Cumuler le Chômage et le Statut d'Auto-Entrepreneur : Conditions et Modalités en France

Il est tout à fait possible de cumuler le statut auto-entrepreneur avec les allocations chômage (ou allocations d’aide au retour à l’emploi). Si vous êtes auto-entrepreneur ou micro-entrepreneur, cet article vous explique comment concilier votre activité indépendante avec les allocations chômage.

Cumul chômage et auto-entreprise

Vous pouvez percevoir une partie de vos allocations de retour à l’emploi (ARE) tout en exerçant une activité d’auto-entreprise, à condition de respecter des critères liés à la déclaration de votre chiffre d’affaires, au montant perçu et au régime micro-entreprise.

Les Questions Fréquentes sur l'Assurance Chômage et l'Auto-Entrepreneuriat

Quand on parle des auto-entrepreneurs et de l’assurance chômage, deux questions viennent généralement : celle du maintien de ses allocations chômage d’ancien salarié quand on démarre son auto-entreprise; mais aussi celle de l’existence d’une assurance chômage en cas de cessation de son activité d’auto-entrepreneur, à l’instar des salariés.

Dans cet article, nous allons répondre à toutes les questions afin de vous aider à mieux comprendre les droits des auto-entrepreneurs en matière d'assurance chômage et les possibilités de cumuler vos allocations avec vos revenus d'activité. Nous verrons enfin les solutions pour mieux se protéger en cas de cessation d’activité quand on est auto-entrepreneur.

L'Allocation des Travailleurs Indépendants (ATI)

Les auto-entrepreneurs comme les autres travailleurs indépendants ne cotisent pas à l’assurance chômage comme les salariés. En cas de cessation d’activité, ils ne peuvent donc pas bénéficier d’allocations chômage. Pour pallier cette inégalité, l’Allocation des Travailleurs Indépendants (ATI) a été créée en 2019.

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Bien qu’il n’y ait pas d'assurance chômage pour les auto-entrepreneurs en France, l'Allocation des Travailleurs Indépendants (ATI) constitue une avancée significative. Ce dispositif offre un filet de sécurité minimal pour les indépendants en situation de cessation d'activité, mais il est important de bien se renseigner sur les critères d'éligibilité et les modalités de calcul.

Conditions pour bénéficier de l'ATI

Pour bénéficier de l'ATI, il est essentiel de satisfaire aux critères suivants :

  • Cessation totale et définitive de l’activité : Il faut que l'activité ait cessé de manière involontaire, c'est-à-dire en raison d’une liquidation judiciaire ou d’une procédure de redressement judiciaire qui se termine par une cessation d'activité.
  • Avoir exercé une activité non salariée pendant au moins 2 ans
  • Justifier de revenus minimums : à savoir un revenu annuel moyen d’au moins 10 000 € sur les deux dernières années précédant la cessation d'activité.
  • Disposer de ressources limitées : c'est-à-dire inférieures au montant du RSA (635,75€ en 2024) et ne pas avoir d’autres droits au chômage en tant que salarié.
  • Avoir un projet de retour à l'emploi ou de création/reprise d’une entreprise.

Cumul de l'ATI avec d'autres ressources

Le cumul de l'ATI avec d'autres ressources est possible, mais sous certaines conditions. Si l'auto-entrepreneur reprend une activité salariée, le montant de l'ATI sera réduit en fonction des revenus perçus. Cependant, le cumul est plafonné afin de ne pas dépasser un certain montant de revenus cumulés.

Calcul de l'ATI

Le montant journalier de l’ATI s’élève à 26,30 €, à multiplier par le nombre de jours dans le mois. Sont ensuite déduits :

  • la contribution sociale généralisée (CSG),
  • la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS)
  • l’impôt sur le revenu (IRPP).

Cumuler l'ARE et l'Auto-Entrepreneuriat

En revanche, il est tout à fait possible de toucher l’assurance chômage liée à une ancienne activité salariée malgré son nouveau statut d’auto-entrepreneur, sous certaines conditions. Il est possible de cumuler l'Allocation de Retour à l'Emploi (ARE) avec les revenus d'une activité d’auto-entrepreneur. Ce dispositif permet aux demandeurs d’emploi de créer ou reprendre une activité indépendante tout en continuant à percevoir leurs allocations chômage, à condition de respecter certaines règles.

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Pour percevoir des allocations chômage en tant qu'auto-entrepreneur, il est essentiel d’avoir exercé une activité salariée auparavant, justifiant ainsi l’ouverture de droits. Vous devez avoir occupé un emploi salarié, généralement en CDI, pendant au moins 5 ans au cours des 60 derniers mois. Si vous démissionnez pour créer une micro-entreprise, ces conditions doivent être respectées et validées par une commission.

La Méthode SIMPLE pour Cumuler Emploi et Micro-Entreprise !

Le régime d’auto-entreprise, conçu pour simplifier la gestion d’une activité, vous permet de proposer des prestations de services ou de vendre des produits tout en restant inscrit comme demandeur d’emploi. Cependant, la réglementation impose une actualisation mensuelle de votre situation auprès de France Travail, incluant la déclaration de votre chiffre d’affaires.

De plus, pour continuer votre activité, vous devez déclarer régulièrement votre chiffre d’affaires dans le cadre du régime micro-entreprise. Les revenus issus de votre activité d’auto-entrepreneur influencent directement le montant des allocations chômage que vous percevez. Le montant versé est ajusté en fonction de votre déclaration mensuelle de chiffre d’affaires. Cela demande une transparence et une rigueur constantes. Si vos revenus dépassent les plafonds établis, vos droits peuvent être suspendus.

En tant qu’auto-entrepreneur, il est possible de cumuler une activité indépendante avec une partie de vos allocations chômage. Toutefois, ce cumul est partiel et soumis à des règles strictes. Concrètement, si vous générez des revenus via votre activité d’auto-entrepreneur, ces revenus réduiront automatiquement le montant de vos allocations. Plus votre chiffre d’affaires augmente, moins vous percevrez d’allocations chômage.

Principales conditions pour bénéficier du cumul ARE et auto-entreprise :

  • Avoir perçu des allocations chômage (ARE) : Vous devez être inscrit en tant que demandeur d’emploi et percevoir l’ARE à la suite d’une activité salariée antérieure.
  • Déclarer votre activité auprès de France Travail : Dès que vous lancez votre activité d’auto-entrepreneur, vous devez en informer France Travail. Chaque mois, vous devrez déclarer votre chiffre d’affaires afin que France Travail puisse recalculer le montant de vos allocations.
  • Ne pas dépasser un certain seuil de revenus : Tant que votre chiffre d’affaires reste inférieur à un certain seuil, vous pouvez cumuler l'ARE avec vos revenus d'auto-entrepreneur. Cependant, le montant de l'ARE sera réduit en fonction des revenus tirés de votre activité indépendante.
  • Conserver une inscription active comme demandeur d’emploi : Vous devez rester inscrit comme demandeur d’emploi pour continuer à percevoir l’ARE, même si vous exercez une activité indépendante en parallèle.

Durée de cumul

Le cumul de l'ARE et des revenus de l’auto-entreprise est possible pendant une durée maximale de 24 mois (2 ans) si vous avez moins de 53 ans. Si vous avez plus de 53 ans, ce cumul est possible pendant 36 mois (3 ans).

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Comment est calculé le chômage pour un auto-entrepreneur ?

Le montant de l’ARE est recalculé chaque mois en fonction du chiffre d'affaires que vous réalisez en tant qu'auto-entrepreneur. Le calcul se fait de la manière suivante :

  • Calcul du "gain" mensuel : France Travail applique un abattement forfaitaire sur votre chiffre d'affaires déclaré, afin de déterminer votre revenu réel d'activité :
    • 71% de déduction pour les activités de vente de marchandises,
    • 50% pour les prestations de services relevant des BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux),
    • 34% pour les activités libérales relevant des BNC (Bénéfices Non Commerciaux).
  • Réduction de l’ARE en fonction de votre revenu d’activité : L'ARE est ensuite diminuée de 70% du revenu mensuel tiré de l’activité d’auto-entrepreneur.
  • Plafond de cumul : Le total de l’ARE perçue et des revenus de l’activité indépendante ne doit pas dépasser le montant du salaire de référence pris en compte par France Travail.

Exemple de calcul :

Un auto-entrepreneur qui réalise un chiffre d'affaires de 2 000 € en prestation de services (BIC) bénéficiera d’un abattement de 50 %, soit un revenu pris en compte de 1 000 €. Si son ARE initiale était de 1 500 €, le montant de son ARE sera réduit de 70 % de 1 000 €, soit 700 €.

Pour gérer vos allocations chômage, il est impératif de déclarer votre chiffre d’affaires à l’URSSAF chaque mois ou trimestre, même si vous n’avez généré aucun revenu. En parallèle, vous devez vous actualiser chaque mois en ligne pour signaler votre activité, votre chiffre d’affaires, ainsi que le nombre d’heures travaillées.

France Travail applique un abattement pour déterminer le revenu net pris en compte dans le calcul de vos droits, puis ajuste vos allocations en fonction des revenus déclarés.

L’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise)

L’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise) est une aide financière destinée aux auto-entrepreneurs et micro-entrepreneurs bénéficiant de l’ARE (Allocation d’Aide au Retour à l’Emploi) et souhaitant lancer ou reprendre une activité indépendante. Versée par France Travail, cette aide prend la forme d’un capital correspondant à 60 % des droits restants à percevoir au titre de l’ARE.

Pour bénéficier de l’ARCE, il est indispensable d’avoir obtenu l’ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d’Entreprise) et de ne pas cumuler cette aide avec le maintien partiel de l’ARE.

L’ARE est une allocation mensuelle dont le montant diminue progressivement en fonction des revenus générés par votre activité d’auto-entrepreneur. Elle convient à ceux qui souhaitent conserver un revenu régulier tout en développant leur activité indépendante. Le choix entre l’ARCE et le maintien partiel de l’ARE dépend de votre situation financière et de vos besoins en trésorerie.

L’Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise (ARCE) offre aux entrepreneurs la possibilité de convertir une partie de leurs allocations chômage en capital. L’auto-entrepreneur doit choisir entre deux dispositifs : le maintien des allocations ou l’ARCE. Toutefois, l’option pour l’ARCE peut être utile en cas de création d’une auto-entreprise où la marge réelle est faible et où le créateur a un besoin financier personnel. Cette option lui permet de toucher 45% de ses droits restants aux allocations chômage le jour de la création de l’entreprise.

ARCE

Le versement de l’ARCE s’effectue en 2 temps :

  • La moitié du capital est versée lors de la création de votre micro-entreprise
  • L'autre moitié est versée 6 mois plus tard (à condition que votre micro-entreprise soit toujours en activité)

Les Différentes Situations Possibles et les Allocations

Voici un tableau récapitulatif des différentes situations possibles et des allocations auxquelles vous pouvez prétendre :

Situations Allocation d’Aide au Retour à l’Emploi (ARE) Allocation des Travailleurs Indépendants (ATI)
Situation 1 : Chômage avant création d’entreprise Possibilité de cumuler allocations chômage et revenus d’auto-entrepreneur.
  • Le total des allocations + revenus (chiffre d’affaires) ne doit pas dépasser le salaire journalier de référence.
  • Actualisation mensuelle obligatoire auprès de France Travail : déclaration de situation, heures travaillées, et chiffre d’affaires.
  • Déclaration de chiffre d’affaires à transmettre à Pôle Emploi.
  • Reliquat non versé des allocations ARE reporté pour usage futur en cas de nouveau chômage.
Situation 2 : Création d’entreprise avant chômage Droit au chômage en auto-entrepreneur après perte d’un emploi salarié si les conditions générales de l’ARE sont respectées.
  • Inscription à France Travail nécessaire.
  • Les allocations chômage peuvent être intégralement cumulées avec le chiffre d’affaires.
  • Actualisation mensuelle requise (comme dans le Cas n°1).
Situation 3 : Démission pour création d’entreprise Droit au chômage pour une démission pour création d’entreprise si certaines conditions sont remplies.
  • Projet entrepreneurial réel et sérieux validé par une commission spéciale.
  • Travail pendant au moins 5 ans pour le même employeur.
  • Respect des conditions générales d’éligibilité aux allocations chômage.
  • Évaluation et validation par une commission.

Conseils pour Maximiser Votre Sécurité Financière en Tant qu'Auto-Entrepreneur

Développer une activité indépendante en ayant un filet de sécurité financier est rassurant. Voici quelques conseils pour maximiser votre sécurité financière :

  • Souscrire à une assurance chômage privée ou garantie chômage du dirigeant : Certaines compagnies d'assurances proposent des contrats d'assurance chômage pour les indépendants, qui offrent une couverture plus large et des montants d'indemnisation plus élevés que l'ATI. Les conditions de souscription sont cependant assez contraignantes. Il faut donc se renseigner auprès d’un spécialiste avant de l’envisager.
  • Mettre en place des contrats de protection sociale complémentaire : Pour améliorer sa sécurité financière, il est recommandé de souscrire une mutuelle santé ainsi qu'un contrat de prévoyance pour les auto-entrepreneurs. La mutuelle vous permet de bénéficier de meilleurs remboursements de vos dépenses de santé et réduit le reste à votre charge. C'est une couverture indispensable pour prendre soin de son capital santé, la première ressource immatérielle du travailleur indépendant. La prévoyance auto entrepreneur est une assurance complémentaire qui garantit le maintien de vos revenus en cas d'incapacité temporaire ou définitive de travailler suite à une maladie ou un accident. C'est donc la possibilité de travailler plus sereinement au quotidien.
  • Épargner régulièrement : Constituer une épargne de précaution est essentiel pour faire face aux périodes de creux ou de cessation d'activité. Cela vous permettra de mieux gérer les périodes d'incertitude. Vous pouvez aussi envisager de commencer à épargner pour votre retraite dès le début de votre activité, grâce au Plan d'Epargne Retraite par exemple (PER).
  • Diversifier ses sources de revenus : Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier en ayant plusieurs sources de revenus, par exemple, en exerçant une activité complémentaire en tant que salarié, permet de limiter les risques.

En tant qu’auto-entrepreneur, vous avez la possibilité de conserver partiellement vos droits au chômage, à condition de respecter les critères d’éligibilité liés à votre statut antérieur et de déclarer vos revenus de manière régulière. Le cumul entre les allocations ARE et le chiffre d’affaires généré par votre micro-entreprise est envisageable, mais il reste encadré. De plus, des dispositifs comme l’ARCE constituent des solutions intéressantes pour financer votre projet entrepreneurial.

Nous vous recommandons fortement de vous inscrire auprès de France Travail, de déclarer correctement votre activité et de tirer parti des aides disponibles afin de maximiser vos chances de réussite dans la création de votre entreprise.

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