Analyse des Statistiques de la Consommation Alimentaire en France par l'Insee

Mesurer aussi précisément que possible la consommation alimentaire des ménages est primordial, particulièrement lorsqu’elle évolue de façon exceptionnelle. L’Insee réalise chaque mois et chaque trimestre une estimation de son évolution. À partir de la première publication du compte trimestriel portant sur le 3e trimestre 2023, les données de caisse de la grande distribution alimentaire sont mobilisées pour ces estimations, ce qui permet de travailler à un niveau plus détaillé.

Les ménages consacrent un cinquième de leur dépense de consommation aux produits alimentaires. Très fréquents, les achats alimentaires sont au cœur de la consommation du quotidien. Or depuis 2020, la consommation alimentaire a varié de façon exceptionnelle en volume, c’est-à-dire après correction de l’effet de l’inflation (voir zoom en fin d’article pour plus d’explication sur le concept d’évolution en volume). Elle a d’abord augmenté fortement durant les confinements mis en place pour lutter contre la pandémie de Covid-19, la consommation à domicile se substituant aux dépenses à l’extérieur, les cafés et restaurants étant fermés.

Puis, après un bref retour à la normale, la consommation a baissé de manière inédite, face à une hausse marquée des prix alimentaires en sortie de crise sanitaire, exacerbée par le déclenchement de la guerre entre la Russie et l’Ukraine en 2022. Ces évolutions sont mesurées à un niveau très détaillé dans les comptes nationaux annuels, disponibles dans leur version provisoire dès le mois de mai suivant la fin de l’année d’intérêt (cf. la note méthodologique sur le sujet).

Nouvelle Méthodologie de l'Insee pour l'Estimation de la Consommation Alimentaire

Pour mesurer la consommation alimentaire mensuelle (hors tabac), l’Insee s’appuyait principalement jusqu’ici sur l’enquête mensuelle sur le commerce de détail de la Banque de France. Celle-ci fournit des séries de consommation en valeur, issues des déclarations de chiffres d’affaires d’acteurs du commerce de détail. Deux séries sur l’alimentaire disponibles à des niveaux très agrégés par produit étaient utilisées : l’une sur l’alimentaire hors viande et l’autre sur l’alimentaire de type viande.

En dehors de la consommation en viandes, il n’était dès lors pas possible de mesurer à un niveau fin les évolutions des dépenses de consommation par produit. L’utilisation d’un unique indicateur en valeur dans les étalonnages-calages des comptes trimestriels (cf. Insee Méthodes 126 pour une présentation de la méthode d’étalonnage-calage) conduisait à stabiliser sur l’année en cours les parts des différents produits dans les dépenses alimentaires en euros courants, en ignorant les différences d’évolutions entre produits, pouvant provenir d’évolution contrastée des prix ou de recomposition du panier de consommation.

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L’effet des évolutions des prix était ensuite pris en compte en divisant les consommations en valeur par des indices de prix à la consommation spécifiques à chaque produit pour en déduire les évolutions en volume, mais sans tenir compte du fait que les variations relatives des prix pouvaient conduire les ménages à faire varier la part de leurs dépenses consacrées à chaque produit. Si cette simplification était acceptable en période d’inflation modérée, l’imprécision augmente lors d’épisodes de forte inflation, car le panier de consommation des ménages est susceptible de se déformer davantage.

Les données de caisse de la grande distribution alimentaire constituent une source particulièrement riche pour mesurer et analyser l’activité et la consommation de ce secteur. Les données de caisse sont transmises quotidiennement à l’Insee par les entreprises du secteur de la grande distribution alimentaire. À chaque point de vente, chaque jour de vente et chaque produit vendu (identifié en général par son numéro d’article européen - EAN - et une description), sont associés un prix, une quantité vendue et le chiffre d’affaires correspondant.

Évolution des dépenses de consommation des ménages

La grande majorité des données de vente est reçue dans un délai de deux jours après la date de vente. Si ces données peuvent être utilisées pour mesurer de façon précoce l’activité du « commerce de détail en magasin non spécialisé à prédominance alimentaire », elles peuvent également être utilisées pour mesurer les évolutions de consommation pour les produits où les grandes surfaces alimentaires représentent une part majoritaire ou significative du commerce de détail.

Afin de produire des indices d’évolution par produit à partir des données de caisse, il est nécessaire d’attribuer à chaque denrée alimentaire un code de la nomenclature de produits française. On a recours ici à un algorithme d’apprentissage permettant une classification automatique des libellés. Dans un premier temps, le choix s’est porté sur le niveau comprenant 129 postes de la nomenclature française NA2008 : ce degré de détail offre un bon compromis entre les besoins des utilisateurs (en particulier les comptables nationaux) et les potentialités de la classification automatique (et en premier lieu le niveau d’information contenu dans le texte).

À partir des évolutions mesurées dans les données de caisse par produit, il devient alors envisageable d’enrichir et d’affiner la méthodologie d’estimation de la consommation alimentaire au niveau de la nomenclature en 129 postes. Pour certains produits tels que les conserves de fruits ou légumes ou les huiles, la grande distribution alimentaire capte l’essentiel des achats. Pour d’autres produits, la grande distribution représente une part importante mais non prépondérante de la consommation, qui peut aussi avoir lieu dans des commerces spécialisés (fruits et légumes frais, boucheries…). Pour représenter ces autres formes de commerce, d’autres indicateurs s’avèrent utiles, en l’occurrence les indices de chiffres d’affaires produits par l’Insee à partir des déclarations de TVA.

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L’utilisation de cette nouvelle source d’information issue notamment des données de caisse dans les comptes conduit à réviser significativement la consommation de produits alimentaires, notamment sur les mois les plus récents (figure 2). Compte tenu de l’actualité du sujet, le choix a été fait d’accélérer la mise au point de cette nouvelle méthode et de la mettre en œuvre dès les publications des comptes du 3e trimestre 2023. Cela permet de bénéficier dès à présent du gain méthodologique, sans attendre les révisions ordinairement passées avec la parution des comptes annuels.

Les différences d’évolutions mensuelles entre les estimations faites à partir des nouvelles et anciennes sources de données ne remettent cependant pas en cause les estimations de la consommation alimentaire totale des années 2021 et 2022, les évolutions infra-annuelles étant calées sur les consommations annuelles dont on dispose déjà. De même, le point haut de mars 2021 correspondant au mois précédant le « 3e confinement » et le point bas en avril 2023 sont conservés.

L’ampleur de la chute de la consommation diffère cependant suivant les deux méthodologies. À partir de la nouvelle méthodologie, la consommation alimentaire sur le mois d’avril 2023 est ainsi inférieure de 13,9 % à ce qu’elle était en mars 2021 ; cet écart était de 15,9 % avec l’ancienne méthodologie. Par ailleurs, sur les neuf premiers mois de l’année 2023, les deux méthodes aboutissent à des courbes d’évolution mensuelle de la consommation alimentaire assez proches.

Sur la période de 18 mois allant de mi-2021 à fin 2022, les méthodologies divergent en revanche davantage. Ainsi, si les nouvelles estimations mettent également en évidence un important repli de la consommation alimentaire à la suite du 3e confinement, elles ne font néanmoins pas état d’un rebond de la consommation fin 2021. Au contraire, la baisse de la consommation alimentaire s’est poursuivie (à un rythme certes ralenti) jusqu’à février 2022.

Par la suite, le printemps et l’été 2022 ont été marqués par des à-coups dans l’évolution de la consommation alimentaire ; l’actualité internationale et notamment les événements en Ukraine ont eu des répercussions sur la conjoncture économique avec des effets qui ont pu jouer en sens contraires. D’un côté, le coup d’accélérateur à la hausse des prix a pu peser sur la consommation alimentaire en volume. Mais de l’autre côté, des risques de pénurie sont apparus sur certains produits et ont pu encourager les ménages à constituer des stocks de précaution, ce qui est de nature à tirer la consommation à la hausse.

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Les révisions trimestrielles liées à la mise en place de la nouvelle méthode d’estimation se compensent sur chacune des années 2020 à 2022, puisque les estimations mensuelles sont calées sur une même valeur annuelle. Ces révisions sur les trois premiers trimestres de 2023 peuvent sembler importantes (un peu plus d’un milliard d’euros par trimestre). Mais l’opération de calage sur l’estimation provisoire de la consommation alimentaire annuelle amenait déjà habituellement à revoir significativement le niveau de la consommation alimentaire issu des estimations mensuelles et trimestrielles.

Plus précise, la nouvelle méthode d’estimation est spontanément plus proche de la consommation annuelle en 2022 (figure 4). Au-delà de ce gain de précision, ces nouvelles sources de données permettent une analyse plus détaillée de l’évolution des composantes de la consommation alimentaire. Prenons ainsi le cas des deux premiers trimestres de 2020, au moment du 1er confinement en France. Celui-ci est marqué par un pic de la consommation alimentaire.

Au niveau plus fin, les anciennes estimations suggéraient des hausses généralisées sur les différentes composantes de l’agroalimentaire comme la viande ou les boissons. L’introduction des données de caisse dans nos estimations permet une analyse plus riche. Dans ce cas, le gain est naturellement plus limité car un indicateur spécifique au poste de la viande était déjà utilisé. Les deux méthodes sont donc mises en œuvre au même niveau d’agrégation pour ce produit.

De fait, l’utilisation de données de caisse contribue à la richesse de l’information aux niveaux fins. C’est plus particulièrement le cas pour les composantes où l’information faisait défaut.La nouvelle méthodologie suggère qu’au cours du 1er trimestre 2023, qui constitue un point bas, l’écart de consommation mensuelle en produits agro-alimentaires par rapport à l’année 2019 est moins important que ce nous estimions jusqu’à présent.

La baisse de consommation de produits laitiers est nettement moins importante, mais ce sont là encore les produits alimentaires « divers » qui sont marqués par un niveau de consommation mensuelle plus élevé qu’en 2019. Parmi les produits alimentaires « divers », les différentes composantes n’ont pas évolué de façon homogène, notamment en comparaison avec les niveaux mensuels estimés pour 2019.

Comprendre le Concept de Volume dans les Comptes Nationaux

Pour bien expliquer le concept de volume des comptes nationaux, prenons l’exemple de la consommation de produits carnés en 2022, qui a été documentée dans une publication de France AgriMer. La publication nous donne notamment des indications sur les prix moyens au kg de différents types de viande. Le premier consommateur a réduit sa consommation de viande en quantité, passant de 80 à 73 kg consommés, mais sans modifier radicalement la composition en types de viande de son « panier ».

Nous pouvons facilement calculer la « valeur » de sa consommation à prix courant, en 2021 comme en 2022, en multipliant les quantités achetées par les prix. Il a ainsi dépensé 923 € en 2021 et 913 € en 2022, soit une baisse d’un peu plus de 1 % de sa dépense.Cette baisse est nettement inférieure à la baisse des quantités consommées, car celle-ci compense une hausse des prix. La comptabilité nationale a développé la notion de « volume » pour corriger les évolutions en valeur, exprimée en euros courants, de l’effet des prix.

Ces volumes sont dits « au prix de l’année précédente » car on estime l’évolution en volume entre 2021 et 2022 en recalculant la dépense de 2022 en appliquant les prix de 2021 aux quantités 2022, et en comparant cette dépense à la dépense de 2021 en euros courants. Ainsi l’effet des prix est neutralisé car le même ensemble de prix, ceux pratiqués en 2021, est utilisé pour évaluer la consommation en 2021 et 2022.

Ce premier consommateur a donc consommé 841 € en 2022 aux prix de 2021, en baisse de 9 % par rapport aux 923 € dépensés en 2021 (aux mêmes prix de 2021). Cette baisse en volume est très proche de la baisse en quantité car le consommateur n’a pas modifié fortement la composition de son panier, mais uniquement sa taille.

Prenons un deuxième consommateur ayant une stratégie diamétralement opposée : il a cherché à maintenir sa quantité de viande consommée en kilogramme, quitte à privilégier des viandes plus abordables. Il a ainsi consommé moins de viande bovine fraîche (hachée ou non) et plus de viande surgelée et de viande de porc, moins onéreuse au kilogramme. En euros courants, cette modification de comportement lui permet tout juste de compenser la hausse des prix, et il a dépensé un euro de moins en 2022 qu’en 2021.

En volume « aux prix de l’année précédente », il a consommé 849 €, une baisse de 8 %.Il faut comprendre cette baisse en volume malgré des quantités stables comme une baisse de « qualité » de son panier de consommation, du fait du report vers des viandes moins onéreuses. Cet effet « qualité » ne doit pas être compris comme un jugement gastronomique, nutritif ou écologique sur les différents types de viandes, mais découle de la simple comparaison des prix observés une année de référence donnée, ici 2021.

Pour chaque catégorie de produit, les évolutions en volumes et en quantités sont identiques par construction, mais l’agrégation totale, par somme, évolue différemment. Dans le calcul en volume, les évolutions à la baisse des viandes plus onéreuses sont davantage pondérées, du fait de leurs prix plus élevés, ce qui conduit à une évolution globale en baisse.

Cet exemple, simplifié à dessein, montre que deux stratégies de consommation différentes (réduction de la quantité ou changement de gamme) peuvent se traduire par des évolutions en valeur et volumes proches dans les comptes nationaux. Nous pourrions vouloir travailler à un niveau encore plus fin, en distinguant par exemple les viandes selon leur provenance, la pièce considérée, etc., mais cela serait impossible à mettre en œuvre en pratique. Nous travaillons donc à niveau raisonnable d’agrégation, les évolutions fines de prix étant capturées dans l’indice des prix à la consommation, estimé à un niveau très fin.

La méthodologie des comptes trimestriels, qui part d’indicateurs en valeur de la consommation de viande totale puis les corrigent de l’évolution des prix mesurés par l’indice des prix à la consommation, permet d’obtenir une approximation raisonnable des calculs présentés ici à un niveau très fin : en p... du temps.

Évolution des modes de consommation en France

Évolution des Habitudes Alimentaires

En 2014, les ménages ont dépensé 59 milliards d'euros pour leur alimentation hors domicile, soit 26 % de leur budget alimentaire. L'alimentation constituait le principal poste de dépense des ménages. Ainsi, ils y affectent 20,4 % de leur dépense de consommation. De leur dépense de consommation : 20 % en 2014 contre 35 % en 1960. L'alimentation reste très concentré au moment des trois repas traditionnels.

La consommation de produits agricoles et agroalimentaires a chuté en janvier (+10,5 % après -15,0 %). Le net recul des achats de biens fabriqués (-2,4 %). Alimentaire diminue de nouveau mais à un rythme moindre (-0,2 % après -1,5 %). La consommation alimentaire a varié de façon exceptionnelle en volume. En 24 ans, toutefois, les rythmes des repas se sont légèrement modifiés.

Pour mesurer la consommation alimentaire mensuelle (hors tabac), l’Insee s’appuyait principalement jusqu’ici sur l’enquête mensuelle sur le commerce de détail de la Banque de France. Celle-ci fournit des séries de consommation en valeur, issues des déclarations de chiffres d’affaires d’acteurs du commerce de détail. Deux séries sur l’alimentaire disponibles à des niveaux très agrégés par produit étaient utilisées : l’une sur l’alimentaire hors viande et l’autre sur l’alimentaire de type viande.

Tendances Actuelles de la Consommation Alimentaire

Les produits électroniques et les ordinateurs, se replient également fortement. Les achats de motocycles baissent également (-2,2 % après +9,0 %). La consommation de biens durables se replie (-1,2 % après +1,6 %). L’utilisation de cette nouvelle source d’information issue notamment des données de caisse dans les comptes conduit à réviser significativement la consommation de produits alimentaires, notamment sur les mois les plus récents (figure 2).

Compte tenu de l’actualité du sujet, le choix a été fait d’accélérer la mise au point de cette nouvelle méthode et de la mettre en œuvre dès les publications des comptes du 3e trimestre 2023. Cela permet de bénéficier dès à présent du gain méthodologique, sans attendre les révisions ordinairement passées avec la parution des comptes annuels. Les différences d’évolutions mensuelles entre les estimations faites à partir des nouvelles et anciennes sources de données ne remettent cependant pas en cause les estimations de la consommation alimentaire totale des années 2021 et 2022, les évolutions infra-annuelles étant calées sur les consommations annuelles dont on dispose déjà.

Inflation : les Français mangent moins ! #cdanslair Archives 2023

De même, le point haut de mars 2021 correspondant au mois précédant le « 3e confinement » et le point bas en avril 2023 sont conservés. L’ampleur de la chute de la consommation diffère cependant suivant les deux méthodologies. À partir de la nouvelle méthodologie, la consommation alimentaire sur le mois d’avril 2023 est ainsi inférieure de 13,9 % à ce qu’elle était en mars 2021 ; cet écart était de 15,9 % avec l’ancienne méthodologie.

Par ailleurs, sur les neuf premiers mois de l’année 2023, les deux méthodes aboutissent à des courbes d’évolution mensuelle de la consommation alimentaire assez proches. Sur la période de 18 mois allant de mi-2021 à fin 2022, les méthodologies divergent en revanche davantage. Ainsi, si les nouvelles estimations mettent également en évidence un important repli de la consommation alimentaire à la suite du 3e confinement, elles ne font néanmoins pas état d’un rebond de la consommation fin 2021.

Au contraire, la baisse de la consommation alimentaire s’est poursuivie (à un rythme certes ralenti) jusqu’à février 2022. Par la suite, le printemps et l’été 2022 ont été marqués par des à-coups dans l’évolution de la consommation alimentaire ; l’actualité internationale et notamment les événements en Ukraine ont eu des répercussions sur la conjoncture économique avec des effets qui ont pu jouer en sens contraires.

D’un côté, le coup d’accélérateur à la hausse des prix a pu peser sur la consommation alimentaire en volume. Mais de l’autre côté, des risques de pénurie sont apparus sur certains produits et ont pu encourager les ménages à constituer des stocks de précaution, ce qui est de nature à tirer la consommation à la hausse.

Les révisions trimestrielles liées à la mise en place de la nouvelle méthode d’estimation se compensent sur chacune des années 2020 à 2022, puisque les estimations mensuelles sont calées sur une même valeur annuelle. Ces révisions sur les trois premiers trimestres de 2023 peuvent sembler importantes (un peu plus d’un milliard d’euros par trimestre). Mais l’opération de calage sur l’estimation provisoire de la consommation alimentaire annuelle amenait déjà habituellement à revoir significativement le niveau de la consommation alimentaire issu des estimations mensuelles et trimestrielles.

Plus précise, la nouvelle méthode d’estimation est spontanément plus proche de la consommation annuelle en 2022 (figure 4). Au-delà de ce gain de précision, ces nouvelles sources de données permettent une analyse plus détaillée de l’évolution des composantes de la consommation alimentaire. Prenons ainsi le cas des deux premiers trimestres de 2020, au moment du 1er confinement en France. Celui-ci est marqué par un pic de la consommation alimentaire.

Au niveau plus fin, les anciennes estimations suggéraient des hausses généralisées sur les différentes composantes de l’agroalimentaire comme la viande ou les boissons. L’introduction des données de caisse dans nos estimations permet une analyse plus riche. Dans ce cas, le gain est naturellement plus limité car un indicateur spécifique au poste de la viande était déjà utilisé. Les deux méthodes sont donc mises en œuvre au même niveau d’agrégation pour ce produit.

De fait, l’utilisation de données de caisse contribue à la richesse de l’information aux niveaux fins. C’est plus particulièrement le cas pour les composantes où l’information faisait défaut.La nouvelle méthodologie suggère qu’au cours du 1er trimestre 2023, qui constitue un point bas, l’écart de consommation mensuelle en produits agro-alimentaires par rapport à l’année 2019 est moins important que ce nous estimions jusqu’à présent.

La baisse de consommation de produits laitiers est nettement moins importante, mais ce sont là encore les produits alimentaires « divers » qui sont marqués par un niveau de consommation mensuelle plus élevé qu’en 2019. Parmi les produits alimentaires « divers », les différentes composantes n’ont pas évolué de façon homogène, notamment en comparaison avec les niveaux mensuels estimés pour 2019.

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