Quelles sont les solutions et techniques pour une entreprise d’assainissement écologique

Face à la dégradation des ressources en eau, au réchauffement climatique et à l’urbanisation croissante, la gestion des eaux usées représente aujourd’hui un enjeu majeur. Longtemps perçu comme une simple contrainte technique, l’assainissement devient désormais un champ d'innovation écologique.

Définition, enjeux et cadre général

L’assainissement individuel écologique, ou assainissement non collectif (ANC), désigne l'ensemble des installations individuelles de traitement des eaux usées domestiques. Il englobe tous les dispositifs et techniques permettant la collecte, le traitement et l'évacuation des eaux domestiques issues des foyers isolés.

Les enjeux de l'assainissement individuel sont multiples et revêtent une importance tant sur le plan sanitaire qu'environnemental. Sur un plan sanitaire, il vise à prévenir la propagation de maladies liées à une mauvaise gestion des eaux usées. Sur le plan environnemental, l'assainissement individuel écologique contribue à limiter les rejets polluants. Ce faisant, il participe à la préservation des ressources en eau et à la protection des écosystèmes aquatiques.

On distingue deux grands types d’assainissement : l’assainissement collectif (réseau de collecte et station de traitement des eaux usées) et l’assainissement non collectif (ou individuel ou autonome). Le choix entre ces deux solutions relève de la commune et dépend notamment de la densité de l’habitat, de la topographie des lieux et des coûts associés à chacun de ces types d’assainissement.

Principes de l’assainissement écologique

L’assainissement écologique repose sur une idée simple : imiter les processus naturels pour traiter les eaux usées de manière plus douce, plus autonome et plus intégrée à l’environnement. Plutôt que de considérer l’eau usée comme un déchet, on la traite comme une ressource à préserver, recycler et valoriser.

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Les végétaux constituent la base du traitement : ils abritent les bactéries épuratrices, notamment dans leurs racines. L’assainissement écologique limite le rejet de substances toxiques, préserve la biodiversité et contribue à la qualité des sols et des cours d’eau.

Solutions écologiques principales

Phytoépuration (filtres plantés)

La phytoépuration fait partie des systèmes d'assainissement autonome et écologique les plus avantageux de traitement d'eaux usées. Méthode d'assainissement naturel et durable par les plantes, la phytoépuration permet la dépollution grâce aux propriétés épuratrices des racines de plantes spécifiques.

Le mécanisme de la phytoépuration repose sur l'utilisation de plantes comme les roseaux qui agissent comme un « filtre vertical » pour purifier les eaux usées. Une fois que les eaux entrent dans le système, elles sont aspirées, filtrées et digérées par les plantes, en particulier au niveau du complexe racinaire riche en micro-organismes. L'écosystème ainsi créé permet de traiter principalement les nitrates, les phosphates, et les métaux retenus par les eaux.

Le principe de la phytoépuration est similaire à celui du compostage. La dégradation des agents polluants au contact de l'air produit de l'humus et de la vapeur d'eau. Il suffit de laisser le temps aux plantes et aux joncs de coloniser chaque bac pour que le processus soit complet.

En pratique, avant d'installer les deux bassins nécessaires pour une filtration optimale, on commence par choisir les bonnes plantes. Ces dernières doivent avoir la capacité d'absorber les substances polluantes spécifiques à chaque étape de la filtration. Dans le premier bassin, où la rétention des principaux agents polluants se déroule, on plante des carex, salicaires, iris, massettes, roseaux. Pour le second bassin, construit en contrebas du premier, on transplante des végétaux épurateurs tels que la menthe aquatique, les iris ou la salicaire.

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La phytoépuration est une solution d'assainissement écologique qui ne nécessite pas de fosses ni l'utilisation de matériaux importants. Les plantes macrophytes s'adaptent à tous types de sols et résistent aux variations de température et au gel. De plus, bien qu'il se déroule en plein air, ce système ne produit aucune odeur désagréable. Il est également facile à entretenir : un simple désherbage des bassins au printemps suffit.

Une installation de phytoépuration n'a également pas besoin d'énergie fossile pour fonctionner et les eaux qui en découlent peuvent se jeter directement dans la nature sans crainte. Par ailleurs, il s'agit d'une filière d'assainissement individuel écologique, sans consommation d'électricité basée sur des matériaux naturels, ce qui le rend par conséquent éligible à « MaPrimeRénov ».

Filtres plantés agréés (traitement intégral)

Depuis décembre 2012, les filtres plantés sans fosse septique sont également agréés. Pour un traitement intégral, on utilise : un filtre planté à écoulement vertical de roseaux pour le prétraitement des eaux usées ; un filtre planté à écoulement horizontal pour leur traitement.

La phytoépuration permet d’obtenir de l’eau propre, réutilisable pour l’arrosage des extérieurs, des voiries, des véhicules ou pour des usages adaptés dans votre logement, vous permettant ainsi de réaliser des économies sur votre consommation d’eau.

Toilettes sèches

Fonctionnant par compostage, les toilettes sèches viennent en complément de filières de traitement des eaux ménagères dans les constructions écologiques. Les toilettes sèches fonctionnent sans eau, les excréments sont récupérés dans un réceptacle placé sous la lunette des toilettes et recouverts de copeaux pour éviter les odeurs.

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Avant 2012, les toilettes sèches étaient admises par la réglementation sans autre installation complémentaire à condition qu’elles ne génèrent aucune nuisance pour les voisins ou aucun rejet hors des limites parcellaires. Mais l'arrêté du 7 mars 2012 précise qu'« en cas d’utilisation de toilettes sèches, l’habitation doit être équipée d’une installation conforme au présent arrêté, afin de traiter les eaux ménagères ».

Le traitement des eaux grises est soumis à une obligation de moyen : le détenteur de toilettes sèches doit donc installer un traitement traditionnel ou agréé. Cependant, il est possible de demander au maire une dérogation pour mettre en place un dispositif non agréé plus simple comme les filtres plantés. Dans tous les cas le SPANC doit donner son autorisation.

Bambou d’assainissement et lagunage

Le bambou d’assainissement permet de convertir une petite station d’épuration en une culture de bois de bambou, esthétique et pérenne. Les systèmes d’assainissement écologique partiels, à utiliser avec une fosse toutes eaux, sont : le bambou assainissement ; le lagunage eaux usées.

Le lagunage est une technique basée sur des bassins où des processus biologiques naturels (micro-organismes, algues et plantes aquatiques) contribuent à l’élimination des polluants. Ces dispositifs peuvent être employés en complément d'une fosse toutes eaux pour améliorer la qualité du rejet.

Micro-stations d'épuration

La micro-station est un dispositif étanche de traitement des eaux usées au sein duquel se déroule l'ensemble du processus d'épuration : prétraitement, traitement, rejet. Elle gère d'une part le stockage, la dégradation anaérobie (grâce à des bactéries) et la décantation des matières en suspension. Elle assure d'autre part la rétention des boues, l'hydrolyse des graisses et la production d'ammonium, le tout dans trois compartiments distincts.

On distingue deux grandes catégories de micro-stations : celles à culture fixée (où les bactéries sont fixées sur des supports) et celles à culture libre (où les bactéries sont en suspension). Dans les deux cas, les filtres sont prétraités avec des enzymes spécifiques pour renforcer le développement et la capacité des bactéries à dépolluer efficacement les eaux.

Malgré leurs nombreuses qualités, les micro-stations présentent une limite majeure : elles doivent fonctionner avec une alimentation électrique permanente. Avec ce système d'assainissement individuel, le cycle de traitement doit être en effet activé en permanence pour éviter la mort des bactéries. La micro-station ne convient donc pas dans une résidence secondaire. Elle nécessite également de nombreuses vidanges du fait de l'accumulation rapide de boues due à sa compacité.

Fosses toutes eaux

Contrairement à la fosse septique traditionnelle, qui se charge uniquement du traitement des eaux-vannes, la fosse toutes eaux collecte et assure le prétraitement de toutes les eaux usées domestiques. Actuellement, ce type de fosse est le seul autorisé par la réglementation, étant donné que l'installation de fosses septiques est désormais interdite.

Une fosse toutes eaux est en général une cuve en plastique ou en béton, équipée d'un circuit d'entrée et de sortie. Elle peut être équipée d'un filtre à sable, d'un filtre planté (filtre à roseaux) ou d'un massif filtrant. Le dispositif est conçu pour être étanche, empêchant ainsi l'infiltration des eaux usées dans le sol.

Ce système possède toutefois des inconvénients. Des possibilités de débordement peuvent avoir lieu. Des odeurs nauséabondes peuvent également remonter à la surface. Les végétaux peuvent aussi s'infiltrer dans le système et le bloquer, ce qui peut être compliqué à réparer.

Valorisation et réutilisation des eaux traitées

La phytoépuration permet d’obtenir de l’eau propre, réutilisable pour l’arrosage des extérieurs, des voiries, des véhicules ou pour des usages adaptés dans votre logement. Les eaux noires, une fois épurées, peuvent être réutilisées pour une irrigation souterraine. Les eaux grises, une fois épurées, peuvent être réutilisées pour alimenter les chasses d’eau, le lave-linge et, à l’extérieur, pour l'arrosage et le lavage des sols et des véhicules.

L’assainissement écologique vise à fermer les boucles des nutriments, en réintroduisant les nutriments récupérés (comme l’azote et le phosphore) dans les sols au lieu de les rejeter dans les cours d’eau. L’approche SAINECO recommande de séparer les eaux grises et les eaux vannes afin de maximiser leur potentiel de valorisation.

Réglementation et agréments

Seuls deux dispositifs écologiques sont aujourd’hui admis par la réglementation d’assainissement, car ils ne nécessitent pas d’installation complémentaire : les toilettes sèches ; les filtres plantés (principe de la phytoépuration). L’installation d’un système d’assainissement par les plantes pour l’habitat non collectif nécessite un numéro d’agrément ministériel pour les stations de moins de 20 EH.

Pour l'utilisation de toilettes sèches, le détenteur doit respecter les obligations de traitement des eaux ménagères ou obtenir les dérogations nécessaires. Dans tous les cas le SPANC doit donner son autorisation. Les autres solutions ne sont pas toutes agréées et peuvent être employées uniquement en complément d’une installation classique de prétraitement : une fosse toutes eaux.

Techniques complémentaires : eaux pluviales et baignade naturelle

La récupération d'eau de pluie est une pratique complémentaire essentielle : l'eau de pluie peut couvrir jusqu'à 50 % de vos besoins domestiques hors consommation alimentaire, ce qui permet de réduire l'utilisation d'eau potable. Des cuves adaptées (3 000 à 40 000 litres) assurent une autonomie pour l'arrosage, les toilettes ou le lavage.

La baignade naturelle combine esthétique, écologie et plaisir sans aucun traitement chimique. Le principe repose sur une zone de filtration plantée qui épure l'eau en continu. Les plantes aquatiques absorbent les nutriments et les micro-organismes dégradent les impuretés, créant un écosystème équilibré.

Choix, dimensionnement et accompagnement pour une entreprise

Que vous soyez un élu local, propriétaire d’un camping, d’un gîte, ou une entreprise souhaitant proposer ou installer des solutions d’assainissement écologique, la phytoépuration permet de répondre à la plupart de vos besoins. Ce système s’applique à l’habitat individuel, à l’habitat collectif (campings, hôtels, lieux de loisirs), et au monde agricole ou industriel.

Ar Bradenn conçoit votre installation selon les caractéristiques de votre sol et la configuration de votre terrain. Notre équipe réalise une étude détaillée pour dimensionner précisément votre système de phytoépuration. Nous vous accompagnons dans l’étude de votre projet jusqu’à sa construction : étude de sol, dimensionnement, dossier SPANC, travaux et guide de l’usager.

Pour des établissements recevant du public ou des sites connaissant de fortes variations de charge (hôtels, campings), nos systèmes de phytoépuration sont adaptés et ont été testés jusqu’à 400 % de variation de charge. Nous réalisons également des études pour les effluents non domestiques et des projets pilotes ou expérimentaux.

Comment fonctionne une station d'épuration ? - C'est pas sorcier

Entretien, coûts et durableté

L'entretien d'une installation de phytoépuration est minimal : une à deux visites annuelles suffisent pour vérifier le bon fonctionnement de l'installation. Les boues se minéralisent progressivement dans les filtres, ce qui espace considérablement les opérations de curage. Vous réalisez des économies importantes sur le long terme, tout en contribuant activement à la protection de l'environnement.

Contrairement aux idées reçues, les solutions d’assainissement écologique ne sont pas forcément plus coûteuses. L’investissement initial pour certaines installations (bassin, récupération d'eau, piscine naturelle) peut être plus élevé, mais les coûts récurrents (énergie, produits chimiques, vidanges fréquentes) sont généralement réduits, et la valeur paysagère et environnementale ajoutée peut être considérable.

Plantes et matériaux utilisés

Experts dans la mise en œuvre de techniques végétales, nous utilisons des pépinières spécialisées dans la production de plantes hélophytes selon leur pouvoir épuratoire. Parmi les plantes utilisées en phytoépuration : carex, roseaux, massette, joncs, iris des marais, salicaire, menthe aquatique, souchet long, laîche à épis pendants.

Plante Rôle
Roseaux Filtration et support bactérien
Massette / Iris Rétention et affinement de la qualité
Salicaire / Menthe aquatique Affinage et apport de biodiversité

Perspective et ressources

L’assainissement écologique illustre un changement de paradigme majeur : il vise à considérer l'eau usée comme une ressource à préserver, recycler et valoriser. Des réseaux et projets tels que l’Alliance pour un Assainissement Soutenable (Susana), le Réseau Assainissement Écologique (RAE) ou EcoSanRes documentent et promeuvent ces approches.

Pour toute entreprise souhaitant se lancer dans l’assainissement écologique, il est essentiel de combiner expertise technique, conformité réglementaire et approche territoriale pour concevoir des solutions robustes, durables et adaptées aux besoins réels.

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