Immatriculation Auto-Entrepreneur Profession Libérale : Les Démarches Essentielles
Le statut d'auto-entrepreneur est une option attrayante pour les professionnels libéraux en France, offrant un cadre fiscal et social simplifié. Cependant, l'immatriculation est une étape cruciale pour démarrer votre activité en toute légalité. Cet article vous guide à travers les démarches d'immatriculation, les obligations, les coûts et les conseils pour réussir votre inscription en tant qu'auto-entrepreneur exerçant une profession libérale.
Qu'est-ce qu'une Profession Libérale ?
Les professions libérales désignent les personnes exerçant à titre habituel, de manière indépendante et sous leur responsabilité, une activité de nature généralement civile. Cette activité a pour objet d'assurer, dans l'intérêt du client ou du public, des prestations principalement intellectuelles, techniques ou de soins mises en œuvre au moyen de qualifications professionnelles appropriées et dans le respect de principes éthiques ou d'une déontologie professionnelle.
Elles sont réparties en deux catégories :
- Professions réglementées : Classées dans le secteur libéral par la loi, leur exercice est soumis à des règles déontologiques strictes et sont placées sous le contrôle de leur instance professionnelle (ordre, chambre, ou syndicat). Parmi elles, on trouve les avocats, les experts-comptables et les médecins. Leur titre fait l'objet d'une protection.
- Professions non réglementées : Regroupent les professions qui ne peuvent être classées ailleurs, c'est-à-dire qu'elles ne sont ni commerciales, ni artisanales, ni agricoles et ne relèvent pas du régime général des salariés (journalistes, artistes auteurs, consultants, etc.). Il s'agit généralement de professions à caractère intellectuel ou artistique.
Il n'existe pas de liste officielle des professions libérales dites « non réglementées ».
Le Guichet Unique : Votre Portail d'Immatriculation
Depuis le 1er janvier 2023, les formalités de création, de modification et de cessation d'activité doivent être réalisées en ligne sur le guichet des formalités des entreprises. Cette plateforme est devenue l'unique guichet unique électronique et se substitue aux autres services. Ce « guichet unique » remplace les centres de formalités des entreprises (CFE) qui sont supprimés. Il concerne toutes les entreprises, quelle que soit leur forme juridique ou leur activité.
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Pour immatriculer sa micro-entreprise, il faut se rendre sur le site du guichet unique. Elle permet de demander l'inscription d'une entreprise au Registre National des Entreprises (RNE). L’étape de l’immatriculation constitue l’une des plus importantes et elle est obligatoire et doit être effectuée au moment de la déclaration de début d’activité.
L'entrepreneur peut réaliser lui-même les formalités en ligne, demander à un salarié de les réaliser pour le compte de l'entreprise, ou donner cette mission à toute autre personne en rédigeant un contrat de mandat.
Pour réaliser sa formalité, le déclarant saisit en ligne les informations et joint les pièces dématérialisées nécessaires.
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Étapes d'Immatriculation sur le Guichet Unique
Découvrez étape par étape comment procéder à l'immatriculation de votre micro-entreprise.
Étape 1 : Renseigner l'identité de l'entreprise
Une fois connecté sur le site du Guichet unique, dans le tableau de bord vous devez "déclarer une formalité d'entreprise", puis cliquez sur "création d'entreprise". C'est à partir de là que les étapes suivantes débutent.
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Sur le premier écran, vous décidez de vous déclarer sous le statut de la micro-entreprise. Si vous avez déjà exercé une activité non salariée, vous devez répondre "oui" à la seconde question. Ensuite, renseignez les informations sur l’entrepreneur lui-même.
Si vous exercez votre activité de manière non sédentaire, vous devez cocher la case correspondante et choisir entre "ambulant ressortissant UE hors France" ou "ambulant non sédentaire".
Les écrans suivants permettent de renseigner les informations sociales pour procéder à votre affiliation à un régime d’assurance maladie. En tant que micro-entrepreneur, vous serez sous le régime micro-social. Vous devez à ce stade choisir la périodicité de vos déclarations "mensuelles" ou "trimestrielles".
Renseignez ensuite votre adresse personnelle et les informations concernant votre régime d’assurance maladie actuel avec votre numéro de sécurité sociale.
Vous devez répondre "oui" à la question sur l’Acre si une demande auprès de l'Urssaf a déjà été effectuée. Dans le cas contraire, la demande d'Acre doit être adressée à l'Urssaf concomitamment à la déclaration de création/de reprise d'entreprise sur le Guichet unique. Le formulaire de demande d’Acre doit être envoyé accompagné du justificatif de création d’activité.
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Dans le champ organisme d’assurance vous devez renseigner votre organisme d’assurance actuel. L’Urssaf préconise d’indiquer "régime général" si vous ne connaissez pas votre organisme d’assurance ou en cas de doute.
Vous devez cocher "oui" si vous exercez une autre activité en plus de votre activité indépendante.
L'entreprise
Vous devez ensuite renseigner les informations concernant l’adresse de l’entreprise, c'est-à-dire là où vous exercerez votre activité. Vous pouvez exercer à votre domicile, dans un local professionnel ou encore dans une société de domiciliation. A la question "l’entrepreneur souhaite-t-il fixer l’adresse de son entreprise à son domicile personnel ?", en répondant "oui" une mise en garde s’ouvre pour vous indiquer que la communication de l’adresse de l’entreprise au registre national des entreprise (RNE) est obligatoire et qu’à ce titre elle sera rendue publique et pourra être diffusée.
Le contrat d’appui
Vous devez ensuite répondre à la question concernant l'existence d'un éventuel contrat d’appui :
En répondant "oui" au contrat d’appui, vous devez renseigner les informations concernant ce contrat :
- Date de début et date de fin du contrat ;
- Entreprise contractante (Siren et dénomination) ;
- Adresse de l’entreprise contractante.
Composition de l’entreprise
Vous devez rajouter à cette étape les personnes ayant le pouvoir d’engager l’entreprise, autres que le chef d’entreprise. Si vous êtes seul, vous pouvez passer à l’étape suivante.
S’il existe des personnes autres que le chef d’entreprise ayant le pouvoir d’engager l’entreprise ou des indivisaires, vous devez remplir les renseignements suivants :
Dans le rôle du mandataire, vous avez le choix entre :
- Indivisaire ;
- Personne ayant le pouvoir d’engager l’établissement.
Insaisissabilité
Pour rappel depuis le 15 mai 2022, avec le nouveau statut de l'entrepreneur individuel, il y a une séparation automatique des patrimoines personnel et professionnel de l'entrepreneur.
Attention, en cochant "oui" vous renoncez à l’insaisissabilité de votre résidence principale. Vous ne devez cocher "oui" que si votre résidence principale est devenue saisissable suite à une déclaration de renoncement de l’insaisissabilité de droit. Si ce n’est pas le cas, cochez "non".
L'étape suivante concerne les déclarations d'insaisissabilité des biens fonciers ne servant pas à l'activité professionnelle. Si vous n’avez aucune déclaration d’insaisissabilité, vous pouvez passer à l’étape suivante. Mais si vous avez effectué une déclaration d’insaisissabilité de votre résidence secondaire par exemple, vous devez la déclarer ici :
Étape 2 : Les informations concernant l’établissement
Les informations qui doivent être complétées ensuite sont relatives à l’établissement lui-même. Il s’agit cette fois de compléter l’adresse professionnelle de l’entreprise (pour rappel cette adresse peut être différente de l’adresse du domicile de l’entrepreneur). Indiquez également la présence ou non de salariés dans l’entreprise.
A cette étape de l’immatriculation de votre micro-entreprise, vous devez décrire votre activité après avoir cliqué sur "ajouter une activité". Une fois votre activité décrite, vous devez rentrer les différentes catégorisations qui correspondent à votre activité.
Renseignez ensuite si l’activité envisagée est une création ou une reprise : En cas de reprise d’entreprise , vous devez indiquer le nom de l’ancien exploitant.
La rubrique suivante est à remplir dans le cas où vous souhaitez renseigner votre site internet (en lien avec votre activité). A défaut, vous pouvez passer à l’étape suivante :
Étape 3 : Renseigner les options fiscales
Pour rappel le versement libératoire est un mécanisme d’imposition forfaitaire du chiffre d’affaires généré par l’activité de votre micro-entreprise. L'impôt sur le revenu est payé à titre définitif au fur et à mesure de la déclaration du chiffre d’affaires sur le site de l’Urssaf.
Avant d’opter pour le versement libératoire, vous devez vérifier votre éligibilité. Cette option est possible si le revenu de votre foyer fiscal de l'avant dernière année est inférieur ou égal, pour une part de quotient familial, "à la limite supérieure de la 2e tranche du barème de l'impôt sur le revenu de l'année précédente". Cette limite est majorée de 50 % ou de 25 % par demi-part ou quart de part supplémentaire.
Cette étape réalisée, n'oubliez pas ensuite de créer votre compte sur le site autoentrepreneur-urssaf.fr et de faire votre demande d'Acre si vous êtes éligible. Vos données seront alors traitées par l'Urssaf afin de créer votre compte pour que vous puissiez procéder à vos déclaration de chiffre d'affaires.
A défaut d'option pour le versement libératoire, vous serez imposé au barème progressif de l'impôt sur le revenu sur le chiffre d'affaires abattu réalisé avec les autres revenus du foyer.
Documents Requis pour l'Immatriculation
Lors de la demande d'immatriculation auprès du guichet des formalités des entreprises, il faut indiquer un certain nombre d'informations et joindre les documents suivants :
- Justificatif de domiciliation de l'entreprise avec l'adresse clairement identifiable (facture d'eau, d'électricité ou de gaz par exemple)
- Copie du contrat d'appui au projet d'entreprise (Cape)
- Documents concernant l'entrepreneur :
- Déclaration sur l'honneur de non-condamnation et attestation de filiation datées et signées par l'entrepreneur
- Copie de la pièce d'identité de l'entrepreneur
- Copie authentique de la déclaration relative à l'insaisissabilité des biens immobiliers non affectés à l'activité professionnelle
- Si l'entrepreneur exerce une activité réglementée : copie de l'autorisation d'exercice de l'activité, du diplôme ou du titre
- Si l'entrepreneur est marié sous le régime de la communauté : exemplaire daté et signé de l'attestation de délivrance de l'information donnée à l'époux des conséquences sur les biens communs des dettes contractées dans l'exercice de la profession de l'entrepreneur
- Si le conjoint ou le partenaire de PACS travaille avec l'entrepreneur :
- Attestation sur l'honneur sur le choix du statut (salarié, associé ou collaborateur
- Extrait d'acte de mariage ou de PACS ou extrait d'acte de naissance avec la mention du mariage ou du PACS.
- En cas d'achat de fonds commerce : copie de l'acte de vente et de l'attestation de parution dans un support d'annonces légales de l'avis relatif à l'achat
- En cas de location-gérance du fonds de commerce : copie du contrat de location-gérance et de l'attestation de parution dans un support d'annonces légales de l'avis relatif à la prise en location-gérance
- En cas de gérance-mandat de fonds de commerce : copie du contrat de gérance-mandat et de de l'attestation de parution dans un support d'annonces légales de l'avis relatif à la prise en gérance-mandat.
- En cas de donation: copie de l'acte de donation et du droit au bail.
- En cas de dévolution successorale: copie de l'acte notarié ou de l'inventaire, et du droit au bail.
Si la personne qui réalise la formalité d'immatriculation n'est pas l'entrepreneur, elle doit joindre à la demande un exemplaire du pouvoir (acte authentique ou acte sous signature privée) l'autorisant à effectuer des démarches au nom de l'entrepreneur.
Coûts d'Immatriculation
L'immatriculation est gratuite.
Après le Dépôt du Dossier
Une fois le dossier déposé sur le guichet des formalités des entreprises, l'entreprise reçoit un récépissé de dépôt de dossier de création d'entreprise (RDDCE) comportant la mention « En attente d'immatriculation ».
Ce récépissé est important car il permet d'accomplir toutes les démarches utiles auprès des organismes publics et privés. Par exemple, elle va pouvoir souscrire les assurances obligatoires et complémentaires nécessaires aux besoins de son activité.
La durée de validité maximale du récépissé est de 1 mois.
Une fois l'immatriculation effectuée, la micro-entreprise reçoit un justificatif (ou attestation) d'immatriculation contenant ses numéros d'identification (Siren, code APE...).
Si le dossier est incomplet, le guichet des formalités des entreprises envoie un récépissé indiquant les éléments manquants. Il faut alors les transmettre dans un délai de 15 jours ouvrables à compter de la réception de ce récépissé.
Sanctions en Cas d'Informations Inexactes ou de Défaut d'Immatriculation
Le micro-entrepreneur qui donne délibérément des informations inexactes ou incomplètes lors de son immatriculation auprès du Guichet des formalités des entreprises encourt une amende de 4 500 € et un emprisonnement de 6 mois.
Par ailleurs, le fait d’exercer une activité commerciale, artisanale ou libérale sans être immatriculé au registre national des entreprises (RNE) est un délit puni d’une amende de 7 500 €.
L'Importance du Kbis pour l'Auto-Entrepreneur Libéral
Kbis et auto-entrepreneur libéral sont deux termes souvent associés par les porteurs de projet. Le document concerné est largement employé par les entreprises dans le cadre de diverses formalités. En toute logique, les travailleurs indépendants exerçant une profession libérale peuvent l’obtenir.
Néanmoins, d’autres solutions permettent au principal concerné de prouver l’existence de son activité libérale. Il peut consulter deux structures différentes délivrant les justificatifs indispensables pour mener à bien ses projets.
L’INSEE a pour vocation de répertorier tous les acteurs économiques évoluant en France. Pour ce faire, il attribue un numéro SIREN à toutes les personnes physiques ou morales qui déclarent leurs activités. Cette entité délivre donc un avis de situation auto-entrepreneur qui prouvera qu’il exerce légalement une profession libérale.
L’URSSAF est la principale structure dont dépendent les auto-entrepreneurs exerçant une profession libérale. Dans le cadre des démarches de constitution, l’organisme transmet les documents fournis à toutes les structures concernées. Toujours est-il que le travailleur indépendant peut se procurer une attestation sur le site de l’URSSAF. Ce document prouve aussi qu’il a bien accompli les formalités incontournables avant le lancement de ses activités.
Comme cité précédemment, l’extrait K correspond au Kbis de l’auto-entrepreneur libéral. Il reprend alors les informations principales sur les activités exercées par son titulaire, ce qui permet d’éclaircir les doutes sur son identité avant de passer un quelconque accord avec lui.
Néanmoins, il convient de souligner que cette pièce est uniquement réservée aux auto-entrepreneurs libéraux ayant une activité commerciale à titre secondaire. Autrement, ils n’auraient pas la possibilité de s’inscrire au RCS et donc d’obtenir l’extrait K.
Comment Obtenir un Extrait Kbis Gratuitement ?
Devant l’importance de ce document, et à la suite des efforts du gouvernement pour simplifier les démarches administratives des entreprises, il est désormais possible d’obtenir l’extrait Kbis gratuitement pour les auto-entrepreneurs, à condition d’effectuer la procédure de demande en ligne. En effet, seule la version numérique est gratuite. Dans le cas d’une demande directe auprès du greffe du tribunal de commerce, il faudra s’acquitter des frais obligatoires.
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