Inconvénients et défis des petites entreprises
Dans les médias et sur les bancs de l’Assemblée nationale, les libéraux sont pourtant bien habitués à mettre en scène l’harmonie du patronat. Les chefs d’entreprises formeraient une grande communauté productive, fédérée par « l’esprit d’entreprise » et réunie derrière des revendications communes. À les entendre, les patrons seraient tous dans le même bateau : assaillis par des politiques publiques qui enserrent l’économie, menant avec courage leur activité contre ceux qui réglementent, taxent la réussite, brident le libre-échange…
Qu’on ne s’y trompe pas, ce n’est pas un changement cosmétique. Au contraire, cela s’inscrit dans une montée en puissance du discours « pro-entreprise », grâce auquel le Medef a réussi à gommer artificiellement les différences internes à la catégorie « patron ». Cette entente d’apparence a été mise depuis près d’un demi-siècle au service d’une revendication du grand patronat : payer « toujours moins » de cotisations sociales, d’impôts, de salaires.
Les petites entreprises, que nous regrouperons sous le terme de « petites entreprises », n’ont rien en commun avec les multinationales. Un artisan boulanger, un artisan du bâtiment engagé dans la rénovation thermique, un dirigeant d’une TPE de services informatiques et numériques ou encore un fabricant de pièces détachées vendues en France, ne partagent pas la même condition, ni les mêmes besoins, que Bernard Arnault, à la tête du groupe de luxe LVMH. On ne parle pas de la même chose.
Anatomie du tissu productif français et vulnérabilités
L’immense majorité des entreprises françaises comptent moins de 10 personnes. Elles sont 4,3 millions au total. L’Insee les regroupe dans la catégorie de « micro-entreprises ». C’est une catégorie statistique, qui inclut en fait des situations très diverses. Près d’une micro-entreprise sur trois est un auto-entrepreneur, soit deux fois plus qu’il y a dix ans. Leur statut s’inscrit dans les dynamiques de démantèlement du droit du travail en cours et renvoie à une forme de surexploitation du travail.
Dans la pratique, les auto-entrepreneurs sont souvent excessivement subordonnés à des donneurs d’ordre. Dans certains secteurs économiques, ils accomplissent les activités que des entreprises plus grandes leur délèguent au lieu de les internaliser en les confiant à un salarié. Dans d’autres, ils sont sous la coupe d’une plateforme numérique qui organise leur travail par le biais d’un algorithme de mise en relation : c’est le cas des travailleurs « ubérisés », livreurs et chauffeurs VTC… Le statut d’auto-entrepreneur, mis en place par Nicolas Sarkozy, est alors le cheval de Troie du libéralisme pour démanteler le code et les droits du travail attachés au salariat.
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La création d'une petite ou moyenne entreprise (PME) implique de la planification, des prises de décisions financières importantes et la compréhension des clés de la réussite. La création d'une entreprise demande une réflexion sur le régime fiscal le plus avantageux ainsi que sur la rédaction des statuts.
Spécificités économiques : marchés, propriété et revenus
La question économique fondamentale se trouve ailleurs : pour qui l’entreprise produit-elle, sur quel marché se situe-t-elle et à qui appartient le capital ? C’est ici précisément que se loge la divergence de fond qui divise le tissu économique productif entre les grandes entreprises d’un côté et les petites de l’autre.
Les grandes entreprises françaises travaillent pour l’international. Elles sont tournées vers les consommateurs et les marchés de toute la planète. Elles doivent verser des dividendes toujours plus élevés à leurs actionnaires. Elles sont de ce fait irrémédiablement prises dans une course sans fin pour augmenter la part des bénéfices reversés en dividendes. Ainsi, les fonds d’investissement exigent désormais très fréquemment des taux de rentabilité au-delà de 15 %.
Les TPE et les PME travaillent quant à elles d’abord pour la demande de leur pays. Leur production est tournée, exclusivement ou en priorité, vers le marché national et les réseaux économiques de proximité. Elles vivent de la consommation domestique. Elles ont donc, elles, intérêt à ce que le pouvoir d’achat et les investissements publics soient les plus élevés possible. Leur activité dépend directement de la demande globale nationale. Elles ne peuvent pas partir. La délocalisation n’est pas une alternative : si leur activité tourne au ralenti car la consommation est insuffisante, elles ferment. Cela change tout.
Conséquences des politiques favorisant les grands groupes
Depuis plusieurs dizaines d’années, et en particulier depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron, les politiques économiques menées en France sont taillées sur mesure pour répondre aux besoins des dividendes d’une minorité de multinationales, contre les besoins de l’écrasante majorité du tissu productif. Libéralisation mondiale des échanges, déréglementation, abaissement de la fiscalité sur le capital, réformes du code du travail, aides sans contreparties captées par les grands groupes…
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Les 4,5 millions de TPE et de PME, qui créent pourtant 40 % de la valeur de ce qui est produit chaque année, voient dans le même temps leurs besoins ignorés. Nombre d’entre elles disparaissent silencieusement, englouties par le chaos du marché. Les autres résistent tant bien que mal, mais elles sont étranglées par les difficultés matérielles qui s’accumulent et ne pourront pas être supportées bien longtemps.
Principaux défis opérationnels rencontrés par les PME
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Pénurie de personnel
Aujourd’hui, l’un des principaux défis auxquels sont confrontés les PME en France est la pénurie de personnel qualifié. Cette pénurie est due à plusieurs facteurs, dont un vieillissement du personnel, un faible investissement dans le développement des compétences et la formation, ainsi que la concurrence d’autres secteurs. Pour relever ce défi, les entreprises doivent se concentrer sur l’attraction et la fidélisation des talents grâce à des systèmes d’information modernes, des avantages et des opportunités de formation.
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Accès aux financements
Accéder à des financements est un défi majeur pour les PME en France, en particulier celles qui viennent de démarrer. Les banques traditionnelles peuvent être réticentes à prêter aux PME, en particulier à celles qui n’ont pas encore fait leurs preuves. Une solution pour les PME industrielles consiste à explorer des sources de financement alternatives, comme le prêt entre particuliers, le financement participatif et les programmes de prêts soutenus par le gouvernement.
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Augmentation des coûts
En raison de l'augmentation des coûts de l'énergie, des matières premières et du transport, les fabricants industriels sont davantage sous pression pour protéger leurs marges de profit. Par conséquence, investir dans leur croissance devient de plus en plus difficile pour les entreprises. Pour remédier à ce problème, il est important de se focaliser sur l’amélioration de la gestion des chaînes d’approvisionnement et de trouver de nouveaux moyens pour réduire le coût global de vos matières premières.
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Conformité réglementaire
Les industriels français doivent se conformer à toute une série de réglementations et de normes, qui peut être complexes et chronophages. Leurs ressources sont donc affectées ainsi que leur capacité à innover et à croître. Pour faire face à cette situation, les entreprises doivent être à jour sur les normes et veiller à disposer de systèmes de conformité solides.
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Transformation numérique et données
Aujourd'hui, la digitalisation est incontournable pour les PME. Le passage au numérique et à l’automatisation a créé un statu quo : les données d’une entreprise constituent maintenant son atout le plus précieux. Bon nombre de petites entreprises mettent trop de temps à analyser leurs données, ce qui se traduit par des conclusions obsolètes et inexactes, et par une multitude d’occasions manquées. Il est essentiel que les petites entreprises exploitent leurs propres données efficacement.
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Cybersécurité
La cybersécurité représente également une menace croissante pour les petites et moyennes entreprises. Les PME sont particulièrement vulnérables aux attaques par ransomware en raison de l'insuffisance de leurs logiciels antivirus.
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Incidence de l’incertitude macroéconomique
L’incertitude macroéconomique, qu'il s'agisse de tarifs, d’inflation ou de récession, réelle ou menacée, et l'environnement opérationnel imprévisible qu’elle crée représentent un défi de taille pour les petites entreprises. Contrairement aux grandes entreprises qui disposent de ressources plus importantes et d’une plus grande diversification des marchés, les petites organisations sont souvent plus vulnérables aux changements soudains de l’environnement économique, politique ou réglementaire.
Contraintes structurelles et humaines
Étant donné leurs ressources limitées et les risques accrus avec lesquels elles doivent jongler, les petites entreprises passent souvent plus de temps à résoudre des problèmes qu’à se concentrer sur leur croissance. Les PME n’ont généralement pas la puissance financière dont disposent les grandes entreprises. Il peut être difficile pour une PME d’atteindre un grand nombre de clients et de gagner leur confiance. En règle générale, une PME aura plus de mal à s’adapter aux changements technologiques, ce qui pourrait conduire à l’obsolescence.
La capacité financière des grandes entreprises leur permet de se faire connaître par le biais des médias de masse, mais pour les petites entreprises, atteindre un grand nombre de clients peut être une tâche qui nécessite des années d’efforts. Étant donné les contraintes plus importantes qu’une PME offre généralement en matière d’évolution de carrière, il sera plus difficile d’attirer des employés talentueux et bien formés.
Forces et atouts des petites entreprises
Les petites entreprises sont des unités de production de proximité non délocalisables qui font vivre le pays et réunissent des qualifications précieuses. Elles sont des alliées incontournables dans la construction d’un autre modèle : l’économie des besoins. Les moyennes et surtout les petites entreprises traitent plus directement avec leurs clients, ce qui leur permet de mieux comprendre leurs besoins et d’offrir un service plus individualisé, voire d’établir des relations personnelles et étroites avec leurs utilisateurs.
En raison de leur taille et de leur structure plus simple, les PME peuvent adopter des modèles de travail flexibles tels que le télétravail. Dans les PME, la capacité de décision repose normalement sur une personne ou un petit groupe. La plus grande proximité avec la direction et une vision plus globale de l’entreprise faciliteront l’établissement d’un lien émotionnel entre l’employé et les objectifs de l’entreprise.
Didier Grandclaude, Comment inciter les dirigeants de PME à la croissance
Solutions technologiques et organisationnelles
Les entreprises doivent tirer parti de l’automatisation pour faire face à l’augmentation des coûts et à la complexité croissante des opérations. En automatisant les processus manuels inefficaces, les employés sont libres de se concentrer sur les enjeux importants. L’investissement dans des outils numériques permet aux PME d'améliorer leur compétitivité sur le marché. Le recours à l'intelligence artificielle et à l'analyse des données améliore la précision des décisions stratégiques.
Pour relever le défi de la sous-automatisation, les dirigeants doivent prioriser la transformation numérique et investir dans des technologies modernes comme les solutions ERP Cloud. Ces solutions peuvent aider à rationaliser les processus, améliorer la visibilité sur la production et le contrôle de gestion. Les entreprises peuvent ainsi prendre des décisions basées sur les données qui favorisent la croissance et l’innovation.
Politiques publiques et nécessité d’un pacte productif
Il est possible d’envisager une politique de progrès social et humain soutenue par une convergence incluant les salariés et d’autres composantes populaires, mais aussi les dirigeants de petites entreprises. Relocalisation et dé-précarisation, augmentation des salaires et carnets de commandes, planification et stabilité peuvent aller de pair. Ceci a une condition : arrêter d’orienter toutes les politiques économiques au profit exclusif des grands groupes multinationaux, distinguer les deux niveaux de production dans les décisions publiques.
La situation est urgente. Ce rapport est une première contribution pour sonner l’alerte et proposer une autre organisation de l’économie, sur la base d’un pacte productif de l’État avec les petites entreprises. Il se veut une base de discussion avec leurs chefs d’entreprise et leurs salariés. Il dresse un tableau précis des dynamiques qui détruisent le tissu productif aujourd’hui. Il passe en revue les difficultés matérielles réelles que rencontrent quotidiennement les petits patrons et qui leur rendent la vie impossible. Sur ce fondement, le rapport propose une série de préconisations et de pistes de transformation pour protéger les petites entreprises des mains dévastatrices du tout marché et élaborer avec elles un pacte productif.
| Défi | Impact | Mesures possibles |
|---|---|---|
| Pénurie de personnel | Baisse de productivité, blocage de croissance | Formation, avantages, systèmes d'info modernes |
| Accès au financement | Impossibilité d’investissement | Financements alternatifs, garanties publiques |
| Transformation numérique | Risque d’obsolescence | ERP Cloud, automatisation, IA |
| Concurrence internationale | Perte de marchés, fermetures | Protection ciblée, relocalisation, soutien à la demande |
Les petites et moyennes entreprises doivent constamment s'adapter pour rester compétitives et répondre aux exigences du marché. Cette capacité d'adaptation est l'un de leurs principaux avantages. Toutefois, elle entraîne également une série de défis. Comprendre ces défis et agir collectivement - pouvoirs publics, acteurs locaux, banques, clients et dirigeants - est la condition pour préserver et développer ce tissu productif essentiel.
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