Comment Définir Efficacement Votre Taux Journalier Moyen (TJM) en Freelance
Fixer son TJM de freelance peut être un véritable défi. Lorsqu'on est freelance informatique, il peut être déroutant de devoir fixer son taux journalier moyen (TJM). Il est primordial de savoir apprécier et valoriser son travail, tout en sachant se positionner sur un marché.
Comment calculer son TJM idéal en FREELANCE ?
Qu'est-ce que le TJM ?
Le TJM (Taux Journalier Moyen) représente la rémunération moyenne facturée hors taxe pour une journée de travail. Il sert de référence pour les entreprises et il vous faudra très certainement vous y conformer. Définir son Taux Journalier Moyen, plus communément dit TJM, est fondamental pour tout freelance. Concrètement, le TJM est le prix moyen qu’un client paiera pour faire appel au service d’un freelance pour une journée.
Le TJM en freelance est donc l’indicateur principal pour déterminer si votre activité de freelance est rentable. Il va vous servir de base pour établir votre grille tarifaire et élaborer vos devis.
Quel est le taux journalier moyen (tjm) d'un freelance ? Pour le calculer, un freelance doit prendre en compte plusieurs critères essentiels : le marché visé, le secteur d’activité, le niveau de diplôme, les années d’expérience, ainsi que les spécificités de son offre (notoriété, technicité, spécialisation…).
Pourquoi est-il important de bien calculer son TJM ?
Des grilles tarifaires trop élevées peuvent vous faire perdre une partie du marché, tandis qu’un tarif trop bas ne vous permettra pas de couvrir ni votre rémunération, ni les obligations financières liées à votre statut de travailleur indépendant.
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En tant que freelance, on ne peut pas parler réellement de salaire. En effet, vous n’avez pas le statut de salarié. Ce que vous touchez est une rémunération qui correspond à votre chiffre d’affaires. Votre rémunération nette est celle dont vous avez soustrait toutes les charges. La somme que vous vous versez est donc inférieure à votre chiffre d’affaires. Par exemple, un TJM de 350 euros par jour pour 120 jours travaillés donne une rémunération brute de 42.000 euros.
Comment calculer son TJM ?
Beaucoup de freelances se basent sur leur ancien salaire pour tenter de calculer leur TJM. Mais lorsqu’un salarié pense en salaire brut ou net mensuel, le freelance doit penser chiffre d’affaires annuel, avant de le convertir en rémunération. Cette transition peut s’avérer complexe, d’où la difficulté d’effectuer un calcul de votre TJM en fonction du salaire brut moyen ou du TJM moyen appliqué dans votre profecssion.
Pour calculer votre TJM en tant que freelance, il est important de prendre en compte à la fois les critères internes (votre expérience, vos formations, les prestations proposées) et les critères externes (l’état du marché, votre réputation, vos références).
Pour déterminer votre tarif de freelance, vous devez prendre en compte les charges mentionnées précédemment, ainsi qu'estimer le temps que vous consacrerez à votre activité professionnelle. Il est essentiel d’évaluer le nombre de jours que vous allez réellement travailler sur l’année.
N’oubliez pas d’intégrer non seulement les heures consacrées à la mission, mais aussi les tâches annexes : prospection commerciale, comptabilité, administration, gestion de votre communication, etc. En général, ces heures non facturées représentent environ 30 % de votre temps de travail.
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Exemple de calcul du TJM :
Voici un exemple de calcul du TJM :
- Vous souhaitez percevoir une rémunération mensuelle nette de 2000 €.
- Temps de travail : 22 jours par mois
- Temps de travail facturé (-30%) : 15,4 jours par mois
- Pour compenser les charges : 2000 € x 2 = 4000 €
- Pour prévoir des vacances : 4000 € + 10 % = 4400 €
- Frais inhérents à l’activité (environ 400 € / mois) : 4400 € + 400 € = 4800 €
- Calcul du TJM : 4800 € / 15,4 = 312 € / jour
- Calcul du tarif horaire : 312 € / 8h = 39 € / heure
Les critères à considérer pour fixer son TJM
1. Le marché
Un freelance débutant sur le marché ne facturera pas le même TJM qu’un travailleur plus expérimenté. De plus, le taux journalier varie en fonction du secteur d’activité.
Certaines professions, comme les développeurs web, très demandées sur le marché indépendant, justifient des tarifs plus élevés, même pour les jeunes travailleurs. En outre, plus un métier est pénurique, plus la tarification pourra augmenter. Le TJM est donc influencé par les fluctuations du marché et la concurrence.
Une étude de marché approfondie s’avère donc cruciale pour déterminer un TJM compétitif.
2. L’expérience et la formation du prestataire
Le TJM est directement influencé par le panel de compétences proposées. Selon le nombre d’années d’expérience professionnelle, les références clients, le niveau d’expertise, et la réputation acquise sur le marché, le tarif horaire d’un freelance peut varier d’un professionnel à l’autre, même dans le même secteur d’activité.
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La formation du prestataire joue également un rôle important dans le calcul du TJM. De nombreuses années d’études ou une formation dans un établissement reconnu sont des éléments qui valorisent l’offre d’un freelance.
3. La prestation
Si le travailleur indépendant propose une prestation spécialisée pour des missions particulièrement techniques, une augmentation de la rémunération journalière peut être envisagée.
Le niveau de difficulté d’une tâche doit être pris en compte, même pour une mission ponctuelle, notamment si elle est particulièrement complexe. En effet, la complexité et la pénibilité d’une mission doivent impérativement être considérées pour la facturation (au cas par cas si nécessaire).
Ainsi, le tarif peut varier d’une mission à l’autre et reste flexible. Pour déterminer si votre offre comporte des spécificités, réaliser une étude de benchmarking est une étape incontournable.
Les frais professionnels du freelance
Les frais professionnels du travailleur freelance sont nombreux : ils comprennent les cotisations sociales, les assurances, les frais de déplacement, ainsi que divers coûts opérationnels (abonnement, matériel, logiciels…).
C’est pourquoi un indépendant ne peut pas baser sa rémunération nette sur le salaire minimum. Il doit facturer ses prestations en tenant compte des charges liées à son statut juridique (auto-entreprise, SASU, etc.), afin d’assurer la pérennité de son activité.
1. Cotisations sociales
Les cotisations sociales du freelance en micro-entreprise doivent être réglées de manière mensuelle ou trimestrielle, selon l’option choisie lors du lancement de l’activité, au moment de la déclaration en ligne du chiffre d’affaires.
Le taux des charges sociales varie de 13 % à 23 %, en fonction du secteur d’activité. En revanche, pour un travailleur non-salarié relevant d’un autre statut (entreprise individuelle, SARL, etc.), ce taux est généralement plus élevé, pouvant aller de 30 % à 45 %.
2. Assurances
En plus de l’assurance responsabilité civile professionnelle, d'autres assurances spécifiques peuvent s’avérer nécessaires dans le cadre de l’activité d’un freelance.
En effet, les professions libérales, notamment en micro-entreprise, disposent d’une protection sociale limitée et sont rarement affiliées au régime général.
Selon la nature de l’activité et le lieu d’exercice, il peut être indispensable de souscrire à une assurance maladie complémentaire.
Le calcul du TJM doit également prendre en compte l’assurance des biens liés à d’éventuels locaux professionnels, à d’éventuels véhicules, ainsi qu’une couverture contre les risques informatiques.
3. Frais professionnels divers
Lors du calcul de vos honoraires, il est essentiel d’anticiper les frais professionnels divers qui incomberont à votre entreprise. Voici une liste non exhaustive des dépenses courantes pour la plupart des métiers exercés en freelance :
- Hébergement de sites internet
- Logiciels informatiques (par exemple, logiciels de gestion administrative)
- Matériel et meubles de bureau
- Publicité (cartes de visite, création de site, gestion des réseaux sociaux)
- Abonnement à un espace de coworking ou frais de location de bureaux
- Frais de déplacement (voiture, transports en commun)
- Frais bancaires
- Expertise comptable, si nécessaire
Comment augmenter son TJM ?
Le TJM que vous avez calculé est destiné à évoluer avec le temps, au fur et à mesure que votre activité professionnelle se développe. En vous établissant de manière durable dans votre secteur d’activité et en gagnant en expérience, vous serez en mesure de réévaluer vos tarifs à la hausse. Cela nécessite de faire preuve de patience et de persévérance, car les ajustements peuvent prendre du temps.
1. Continuer à se former
L’une des clés pour y parvenir est de continuer à se former. En vous formant de manière continue, vous restez compétitif sur votre marché et vous améliorez constamment vos compétences, ce qui vous permet de justifier des tarifs plus élevés. De plus, cette formation continue vous aide à combler d’éventuelles lacunes dans vos connaissances ou à élargir votre expertise vers de nouvelles compétences, augmentant ainsi la valeur de vos prestations.
2. Fixer un tarif
Lorsque vous êtes face à un client, ce dernier peut essayer de négocier vos prix. C’est pourquoi il est important de proposer une fourchette tarifaire bien définie. Cette stratégie vous permet d’être attractif tout en restant flexible sur le montant, mais aussi de protéger votre valeur en ayant un tarif plancher. Ce tarif plancher représente le minimum acceptable pour vous, en dessous duquel vous refusez de travailler. Cela vous permet de poser des limites claires et de protéger votre rentabilité sans sacrifier la qualité de votre travail.
3. Prospecter de nouveaux clients
Une autre manière d'augmenter votre TJM consiste à prospecter de nouveaux clients. En diversifiant vos clients et en recherchant des missions mieux rémunérées, vous pouvez progressivement ajuster vos tarifs à la hausse. En obtenant des contrats plus lucratifs, vous pouvez ainsi augmenter vos revenus bruts mensuels. Par ailleurs, cette augmentation de votre taux horaire pourrait vous permettre de travailler moins d'heures par semaine, tout en consacrant plus de temps à des activités importantes comme la formation professionnelle, la prospection, ou la gestion des tâches administratives.
Les tarifs moyens en fonction des freelances
Le TJM peut varier considérablement en fonction de plusieurs facteurs : la ville, les services proposés et les spécialités offertes. Si vous proposez une prestation rare et spécifique, vous pourrez justifier un TJM plus élevé.
De même, si l'offre de freelances est inférieure à la demande dans votre secteur, vous pourrez valoriser votre expertise.
Voici quelques tarifs moyens selon les activités :
- Développeur : 550€ / jour
- Graphiste et photographe : 400€ / jour
- Consultant Business Analyst junior : 380€ / jour
Le taux journalier moyen pour un développeur web freelance est de 569 euros. Cependant, cela varie en fonction de sa spécialisation, mais également de son expérience. Le TJM d’un freelance SEO est de 400 euros par jour. Toutefois, il diffère selon les spécialisations. Le TJM d’un consultant SEO sera autour de 500 euros et celui d’un rédacteur web de 370 euros.
Tout dépend de la profession exercée par le freelance en informatique.
Attention à votre forme juridique pour votre TJM !
Le taux de vos charges sociales et fiscales varie selon votre statut juridique.
En micro-entreprise, les charges sont relativement faibles. Vous devrez ajouter environ 30 % à votre rémunération nette pour couvrir ces charges. À cela s'ajoutent la CET (Contribution Économique Territoriale) et l’impôt sur le revenu.
Si vous avez opté pour le prélèvement libératoire, l'impôt sera inclus dans vos paiements mensuels ou trimestriels. Cependant, vous ne pourrez pas déduire vos charges d'activité, et vous devrez déclarer la totalité de votre chiffre d’affaires.
Pour un autre statut (comme une entreprise individuelle ou une SASU), vous devrez envisager de doubler la rémunération souhaitée. En effet, les charges peuvent représenter environ 50 % de votre chiffre d’affaires.
Tableau récapitulatif des taux de cotisations sociales en micro-entreprise (2025)
| Activité | Taux de cotisations sociales |
|---|---|
| Activités de commerce | 12,3 % |
| Prestations de services artisanales ou commerciales (BIC) | 21,2 % |
| Autres prestations de services (BNC) | 24,6 % (26,1 % à partir du 1er janvier 2026) |
| Professionnels libéraux relevant de la CIPAV | 23,20 % |
