Comment fonctionne un prêt bancaire pour une EURL
Créer mon entreprise Dans le cadre du projet de création de votre EURL, vous allez forcément aborder la partie financement plus ou moins rapidement. En effet, pour qu’un projet soit réalisable, il faut nécessairement disposer des financements nécessaires pour pouvoir le mettre en œuvre. Avant de réfléchir au financement de votre EURL, vous devez préalablement calculer précisément votre besoin en financement. Pour cela, nous vous conseillons d’établir un prévisionnel financier.
Calculez votre besoin de financement et préparez un prévisionnel
Dans votre plan de financement, vous calculerez exactement le financement global que vous devez mobiliser pour votre projet. Dans votre budget mensuel de trésorerie, vous allez pouvoir visualiser à quel moment vous avez besoin de débloquer des financements, et de quel montant vous avez besoin. Avant de créer votre société, vous devez construire votre business plan, qui doit notamment inclure un prévisionnel financier.
Ce document se compose d'un ensemble de tableaux, qui traduisent de façon chiffrée les conséquences de votre projet entrepreneurial. Ainsi, il vous permet de mesurer votre rentabilité, mais aussi de déterminer votre besoin de financement. Vous devez comparer vos recettes et vos dépenses prévisionnelles mensuelles. Afin de ne pas sous-estimer les liquidités à obtenir, prenez bien en compte toutes les charges à engager.
Les sources de financement : internes et externes
Comme nous le verrons ci-dessous, le financement d’un projet professionnel est divisé en deux catégories : les financements en fonds propres, c’est-à-dire ceux que vous apportez personnellement, et les financements extérieurs que vous allez demander (prêt bancaire, crédit-bail…). La totalité ou une partie du financement global de votre projet proviendra forcément de vous-même directement.
Pour financer votre EURL vous-même, vous disposez de deux options : les apports en capital et les avances en compte courant d’associé. La première option consiste à verser de l’argent à la société pour constituer son capital social. Cette démarche s’effectue dans le cadre des formalités de constitution de la société. Un apport en capital social ne peut pas être récupéré, il est définitif.
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Cette seconde solution présente un intérêt majeur par rapport à l’apport en capital social : vous allez pouvoir vous rembourser vos avances lorsque votre société en aura les moyens. En effet, cette opération s’apparente à un prêt que vous accordez personnellement à votre société. De plus, vous allez pouvoir déterminer librement les modalités de cette avance de trésorerie : schéma de remboursement, application d’un taux d’intérêt… Seul l’associé unique d’une EURL peut effectuer une avance en compte courant d’associé.
Le prêt bancaire : rôle, conditions et apport recommandé
Les emprunts bancaires sont très largement utilisés par les créateurs d'EURL. Leur durée est la plupart du temps comprise entre 2 et 7 ans. Les prêts bancaires entreprise constituent souvent la principale source de financement des EURL. Pour en bénéficier, vous devez afficher une solvabilité suffisante, ce qui n’est pas facile à démontrer en début d’activité.
En règle générale, un établissement bancaire va exiger un apport personnel couvrant au moins 25 % du financement global du projet. Les banques s’attendent à ce que vous financiez partiellement vos investissements par un apport personnel. Cette somme démontre que vous êtes un bon gestionnaire, et prouve votre volonté de partager les risques. Son montant dépend de la nature de votre projet : 30 % pour une création d’entreprise, 20 % pour une reprise d’activité, 10 % pour un investissement standard.
Les établissements bancaires ne prêtent pas d'argent sans exiger de garanties. Lorsqu'elle octroie un prêt, la banque impose généralement au créateur de fournir des garanties ou sa caution personnelle. Sur l'acquisition de biens mobiliers, la banque recourt généralement au nantissement pour couvrir ses risques de pertes. Néanmoins, ces nantissements ne suffisent généralement pas à couvrir l'intégralité du risque. Aussi est-il également demandé au porteur de projet une caution personnelle.
Ce que la banque va regarder dans votre dossier
Quelles que soient la banque et la nature du projet, la décision d'accorder un prêt est toujours motivée par des éléments concrets présents dans le business plan (plan d'affaires) mais pas seulement. Il est indispensable que les hypothèses, et plus particulièrement celles qui visent le besoin en fonds de roulement (BFR), soient le plus réalistes possibles en s'appuyant sur des documents (devis, engagements de commande, etc.).
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Gardez par ailleurs à l'esprit que le banquier va regarder prioritairement la capacité de votre entreprise à rembourser son emprunt et donc à générer une bonne rentabilité. La banque va nécessairement solliciter la rédaction d’un prévisionnel d’activité et de trésorerie. Elle souhaite s’assurer que le projet de création d’entreprise soit économiquement viable et qu’il permette d’assurer le train de vie du dirigeant.
Garanties, frais et engagement personnel
Lorsqu'elle octroie un prêt, la banque impose généralement au créateur de fournir des garanties ou sa caution personnelle. La banque peut demander une hypothèque, un nantissement ou un gage sur les biens financés, ainsi qu’une caution personnelle basée sur la déclaration patrimoniale du garant. Renseignez-vous sur les dispositifs de garantie qui ont été mis en place pour faciliter l'obtention d'un prêt bancaire.
Décrocher un prêt bancaire représente une somme d’argent souvent indispensable pour démarrer son activité. Mais il ne faut pas oublier qu’il entraîne également des frais : les intérêts d’emprunt, l’assurance de prêt, les frais annexes : frais de dossier, frais de garantie et frais de courtage le cas échéant. L’établissement d’un plan de trésorerie vous permet notamment de vérifier que votre activité dégagera suffisamment de revenus pour couvrir le remboursement des mensualités du crédit.
En principe, le patrimoine personnel de l’entrepreneur est protégé en cas de poursuites de créanciers professionnels : pour les dirigeants de sociétés (SARL, EURL, SAS ou SASU) leur responsabilité est limitée au montant de leurs apports. Mais attention : si vous vous portez caution personnelle pour le prêt bancaire accordé à votre entreprise, la banque peut se retourner contre vous en cas de défaut de paiement.
Stratégies pour maximiser vos chances d'obtenir un prêt
La mise en concurrence des établissements est recommandée car les modalités (taux d'intérêt, durée du remboursement, cautionnement, etc.) peuvent varier d'une banque à une autre. La mise en concurrence des agences permet de négocier de meilleures conditions ou des clauses moins restrictives. Si vos besoins en financement sont importants, pourquoi ne pas envisager de faire appel à un courtier en financement professionnel ?
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Peaufinez votre projet de création ET sa présentation. Votre dossier de présentation doit être complet, précis, clair et soigné... en un mot "vendeur" ! Suivez les conseils de Bpifrance Création pour faire votre business plan et surtout préparez l'entretien avec l'aide d'un conseiller. Pour avoir davantage d'aisance à l'oral, entraînez-vous à "pitcher" votre projet.
Une bonne évaluation de vos besoins aura pour effet de sécuriser le démarrage de votre activité en anticipant les écarts de trésorerie, de crédibiliser votre dossier vis à vis d'un financeur, et ainsi de faciliter l'obtention de financements. Ne tombez pas dans le piège de sous-estimer vos besoins pour limiter l'endettement.
Alternatives et compléments au prêt bancaire
La diversification des sources de financement est souvent nécessaire pour financer son projet. Les prêts d'honneurs, sans garantie ni caution personnelle, sont proposés par des réseaux d'accompagnement des créateurs d'entreprise, à l'image d'Initiative France ou du Réseau Entreprendre. On trouve aussi le microcrédit professionnel et le financement participatif ou crowdfunding.
Le financement participatif permet de lever des fonds auprès d'un public très large. Ces sommes peuvent prendre deux formes différentes dans le cas d’une EURL : des dons (crowdfunding) et des prêts (crowdlending). Le crowdlending consiste à mettre en relation des investisseurs désireux de prêter de l’argent avec une entreprise ayant besoin de financement, via un IFP (intermédiaire en financement participatif).
L’avantage du crowdlending pour les entreprises est de leur permettre d’accéder à une nouvelle source de financement. Cependant, le coût des sommes empruntées peut être supérieur à ce que proposerait un établissement bancaire. Les prêts d'honneur visent à permettre à un créateur d’entreprises de disposer d’un apport en fonds propres qu’il s’engage à rembourser à titre personnel, à taux zéro et sans garantie.
Prêts entre particuliers, avances en compte courant et formalités
Le prêt entre particuliers désigne une opération consistant pour un particulier à avancer de l’argent à un autre particulier. En tant que particulier, vous pouvez prêter de l’argent à votre société dans certaines situations : on parle alors d’une avance en compte courant. Seuls un nombre limité de personnes peuvent consentir une avance en compte courant : les associés ou actionnaires, les dirigeants et, dans une limite, les salariés.
Le formalisme est alléger pour une avance en compte courant consentie par l’associé ou le dirigeant : ces avances ne supposent pas l’existence d’un contrat de prêt. Il est donc conseillé de conclure une convention de compte courant afin de déterminer les conditions de la rémunération ainsi que les modalités du remboursement. La convention conclue permet d’assimiler l’avance de trésorerie à un véritable prêt puisqu’elle peut prévoir un échéancier de remboursement ainsi qu’un taux de rémunération.
Un prêt familial peut également être sollicité par la personne physique. Il est nécessaire de formaliser cette opération par écrit. Il est conseillé de le faire rédiger par un notaire. Le prêt peut être enregistré auprès du service d’enregistrement, moyennant un coût de 125 €, afin de lui donner date certaine et de le rendre opposable aux tiers.
Cas particuliers et interdictions
Le Code de commerce pose un principe clair : l’interdiction, "sous peine de nullité de contracter, sous quelque forme que ce soit, des emprunts auprès de la société, de se faire consentir par elle un découvert, en compte courant ou autrement, de faire cautionner ou avaliser par elle leurs engagements envers les tiers". Cette interdiction vise notamment les gérants et les associés personnes physiques dans certaines formes sociales.
En revanche, il est strictement interdit pour une société commerciale (EURL, SARL, SA, SAS, SASU) de consentir des avances de trésorerie à ses dirigeantes et associées personnes physiques. Le fait de prêter de l’argent à un dirigeant ou à un associé serait qualifié d’un délit d’abus de bien social sur le plan pénal. Toute convention contrevenant à cette interdiction est nulle.
Dispositifs d’aide publique et prêts aidés
Si votre besoin de budget intervient avant la création, vous pouvez faire une demande d'ARCE, l'aide à la création et reprise d'entreprise. L’ACRE consiste en une exonération totale ou partielle de cotisations sociales, pendant 12 mois pour certains publics. Les aides publiques comprennent aussi des dispositifs locaux, des subventions et des mesures de soutien variées.
Les prêts aidés permettent d’obtenir un emprunt lorsque vous ne disposez pas de garanties suffisantes aux yeux des banques. On peut citer le microcrédit professionnel et le prêt d’honneur. Un tel financement offre néanmoins un effet de levier important, dans le cadre d’une demande de crédit complémentaire.
Conseils pratiques pour la négociation et la gestion du prêt
Négociez les conditions du crédit : la discussion va porter sur le montant mais aussi sur le taux d’intérêt. Attendez-vous à devoir argumenter et ne cédez pas trop vite si vous jugez la somme accordée insuffisante au regard de vos besoins. Pour mettre toutes les chances de votre côté, vous devez rassurer votre banquier sur vos compétences de gestionnaire.
La décision d'accorder un prêt est toujours motivée par des éléments concrets présents dans le business plan. Une fois votre projet présenté, préparez-vous à négocier ! La durée maximale d’un crédit professionnel est de 7 ans pour la plupart des opérations. Par ailleurs, vous devez vous acquitter d’intérêts, dont le taux varie en fonction de la conjoncture économique et du niveau de risque évalué par la banque.
Tableau : principaux modes de financement et caractéristiques
| Mode | Nature | Avantages | Limites |
|---|---|---|---|
| Apport en capital | Fonds propres | Crédibilité, pas de remboursement | Non récupérable |
| Avance en compte courant | Prêt associé | Remboursable, flexible | Seul associé unique en EURL; formalisme conseillé |
| Prêt bancaire | Dette externe | Montants importants, taux potentiellement bas | Garanties, apport exigé, frais |
| Prêt d'honneur | Dette aidée | Taux zéro, pas de garantie | Montants limités, processus long |
| Crowdlending | Dette participative | Nouvelle source de financement | Coût souvent supérieur, sélection via plateforme |
COMMENT OBTENIR SON PRÊT BANCAIRE ?
FAQ synthétique
- Peut-on obtenir un prêt d'honneur pour une entreprise ? Le prêt d'honneur création-reprise est accordé aux particuliers, il a pour particularité d'être accordé à taux zéro, sans garantie de remboursement et peut aller de 1 000 € à 90 000 €.
- Que regarde la banque pour un prêt professionnel ? La banque demandera un prévisionnel d’activité et de trésorerie et évaluera la capacité de l’entreprise à rembourser son emprunt.
- Quelle somme puis-je prêter à un ami sans déclarer ? Si vous dépassez 5 000 € de prêt (unique ou cumulé), vous devez déclarer la somme aux services fiscaux si l'emprunteur ne le fait pas.
Le financement d’une EURL se construit rarement avec une seule brique : souvent on combine apport + prêt d'honneur + prêt bancaire. Si vous le souhaitez, envoyez votre secteur, votre besoin (investissement / trésorerie / BFR), le montant visé et votre région pour obtenir des conseils adaptés.
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