Le Rôle de JP Morgan dans le Financement de la Seconde Guerre Mondiale
La banque Morgan, connue aujourd’hui comme un acteur majeur de la finance, a une histoire riche et complexe qui remonte au XIXe siècle. Son ascension au sommet est le résultat de plusieurs décennies d’expérience et de son rôle dans des événements historiques majeurs, notamment le financement de la Seconde Guerre mondiale.
Les Origines de la Banque Morgan
Les origines de la banque Morgan remontent au XIXe siècle en Europe, à Londres. Junius Spencer Morgan devient associé de George Peabody, un banquier américain installé en Angleterre. Morgan apparaît comme un successeur potentiel pour Peabody, qui n’avait pas d’héritier.
Les États-Unis étant en développement industriel à la fin du XIXe siècle, la banque Morgan se positionne rapidement comme la première banque d’investissement du pays. Elle profite des opportunités dans le secteur du chemin de fer, ce qui fera sa fortune. Dans les années 1870, le secteur connaît une grave crise, et la banque Morgan décide de remettre de l’ordre en rachetant massivement des lignes ferroviaires déficitaires pour unifier et développer un réseau national. C’est ce que l’on a appelé la « Morganisation » des chemins de fer.
Le Rôle de Morgan dans les Crises Financières
La banque Morgan consolide sa puissance grâce à ses réseaux et sa proximité avec le milieu politique. Pendant la Guerre de Sécession, elle est désignée comme représentante financière du Gouvernement de l’Union en Grande-Bretagne. Elle renouvelle l’expérience pour le compte de la France lors de la guerre contre la Prusse en 1870, renforçant son prestige international.
Forte de cette expérience, la banque Morgan s’illustre lors de la panique bancaire de 1893, où elle organise le refinancement des réserves d’or des États-Unis. John Pierpont Morgan sauve une nouvelle fois le système bancaire en 1907 lors de la « panique des banquiers ».
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La Réputation de la Banque
La banque prend son image très au sérieux. John Pierpont Morgan avait affirmé que le plus grand capital de la banque était sa réputation. C’est pourquoi il s’est toujours attaché à sélectionner ses partenaires en affaires avec la plus grande attention. Les banquiers qui travaillaient pour JP Morgan fréquentaient les mêmes clubs d’élites, assurant une cohésion à travers le partage d’une culture commune.
À la veille de la Première Guerre Mondiale, la banque Morgan est un des acteurs les plus puissants et influents du paysage économique et financier aux États-Unis et à l’international.
JP Morgan et Morgan Stanley : Quelles Différences ?
En finance, le nom « Morgan » est un symbole qui renvoie à deux des plus grandes banques d’affaires au monde : J.P. Morgan et Morgan Stanley. Ces deux mastodontes se sont érigés comme des piliers de la finance mondiale.
Les Origines de J.P. Morgan
Les origines de J.P. Morgan sont liées à son fondateur : John Pierpont Morgan. Après un passage controversé chez Duncan, Sherman & Company, il est « recruté » par son père pour diriger l’une de ses filiales. En 1871, il forme avec Anthony Drexel la Drexel, Morgan & Company, qui succède à la banque J.S. Morgan & Co. Dès 1895, elle changera de nom pour s’appeler J.P. Morgan & Co.
La Croissance de J.P. Morgan
J.P. Morgan accompagne la consolidation de nombreuses industries américaines. Steel, l’une des plus grandes entreprises du secteur à l’époque. Conjointement avec la Standard Oil des Rockefeller, la banque crée aussi la Northern Securities Company (qui réunit la Northern Pacific Railroad et la Great Northern Railways, deux entreprises qui reliaient l’Atlantique au Pacifique).
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La Diversification des Activités
Pendant cette période, J.P. Morgan a aussi mené avec succès une diversification de ses activités (conseil financier, gestion de fortune, financement) et élargi sa présence à l’international.
Morgan Stanley, un « Spin-off » de J.P. Morgan
La création de Morgan Stanley en 1935 suit l’évolution de la réglementation financière aux Etats-Unis. Le gouvernement américain adopte en 1933 le Banking Act, plus largement connu sous le nom de loi Glass-Steagall. Cette loi introduit une séparation stricte entre les activités de banque de détail et les activités de banque d’investissement. En réponse à la loi Glass-Steagall, J.P. Morgan a dû se séparer de ses activités, donnant naissance à Morgan Stanley.
Pourquoi Aller Chez J.P. Morgan ?
Les deux banques ont une histoire commune et attirent de nombreux étudiants chaque année. J.P. Morgan et Morgan Stanley appartiennent toutes les deux au groupe des « bulge brackets », les plus grandes et prestigieuses banques d’investissement du monde. Elles opèrent à l’échelle mondiale et offrent une gamme complète de services financiers : financement, gestion d’actifs, trading, recherche, conseil en M&A, etc.
En France, J.P. Morgan a par exemple récemment conseillé Swile dans l’acquisition de Bimpli auprès de BPCE. Ces banques jouissent généralement d’une réputation prestigieuse dans le monde financier.
JP Morgan et la France
Paris concurrence les grandes places financières internationales, notamment Londres et New York. Le « Brexit » a déclenché des transferts d’activités de Londres vers d’autres capitales européennes, dont Paris. La vie quotidienne y est appréciée, et la qualité des grandes écoles et universités françaises est reconnue. Emmanuel Macron, ancien banquier d’affaires chez Rothschild & Co, sait courtiser les dirigeants de Wall Street, notamment le CEO de J.P. Morgan Jamie Dimon.
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Suite au Brexit, Paris s’est imposé comme le premier « hub » de J.P. Morgan en Europe. La France occupe une place particulière pour Morgan Stanley, qui a ouvert son premier bureau européen à Paris en 1967.
L'histoire de JP MORGAN, la Banque qui FINANCE LE MONDE (Capitalisme, Argent influence Documentaire)
Anne Morgan et son Action Philanthropique
Anne Morgan, troisième fille du banquier millionnaire John Pierpont Morgan, a mis son nom au profit des populations de l’Aisne touchées par la Première Guerre mondiale. Face à la détresse et à la misère provoquées par les combats, elle a choisi d'aider ces habitants à rebâtir leurs villages.
Elle a une idée très précise de la philanthropie : aider les gens dans le besoin à s’aider eux-mêmes pour qu’ils retrouvent une situation d'autonomie. Avant la Première Guerre, elle militait pour le droit des femmes et avait racheté un hôtel en faillite à New York pour accueillir des femmes qui travaillaient et qui n’avaient pas les moyens d’avoir un logement.
Lors de la déclaration de la guerre en août 1914, Anne Morgan est en Savoie. Elle rentre aux États-Unis pour créer une association, l’American Fund for French Wounded (AFFW), qui fournit les hôpitaux et les ambulances en matériel médical et envoie des colis aux soldats. En 1916, elle se rend sur les champs de bataille pour voir l’impact de l’action de son association.
Elle demande à être reçue par les officiers supérieurs français pour leur exposer son projet. Une réunion est organisée à la citadelle de Verdun, au cours de laquelle Anne Morgan précise son idée au général Pétain. Après avoir visité plusieurs sites, le général Pétain et Anne Morgan choisissent Blérancourt. Les huit premières volontaires américaines arrivent à Blérancourt en mars 1917. Au total, 350 bénévoles viendront dans l’Aisne aider les civils en détresse.
Le Comité Américain aux Régions Dévastées (CARD)
Pour financer cette opération humanitaire, Anne Morgan crée une nouvelle association : le Comité américain aux régions dévastées ou CARD. Les volontaires du CARD sillonnent la région au volant de camionnettes pour distribuer vivres et vêtements aux populations éprouvées. Pour aider les familles touchées par la guerre, Anne Morgan structure l’action du Card autour de cinq sites opérationnels dans l’Aisne : le quartier général à Blérancourt, des centres à Soissons, à Vic-sur-Aisne, à Anizy et à Coucy-le-Château.
Anne Morgan avait mis en place un service automobile pour que des volontaires puissent rendre visite aux gens ou leur apporter de la nourriture. Les véhicules sont offerts par le géant de la construction automobile qui donne également au CARD des tracteurs pour permettre une reprise rapide de l’agriculture. Singer envoie dans l’Aisne des machines à coudre.
Dès la création du CARD, Anne Morgan embauche un photographe et un opérateur cinéma. En montrant ces reportages aux riches Américains, elle fidélise ses donateurs et en lève de nouveaux. Le CARD a besoin de beaucoup d’argent pour continuer son œuvre philanthropique. L’action du CARD dans l’Aisne durera sept ans. En 1924, Anne Morgan estime que sa mission est terminée et transmet la gestion de l'association et des biens qu’elle a achetés aux communes ou à l’État français.
En 1929, sa bonne amie, Anne Murray Dike, meurt. Depuis son retour aux États-Unis, Anne Morgan voyage. Elle comprend qu’il y aura une deuxième guerre mondiale en voyant l’Allemagne, la Russie et le Japon se militariser et la France rester passive. En 1939, elle rencontre le général Gamelin et lui expose sa vision de l’avenir proche.
Le Comité Américain de Secours aux Civils (CASC)
Comme lors de la Première Guerre mondiale, elle veut protéger et aider les civils : elle crée le Comité américain de secours aux civils (CASC), lui aussi financé par des donateurs américains. Le plan d’action d’Anne Morgan est identique à celui de 1917. Elle rouvre les 5 centres opérationnels de l’Aisne et en crée d’autres dans les zones qu’elle pressent devoir accueillir les futurs réfugiés : les Ardennes, la Mayenne, la Vendée et la Haute-Vienne.
Anne Morgan quitte la France en décembre 1940 mais y revient en juin 1945, au moment de la Libération, accompagnée de nombreux volontaires américains et de neuf tonnes de matériel et de vivres. D’Anne Morgan à Blérancourt, il reste une rue à son nom, le château-musée franco-américain et le Moulin Vert, un institut médico-éducatif.
Le CARD existe toujours, 100 ans après sa création : il a simplement changé de nom en 1953 pour devenir l’Association médico-sociale Anne Morgan qui s’occupe des personnes âgées dépendantes.
Anne Morgan s’inspire de la New York Public Library dont elle importe le modèle, jusqu’alors inédit en France : l’accès libre aux ouvrages, le prêt sur place ou à domicile, les sections pour les enfants. Pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer dans ces bibliothèques, Anne Morgan fait installer des étagères de livres à l’arrière des Ford T de ses infirmières-visiteuses. Ces "rolling libraries" sont la première version du bibliobus. Ces structures attirent l’attention de la Ville de Paris qui fera construire une bibliothèque du même type rue Fressart, dans le quartier de Belleville. Elle sera inaugurée en 1922. Et c’est le concept importé par Anne Morgan dans l’Aisne en 1920 qui régit encore toutes les bibliothèques publiques de France.
Anne Morgan meurt le 29 janvier 1952 près de New York. En 1932, elle est élevée au rang de commandeur de la Légion d’honneur, devenant la deuxième femme et la première Américaine à être ainsi distinguée.
JPMorgan Chase et son Engagement Philanthropique Actuel
JPMorgan Chase annonce un nouvel engagement de 70 millions de dollars pour favoriser la création d’opportunités économiques et poursuivre son action en faveur des habitants des quartiers défavorisés en France.
En partenariat avec Bpifrance, JPMorgan Chase lance une initiative d’investissement visant à financer des fonds de capital-risque dirigés par des femmes ainsi que dans des fonds investis dans des stratégies ayant un impact positif sur la société.
Un engagement philanthropique supplémentaire de 20 millions de dollars viendra poursuivre le soutien à des programmes favorisant l’accès à des opportunités économiques pour les personnes qui en sont éloignées, notamment par l’accès aux compétences et à l’emploi de qualité et le soutien aux entrepreneurs dans une économie qui évolue et se transforme.
L'initiative Spark France consistera à investir dans des fonds pilotés par des femmes et dans ceux ayant un impact positif sur la société, favorisant ainsi une croissance plus inclusive de l’économie. Spark France sera géré par Bpifrance, en partenariat étroit avec J.P. Morgan Asset Management.
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