Le Régime Auto-Entrepreneur et sa Fiscalité en Détail

Devenir son propre patron attire de plus en plus de Français. Cependant, les formalités administratives et les règles fiscales et sociales peuvent freiner certains entrepreneurs en herbe. Le régime de micro-entrepreneur, successeur de l'auto-entrepreneur, offre un régime fiscal simplifié qui séduit de nombreuses personnes attirées par l'aventure entrepreneuriale.

Mais ce régime est-il adapté à tous les profils et à tous les projets ? Quelles sont les conditions de mise en place ? Quels sont les droits à la protection sociale associés ? Cet article détaille les aspects fiscaux et sociaux du régime auto-entrepreneur, fournissant ainsi une vue d'ensemble pour ceux qui envisagent de se lancer.

Devenir auto-entrepreneur

Qu'est-ce que le Régime de Micro-Entreprise ?

Le régime de la micro-entreprise concerne uniquement les travailleurs indépendants et les chefs d'entreprise individuelle. Il propose des démarches simplifiées pour la création, les déclarations fiscales et sociales, et le paiement des cotisations. Un travailleur non salarié qui opte pour le régime micro-social simplifie la création et la gestion de son entreprise. Vous pourrez alors très facilement débuter votre activité.

Caractéristiques Principales

  • Simplicité administrative : Démarches de création et de gestion allégées.
  • Régime micro-social : Calcul et paiement simplifiés des cotisations sociales.
  • Franchise en base de TVA : Exonération de TVA jusqu'à certains seuils de chiffre d'affaires.

Conditions et Seuils du Régime Auto-Entrepreneur

Le régime auto-entrepreneur existe depuis le 1er janvier 2009. Voici les principales conditions et seuils à connaître :

  • Flexibilité : Ouvert à toutes les activités indépendantes, sauf certaines activités réglementées (médecins, notaires…) ou activités agricoles.
  • Accessibilité : Ouvert aux étudiants, salariés, fonctionnaires (sous conditions).
  • Plafonds de chiffre d’affaires (2024) :
    • 188 700 euros pour les entreprises d’achat-revente de marchandises, d’objets, d’aliments à emporter ou à consommer sur place, ou de fourniture de logement.
    • 77 700 euros pour les autres entreprises de services.
  • Souplesse : Possibilité d'exercer plusieurs activités au sein de la même auto-entreprise.

La Fiscalité de l’Auto-Entrepreneur

La fiscalité de l’auto-entrepreneur est simple : vous choisissez entre le régime classique ou le versement fiscal libératoire.

Lire aussi: Tout savoir sur le régime micro-social

Schéma explicatif auto-entrepreneur

Régime Classique

Si vous optez pour le régime classique, vous déclarez votre chiffre d’affaires complet avec votre déclaration d’impôts sur le revenu. Un abattement forfaitaire pour frais professionnels aura lieu de :

  • 87% pour la location de meublés classés.
  • 71 % du CA si vous avez une activité d’achat vente ou de fournitures de prestations d’hébergement.
  • 50 % du CA si vous exercez une autre activité relevant des BIC (Bénéfices industriels et commerciaux).
  • 34 % du CA si votre activité est libérale.

Versement Libératoire

Si vous optez pour le versement libératoire, l’impôt sur le revenu est payé à titre définitif au fur et à mesure de l’encaissement du chiffre d’affaires. Chaque mois ou chaque trimestre, selon l’échéance que vous choisissez pour vos cotisations sociales, vous réglez le montant de votre impôt sur le revenu en même temps.

Comment fonctionne le versement libératoire ? L'impôt sur le revenu est payé à titre définitif au fur et à mesure de l'encaissement de votre chiffre d'affaires. Contrairement au régime classique de la micro-entreprise, les revenus tirés de l'activité indépendante ne sont pas soumis au barème progressif par tranches de l'impôt sur le revenu. Vous payez alors votre impôt tous les mois ou tous les trois mois (selon votre choix) sur la base exacte de ce que vous avez encaissé au cours des mois concernés.

Le taux appliqué dépend de la catégorie de votre activité :

  • 1 % du CA si vous exercez une activité d'achat/revente, de vente de denrées à consommer sur place ou à emporter et des prestations d'hébergement ;
  • 1,7 % si vous exercez une autre activité relevant des BIC ou une activité de fourniture de chambres d'hôtes ou de meublés de tourisme classés ;
  • 2,2 % si vous exercez une activité relevant des BNC (activité libérale).

Qui peut opter pour le versement libératoire ?

Lire aussi: Changements de régime de TVA

Cette option est possible si le revenu fiscal de référence de l'avant dernière année (N-2) n’excède pas un certain seuil pour une part de quotient familial.

Ce seuil correspond à « la limite supérieure de la 2e tranche du barème de l'impôt sur le revenu de l'année précédant celle au titre de laquelle l'option est exercée ». Cette limite est majorée de 50 % ou de 25 % par demi-part ou quart de part supplémentaire. Ainsi, pour opter pour le versement libératoire en 2025, il est nécessaire que votre revenu fiscal de référence de 2023 soit inférieur ou égal à :

  • 28 797 € pour une personne seule ;
  • 57 594 € pour un couple (2 parts) ;
  • 71 992 € pour un couple avec 1 enfant (2,5 parts) ;
  • 86 391 € pour un couple avec 2 enfants (3 parts).

Comment opter pour le versement libératoire ?

Au moment de l’accomplissement des formalités d’immatriculation sur le guichet unique.

Il est également possible d’opter a posteriori, en formulant une demande auprès de l'Urssaf directement sur le site autoentrepreneur.urssaf.fr :

Lire aussi: Régime simplifié et acompte de TVA

  • au plus tard le dernier jour du 3e mois suivant celui de la création pour les « nouveaux » micro-entrepreneurs ;
  • au plus tard le 30 septembre pour une application l'année suivante.

Les déclarations et paiements se font obligatoirement sur le site autoentrepreneur.urssaf.fr.

En cas d'option pour le versement libératoire, vous payerez l'impôt sur le revenu au fur et à mesure de vos encaissements de façon définitive. Il n'y a pas de régularisation en fin d'année.

Exemple d'application du versement libératoire

Anne est mariée sans enfant. Elle a exercé en 2023 une activité d'achat revente de marchandises sous le régime du micro-entrepreneur et a déclaré 48 000 € de chiffre d'affaires (CA). Sa base d'imposition est donc, après l'abattement de 71 %, de 13 920 €. Elle est par ailleurs salariée et sa rémunération en 2023 était de 20 000 €. Comme les autres salariés, elle bénéficie de la déduction forfaitaire de 10 % au titre de ses frais professionnels, soit un revenu imposable de 18 000 €.

Revenu fiscal de référence d'Anne en 2023 : 13 920 + 18 000 = 31 920 €.

Ainsi, elle remplit pour 2025, la condition de revenu fiscal de référence en 2023 inférieur à 57 594 € (2 parts).

La simulation suivante ne tient pas compte des éventuelles décotes.

Sans opter pour le versement libératoire (application du régime micro-entreprise) En optant pour le versement libératoire
Chiffre d'affaires à déclarer 48 000 € 48 000 €
Base d'imposition de ses revenus de micro-entrepreneur 48 000 € - abattement forfaitaire (71 %) = 13 920 €
Montant de son salaire 20 000 € 20 000 €
Base d'imposition de son salaire 20 000 € - déduction forfaitaire de 10 % = 18 000 € 20 000 € - déduction forfaitaire de 10 % = 18 000 €
Revenu fiscal de référence de son foyer 13 920 € + 18 000 € = 31 920 € 13 920 €

Informations clés sur la TVA pour les auto-entrepreneurs

En tant qu'auto-entrepreneur, il est important de comprendre votre responsabilité concernant la TVA. Généralement, les auto-entrepreneurs sont exemptés de TVA jusqu'à ce que leur chiffre d'affaires atteigne un certain seuil, qui varie en fonction de la nature de l'activité (services ou vente de marchandises).

Une fois ce seuil dépassé, vous êtes tenu de collecter et de déclarer la TVA sur vos ventes ou services. Le taux de TVA appliqué dépend du type d'activité et peut varier, mais le taux standard est souvent autour de 20%. Il est essentiel de se tenir informé des seuils actuels et des taux applicables, car ils peuvent évoluer avec le temps.

Cotisations Sociales

Les auto-entrepreneurs bénéficient d’un régime très simplifié avec un taux forfaitaire pour le calcul des cotisations et contributions sociales appliqué sur le chiffre d’affaires. Selon le choix de la modalité de paiement des impôts il est appliqué un abattement forfaitaire au titre des frais professionnels. Il n’est pas possible de déduire des charges réelles en plus. Votre revenu net est donc le chiffre d’affaires moins toutes les charges engagées pour l’entreprise.

Le montant des cotisations et contributions sociales est calculé en appliquant au chiffre d’affaires mensuel ou trimestriel un taux qui varie en fonction de votre secteur d’activité (cf. tableau ci-après).

Si vous exercez plusieurs activités relevant de catégories différentes, il est appliqué à chaque activité son propre taux de cotisations. Votre déclaration doit préciser la répartition du chiffre d'affaires par activité distincte.

Si vous êtes en début d'activité, vous pouvez cumuler votre statut avec le dispositif d'aide à la création ou reprise d'entreprise (Acre) pour bénéficier de taux de cotisations sociales réduits.

Par exemple, un chiffre d'affaires mensuel de 3 500 € réalisé lors de la vente de marchandises donne lieu à un paiement de 430,5 € de cotisations et contributions sociales sous le régime micro-social simplifié. Calcul : 3 500 € x 12,3 % = 430,5 €.

Tableau des Cotisations Sociales (2025)

Activités concernées Cotisations sociales en 2025
Vente de marchandises et fourniture d'hébergement (sauf location d'habitation meublée et logements meublés de tourisme) 12,3 %
Location d'habitation meublée 21,2 %
Location de logements meublés de tourisme 6 %
Prestation de services en BIC (y compris location de locaux d'habitation meublés) 21,2 %
Professions libérales non réglementées (Hors Cipav) 24,6 %
Professions libérales inscrites à la Cipav 23,2 %

Le régime du micro-social vous permet de bénéficier des avantages suivants :

  • Indemnités en cas de maladie ou maternité
  • Accès à la formation professionnelle (cependant, pour en bénéficier, vous devez verser une contribution)
  • Droits à la retraite, en fonction du montant des cotisations versées

Le régime du micro-social ne vous permet pas de percevoir des indemnités versées par France Travail (anciennement Pôle emploi) pour le chômage.

Vous avez la possibilité, si vous le souhaitez, de demander à régler des cotisations sociales minimales qui vous permettront de bénéficier d’une meilleure protection sociale, en cas de chiffre d’affaires faible.

Vous devez adresser votre demande auprès de l'Urssaf (ou des caisses générales de sécurité sociale en outre-mer) avant l'une des dates suivantes selon votre situation :

  • Au plus tard le 31 décembre de l'année précédant celle pour laquelle vous souhaitez que cette option soit appliquée
  • Si vous débutez votre activité, au plus tard le dernier jour du 3e mois suivant la création de votre entreprise

Cette option s'applique jusqu'à ce que vous décidiez de la dénoncer avant le 31 décembre de l'année précédant l'année pour laquelle vous souhaitez que l'option ne s'applique plus.

La Contribution Économique Territoriale (CET)

La contribution économique territoriale (CET) est un impôt local, elle se compose :

  • de la cotisation foncière des entreprises (CFE),
  • et de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE).

La cotisation foncière des entreprises (CFE)

Sous réserve d’exception, toute entreprise relève de la CFE dès lors qu’elle exerce une activité professionnelle et non salariée, à titre habituel en France.

Vous serez exonéré de CFE l'année de la création de votre entreprise. L’année suivante, votre base d’imposition sera réduite de moitié. Par la suite, vous serez soumis à la CFE dans les mêmes conditions que les autres entreprises.

Les micro-entrepreneurs réalisant moins de 5 000 € de chiffre d'affaires par an sont exonérés de CFE ainsi que des droits additionnels à la CFE pour le financement des chambres consulaires.

La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE)

Une entreprise doit payer la CVAE lorsqu'elle exerce une activité imposable à la CFE et qu’elle réalise plus de 500 000 € de chiffre d'affaires annuel hors taxe.

Régime de TVA du Micro-Entrepreneur

Le micro-entrepreneur peut être, selon son régime de TVA, soit exonéré de la TVA, soit tenu de collecter la TVA.

Les modalités de déclaration et de paiement de la TVA dépendent du montant de votre chiffre d’affaires (CA) réalisé l’année précédente.

  • Franchise en base de TVA
  • Régime simplifié de TVA
  • Régime réel normal de TVA

Franchise en Base de TVA

La franchise en base de TVA est un dispositif qui dispense les entreprises de la déclaration et du paiement de la TVA sur les prestations ou ventes qu'elles réalisent. Le micro-entrepreneur qui en bénéficie ne facture pas la TVA à ses clients.

Le micro-entrepreneur bénéficiant de la franchise en base doit faire figurer sur ses factures la mention suivante : "TVA non applicable, art. 293 B du CGI".

Néanmoins, pour bénéficier de ce dispositif, votre chiffre d’affaires ne doit pas dépasser certains seuils.

Régime Simplifié de TVA

Lorsque votre chiffre d’affaires dépasse les seuils de la franchise en base, vous relevez du régime simplifié de TVA.

Vous devez effectuer une seule déclaration de TVA annuelle (imprimé 3517-S-SD) au plus tard le 2e jour ouvré suivant le 1er mai. Cette déclaration permet de déterminer la taxe due au titre de la période et le montant des acomptes pour la période suivante.

A compter du 1er janvier 2027, les micro-entrepreneurs relevant du régime simplifié devront déposer leurs déclarations de TVA trimestriellement.

Vous verserez ensuite des acomptes semestriels en juillet et décembre calculés sur la base de la TVA payée l'année précédente. Les acomptes correspondent à 55 % du montant de la déclaration annuelle N-1 pour celui de juillet et à 40 % pour celui de décembre. Le solde est versé au moment du dépôt de la déclaration de TVA en mai de l'année suivante.

balises: #Entrepreneur

Articles populaires: