Financer son bilan de compétences : Guide complet
Le bilan de compétences est l’occasion de faire le point sur vos motivations, votre potentiel et peut vous permettre de redéfinir votre projet professionnel. Pour évaluer vos compétences, pour connaître vos possibilités d’évolutions professionnelles, pour vous former ou parce que votre employeur vous demande de faire état de vos compétences ou propose un congé de reclassement...
Le bilan de compétences permet d’analyser ses compétences professionnelles et personnelles, ses aptitudes et ses motivations en appui d’un projet d’évolution professionnelle et, le cas échéant, de formation. Il sert à faire le point sur votre situation professionnelle : vos compétences acquises au cours de vos emplois et de votre parcours professionnel.
Il donne aussi une vision des potentielles évolutions et formations auxquelles vous pouvez avoir droit. Le bilan de compétences fait état de vos compétences et de vos envies professionnelles. Il est obligatoirement réalisé par un prestataire extérieur à l’entreprise, certifié par l’État.
Qui peut bénéficier d'un bilan de compétences ?
Tout le monde a accès au bilan de compétences en dehors du temps de travail. Toute personne active, notamment :
- Les salariés du secteur privé, ainsi que les travailleurs indépendants ;
- Les demandeurs d’emploi : la demande doit être faite auprès de France Travail, de l’APEC ou de Cap emploi ;
- Les agents du secteur public (fonctionnaires, agents non titulaires, etc.) : textes spécifiques mais dans des conditions similaires aux salariés ;
- Tout autre titulaire de compte personnel de formation (CPF).
Objectifs du bilan de compétences
Il permet :
Lire aussi: Études supérieures alternatives : comment financer ?
- D’analyser ses compétences personnelles et professionnelles, ses aptitudes et ses motivations ;
- De définir son projet professionnel et, le cas échéant, un projet de formation ;
- D'utiliser ses atouts comme un instrument de négociation pour un emploi, une formation ou une évolution de carrière.
Comment est mis en œuvre le bilan de compétences ?
Les bilans de compétences sont éligibles au compte personnel de formation. Lorsque le salarié mobilise son compte personnel de formation pour un bilan réalisé hors temps de travail, l’employeur n’a pas à être informé.
Lorsque le salarié mobilise son compte personnel de formation pour un bilan en tout ou partie, pendant le temps de travail, il doit demander l’accord préalable de l’employeur selon les règles propres au compte personnel de formation.
Dans le cadre du plan de développement des compétences de l'entreprise (salariés) ou d'un congé de reclassement :
- Le bilan de compétences ne peut être réalisé qu’avec le consentement du salarié.
- Il fait l’objet d’une convention tripartite signée par le salarié, l’employeur et l’organisme prestataire de bilan. La convention précise les objectifs, le contenu, les moyens, la durée et la période de réalisation, et les modalités de réalisation, les modalités de remise des résultats détaillés et du document de synthèse ainsi que le prix et les modalités de règlement du bilan.
- Le salarié dispose d’un délai de 10 jours pour faire connaître son acceptation en restituant la convention qu'il aura signée.
- L’absence de réponse du salarié au terme de ce délai vaut refus. Ce refus ne constitue ni une faute ni un motif de licenciement.
Lorsque le bilan est réalisé sur le temps de travail, il est assimilé à l’exécution normale du contrat de travail. Le coût du bilan est à la charge de l’employeur, sauf dans les cas où le CPF est mobilisé.
Un bilan de compétences peut être préconisé à l’occasion d’un conseil en évolution professionnelle (CEP). Les attentes sont définies conjointement par le bénéficiaire et son conseiller CEP, en lien avec le prestataire externe.
Lire aussi: La Mission Locale et le financement des formations
Le document de synthèse peut être communiqué à la demande du bénéficiaire, à son conseiller CEP, dans la mesure où :
- Le CEP est délivré dans un espace neutre, hors de l’entreprise ;
- Le conseiller CEP est soumis à l’obligation de discrétion professionnelle (les informations personnelles qui lui sont confiées dans l’exercice de ses fonctions ne peuvent être divulguées) ;
- Le bilan de compétences est étroitement lié au travail réalisé par le bénéficiaire et son conseiller CEP sur son projet d’évolution professionnelle.
Déroulement d'un bilan de compétences
La durée du bilan de compétences varie selon le besoin de la personne. Elle est au maximum de 24 heures. Elle se répartit généralement sur plusieurs semaines.
Le bilan comprend obligatoirement trois phases sous la conduite du prestataire. Le temps consacré à chaque phase est variable selon les actions conduites pour répondre au besoin de la personne.
- Phase préliminaire :
- Analyser la demande et le besoin du bénéficiaire ;
- Déterminer le format le plus adapté à la situation et au besoin ;
- Définir conjointement les modalités de déroulement du bilan.
- Phase d’investigation :
- Soit de construire son projet professionnel et d’en vérifier la pertinence ;
- Soit d’élaborer une ou plusieurs alternatives.
- Phase de conclusion :
- S’approprier les résultats détaillés de la phase d’investigation ;
- Recenser les conditions et moyens favorisant la réalisation du ou des projets professionnels ;
- Prévoir les principales modalités et étapes du ou des projets professionnels, dont la possibilité de bénéficier d’un entretien de suivi avec le prestataire de bilan.
Cette phase se termine par la présentation au bénéficiaire des résultats détaillés et d’un document de synthèse. Les résultats du bilan sont la seule propriété du bénéficiaire. Ils ne peuvent être communiqués à un tiers qu’avec son accord.
À noter : Le ministère du Travail a mis en place un modèle de certificat de réalisation des actions de formation, bilans de compétences, actions VAE et actions de formation par apprentissage, applicable à compter du 1er juin 2020 par les associations Transitions Pro (ATpro). Ce certificat permet d’harmoniser les pratiques entre les opérateurs de compétences (OPCO), avec les entreprises, organismes de formation et centres de formation d’apprentis (CFA).
Lire aussi: Guide du financement de Master Spécialisé
Financement du bilan de compétences
Questions ? Vous êtes à un tournant de votre carrière et envisagez de faire un bilan de compétences pour y voir plus clair ou redéfinir votre projet professionnel. Mais une question cruciale se pose : comment financer ce bilan de compétences ? Face à la diversité des dispositifs et des acteurs impliqués, il peut être difficile de s’y retrouver.
Sachez que pour pallier au prix du bilan de compétences plusieurs dispositifs existent pour financer tout ou partie de ce coût. Un bilan de compétences n’est jamais gratuit. Son prix est généralement compris entre 1.500 et 3.000 euros.
Le financement du bilan de compétences passe notamment par le compte personnel de formation (CPF). Depuis le 1er janvier 2017, vous pouvez financer votre bilan de compétences en activant votre Compte personnel de Formation (CPF). Pour connaître son solde CPF et gérer ses droits de formation, la démarche est simple.
Si la démarche est à votre initiative, elle peut être financée dans le cadre du compte personnel de formation (CPF). Si le bilan de compétences est à l'initiative de l'employeur ou que le salarié a donné son accord, il peut être financé dans le cadre du Plan de développement des compétences de l’entreprise des entreprises de moins de 50 salariés.
Plusieurs options s'offrent à vous :
- CPF (Compte Personnel de Formation) : La manière la plus courante de financer son bilan de compétences.
- France Travail (Pôle Emploi) : Les demandeurs d’emploi peuvent financer leur bilan de compétences grâce à France Travail (Pôle Emploi) via l’aide individuelle à la formation (AIF). En plus de l’AIF, des aides régionales ou spécifiques peuvent également être sollicitées. Les critères de prise en charge peuvent varier.
- Employeur : Pour obtenir le financement d’un bilan de compétences par l’employeur, une demande doit être faite auprès du service des ressources humaines de l’entreprise.
- FAF (Fonds d'Assurance Formation) : Les FAF peuvent financer une partie ou la totalité du bilan de compétences. Cette solution, bien que moins avantageuse, peut être envisagée lorsque les dispositifs de financement ne couvrent pas la totalité des frais.
De toute manière, le devis est indispensable pour constituer un dossier de demande de prise en charge financière.
Comment utiliser le CPF pour financer un bilan de compétences ?
Dans le cadre du CPF, le bilan est financé par l'argent dont vous disposez sur votre CPF. Pour connaître le montant de cette somme, rendez-vous sur moncompteformation.gouv.fr.
Attention, dans le cadre de la loi de finances pour 2023, le salarié devra payer un reste à charge sur le CPF de 100 euros. ⚠️ Depuis mai 2024 un reste à charge de 100 euros est imposé, quel que soit le montant de la prestation financée par le CPF. Et même si le solde disponible sur votre compte est suffisant pour payer l’entièreté de la prestation.
Ce reste à charge ne concerne pas les demandeurs d’emploi et sous certaines conditions les personnes en reconversion. Il peut aussi être financé par l’employeur ou l’OPCO selon votre situation.
Vous devez participer au financement du bilan de compétences via le CPF à hauteur de 102,23 €. À savoir Votre opérateur de compétences (OPCO) ou votre employeur peut prendre en charge ces 102,23 €.
Cette somme est indexée sur l'inflation et revue par arrêté ministériel tous les 1er janvier. Cependant, vous n'êtes pas concerné par cette participation de 102,23 € si vous êtes dans l'une ou l'autre de ces situations :
- Vous bénéficiez d'un abondement: titleContent de votre employeur
- Vous mobilisez des points inscrits sur le compte professionnel de prévention (C2P)
- Vous bénéficiez d'un abondement dû à une incapacité permanente au moins de 10 % (victimes d’un accident du travail ou de maladie professionnelle).
Dans le cadre du plan de développement ou du congé de reclassement, le coût du bilan de compétences est à la charge de votre employeur. Lorsque le bilan est réalisé sur le temps de travail, votre rémunération est maintenue. Si le bilan se déroule hors temps de travail, aucune rémunération n'est versée.
Vous pouvez parler de ce projet de réaliser un bilan de compétences à un conseiller en évolution professionnelle (CEP). Il peut vous aider gratuitement dans vos démarches. Il n'est pas le même selon votre lieu d'habitation. Trouver son opérateur CEP.
Pour clarifier les règles d’éligibilité au Compte personnel de formation du bilan de compétences, la Caisse des dépôts et consignations, en partenariat avec le ministère du Travail, du Plein emploi et de l’Insertion, vient de publier un guide à destination des organismes de formation.
Ce guide contient :
- Plus d’informations sur le bilan de compétences, sa finalité et les règles qui entourent sa réalisation ;
- Des indications et bonnes pratiques pour proposer des prestations qui entrent dans le cadre de financement du CPF et publier des offres sur la plateforme Mon compte formation.
Un objectif : assurer une offre de qualité aux bénéficiaires de Mon compte formation.
Les étapes pour obtenir un financement
- Identifier les centres de bilan de compétences : faites une recherche pour trouver des centres près de chez vous ou qui proposent des services à distance.
- Demander des devis : contactez les centres de votre choix pour obtenir des devis détaillés.
- Comparer les offres : analysez les devis reçus en fonction des coûts, des options et services inclus et des modalités de paiement.
- Préparer votre dossier : une fois le centre choisi, préparez votre dossier de demande de financement.
- Soumettre la demande : envoyez votre dossier à l’organisme financeur.
👉 AKSIS vous aide gratuitement à constituer un dossier de financement solide, et vous accompagne dans chaque démarche afin d’obtenir le meilleur financement possible en fonction de votre situation.
Menaces sur le financement du bilan de compétences via le CPF
Financer son Bilan de compétences ?
Le bilan de compétences sera-t-il une des prochaines victimes de l'austérité budgétaire ? Le projet de loi de finances pour 2026, actuellement en cours d'élaboration, pourrait proposer de supprimer - sinon limiter - l'éligibilité de cette action de formation au CPF.
« Nous considérons que le bilan de compétences est aujourd'hui menacé […]. Sa remise en cause serait une catastrophe pour tous et toutes », avertit en introduction Garance Yverneau, secrétaire générale des Acteurs de la compétence. En réaction, celle-ci annonce l'envoi dans le courant de cette semaine d'une lettre ouverte à la ministre en charge du Travail et de l'Emploi Astrid Panosyan-Bouvet et au ministre de l'Economie et des Finances Eric Lombard.
« Cette lettre ouverte est avant tout un cri d'alarme », appuie Garance Yverneau, qui indique qu'elle comptera également parmi ses signataires des fédérations d'employeurs (Medef, Meti, Udes et CPME). Les fédérations mobilisées défendent un dispositif dont le recours ne « cannibalise pas les fonds du CPF » et qui joue un rôle important dans le paysage politique et institutionnel des transitions professionnelles.
« Le bilan de compétences est le dispositif de droit commun le plus connu avec la VAE [validation des acquis de l'expérience]. Cette connaissance est importante et permet une intermédiation, [en partie] enlevée avec la loi de 2018, pour la mobilisation des autres droits individuels », explique Gérald Maury, vice-président de la fédération nationale des CIBC.
Un sondage Harris, réalisé en juin 2025 et financé par les quatre fédérations, souligne en outre le caractère de « bon élève » du bilan de compétences. Pour autant, les quatre fédérations reconnaissent le « besoin d'une régulation pour garantir l'efficience » du bilan de compétences.
Parmi les écueils entrainés par la « dérégulation du marché à la mise en place du CPF » celles-ci pointent la pluralité des organismes, sans référentiel commun, et une hétérogénéité des pratiques, des prix et de la qualité des prestations - avec un référentiel Qualiopi moins adapté aux prestations de bilan de compétences.
« Les signataires de la lettre ouverte défendent un bilan de compétences de qualité avec des standards élevés.
Une mobilisation inédite se dessine dans le secteur de la formation professionnelle. Cette mesure, qui pourrait être intégrée au projet de loi de finances 2026, s'inscrit dans la continuité des restrictions déjà appliquées. Pourtant, les chiffres témoignent de l'importance du dispositif.
Plus précisément, 6,2 % de l'ensemble des formations réalisées en 2023 concernaient des bilans de compétences. En 2024, ces derniers représentent 5,9 % des dossiers financés via le CPF et 7,4 % des fonds dépensés, selon les données rapportées par la fédération patronale Les Acteurs de la compétence.
"C'est un cri d'alarme que nous lançons, le bilan de compétences est menacé", a déclaré Garance Yverneau, secrétaire générale de la fédération patronale Les Acteurs de la compétence. L'argumentaire développé par les professionnels du secteur met l'accent sur les enjeux sociaux et économiques. Nathalie Déchelette, déléguée générale de la fédération nationale des CIBC, a rejoint cette analyse.
Institué par la loi du 31 décembre 1991 et réaffirmé par la loi Avenir professionnel du 5 septembre 2018, le bilan de compétences bénéficie d'un cadre réglementaire spécifique. Les organisations professionnelles plaident pour une "structuration durable du marché" plutôt que pour une restriction de l'accès.
D'autres acteurs patronaux sont appelés à rejoindre cette mobilisation, à l'image du Medef, de la CPME, de l'Union des employeurs de l'économie sociale et solidaire (Udes) ou encore du Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (Meti).
Depuis la loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel » du 5 septembre 2018, nous ne prenons plus en charge les demandes au titre du Congé pour bilan de compétences. Salarié(e)s, utilisez votre compte personnel de formation (CPF) pour réaliser votre bilan de compétences en totale autonomie !
Si le bilan de compétences est à l'initiative de l'employeur ou que le salarié a donné son accord, il peut être financé dans le cadre du Plan de développement des compétences de l’entreprise des entreprises de moins de 50 salariés. Toutes les démarches administratives reviennent donc à l’employeur .
Notre prise en charge est 65€ TTC/heure par stagiaire et dans la limite de 24 heure.
Prise en charge des frais annexes : Le bilan peut entraîner des frais supplémentaires. Nous pouvons rembourser les frais de transport, d’hébergement et de restauration dans la limite de certains plafonds.
Vous souhaitez un conseil sur le bilan de compétences ? Nos équipes régionales organisent des rendez-vous sous différentes formes chaque mois (réunions d'information collectives, permanences pour des entretiens individuels ou au téléphone).
balises: #Financ
