Frais d'Auto-Entrepreneur : Comment Optimiser Vos Dépenses et Votre Rentabilité
Le régime de l’auto-entrepreneur, officiellement micro-entrepreneur ou micro-entreprise, est un statut idéal pour débuter une activité, grâce à la simplicité des démarches administratives et du paiement des cotisations. Très populaire auprès des entrepreneurs, il se caractérise par son accessibilité et par la simplicité de ses formalités de création et de gestion. Il s’agit d’un statut permettant à une personne d’exercer une activité libérale, commerciale ou encore artisanale à titre principal ou en parallèle d’une autre activité.
Les professionnels ayant fait le choix de la micro entreprise bénéficient, au quotidien, d’une simplicité de gestion et de différents avantages. Pour rappel, la grande spécificité du régime de la micro entreprise est sa simplicité (comptabilité ultra simplifiée). LegalPlace accompagne les entrepreneurs qui souhaitent se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Il réalise notamment toutes les démarches juridiques et administratives nécessaires pour créer une micro-entreprise. Il suffit simplement de remplir un formulaire en ligne et de transmettre les documents justificatifs requis.
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L'Impossibilité de Déduire les Frais Professionnels Directement
Toutefois, il convient de noter que, contrairement aux entreprises classiques, les auto-entrepreneurs ne bénéficient pas de la possibilité de déduire leurs charges de leur chiffre d’affaires, ce qui limite la défiscalisation de leurs dépenses et l'optimisation de leurs charges déductibles. En effet, dans le cadre du régime de la micro-entreprise, le principe est le suivant : les frais professionnels inhérents à l’exercice de l’activité ne peuvent être déduits du chiffre d’affaires. L’explication tient au fait que l’auto-entreprise est soumise au régime micro-fiscal. La comptabilité allégée applicable à l’auto-entrepreneur ne vous permet pas de déduire vos charges réelles.
Les auto-entrepreneurs ne peuvent pas déduire directement leurs frais professionnels comme le permettent les régimes réels. Non, par principe, les auto-entrepreneurs ne peuvent pas déduire leurs charges de leur chiffre d'affaires pour calculer leur bénéfice réel. Leur bénéfice est déterminée forfaitairement après application d'un abattement remplaçant les frais professionnels qui ne peuvent être déduits. Même si le régime de l’auto-entrepreneur ne permet pas de déduire les charges au réel, il demeure indispensable de tenir un registre précis des recettes et des achats. Nous recommandons de mettre en place un système de gestion comptable, idéalement à l’aide d’outils numériques adaptés.
L’auto-entrepreneur doit veiller à organiser ses factures et à conserver tous les justificatifs afin de pouvoir les présenter en cas de contrôle. Même si le régime de l’auto-entrepreneur ne permet pas de déduire les charges au réel, il demeure indispensable de tenir un registre précis des recettes et des achats. Nous recommandons de mettre en place un système de gestion comptable, idéalement à l’aide d’outils numériques adaptés. L’auto-entrepreneur doit veiller à organiser ses factures et à conserver tous les justificatifs afin de pouvoir les présenter en cas de contrôle.
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L'Abattement Forfaitaire pour Charges
Le régime, en lieu et place, prévoit un abattement forfaitaire pour charges. L'administration fiscale applique un abattement forfaitaire pour frais professionnels qui varie en fonction de la nature de l'activité (71% pour les activités d'achat et revente, 50% pour les autres activités relevant des BIC et 34% pour les BNC) sur le chiffre d'affaires encaissé, afin de déterminer le bénéfice imposable. Exprimé en pourcentage du chiffre d’affaires, son taux est variable en fonction de la nature de l’activité. L’application d’un abattement au taux forfaitaire sur le chiffre d’affaires de l’auto-entrepreneur est un véritable atout en termes de facilité de gestion.
Ce travailleur indépendant, notamment, n’a pas à assurer le suivi et le calcul du remboursement de ses frais professionnels. Pour rappel, les entreprises et sociétés commerciales hors régime micro fiscal (auto entreprise) doivent, au contraire, assurer une traçabilité de l’ensemble des frais engagés par leurs salariés à titre personnel et dans l’exercice de leur activité. En tout état de cause, l’auto-entrepreneur est imposé sur son chiffre d’affaires ou sur ses recettes, et non sur son résultat. Par conséquent, il ne peut déduire aucun frais réel de son chiffre d’affaires.
Tableau des Abattements Forfaitaires
Voici un tableau récapitulatif des abattements forfaitaires applicables :
| Nature de l'activité | Abattement forfaitaire |
|---|---|
| Achat-vente de marchandises, vente de denrées à consommer sur place et fourniture de logement | 71 % du chiffre d’affaires |
| Activités relevant des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) | 50 % du chiffre d’affaires |
| Activités relevant des bénéfices non commerciaux (BNC) | 34 % du chiffre d’affaires |
Stratégies Alternatives pour Gérer les Frais
Dans de nombreux cas, la création d’une activité exercée en auto-entreprise ne génère pas des frais professionnels très lourds pour l’entrepreneur. Il peut cependant arriver que certaines prestations de services ou activités libérales nécessitent des dépenses lourdes pour l’auto-entrepreneur, dépassant le montant de l’abattement. Pour pallier ce manque, d'autres solutions existent, telles que la surfacturation ou la facturation des frais de débours. Ces mécanismes permettent de compenser indirectement l'absence de déduction directe des charges et offrent une alternative pour améliorer la rentabilité de l’activité.
La Surfacturation
Dans de nombreux cas, le professionnel va compenser ces charges en les reportant sur la facture envoyée à son client. Il va y inclure ces différents frais en plus du coût de la prestation elle-même. C’est le principe de la surfacturation, tout à fait valable et admis aux yeux de l’administration fiscale. Dans ce cas, il est recommandé de détailler sur la facture la nature du matériel, son coût unitaire, et préciser si la TVA est applicable ou non en fonction de votre régime fiscal. Si le coût du matériel est élevé, il est possible de l'amortir sur plusieurs prestations. Par exemple, si un outil coûte 1 000 € et doit être amorti sur 10 prestations, vous ajouterez 100 € par facture.
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L’intégration des frais professionnels sur la facture va bien évidemment en augmenter le montant, et donc celui du chiffre d’affaires du professionnel. L’augmentation du montant de la facture représente une perte de compétitivité pour l’auto-entrepreneur concerné. Un micro-entrepreneur, en sa qualité de travailleur non salarié, pourra difficilement se faire rembourser les frais professionnels ne relevant pas de l’achat de fournitures pour ses clients. Il n’est pas non plus éligible au remboursement d’une prime habillage si une partie de son temps de travail est réservée à l’habillage et au déshabillage.
Les Frais de Débours
Toutefois, et par tempérament à ce principe, l’auto-entrepreneur peut obtenir le remboursement des dépenses effectuées au nom et pour le compte de ses clients dans le cadre d’une prestation. On parle alors de frais de débours. Les « frais de débours » constituent tout simplement des dépenses engagées par l’auto-entrepreneur pour le compte de son client. Notion méconnue par les auto-entrepreneurs, les frais de débours se définissent comme les dépenses engagées par l’entrepreneur au nom et pour le compte de son client. Il s’agit d’une somme qui est avancée pour le client et qui est nécessaire à l’exécution de la prestation de service ou à la vente de la marchandise.
Ces dépenses, si elles sont rendues entièrement distinctes de la prestation elle-même, peuvent faire l’objet d’un remboursement par le client sans intégration dans le chiffre d’affaires de l’auto-entrepreneur. Les frais de débours représentent l’option la plus avantageuse pour un professionnel régulièrement amené à réaliser des achats pour ses clients (artisans du bâtiment, prestations de conseil en décoration intérieure…). À titre d’exemple, un carreleur intervient chez un client pour poser du carrelage. Il est important de bien différencier les frais de débours et les frais réels.
Ces derniers, aussi appelés frais professionnels, correspondent aux dépenses engagées par l’auto-entrepreneur pour les besoins de son activité : l’achat de matériel ou d’équipement, les frais de déplacements professionnels, les frais de repas, etc. Les frais de débours ne sont pas des dépenses engagées par l’entrepreneur dans l’intérêt de son entreprise. Ce sont des frais avancés au nom et pour le compte de son client, dans le cadre d’une prestation de service ou de la vente d’un bien.
Conditions et Procédures pour les Frais de Débours
- Accord préalable du client : Il doit être informé de l’achat que vous allez réaliser en son nom, et de son montant. L’accord préalable du client est obligatoire. Obtenir un accord écrit du client : l’auto-entrepreneur et le client doivent formaliser leur accord par un écrit qui précise la nature de l’achat réalisé et son montant. Le micro-entrepreneur fait signer au client un mandat de débours. Vous aurez ainsi un accord écrit pour vous couvrir en cas de litige. Ce mandat doit inclure le budget alloué par votre client à vos dépenses ;
- Facturation au nom du client : Une facture de frais de débours peut donner lieu à un contrôle du service des impôts. Établir la facture au nom du client : la facture doit impérativement être rédigée au nom et pour le compte du client. Elle doit mentionner ses coordonnées et le montant précis convenu entre les parties. Lors de l’achat, le micro-entrepreneur doit demander au fournisseur/grossiste une facture établie au nom du client avec SIRET, dénomination sociale, etc. (indépendamment de la facture en micro-entreprise pour la prestation réalisée) ;
- Conservation des justificatifs : Il est donc essentiel de conserver l’ensemble des justificatifs utiles concernant ces achats professionnels, y compris l’accord écrit du client. Conserver les factures et les justificatifs : il est important de conserver la facture des frais de débours ainsi que tous les justificatifs (ticket de caisse, récépissé de paiement…). À la fin de la mission, le micro-entrepreneur transmet tous les justificatifs au client. Le client doit alors rembourser exactement les frais engagés. Dans tous les cas, n’oubliez pas de conserver tous les justificatifs (facture, ticket de caisse, récépissé de paiement). En cas de contrôle de l’administration fiscale ou de problème avec votre client, ces derniers serviront de preuve.
Bon à savoir : il est conseillé de se faire assister par un professionnel, tel que LegalPlace dans la rédaction de votre facture de débours. Cette méthodologie garantit une transparence totale. Elle facilite les contrôles fiscaux.
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Conséquences Fiscales des Frais de Débours
Les frais de débours ne sont pas comptabilisés dans le chiffre d’affaires de l’auto-entrepreneur. En effet, l’article 267 du Code général des impôts dispose que “les sommes remboursées aux intermédiaires qui effectuent des dépenses au nom et pour le compte de leurs commettants” ne sont pas comprises dans la base d’imposition. D’une part, cela limite le risque pour ce dernier de sortir du régime de la micro-entreprise parce que son CA dépasserait les seuils fixés par la loi.
Autres Charges et Contributions
L'auto-entrepreneur est redevable de différentes charges calculées sur son chiffre d'affaires : les cotisations sociales, la contribution à la formation professionnelle et la taxe pour frais de chambre consulaire. Il est également redevable de charges fiscales : l'impôt sur le revenu et la cotisation foncière des entreprises. L'auto-entrepreneur paye la grande partie de ses charges en appliquant un pourcentage sur son chiffre d'affaires.
- Cotisations sociales : Vous pouvez opter pour une déclaration et un paiement mensuel ou trimestriel de vos charges sociales. Si votre chiffre d’affaires est nul, vous ne payez aucune charge. Toutefois, la déclaration de chiffre d'affaires est obligatoire, peu importe le montant. Le paiement en auto-entreprise des charges sociales se fait lors d'une déclaration d'auto-entrepreneur, en même temps que la déclaration mensuelle ou trimestrielle de votre chiffre d’affaires sur le site dédié de l’URSSAF.
- Contribution à la Formation Professionnelle (CFP) : Les frais d’un auto-entrepreneur impliquent aussi de s'acquitter de la Contribution à la Formation Professionnelle (CFP). Les taux de la Contribution à la Formation Professionnelle varient également selon votre activité.
- Taxe pour frais de chambre consulaire : Seuls les auto-entrepreneurs qui exercent une activité commerciale et/ou une activité de prestation de services artisanales ou commerciales sont soumis aux taxes pour frais de chambre consulaire. Plus précisément, les chambres consulaires sont des organismes publics conçus pour soutenir les chefs d'entreprise. Leur rôle principal consiste à défendre les intérêts des sociétés et à favoriser la croissance économique. Ces taxes correspondent également à un pourcentage du chiffre d'affaires réalisé par l’auto-entrepreneur.
- Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) : À ces taxes et cotisations calculées sur la base de votre chiffre d’affaires, s’ajoutera la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE). L’année de la création de votre auto-entreprise, vous en êtes dispensé. Les entreprises sont exonérées de CFE si leur chiffre d’affaires de l’avant dernière année est inférieur à 5 000 €. La cotisation foncière des entreprises quant à elle se paye tous les ans avant le 15 décembre.
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