Guide complet des formations universitaires en entrepreneuriat en France
La fièvre entrepreneuriale a gagné l’enseignement supérieur français ! Workshops, modules de sensibilisation, parcours spécialisés, incubateurs, fab lab, pépinières… On ne compte plus les initiatives des grandes écoles et des universités pour inoculer le virus de la création d’entreprise à leurs étudiants. Chaque rentrée voit fleurir de nouvelles structures d’accompagnement et de nouveaux programmes de formation pour les Mark Zuckerberg en herbe.
Pour la rentrée 2016, Paris Dauphine a ouvert un parcours Talents spécialement aménagé pour les jeunes entrepreneurs, le nouvel incubateur de l’Institut supérieur d'electronique de Paris (Isep) a accueilli ses six premiers projets, tandis qu’Arts et Métiers Paris Tech peaufine son projet d’école de l’entrepreneuriat pour 2017… Selon une enquête menée par la Conférence des grandes écoles (CGE) auprès de 82 de ses adhérents, en exclusivité pour Les Échos START, les deux tiers plus des trois quarts des établissements comptent désormais une spécialité entrepreneuriat dans leur offre de formation. Dans les écoles de management, ce taux grimpe même à 92% !
Note: les chiffres reflètent des évolutions sur une période de dix à quinze ans, marquées par l’irruption du digital, des nouvelles technologies et de l’économie du partage.
Des cursus diversifiés pour une montée en compétence
Ces cursus (majeures du programme grande école ou masters spécialisés) se sont principalement développés au cours des 10 à 15 dernières années avec l’irruption du digital, des nouvelles technologies et de l’économie du partage. Avec toutefois un petit bémol pour les étudiants ingénieurs, à qui seulement deux écoles sur trois proposent une spécialité entrepreneuriat.
L’engouement pour l’entrepreneuriat concerne également l’université, où le nombre d’étudiants inscrits dans des formations diplômantes entrepreneuriat et innovation est passé de 7.700 en 2013-2014 à plus de 9.100 en 2014-2015. Globalement, 15 à 20% des étudiants bénéficient désormais pendant leurs études d’une sensibilisation ou d’une formation à l’entrepreneuriat.
Les masters spécialisés et les programmes dédiés se sont multipliés: Master entrepreneuriat et développement d’activité, MSc, Mastères Spécialisés (MS) et MBA axés sur l’entrepreneuriat et l’innovation. Par exemple, le master entrepreneuriat et développement d’activité d’Inseec Lyon illustre cette dynamique avec des cours sur les techniques de levée de fonds et des études de cas de start-up.
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Les cursus dédiés comportent en moyenne 90 heures d’enseignement et peuvent atteindre jusqu’à 430 heures pour les plus impliqués. Un avantage majeur: ces formations permettent d’éviter le traditionnel stage de fin d’études afin de se consacrer pleinement au projet entrepreneurial.
Parcours et exemples notables
- Paris Dauphine - Master Entrepreneuriat & Projets Innovants (pédagogie interactive, entrepreneuriales du Lundi, ateliers business plan, conférences de professionnels).
- Inseec Lyon - Master entrepreneuriat et développement d’activité.
- EM Lyon - incubateurs et accompagnement renforcé; 12-13 000 emplois générés par les entreprises accompagnées sur 30 ans.
- EDC Paris Business School - Programme Grande École avec parcours Étudiant-Entrepreneur et double diplôme possible.
- IAE - masters variés dédiés à l’entrepreneuriat et à la gestion, notamment EDEN à Lyon, et d’autres spécialités comme EMP à Valenciennes.
- Grenoble École de Management - MSc in Innovation, Strategy and Entrepreneurship (anglais) et Global Entrepreneurship Program.
Post-bac+2: des Bachelor spécialisés en entrepreneuriat émergent, tels que le Bachelor Management de l'IFAG (parcours Entrepreneur) et le Bachelor Jeune Entrepreneur de l’EM Strasbourg Business School. Ces programmes allient cours et incubateur, avec des projets à développer dès les premières années.
Quelles structures d’accompagnement et quels résultats?
Plus de 90% des établissements disposent d’au moins une structure dédiée pour aider les étudiants et diplômés dans leur projet entrepreneurial. Deux écoles sur trois possèdent un incubateur, plus d’une sur trois un fab lab, et environ 11% un accélérateur. Un incubateur efficace offre des services juridiques, financiers, comptables, et des espaces de coworking; des aides spécifiques existent comme les chèques experts à Grenoble ou les prêts d’honneur à Dauphine.
Les écosystèmes d’incubation sont souvent transversaux et collaboratifs: 80% des écoles interrogées par la CGE ont établi des partenariats avec d’autres incubateurs publics ou privés. Des réseaux régionaux et sectoriels se tissent autour d’acteurs majeurs comme Veolia, Nokia, EDF, CEA, Thales ou BPCE.
Cependant, les places en incubateur restent limitées et la sélection est impitoyable: par exemple, le Pôle étudiant entrepreneur Lorraine retient 15 projets sur 150 candidatures. Le parcours peut se révéler décisif pour l’emploi: les incubateurs célèbrent des taux de survie élevés et des milliers d’emplois créés; toutefois tous les projets ne débouchent pas sur une création.
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Des chiffres qui avancent, des parcours qui se diversifient
Dans certains établissements, l’incubateur a aidé près de 70 entreprises à se créer et généré environ 600 emplois sur treize ans; à EM Lyon, 1 300 à 1 400 entreprises créées ont donné 12 000 à 13 000 emplois en trente ans. Pour les parcours universitaires, le suivi post-diplôme est plus complexe: les chiffres montrent une proportion de créateurs d’entreprise autour de 5% à 10% selon les filières et les promotions, avec une part plus faible chez les ingénieurs.
En dehors des créations, tous les étudiants ayant suivi une formation en entrepreneuriat en sortent avec un bagage renforcé, et la demande des entreprises pour des profils capables de conduire des transformations numériques est croissante. Le flux des entrepreneurialismes est soutenu par des dispositifs publics tels que PÉPITE (33 pôles en France) et BPI France Création, qui accompagnent et financent les porteurs de projets.
Quelques parcours représentatifs et options internationales
Pour ceux qui veulent une ouverture internationale maximale, des programmes comme le Global Entrepreneurship Program réunissent des business schools en Europe, en Asie et aux États-Unis. Les Mastères Spécialisés (MS) tels que MS Entrepreneurs (EM Normandie) et MS Innover et entreprendre (ESCP Europe) intègrent des voyages au cœur de la Silicon Valley et d’autres écosystèmes innovants.
Concernant les Masters et MBA, des options comme le MSc X-HEC Entrepreneurs (en collaboration avec Polytechnique) ou le MBA Entrepreneur (ISC Paris) offrent des parcours en alternance, ou des configurations à temps partiel, permettant de combiner projet entrepreneurial et progression académique.
Se former à l’entrepreneuriat, qu’est-ce que cela implique ?
Se former à l’entrepreneuriat consiste à suivre un cursus académique structuré autour de trois piliers: compréhension de l’écosystème entrepreneurial, acquisition de compétences techniques (comptabilité, marketing, droit des affaires, gestion financière) et développement de compétences comportementales (créativité, résilience, leadership). L’expérimentation pratique et l’apprentissage par l’action complètent cette formation, avec des projets concrets et des challenges d’innovation.
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Les formations varient en durée et en intensité: spécialisations au sein d’un cursus plus large ou formations complètes dédiées, avec parfois des possibilités d’alternance ou de stage aménagé pour soutenir le projet entrepreneurial.
Comment choisir une formation en entrepreneuriat ?
Le choix d’une école dépend de critères tels que la qualité du corps professoral, la force du réseau d’anciens élèves, l’existence d’incubateurs ou d’accélérateurs intégrés, et les partenariats avec l’écosystème entrepreneurial. Paris School of Business (PSB) se distingue par ses programmes dédiés à l’entrepreneuriat, avec un Programme Grande École (PGE) et un Bachelor en Management International orienté Entrepreneuriat & Business Development. L’incubateur de PSB constitue un atout important pour transformer une idée en entreprise viable, et la dimension internationale est un véritable levier pour opérer dans un monde globalisé.
Au niveau des formations post-bac et bac+2, des options existent pour accéder à des bachelors ou des programmes en alternance qui alternent cours et incubation de projet. Par exemple, le Bachelor Management de l’IFAG, le Bachelor Jeune Entrepreneur de l’EM Strasbourg, ou des masters transversaux comme le Master Entrepreneuriat et Management de Projets dans les IAE.
Quels débouchés et quelles perspectives d’avenir ?
Les débouchés après une formation en entrepreneuriat sont divers et évolutifs: création d’entreprise, reprise d’entreprise, intrapreneuriat au sein de grandes organisations, conseil en innovation et développement, ainsi que des postes liés à l’écosystème entrepreneurial (incubateurs, accélérateurs, fonds d’investissement).
Les secteurs privilégiés incluent les technologies numériques, l’économie sociale et solidaire, les services aux entreprises et le commerce. La rémunération varie selon le chemin choisi, avec des périodes initiales de revenus modestes pour les créateurs, mais des perspectives de croissance intéressantes à moyen terme pour ceux qui réussissent à faire évoluer leur activité ou à intégrer des structures établies.
Tableau récapitulatif des parcours et structures
| Catégorie | Exemples/notions clés | Points forts |
|---|---|---|
| Cursus dédiés | Master entrepreneurs & projets innovants, MS Entrepreneurs, MSc in Innovation | 90-430 heures, suppression du stage pour se consacrer au projet |
| Parcours en écoles | PGE, Bachelor Entrepreneur, Étudiant-Entrepreneur | Intégration rapide dans l’écosystème, accompagnement personnalisé |
| Incubateurs et structures | D Incubator Dauphine, pépites, fab labs, incubateurs publics/privés | Réseaux, services, financement et mentoring |
| Dispositifs publics | PÉPITE, BPI France Création, CCI, BGE | Accompagnement et financement |
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