Statistiques de l'Insee sur la Petite Enfance : Analyse et Tendances

Dans un numéro d’Insee Analyses, l’institut de statistiques se penche sur les effets de l’accroissement des places en crèche sur l’emploi des femmes et sur les autres modes de garde. Pour éviter aux mères d’interrompre leur carrière à l’arrivée d’un enfant ou d’être contraintes de passer à temps partiel, une politique volontariste de création de places en EAJE (établissements d’accueil du jeune enfant) a été mise en place depuis le début de ce siècle : entre 2000 et 2016, 150 000 places supplémentaires ont été créées.

Répartition des modes d'accueil des enfants de moins de 3 ans
Répartition des modes d'accueil des enfants de moins de 3 ans (Source: INSEE)

Impact de l'augmentation des places en crèche sur l'emploi des femmes

Quel a été l’impact de cette évolution sur l’emploi des femmes ? Très faible, voir « nul », révèle l’Insee. « Obtenir une place en EAJE pour son enfant, grâce à l’augmentation soudaine de la capacité d’accueil des établissements de leur commune de résidence, n’a pas d’effet significatif quant à la situation sur le marché du travail des parents d’enfants de moins de 3 ans » - ni pour les mères ni pour les pères. L’obtention d’une place en crèche ne permet ni « d’augmenter significativement » les revenus, ni de « travailler à temps moins partiel », ni, le plus souvent, d’interrompre moins souvent la carrière.

Cette situation n’est pas simple à expliquer, et l’Insee ne peut que se livrer à des hypothèses : le phénomène « pourrait » par exemple « résulter d’un mécanisme d’allocation [des places] qui tendrait à privilégier les demandes des familles pour lesquelles l’effet s’avère le plus faible, en accordant, par exemple, la priorité aux familles dans lesquelles les deux parents travaillent à temps plein ». Dans cette hypothèse, souligne l’institut, « un changement des mécanismes d’allocation ou une nouvelle augmentation du nombre de places offertes en EAJE pourraient tout à fait conduire à des effets positifs sur les revenus et l’offre de travail des mères ».

Conséquences directes et alternatives

Conséquence directe, en revanche, de l’augmentation des places en crèche : la demande en assistantes maternelles et en gardes à domicile diminue. Phénomène notable : la hausse du nombre de places en crèche dans une commune n’a pas d’influence sur le nombre de demandes de congés parentaux - ce qui laisse à penser que certaines familles choisissent le congé parental de toute façon, quelle que soit l’offre, quand d’autres privilégient la non-interruption de leur carrière, quel que soit le mode de garde choisi.

Analyse des Finances Publiques

L’Insee se penche enfin sur « l’effet des plans crèches sur les finances publiques », sans parvenir à tirer de conclusions certaines. L’idée est de rapporter le coût de fonctionnement d’une place en crèche (15 000 euros par an, pris en charge à 82 % par les finances publiques) à l’effet sur le taux d’emploi salarié des mères. Dans ce domaine, le bilan paraît maigre : « Une dépense publique d’un million d’euros permettrait au plus à 4 mères de jeunes enfants d’éviter une année d’interruption de carrière. »

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Mais il convient, souligne l’institut, d’intégrer dans ces calculs les économies - ou les coûts supplémentaires - générés par les substitutions de modes de garde : « En effet, les services proposés par les assistantes maternelles et la garde à domicile font, eux aussi, l’objet d’une prise en charge par les pouvoirs publics, qui doit donc être déduite du coût induit par le fonctionnement d’une place en établissement collectif. Mais le coût pour la collectivité des services d’assistantes maternelles et de gardes à domicile n’étant pas du tout le même, l’institut ne peut que donner des fourchettes très larges : si le placement en crèches se substituait intégralement à la garde à domicile, il en résulterait une économie globale pour la collectivité (2 500 euros par place de crèche et par an).

Cette étude, intéressante, est certainement toutefois à nuancer, car elle ne prend en compte que des données globales, sans s'attacher à des éléments aussi décisifs, en la matière, que les réformes du congé parental, l'évolution du taux de natalité, les disparités territoriales, les réformes successives des rythmes scolaires.

Focus sur la Nouvelle-Aquitaine

En 2020, 160 200 enfants de moins de trois ans vivent en Nouvelle-Aquitaine. Le taux de fécondité moindre des Néo-Aquitaines en âge de procréer. De moins de trois ans diminue. Néanmoins, des disparités départementales existent. La baisse est moins marquée (-2,7 % par rapport à 2020). La baisse n’est pas observée encore dans tous les départements de la région, sauf en Gironde.

En Nouvelle-Aquitaine, le nombre de places potentielles d’accueil que d’enfants de moins de trois ans. L’augmentation est la plus forte dans les Pyrénées-Atlantiques (+19 %) et dans les Landes (+12 %). La Creuse et les Deux-Sèvres sont les départements de la région les mieux pourvus. Le taux d’emploi est bien plus marqué pour les parents d’enfant(s) en bas âge.

Il est inférieur à celui des pères. Les mères sont plus souvent à être inactives (ni en emploi, ni au chômage). En effet, 40 % des mères avec un enfant en bas âge sont inactives contre 32 % pour celles en ayant trois. Parmi les mères en couple ayant un emploi, 25 % de celles ayant un enfant de moins de 3 ans travaillent à temps partiel. Elles sont moins souvent employées et ouvrières.

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Les écarts sont homogènes entre les départements de Nouvelle-Aquitaine. Le taux d’emploi des mères est relativement faibles (66 % et 68 %). En 2020, 22 400 assistantes maternelles sont agréées en 2020. La quasi-totalité des assistants maternels sont des femmes (99 %). Elles sont plus âgées qu’en France métropolitaine.

Leur nombre diminue de 20 %, passant de 37 500 en 2010 à 30 000 en 2020. Celui-ci fixe le nombre d’enfants qu’elles peuvent accueillir. Désormais, elles peuvent accueillir quatre enfants au maximum, y compris ses éventuels enfants, contre trois précédemment. Les assistants maternels accueillent, à leur domicile ou dans une maison d’assistantes maternelles, des enfants confiés par leurs parents.

Inégalités sociales et de santé dès la petite enfance

Dès la petite enfance, des inégalités de santé se développent. Elles sont liées à des facteurs sociaux, économiques et environnementaux. Plus une personne s’élève dans la hiérarchie sociale, plus elle est en bonne santé. Ces inégalités se manifestent dans différents domaines : suivi prénatal et de comportements à risque pour l’enfant à naître, alimentation, accès aux soins et aux vaccinations.

Elles persistent au cours de l’enfance et jusqu’à l’adolescence. Ces inégalités persistent au cours de l’enfance et jusqu’à l’adolescence. La situation socio‑économique des parents estimé par une échelle d’aisance familiale, expérimentent plus souvent la consommation de ces produits.

Paroles d’experts : Réduire les inégalités de santé

Accès au dépistage de la trisomie 21 en fonction de la catégorie socio-professionnelle
Accès au dépistage de la trisomie 21 en fonction de la catégorie socio-professionnelle (Source: INSEE)

Grossesse et suivi prénatal

Le dépistage de la trisomie 21 est plus fréquent chez les femmes cadres que chez les ouvrières. Au premier trimestre de grossesse, contre 77 % des femmes employées et 66 % des femmes ouvrières. Le tabagisme pendant la grossesse est plus fréquent chez les femmes les moins diplômées ou de faible niveau de revenu. Il peut avoir des conséquences sur la santé du bébé et de l’enfant.

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Alimentation et Surpoids

Les habitudes alimentaires varient selon l’origine sociale. Moins d'enfants de cadres prennent des boissons sucrées contre 26 % des enfants d’ouvriers. L'usage des écrans, est également une habitude de vie liée à l’excès pondéral. La persistance du surpoids est socialement différenciée. Les enfants de milieux défavorisés sont plus exposés au risque d’être en surpoids.

Accès aux Soins et Vaccination

L’accès aux soins et la vaccination sont influencés par des facteurs sociaux. L’accès aux soins dentaires est moins fréquent pour les enfants d’ouvriers. D’autres facteurs peuvent donc conduire à ce moindre accès. Les centres de protection maternelle et infantile (PMI) sont particulièrement impliqués dans la prévention vaccinale.

Bien-être et Comportements à Risque chez les Adolescents

Les adolescents issus de milieux défavorisés sont plus susceptibles d’adopter des comportements à risque. Ils présentent un tabagisme quotidien bien plus élevé (28 %) que ceux de milieu favorisé (20 %).

Évolution démographique et modes d'accueil en Centre-Val de Loire

En Centre-Val de Loire, l’évolution démographique et les modes d'accueil des jeunes enfants présentent des spécificités régionales. Entre 2009 et 2019, le nombre d’enfants de moins de 3 ans a diminué, mais la capacité d’accueil a augmenté. Les évolutions passées et futures sont communes à la France métropolitaine hors Île-de-France.

La part des enfants de moins de 3 ans dans la population totale a diminué de 3,4 % à 3,1 % en 10 ans. Le nombre d’enfants de moins de 3 ans a diminué dans tous les départements de Loire, mais à des rythmes différents. La baisse est plus marquée dans le Cher (-16,1 %) et le Loir-et-Cher (-17,1 %).

En parallèle, le nombre de places d’accueil a augmenté de 4,1 %. Le nombre de places d’accueil a augmenté (+1,9 %). La région offre plus de places d’accueil par rapport au nombre d’enfants en bas âge. Le taux de couverture des besoins en accueil de jeunes enfants est supérieur à la moyenne nationale.

Les places sont offertes majoritairement par des assistantes maternelles. La quasi-totalité des assistants maternels sont des femmes. En 2019, 37 200 particuliers y ont fait appel en 2019.

Le taux d’emploi des jeunes parents est influencé par la présence de jeunes enfants. Le taux d’emploi des jeunes parents est influencé par la présence de jeunes enfants. Le taux d’emploi des femmes en emploi selon leur âge est similaire à celle en Centre-Val de Loire.

Indicateur 2009 2019 Évolution
Nombre d'enfants de moins de 3 ans [Valeur 2009] [Valeur 2019] Diminution
Nombre de places d'accueil [Valeur 2009] [Valeur 2019] Augmentation
Taux de couverture [Valeur 2009] [Valeur 2019] Augmentation

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