Google Finance : Amendes, Soutien au Journalisme et Controverses
La relation entre Google, les médias et les instances régulatrices européennes est complexe, marquée par des amendes substantielles, des initiatives de soutien financier, et des controverses persistantes. Cet article explore les différentes facettes de cette relation, en mettant en lumière les enjeux financiers, les stratégies d'influence et les défis auxquels sont confrontés les médias à l'ère numérique.
Amendes de la Commission Européenne
La Commission européenne a infligé à Google une amende de 2,95 milliards d’euros. Cette décision intervient malgré les pressions exercées par Donald Trump. La Commission européenne a estimé qu'en procédant ainsi, Google enfreignait l'article 102 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne.
Bruxelles y voit purement et simplement des "pratiques d'auto-préférence", auxquelles Google doit mettre fin le plus vite possible. Le géant de la tech "dispose désormais de 60 jours pour informer la Commission des mesures qu’il compte proposer. La Commission européenne a reconnu la nécessité d'agir.
Dans le détail, elle estime que "Google a agi en favorisant ses propres services de technologie d’affichage publicitaire en ligne au détriment des fournisseurs concurrents de services de technologie publicitaire, des annonceurs et des éditeurs en ligne". "Google doit désormais proposer un remède sérieux pour régler ses conflits d’intérêts [inhérents à la chaîne d’approvisionnement des technologies publicitaires] et, s’il ne le fait pas, nous n’hésiterons pas à imposer des mesures fortes", a déclaré la vice-présidente exécutive de la Commission européenne, Teresa Ribera, dans un communiqué.
Dans un communiqué transmis à l’AFP, la vice-présidente des affaires réglementaires de Google, Lee-Anne Mulholland, a annoncé que le groupe allait faire appel de cette décision qu'elle qualifie de "mauvaise".
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L'amende de plusieurs milliards d'euros infligée par la Commission est inférieure à celle de 4,34 milliards d'euros déjà infligée à Google en 2018 pour abus de position dominante lié aux appareils mobiles Android. Avec cette amende à l'encontre de Google, "l'une des plus sévères jamais infligée par Bruxelles", "la Commission européenne a frappé fort".
Estimant que Google a abusé de sa position dominante dans le secteur de la publicité en ligne, la Commission européenne a lourdement sanctionné le géant de la tech. Vendredi 5 septembre, la Commission européenne a annoncé "infliger une amende de 2,95 milliards d'euros à Google".
Une sanction peu appréciée outre-Atlantique. Le président américain, Donald Trump, s'est empressé de réagir dans la journée en réitérant "ses menaces de frapper l'Europe avec davantage de droits de douane", indique le Financial Times.
L'enquête contre la multinationale américaine "avait été ouverte en juin 2021, à l'initiative du Conseil des éditeurs européens (EPC)". Politico rappelle que "la Commission avait initialement prévu d'infliger l'amende lundi , avant que le responsable du commerce à Bruxelles, Maroš Šefčovič, n'intervienne pour stopper la décision face aux menaces persistantes de droits de douane de Trump".
Le locataire de la Maison-Blanche n'a d'ailleurs pas tardé à réagir, réitérant ses menaces de prendre des mesures de rétorsion à l'encontre du Vieux Continent. Quant à Google, la firme de Mountain View a immédiatement promis de faire appel. Google n'en est pas à sa première sanction européenne.
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L'UE inflige à Google une amende record de 2,4 milliards d'euros
Le Soutien de Google au Journalisme
Au cours des sept dernières années, Google a dépensé plus de 200 millions d'euros pour soutenir le journalisme européen. Son financement généreux a contribué à stimuler l'innovation auprès des éditeurs de presse et Google finance également des conférences, des bourses, des formations et de la recherche universitaire en journalisme.
Le soutien financier de Google aux éditeurs remonte à 2013. L'aide de Google est arrivée à un moment où ces derniers souffraient de la baisse de leurs revenus. Dans le même temps, le financement de Google a permis de soutenir des projets d'innovation dans les médias d'information dans 30 pays européens.
Google aime le journalisme et le crie haut et fort sur la home page de son site, News Inititative. Depuis 2015, ce fonds d’aide a financé plus de 622 projets numériques dans le monde afin de « soutenir un journalisme de qualité grâce aux technologies et à l’innovation ».
Dans cette nouvelle session, plus de 21 millions d’euros ont été alloués à 107 projets issus de 27 pays européens. Les 11 projets français retenus ici recevront 1,5 million d’euros au total (contre 2 millions en novembre), pour une allocation moyenne de 143 000 euros euros par projet (347 000 en février). C’est moins que l’Allemagne (3,7 millions d’euros pour 15 projets), l’Italie (2,8 millions d’euros pour 7 projets), le Royaume-Uni (2,5 millions d’euros pour 12 projets) et l’Espagne (2 millions d’euros pour 7 projets).
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DNI a aussi alloué des fonds à trois “projets intermédiaires”, qui peuvent bénéficier d’un soutien à hauteur de 70 % et ne doivent pas dépasser 300 000 euros de budget. Au cours de cette troisième cession, où il a étudié 988 projets, Google a noté un intérêt particulier des candidats pour le fact-ckecking (29 % de candidatures dans ce domaine de plus que pendant les précédents tours), l’intelligence artificielle (plus 23 %), le journalisme d’investigation (plus 20 %), et les approches immersives, via la réalité virtuelle et augmentée (plus 20 %).
Les Projets Financés par Google en France
Brief.me, Têtu, le Parisien ou bien encore La Croix font parti d’une vingtaine de médias français qui vont bénéficier du fonds d’aide à l’innovation de Google. Le 22 mars 2019, 21 médias français ont donc reçu des subventions à hauteur de 6,4 millions d’euros.
Divisés en trois catégories, « large », « medium » et « prototype », ces projets touchent à la fois aux modes de financement, aux méthodes marketing et à la mise en place de nouvelles offres éditoriales. Ils donnent aussi un aperçu de ce que la presse va devenir dans quelques années. Entre les robots rédacteurs et la personnalisation extrême des articles en fonction des préférences des lecteurs, le travail des rédactions va radicalement changer.
Vers une Personnalisation du Contenu
L’une des grandes thématiques de ce 6e round de financement reste la personnalisation de l’offre. Les médias La Croix, Corse Presse et l’Équipe ont notamment mis en avant le développement de systèmes de recommandations et de curation de contenus qui s’adaptent en fonction des préférences de leurs lecteurs. Dans le même ordre d’idée, CMBenchmark a remporté le financement de sa plateforme Nicheletters qui permet d’envoyer des newsletters portant sur un seul sujet et contenant de la publicité ultra-ciblée.
Sauver la Presse avec les Datas ?
C’est ce que semble penser le groupe Le Parisien-Les Echos qui a remporté une aide pour un programme anti-désabonnement. Intitulé High Fidelity, ce projet doit permettre la mise en commun des données provenant des call centers, des newsletters, des envois de courriers et des interactions provenant des applis et des sites web. Finalement, cette stratégie doit permettre de prédire les désabonnements en cascades et éviter la perte massive de lecteurs. On retrouve cette même volonté chez Courrier International qui imagine une personnalisation des messages envoyés aux abonnés.
Quand les Journalistes se font Aider par la Technologie
Un certain nombre de projets sont censés aider les rédactions à mieux fonctionner et permettre aux journalistes de trouver des sujets originaux. C’est surtout le cas de SoJoHub, la plateforme d’échange de Reporters d’Espoirs. Sur cette dernière, les journalistes et les analystes média pourront échanger afin de mettre en lumière des sujets qui sont passés sous le radar. Cette solution doit notamment remettre sur le devant de la scène des histoires issues des périphéries urbaines ou des milieux ruraux.
Plus pragmatique, le groupe Prisma a touché un financement pour développer un outil d’aide à la décision éditoriale. Ce dernier doit notamment déterminer quels sujets peuvent apporter le plus d’argent via la monétisation. Plutôt que de suivre les tendances, les journalistes pourront choisir leur article en fonction du meilleur « retour sur investissement ».
La Traque des Fake News
La traque des fake news est aussi au programme avec le projet de La Dépêche du Midi. Le média mise sur le développement d’Infox Tracker, une plateforme de data journalisme. Cette dernière permettra notamment la conception de cartes et de graphes mais aussi d’identifier et de traquer des fake news grâce à une interaction accrue avec le lectorat.
Vers de Nouveaux Formats
Enfin, la mise en place de nouveaux formats et de nouvelles formes de financement sont aussi soutenues par Google. Ainsi le magazine Têtu veut lancer Minority Report, une plateforme de curation de contenus reliés aux réseaux sociaux. Cette dernière pourra notamment mettre en avant des histoires concernant des minorités sociales qui sont généralement ignorées par les algorithmes biaisés.
De son côté, le média brief.me veut cibler les jeunes lecteurs en leur proposant des dossiers sous forme de stories. Certains grands sujets comme le Brexit ou le changement climatique seront régulièrement mis à jour avec des graphes ou des timelines.
Enfin, Konbini va mettre en place Minis, un widget permettant aux lecteurs de donner de l’argent à une cause après la lecture d’un article sur le sujet. Une fois que cette cause sera financée, la rédaction rédigera des suivis réguliers pour tenir informés les lecteurs participant.
Critiques et Pièges du Soutien Financier de Google
Cependant, le soutien de Google au journalisme constitue aussi un piège. Son aide financière a contribué à soutenir les médias bien implantés sur les marchés européens face aux nouveaux concurrents. Le géant du numérique a utilisé son influence auprès des éditeurs de presse pour atteindre ses objectifs politiques. Voici donc les trois principales conclusions de notre étude Google, the media patron (“Google, le mécène des médias”), sur la relation entre le géant de la technologie et les médias.
FB isn’t just amplifying misinfo. The company is also funding it. Il s’appelle Instant Articles. Cela permet à la firme de Mark Zuckerberg nouvellement rebaptisée Meta de conserver la mainmise sur l’espace publicitaire. Car lorsque l’article s’ouvre dans un navigateur, c’est généralement Google qui rafle la mise.
Le programme n’intéresse pas vraiment les médias traditionnels, mais en revanche il attire des fermes à clics qui y voient un moyen facile d’obtenir des revenus publicitaires. Ces articles sont ensuite partagés par des dizaines de comptes, eux aussi gérés par la ferme à clics, pour maximiser leurs chances d'être vus. Les fermes sont tenues par des individus seuls ou des groupes de personnes.
C’est le cas des fermes à clics installées au Cambodge, en Birmanie, au Kosovo ou encore en Macédoine. Elles diffusent des contenus pièges à clics, articles plagiés et fake news dans le seul but de générer des profits publicitaires. Le MIT Technology Review vient de publier une enquête fouillée sur ces producteurs de fausses infos et la manière dont ils sont financés par les géants de la tech.
Tableau Récapitulatif des Amendes et Soutiens Financiers
| Type d'Action | Montant (en Euros) | Description |
|---|---|---|
| Amende de la Commission Européenne | 2,95 milliards | Sanction pour abus de position dominante dans la publicité en ligne |
| Amende de 2018 | 4,34 milliards | Sanction pour abus de position dominante lié aux appareils mobiles Android |
| Investissement dans le journalisme européen (7 dernières années) | 200 millions+ | Soutien à l'innovation, conférences, bourses, formations et recherche |
| Subventions à 21 médias français (2019) | 6,4 millions | Fonds d'aide à l'innovation |
Conclusion
La relation entre Google et les médias est un équilibre délicat entre soutien financier et influence potentielle. Les amendes imposées par la Commission européenne soulignent la nécessité d'une régulation stricte pour garantir une concurrence équitable. Le soutien financier de Google au journalisme, bien que bénéfique, doit être examiné avec prudence pour éviter toute influence indue sur les contenus et les orientations éditoriales.
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