Faire l’étude de marché (l’entreprise aura-t-elle une part de marché suffisante et durable ?)
- Évaluer les compétences actuelles et trouver les compétences manquantes
- Trouver le bon statut juridique qui accueillera l’entreprise : entreprise individuelle ?
Comment répondre aux opportunités offertes par l’environnement ? Quels choix commerciaux exercer ? Comment évaluer et collecter les capitaux nécessaires ? Quelle structure juridique envisager ? Elle implique une capacité à anticiper, à se projeter, à innover. Auteur : Schumpeter (innovation, entrepreneur, destruction créatrice).
VIII) Rôle du Manager dans les Grandes Entreprises
Souvent le manager n’est pas le créateur, il est celui à qui l’on confie la structure pour la développer. Il est souvent salarié. On lui a confié des ressources. Il doit créer le plus de valeur possible pour satisfaire les parties prenantes (les propriétaires de l’entreprise, mais aussi les salariés, les clients, fournisseurs …) dans une optique de continuité d’exploitation.
Identifier les priorités sans se laisser déborder par les détails et sans perdre de vue les objectifs poursuivis, il doit savoir communiquer pour faire partager ces objectifs savoir conduire les actions : il doit maîtriser l’organisation, la délégation des responsabilités, la coordination des tâches, le contrôle des résultats au sein de son équipe savoir gérer une équipe : il doit savoir choisir, motiver, mobiliser, écouter, cadrer et responsabiliser ses collaborateurs. À été formé à la gestion, à la stratégie dans une école de management (parfois nommées « Ecoles de commerce ».
IX) Esprit Entrepreneurial et Managérial
La logique entrepreneuriale implique la prise de risques, la recherche d’opportunités, l’innovation et la créativité. De son côté, le manager doit diriger l’entreprise en entrepreneur pour pouvoir s’adapter aux évolutions de son environnement. L’intrapreneuriat est donc l’ensemble des démarches de management qui visent à instaurer l’esprit d’entreprendre dans une entreprise existante.
Entreprendre n’est pas une simple succession d’opérations juridiques et de gestion. Entreprendre consiste en premier lieu à repérer des opportunités de développement, puis nécessaires pour créer l’activité nouvelle correspondante ou dynamiser une activité existante. La logique entrepreneuriale implique donc une capacité à anticiper, à se projeter et à innover.
La frontière entre entrepreneur et manager est réelle. L’esprit entrepreneurial est-il si éloigné que ça de l’esprit managérial ? Par exemple, une personne peut disposer d’un état d’esprit entrepreneurial sans pour autant être entrepreneur au sens de créateur d’entreprise. Durant les premières années d’existence de son entreprise, en tant qu’ »homme-orchestre », l’entrepreneur doit veiller à avoir les compétences à la fois de l’entrepreneur et du manager. A l’heure où on demande aux managers de penser et agir en entrepreneurs au sein des entreprises qui les emploient, il faut également garder à l’esprit qu’être entrepreneur nécessite d’avoir l’esprit managérial.
X) Complémentarité des Rôles
L’entrepreneuriat et le management sont deux branches qui ne font pas appel pour certaines aux mêmes qualités personnelles et professionnelles. Néanmoins, l’un engendre l’autre ! On imagine difficilement comment entreprendre sans volonté de se développer et donc de recruter. Le recrutement implique nécessairement le management. Dès lors, l’entrepreneur devra aussi devenir un manager !
Difficile d’imaginer un entrepreneur isolé sur une page déserte et qui ne manage pas ! Certes le créateur à ses débuts, se retrouve seul mais il devra manager ses fournisseurs entre autres. L’entrepreneuriat exige de nombreuses qualités techniques, un esprit créatif et innovant. L’entreprise a vocation à se développer et à croître dans tous les domaines à moins de rester à l’état de la microentreprise. Dans ce cadre de création d’entreprise, la pratique oblige l’entrepreneur à posséder ou à développer des qualités managériales.
Il faut pour croître en effet recruter des collaborateurs ou trouver des associés. Quelle que soit la nature de ce recrutement, il induit la création d’une équipe et d’une forme d’organisation. Or là où il y a équipe et organisation, il y a nécessité de management. Si donc les deux personnages, entrepreneur et manager, sont présentés comme distincts au plan étymologique, ils se confondent très généralement surtout dans les petites et moyennes entreprises. Seules les grandes entreprises peuvent se permettre de décharger le dirigeant par les cadres managers !
XI) L'Entrepreneur-Manager
Parce qu’il est dans leur nature de catégoriser, les sociologues et les économistes tendent à différencier entrepreneurs et managers. Joseph Schumpeter, le célèbre économiste autrichien du milieu XXᵉ siècle, a bien posé les principes de la logique entrepreneuriale. Pour celui-ci, l’entrepreneur est au cœur du capitalisme et ce dernier ne devra sa sauvegarde qu’à la perpétuation de l’esprit d’entreprendre.
Les thèses de Schumpeter laissent à penser qu’en s’agrandissant les entreprises sont marquées par la multiplication des cadres gestionnaires peu ou pas enclins à prendre des risques comme dans le modèle de l’entrepreneur. Les théoriciens opposent ainsi logique entrepreneuriale et logique managériale alors que dans la pratique celles-ci s’articulent plus qu’elles ne s’opposent. En France, où le tissu économique compte 159 000 petites et moyennes entreprises. Ces PME emploient 4,3 millions de salariés et réalisent près de 23 % de la valeur ajoutée de l’ensemble des entreprises, la notion la plus juste est celle de l’entrepreneur-manager.
Le patron, comme l’imaginaire populaire le nomme encore majoritairement à tort, est le plus souvent créateur et cadre dirigeant de son entreprise. Il conjugue les deux rôles sans forcément épouser les thèses économiques ou sociologiques qui les différencient. Schumpeter est d’ailleurs plus proche de la réalité que nombre de ses pairs lorsqu’il prend Henry Ford comme modèle absolu de l’entrepreneur. L’américain est en effet un entrepreneur de génie mais aussi un manager averti qui inspira le fordisme qui se veut un compromis économique et social vertueux !
XII) Conclusion
Le constat est clair. Si le manager n’est pas toujours entrepreneur, l’entrepreneur est lui tôt ou tard manager. Vous voilà averti : pensez à cultiver ces qualités de manager qui tôt ou tard vous seront fort utiles dans votre aventure entrepreneuriale.
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