Les Différentes Étapes pour Créer une Entreprise en France
Créer une société en France est une étape clé pour tout entrepreneur souhaitant se lancer dans une activité professionnelle. Cependant, cette démarche implique de nombreuses formalités administratives et juridiques qu’il est important de bien comprendre. Attention, les démarches peuvent varier selon le type d’entreprise choisi. Ne restez pas perdu.
Si vous créez une entreprise et avez besoin de conseils juridiques, faire appel à un avocat en droit des affaires peut vous aider à sécuriser vos démarches et à éviter les pièges. Tel un mariage, il convient de se préparer à toutes les éventualités, du conflit d’associés, à l’arrivée de nouveaux associés et au départ de certains. Pour le meilleur et pour le pire !
Comment créer son entreprise en France ? 5 étapes à suivre
1. Trouvez Votre Idée de Création d'Entreprise
Une idée prend souvent la forme d'une intuition ou d'un simple désir qui mûrit avec le temps. Plus l'idée est nouvelle ou originale, plus vous devrez vous interroger sur la capacité des futurs clients à l'accepter. En effet une "super idée" peut devenir un mauvais projet, faute de clients. C'est un élément capital car sans clientèle, il n'y a pas d'entreprise possible !
2. Faites une Étude de Marché
La réalisation d'une étude de marché a pour objectifs principaux de :
- Définir avec précision qui seront vos clients, votre persona, votre cible principale... ses attentes, ses besoins, etc.
- Vous positionner face à la concurrence, et ainsi adapter votre produit ou votre service en fonction des éléments recueillis.
Par ailleurs, l'analyse de ces éléments vous permettra de :
Lire aussi: Guide des différentes sources de financement
- Définir un niveau de prix acceptable par vos futurs clients.
- Déterminer votre stratégie et chiffrer les premières actions commerciales et de communication qui seront nécessaires pour capter puis fidéliser votre clientèle.
- Fixer un chiffre d'affaires prévisionnel.
3. Testez et Confrontez l'Idée au Marché
Un bon moyen d’évaluer l’intérêt de votre produit/service sur le marché, est la création d’une landing page dédiée (une méthode inspirée du lean startup) que vous diffuserez sur vos réseaux sociaux par exemple. Pour réussir ce test, il faudra utiliser un bon copywriting, mettre en avant votre proposition de valeur et construire une page incitant à effectuer une action en incluant un call to action (lien ou bouton vers un formulaire de contact, lien de téléchargement, etc.).
Un projet peut être également testé en condition réelle sans pour autant vous immatriculer et créer une structure !
4. Évaluez la Viabilité Financière de Votre Projet
Cette étape consiste à répondre à trois questions essentielles :
- Votre entreprise sera-t-elle rentable, et à quel moment ?
- Quels sont les capitaux nécessaires pour lancer le projet et assurer son développement ?
- Les recettes encaissées (vente de produits et/ou services) par votre entreprise tout au long de l'année lui permettront-elles de faire face en permanence aux dépenses de la même période (paiement des charges courantes, des fournisseurs, etc.) ? En d’autres termes, comment prévenir des problèmes de trésorerie et déterminer les conditions de chiffre d'affaires à réaliser pour dégager un résultat positif ?
Les délais moyens de paiement des fournisseurs et des clients dans votre secteur d'activité, encadrés par la loi, sont des éléments dont vous devez tenir compte.
5. Construisez un Business Plan Solide
Cette démarche va vous conduire à construire un projet cohérent et viable présenté dans un dossier, appelé business plan. Chaque option trouvera sa traduction financière et sa répercussion sur les équilibres financiers. Si le déséquilibre est trop important, votre projet devra être remanié et sa structure financière adaptée en conséquence.
Lire aussi: Leadership : types et applications
5.1. Vision du Projet, Analyse du Marché et Positionnement Stratégique
Dans cette première partie du business plan, l'objectif est de détailler votre vision pour le projet, les produits ou services que vous souhaitez offrir, le marché que vous ciblez et la stratégie que vous comptez déployer pour réussir.
La structure peut se décliner de la manière suivante :
- Présentation du concept et de votre offre.
- Étude approfondie du marché.
- Stratégie de positionnement et de lancement.
5.2. Profil du Porteur de Projet et Cadre Organisationnel
La deuxième section du business plan doit se concentrer sur la personne ou l'équipe à l'origine du projet, ainsi que sur la structure légale et organisationnelle prévue pour le soutenir.
Cette partie peut s'articuler ainsi :
- Présentation du porteur de projet, motivations et objectifs personnels.
- Présentation de l'équipe et des partenaires.
- Cadre juridique et structure de l’entreprise.
5.3. Plan Financier Prévisionnel
La dernière partie du business plan doit être consacrée à l'aspect financier, en fournissant des projections chiffrées et des analyses pour évaluer la viabilité économique du projet.
Lire aussi: Les différentes approches du leadership
Les éléments financiers clés à inclure sont :
- Un compte de résultat prévisionnel, illustrant les revenus, les coûts, et les bénéfices anticipés.
- Un bilan prévisionnel.
- Un plan de trésorerie.
- Les tableaux des investissements et du financement.
- L’analyse du besoin en fonds de roulement et du seuil de rentabilité.
Bpifrance Création met à votre disposition des outils pour vous aider dans la rédaction de votre business plan ! L'application gratuite "Mon business plan" pour construire votre business plan en ligne, en créant gratuitement votre Pass Crea. Vous y retrouverez un modèle de business plan à télécharger et son mode d'emploi pour vous aider à le remplir.
N'hésitez pas à voir "grand" : votre projet de création a peut-être plus de potentiel que vous ne l'imaginez ! Ne sous-estimez pas vos besoins financiers !
6. Identifiez les Financements et Garanties
Le financement correct d’un projet de création d’entreprise est l’une de ses conditions de réussite. Vous allez devoir trouver suffisamment de capitaux pour que les besoins que vous avez identifiés soient financés intégralement.
Après avoir recensé ces besoins et évalué les ressources que vous pouvez facilement mobiliser, il vous faudra identifier et solliciter une ou plusieurs solutions financières pour les capitaux manquants : prêts d’honneur à taux zéro et sans garantie, crowdfunding, micro-crédit, emprunts bancaires, recherche d’investisseurs au capital social de l'entreprise, etc.
7. Informez-vous sur les Aides à la Création d'Entreprise et Contactez un Réseau d'Accompagnement
L'appui d'un organisme ayant une parfaite connaissance des outils de financements existants pour les créateurs et des aides à la création d'entreprise peut être précieux à ce stade. Les entrepreneurs accompagnés augmentent leurs chances de succès !
Les réseaux d’accompagnement sont mobilisés pour la réussite des porteurs de projet partout en France et en Outre-mer. Ils s’adressent à l’ensemble des entrepreneurs, quels que soient leur profil, leur besoin et leur localisation. De la sensibilisation à l’aide au rebond en passant par la formation et les aides et financement de la création d’entreprise.
8. Identifiez le Statut Juridique Approprié
Le statut juridique correspond au cadre légal dans lequel vous allez exercer votre activité. Plusieurs possibilités s'offrent à vous, il conviendra de tenir compte de différents critères pour choisir la meilleure forme juridique pour votre entreprise.
Si vous créez seul, vous devrez opter entre l'entreprise individuelle, c'est à dire en nom propre (régime micro-entrepreneur ou entreprise individuelle "classique") ou une société (EURL, SASU). Si vous montez votre projet avec un ou plusieurs associés, plusieurs types de sociétés s’offriront à vous (SAS, SARL, etc.)
Dans tous les cas, ne négligez pas cette étape et choisissez votre structure avec l'aide d'un professionnel du droit, ou un conseiller spécialisé, qui pourra également vous accompagner tout au long du processus de la création d'entreprise. Le choix de la forme juridique d’une entreprise a des conséquences sur le statut social de son dirigeant. Il est donc important pour un entrepreneur de faire le bon choix et maîtriser les conséquences financières (fiscal et social) ainsi que sur la couverture sociale de chacun des statuts. Ce choix peut également engager l'avenir de l'entreprise.
9. Rédigez Vos Statuts Juridiques, si Nécessaire !
La rédaction des statuts est obligatoire lors de la création d'une société et ce, quelle que soit la forme juridique envisagée (EURL, SARL, SASU, SAS, etc.). C’est un document écrit qui prévoit l’organisation et le fonctionnement de la société, établi par les associés.
10. Immatriculez Votre Entreprise ou Micro-Entreprise
Pour que votre entreprise ait une existence juridique, vous devrez effectuer le dépôt de votre dossier d'immatriculation auprès du Guichet unique.
Les formalités pour créer une entreprise sont aujourd'hui dématérialisées, elles peuvent se faire directement en quelques clics sur le Guichet Unique.
Vous recevrez ensuite un numéro d’identification de votre entreprise : votre numéro Siren.
Pour vous aider à construire votre projet et retrouver toutes les étapes de la création d’entreprise, Bpifrance Création met gratuitement à votre disposition un guide de la création d’entrepriseMon Pass Créa, la boite à outils qui vous aide à construire votre projet de création d'entreprise de A à Z de l'idée jusqu'au lancement, avec un panel de solutions indispensables (un parcours en 10 étapes pour vous guider pas à pas, un business plan en ligne, le carnet d'adresses des réseaux d'accompagnement près de chez vous, 3 modèles de pitch deck, des actualités et évènement sur la création d'entreprise, etc.)
Et si vous n’avez pas d’idée de création d’entreprise, pensez à la reprise d’une entreprise existante ! De nombreuses entreprises sont à vendre : environ 700 000 dirigeants devraient céder leurs entreprises dans les 10 prochaines années.
Créer une entreprise en France quand on est étranger
Créer une entreprise en France quand on est étranger nécessite de réaliser un certain nombre de formalités. D’une part, il est nécessaire d’obtenir un titre de séjour si vous n’êtes pas un ressortissant européen. D’autre part, il faut accomplir des démarches administratives qui peuvent être complexes et savoir quel statut juridique adopter.
Pour créer une entreprise en France quand on est étranger, les formalités sont différentes si vous êtes ressortissant européen ou non. En effet, en tant que résident européen ou d’un pays de l’espace économique européen, vous n’avez pas besoin de titre de séjour. Les démarches pour entreprendre sont les mêmes que pour un Français.
En tant que personne étrangère non citoyenne de l’Union européenne, vous devez impérativement obtenir un visa pour créer une entreprise en France. Puis, vous pourrez faire une demande de carte de séjour. Attention : il est recommandé d’anticiper votre demande de titre de séjour. Le délai pour obtenir un rendez-vous au centre des visas peut être long.
Après avoir obtenu votre titre de séjour vls (visa de long séjour), vous devez solliciter une carte de séjour pour entrepreneur.
- Une carte de séjour temporaire : celle-ci est valable 1 an. Elle est destinée aux entrepreneurs et profession libérale. Pour l’obtenir, il faut justifier de la création d’un projet d’entreprise économiquement viable. Il est également nécessaire de pratiquer une activité compatible avec la sécurité, la salubrité et la tranquillité publique.
- Une carte de séjour pluriannuelle, ou passeport talent Créateur d’entreprise : valable 4 ans, cette carte est délivrée si vous possédez un master ou que vous justifiez d’une activité professionnelle durant 5 ans à ce niveau. Il faut également avoir obtenu une attestation de reconnaissance du sérieux de votre projet d’entreprise.
Un étranger non-résident peut créer une entreprise en France. Vous pouvez également devenir micro-entrepreneur en étant non-résident. Toutefois, vous devez avoir une adresse en France où fixer le siège de votre entreprise.
Dans tous les cas, lorsque vous créez une entreprise en France, ce sont les lois françaises qui sont applicables.
Pour définir votre projet, il est important d’avoir une vision sur le long terme. Pour cela, il est indispensable de réaliser un business plan.
Lorsque votre projet est clairement défini, vous devez choisir le statut juridique de votre future entreprise. Les statuts d’EI, d’EURL, de SARL ou de SAS semblent les plus adaptés.
Choix de la dénomination sociale de l’entreprise pour l’identifier en tant que personne morale. Si vous ouvrez une EI, il n’y a pas de personne morale, l’entreprise demeure une personne physique. Rédiger les statuts de l’entreprise pour définir son fonctionnement. Immatriculation de la société en ligne sur le guichet unique de l’Inpi pour lui donner une existence légale.
La plupart des aides de l’État en matière de subventions pour la création d’entreprises sont destinées aux demandeurs d’emploi ou aux porteurs de projet Français. Le dispositif French Tech Visa peut vous intéresser si votre projet d’entreprise est dans le secteur de la tech. En effet, son objectif est de recruter des talents étrangers.
Il n’y a en principe pas de difficultés pour obtenir un prêt bancaire si vous êtes un étranger résidant et travaillant en France. Pour avoir droit à un prêt professionnel, il est souvent indispensable d’avoir au moins 30 % du financement. La demande de crédit doit être étayée par un business plan solide. Dans tous les cas, il est conseillé de diversifier ses sources de financement. Vous pouvez solliciter des business angels. Il est également possible de faire appel à des fonds d’investissement.
La France est un pays attractif pour les entrepreneurs étrangers. En effet, en 2018, 21 entreprises étrangères s’installent chaque semaine dans notre pays. La position stratégique du pays, au cœur de l’Europe et son fort investissement pour l’innovation, en font une destination idéale pour entreprendre.
Pour mettre les chances de votre côté, familiarisez-vous avec la culture française avant votre arrivée. La création d’une entreprise en France en tant qu’étranger ne doit pas vous effrayer. Plus de 28 000 entreprises à capitaux étrangers sont implantées dans notre pays. Notre écosystème est favorable, car notre pays est le premier en termes de création d’entreprises en Europe. Certes, vous devrez obtenir une carte de séjour si vous n’êtes pas issu de l’Union européenne et réaliser des démarches complexes pour créer votre entreprise.
Tableau - Formes juridiques d'une société
| Forme juridique | Caractéristiques | Qui peut l'utiliser ? |
|---|---|---|
| Société en nom collectif (SNC) | Les associés (minimum 2) sont commerçants et responsables solidairement des dettes de la société. Aucun capital minimum. | Artisan, commerçant, industriel, profession libérale (mais pas les professions juridiques, judiciaires ou de santé, à l'exception des pharmaciens). |
| Société anonyme (SA) | Forme de société généralement réservée à de grandes entreprises. Elle doit être composée de 2 associés au minimum. Les actions détenues par les actionnaires dépendent du montant de leur apport dans la société. | Artisan, commerçant, industriel |
| Société à responsabilité limitée (SARL) | Société permettant à chacun des associés (entre 2 et 100) de n'être responsable des dettes de la société qu'à hauteur de ses apports personnels. Aucun capital minimum. | Artisan, commerçant, industriel, profession libérale (mais pas les professions juridiques, judiciaires ou de santé, à l'exception des pharmaciens) |
| Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) | Société à responsabilité limitée composée d'un associé unique. Il n'est responsable des dettes de la société qu'à hauteur de ses apports personnels. Aucun capital minimum. | Artisan, commerçant, industriel, profession libérale (mais pas les professions juridiques, judiciaires ou de santé, à l'exception des pharmaciens) |
| Société d'exercice libéral (SEL) | Société permettant d'exercer une profession libérale réglementée. | Profession libérale réglementée |
| Société par actions simplifiée (SAS) | Société d'une grande souplesse. Les associés (au moins 2) sont libres de déterminer dans les statuts les modalités de son fonctionnement. Sans capital minimum. | Artisan, commerçant, industriel, profession libérale (mais pas les professions juridiques, judiciaires ou de santé) |
| Société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) | Société par actions simplifiée composé d'un associé unique. Il peut déterminer librement les modalités de fonctionnement de la société dans les statuts. Sans capital minimum | Artisan, commerçant, industriel, profession libérale (mais pas les professions juridiques, judiciaires ou de santé) |
| Société civile professionnelle (SCP) | Société permettant à plusieurs membres exerçant une profession libérale réglementée d'exercer en commun leur activité. Chaque associé est personnellement imposé sur sa part de bénéfices. | Profession libérale réglementée (sauf orthophonistes, orthoptistes, pédicures podologues, pharmaciens, sages-femmes, agents généraux d’assurances, experts comptables, diététiciens, psychologues) |
| Société coopérative de production (SCOP) | Société pouvant prendre la forme d'une SA, SARL ou d'une SAS. Les salariés associés sont obligatoirement majoritaires. Ils doivent posséder au moins 51 % du capital social. | Artisan, commerçant, industriel, profession libérale (architectes, géomètres-experts par exemple) |
balises: #Entreprise
