Impuissance fonctionnelle : Risques, causes et traitements

L'impuissance masculine, ou dysfonction érectile (DE), est un problème courant qui peut affecter la qualité de vie et l'estime de soi. Il est donc important d'en identifier la cause, pour pouvoir les prendre en charge et mettre en place un traitement adapté.

Le terme dysfonction érectile a remplacé, dans les années 1990, le terme impuissance, qui pouvait être entendu comme décrivant seulement une dysfonction érectile sévère rendant dans toute circonstance impossible un rapport avec pénétration. L’usage du terme dysfonction érectile rend possible la description d’un trouble plus ou moins sévère. La DE est la dysfonction sexuelle la mieux connue, car elle est la plus étudiée.

La DE est un symptôme défini par l’incapacité persistante ou récurrente à obtenir ou maintenir une érection permettant un rapport sexuel satisfaisant. Une durée minimale de trois mois est communément admise pour confirmer le diagnostic.

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Épidémiologie de la dysfonction érectile

La DE est un symptôme très fréquent avec cependant une prévalence variable selon les populations étudiées et les critères de diagnostic. Il existe, dans toutes les études, une augmentation de la prévalence de la DE avec l’âge.

  • Pour les hommes de moins de 40 ans, la prévalence est comprise entre 1 et 9 %.
  • Entre 40 et 49 ans, la prévalence demeure généralement inférieure à 10 % s’élevant dans certaines études à 15 %.
  • Entre 50 et 60 ans, la prévalence varie beaucoup d’une étude à l’autre.
  • Entre 60 et 70 ans la prévalence est comprise entre 20 et 40 %.
  • Au-delà de 70 ou de 80 ans, la prévalence est très élevée entre 50 et 100 %.

L’âge est un facteur de risque indépendant de DE.

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Globalement, un mauvais état général, l’existence d’un diabète, d’une maladie cardiovasculaire, d’une maladie psychiatrique, de troubles psychologiques, de conditions socioéconomiques défavorables, d’un tabagisme, d’un déficit hormonal sont des facteurs de risque de DE établis. L’activité physique, la minceur, une faible consommation d’alcool, l’absence de tabagisme diminue le risque de DE.

Causes de l'impuissance

Plusieurs facteurs physiques et psychologiques peuvent être en cause dans la dysfonction érectile.

Causes psychologiques

Les facteurs psychologiques sont responsables d’un nombre significatif de cas de dysfonction érectiles, soit seuls, soit combinés avec des causes biologiques. Les principales causes de l’impuissance masculine restent aujourd’hui d’ordre psychiques et psychosociales. Ainsi, les principales causes de l’impuissance sont à chercher du côté du stress, de la fatigue, de la dépression ou de l’anxiété.

L’anxiété et le stress sont la première cause psychologique des problèmes d’impuissance. Les troubles anxieux, induits notamment pas une éjaculation précoce, ou une faible estime de soi ne peuvent être, par exemple, être à l’origine ou à l’aggravation d’une dysfonction érectile. Le manque de communication avec son partenaire, le conflit conjugal, l’usure du couple sont également régulièrement pointés du doigt comme étant des causes non négligeables de l’impuissance masculine.

Causes physiques

En plus de l’âge, l’hypertension artérielle, le diabète et l’excès de cholestérol font partie des principaux facteurs de risque des troubles de l’érection (l’athérosclérose obstrue les artères et le flux sanguin vers le pénis). Le diabète est la première cause d’impuissance chez les hommes de plus de 50 ans.

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La dysfonction érectile peut aussi être due à un trouble hormonal (hypothyroïdie), au surpoids et à l’obésité, ou à une maladie chronique (maladie rénale, insuffisance cardiaque). La maladie de Lapeyronie peut enfin être en cause : à cause de la présence de tissus cicatriciels à l’intérieur du pénis, les érections sont douloureuses et de moins en moins présentes.

Certaines pathologies d’ordre neurologiques ont des atteintes sur les nerfs responsables de l’érection et sont donc plus fréquemment associées à des problèmes d’érections. Des lésions sur les nerfs efférents sont aussi une des causes de dysfonctions érectiles. Les hommes ayant subi une ablation de la prostate présentent souvent un risque élevé de lésion des nerfs caverneux impliqués dans l’érection et ont plus de risques de souffrir d’impuissance.

Causes médicamenteuses

De nombreux médicaments peuvent avoir une influence sur la fonction érectile, notamment ceux contre l’hypertension, le cholestérol ou les problèmes cardiaques, les troubles de la prostate, la maladie de Parkinson, l’anxiété et la dépression, les troubles psychotiques ou les troubles hormonaux. Les médicaments diurétiques peuvent aussi être en cause.

Autres causes

Le tabagisme, la consommation d’alcool ou de substances toxiques (comme certaines drogues : cocaïne, héroïne, opiacés) peuvent également être responsables de troubles de l’érection.

Les troubles de l’érection peuvent aussi survenir suite à une irradiation du petit bassin, ou être la complication d’une chirurgie de la prostate (prostatectomie) ou de la vessie, lorsque des nerfs sont endommagés.

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Diagnostic

Si les problèmes d’érection durent depuis plus de trois mois et que l’impuissance provoque des difficultés affectives et sexuelles au quotidien, il est recommandé de consulter son médecin. La dysfonction érectile peut aussi être le symptôme d’un trouble médical plus grave : il est donc important de se rapprocher de son médecin en cas de doutes.

Le médecin interroge d’abord son patient sur ses symptômes (circonstances d’apparition, fréquence, caractère plus ou moins permanent de l’impuissance, retentissements sur son quotidien…), sur ses antécédents médicaux et l’éventuelle prise de médicaments, sur son activité sexuelle et sa vie de couple. Le médecin réalise ensuite un examen médical complet : prise de tension artérielle, auscultation du rythme cardiaque, examen neurologique, examen des organes génitaux et toucher rectal.

Il prescrit un bilan sanguin pour mesurer les taux de testostérone dans le sang, et pour rechercher un éventuel diabète, un taux trop élevé de cholestérol, un trouble thyroïdien ou une maladie rénale. En cas de doute, il peut demander d’autres bilans (un examen d’imagerie, une consultation avec un psychologue…).

Traitements disponibles

Identifier la cause des troubles érectiles permet au médecin de prescrire le meilleur traitement. Si les problèmes d’érection sont dus à une maladie, le traitement de cette maladie permet généralement de diminuer les troubles érectiles. Si aucune maladie n’est en cause, le médecin peut prescrire plusieurs types de médicaments contre l’impuissance. Il peut aussi proposer à son patient une prise en charge psychologique. En cas d’échec (ou si l’homme souhaite éviter les médicaments), d’autres solutions peuvent être proposées.

Depuis quelques années, plusieurs types de traitement contre l’impuissance masculine existent. On citera d’abord les inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5, les comprimés plus connus sous le nom de VIAGRA, ainsi que ses dérivés, qui peuvent se prendre en traitement ponctuel à la demande ou de manière journalière.

Traitements médicamenteux

Lorsque le changement d’hygiène de vie ne suffit pas à traiter ou à diminuer les troubles de l’érection, le médecin peut prescrire plusieurs types de traitements médicamenteux, pris par voie orale. Ils permettent d’augmenter l’afflux de sang dans le pénis lors de la stimulation sexuelle, pour obtenir une érection plus facile ou plus longue. Le médicament doit être pris au moins 30 minutes avant la relation sexuelle, et limité à une prise par jour. Il est aussi déconseillé chez certains hommes (en cas de problèmes cardiaques, notamment).

Il existe plusieurs traitements par voie orale contre les troubles de l’érection, disponibles sur ordonnance. Ils doivent être pris au plus tard entre 20 minutes et une heure avant le rapport sexuel. Ces médicaments ne sont actuellement pas remboursés par l’Assurance maladie.

Les traitements par voie orale contre les troubles de l’érection agissent en favorisant le remplissage du pénis par le sang. Il s’agit de l’avanafil (SPREDA), du sildénafil (VIAGRA et ses génériques), du tadalafil (CIALIS et ses génériques) et du vardénafil (LEVITRA et ses génériques). Ils agissent rapidement, mais uniquement en présence d'excitation sexuelle. Leur durée d’action est variable selon le médicament (de 12 à 36 heures).

Ces médicaments doivent être utilisés avec beaucoup de précautions chez les personnes présentant des troubles cardiaques. Un examen clinique de l'état du cœur et des vaisseaux sanguins est indispensable avant leur prescription. Seul votre médecin est à même de savoir si vous pouvez bénéficier de ce type de traitement.

Leurs effets indésirables les plus fréquents sont : des maux de tête, des rougeurs du visage, une sensation de nez bouché, des vertiges, des troubles de la digestion et de la vue (vision trouble ou modification de la perception des couleurs).

Attention : ces médicaments sont incompatibles avec les traitements de l’angine de poitrine de la famille des vasodilatateurs (angor) et avec la prise de nitrite d’amyle (un stimulant sexuel également appelé « poppers », « boosters » ou « snappers »).

Attention : les médicaments oraux contre les troubles de l’érection peuvent provoquer des vertiges et des troubles de la vue.

Traitements locaux

Il existe également des traitements locaux qui s’utilisent juste avant un rapport sexuel.

Il existe également des traitements des troubles de l'érection sous forme de crème à appliquer à l’extrémité du pénis ou à injecter dans le pénis. Ils contiennent une substance (alprostadil) qui agit localement en provoquant une dilatation des vaisseaux sanguins de la verge, permettant ainsi une érection.

Ces médicaments sont habituellement prescrits chez des personnes pour qui les traitements par voie orale sont contre-indiqués ou se sont révélés inefficaces.

Le traitement sous forme de crème agit rapidement (en 5 à 30 minutes) en provoquant une érection pendant 1 à 2 heures selon les hommes. Il se présente sous forme de récipient unidose. La totalité du contenu du récipient unidose doit être appliquée à l’extrémité du pénis. Il ne doit pas être utilisé plus de 2 à 3 fois par semaine, ni plus d’une fois par 24 heures. Il peut provoquer des effets indésirables locaux, notamment des irritations vaginales chez la partenaire.

Le traitement en injections intracaverneuses est contre-indiqué en cas de prédisposition au priapisme du fait de certaines maladies comme une drépanocytose ou une leucémie. Dans 90 % des cas, l'érection obtenue permet la pénétration pendant une durée allant jusqu'à une heure.

L'auto-injection intracaverneuse qui consiste à s’injecter soi-même dans le pénis le médicament est possible après une formation à la technique d’injection. La première injection doit être réalisée par le médecin au cabinet médical pour déterminer la dose spécifique qui vous convient et vous apprendre le geste de l'injection, que vous pratiquerez ensuite chez vous.

Autres traitements

La yohimbine est une substance végétale utilisée depuis de nombreuses années dans le traitement d’appoint des troubles de l’érection. Son mécanisme d’action est mal connu et les données disponibles ne permettent pas d’évaluer son efficacité. Seul un médicament à base de yohimbine est encore disponible. Il doit être pris tous les jours et son effet peut n’apparaître qu’après 2 à 3 semaines de traitement.

Il s’agit d’un dispositif comprenant un cylindre placé sur la verge et dans lequel le patient fait le vide à l'aide d'une pompe manuelle ou électrique. L'aspiration de l’air dans le dispositif permet un afflux de sang provoquant l’érection qui est maintenue, après avoir ôté le cylindre, grâce à un anneau élastique placé à la base de la verge. L’anneau ne doit pas être maintenu plus de 30 minutes.

Il s’agit d’une solution définitive nécessitant une intervention chirurgicale sous anesthésie générale ou locorégionale. Les prothèses péniennes sont des dispositifs médicaux placés dans les corps caverneux de la verge. Elles sont de différents types: rigides, semi-rigides ou malléables et gonflables. Leur utilisation peut nécessiter un apprentissage.

La chirurgie de revascularisation de la verge consiste à réaliser des pontages artériels de façon à améliorer le flux sanguin et la pression dans les corps caverneux. Cette microchirurgie ne s’adresse qu’à certains patients, par exemple des patients jeunes qui ont des lésions suite à un traumatisme.

Mesures hygiéno-diététiques

Faciles à mettre en place, certaines mesures hygiéno-diététiques peuvent parfois suffire à limiter ou à faire disparaître les troubles de l’érection.

Pour lutter contre les problèmes d’érection, il est aussi recommandé d’améliorer son hygiène de vie au quotidien :

  • Adopter une alimentation équilibrée : boire suffisamment d’eau, consommer des fruits et légumes (pour leurs fibres), limiter les aliments gras, sucrés et salés ;
  • Arrêter de fumer, limiter sa consommation d’alcool, stopper la prise de substances toxiques (drogues) ;
  • Pratiquer une activité physique de manière régulière, perdre du poids en cas de surpoids ou d’obésité.

Si l’impuissance semble être déclenchée par la prise de certains médicaments, il ne faut jamais arrêter le traitement sans d’abord en parler à son médecin. C’est lui qui décidera s’il faut modifier la posologie ou le type de médicament.

Le meilleur moyen de soigner la dysfonction érectile est de supprimer les causes qui provoquent cette pathologie. La première modification est de faire un régime pour perdre du poids, en effet le risque de développer une dysfonction érectile est 40% plus élevé chez les populations obèses.

Dans le cadre de la prévention, chez les sportifs, le risque de développer une dysfonction érectile est 40% moins élevé chez les sportifs modérés et 60% moins élevés chez les sportifs pratiquants très régulièrement une activité physique. De plus, l’adoption de ce régime diminue très significativement les problèmes d’érection.

Pour terminer, les dernières modifications impactant positivement sont l’arrêt de la consommation de tabac.

Conclusion

L'impuissance masculine est un problème de santé courant qui peut avoir un impact significatif sur la qualité de vie. Il est important de consulter un médecin pour en déterminer la cause et mettre en place un traitement adapté. De nombreux traitements sont disponibles, allant des médicaments aux interventions chirurgicales, en passant par les mesures hygiéno-diététiques. Avec une prise en charge appropriée, il est possible d'améliorer la fonction érectile et de retrouver une vie sexuelle satisfaisante.

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