Revenu des Agriculteurs en France: Analyse et Perspectives

Le maintien d’un tissu agricole diversifié et d’exploitations à taille humaine est souhaité par une large majorité d’acteurs du débat public en France. Cet objectif est à mettre en relation avec la relocalisation de l’alimentation, la souveraineté alimentaire et l’évolution du modèle agricole vers plus de qualité et de durabilité.

La question des revenus des agriculteurs est au cœur des discussions actuelles sur l’agriculture. Plusieurs réponses peuvent être apportées pour éclaircir cette question, selon l’angle auquel on s’intéresse.

Si c’est celui de la capacité de l’agriculture, en tant qu’activité économique, à dégager un revenu pour les agriculteurs, il faut mesurer la performance économique des exploitations agricoles en tant qu’entreprises, à partir des indicateurs issus des comptabilités de ces exploitations.

S’intéresser au « revenu » d’un agriculteur, c’est donc s’intéresser d’abord à la performance économique de son exploitation agricole en tant qu’entreprise. Elle s’apprécie alors à partir d’indicateurs comptables qui peuvent être calculés soit au niveau macroéconomique pour l’ensemble de l’activité agricole française par la comptabilité nationale, soit au niveau microéconomique pour chaque exploitation à partir des données de comptabilité d’entreprise, ce qui permet en outre d’analyser la diversité des résultats économiques entre les filières de production et au sein des filières.

Une seconde approche, plus large, consiste à évaluer l’ensemble des revenus que peuvent utiliser les agriculteurs pour consommer et épargner, en raisonnant cette fois non plus au niveau de l’exploitation, mais au niveau du ménage de l’exploitant.

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Comme toutes les entreprises, l’exploitation agricole produit un certain nombre de biens au cours de la période, dont la valeur totale constitue la production de l’exercice. Pour produire, elle consomme des biens intermédiaires, qui sont des biens et services disparaissant dans le processus de production, soit par incorporation dans des produits plus élaborés, soit par destruction au cours de la période considérée. On y retrouve notamment les engrais, produits phytosanitaires, produits vétérinaires, produits d’entretien du matériel, les consommations d’eau, de gaz, d’électricité…

La valeur totale de ces biens intermédiaires est retranchée de la valeur de la production pour obtenir la valeur ajoutée (figure 1). Cette valeur ajoutée ne constitue pas encore les revenus de l’exploitation agricole.

En effet, l’entreprise doit encore verser des salaires à ses employés (et les cotisations sociales correspondantes à la charge de l’employeur), payer des loyers ou des fermages le plus souvent, ainsi que divers impôts et taxes sur la production (taxes foncières par exemple).

De plus, l’exploitation perçoit également d’autres sources de revenus, principalement des subventions d’exploitation, qui, spécificité de l’agriculture, représentent en moyenne entre un tiers et la moitié de la valeur ajoutée selon les années. Elle peut recevoir, secondairement, des indemnités d’assurance.

Une fois tous ces transferts pris en compte, on obtient l’excédent brut d’exploitation (EBE), qui correspond à la capacité de l’exploitation agricole à générer des revenus par son activité.

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Pour finir, on déduit de l’EBE les charges financières (en particulier les intérêts des emprunts) et une estimation de la dépréciation (usure) annuelle des actifs immobilisés (tracteurs, robots, machines, installations et bâtiments agricoles…), appelé aussi « amortissement ».

Ces amortissements ne correspondent pas à une dépense réelle et à une sortie effective de trésorerie, mais à l’équivalent de ce qu’il faudrait que l’exploitant agricole dépense sur la période pour conserver le même niveau de capital qu’au départ.

On obtient ainsi le résultat de l’exercice, qui permet de dire si l’entreprise dégage un bénéfice ou un déficit au sens comptable.

Le service statistique du ministère chargé de l’agriculture réalise chaque année une enquête auprès d’un échantillon représentatif d’un peu plus de 7 000 exploitations pour collecter des informations sur la comptabilité de ces entreprises, et mesurer ainsi l’EBE et le résultat des exploitations agricoles. Ces données statistiques constituent le Réseau d’information comptable agricole (RICA).

Ainsi, en France métropolitaine en 2020, hors micro-exploitations, l’EBE d’une exploitation agricole était en moyenne de 71 900 euros et le « résultat courant avant impôt » (RCAI) moyen s’élevait à 37 000 euros (ce qui correspond au « Résultat » de la figure 2 ci-dessus). Il s’agit des résultats moyens sur l’ensemble des exploitations, mais ces indicateurs varient bien sûr beaucoup selon la taille de l’exploitation : les grandes exploitations ont en moyenne un EBE par ETP non salarié et un RCAI par ETP non salarié plus élevé que celles de petite taille. Enfin, pour une même exploitation, compte tenu notamment des conditions climatiques et de la volatilité des prix des intrants et des productions, ces indicateurs peuvent être très variables d’une année sur l’autre (Devauvre, 2024).

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La performance économique des exploitations agricoles est aussi mesurée au niveau macroéconomique pour l’ensemble de la branche agricole française par la comptabilité nationale, à partir notamment de données agrégées sur les volumes et les prix des productions agricoles et d’autres sources.

Le compte spécifique de l’agriculture, élaboré conjointement par le service statistique du ministère chargé de l’agriculture et par l’Insee, mesure pour l’ensemble de l’agriculture française des indicateurs comptables dont les définitions sont relativement proches de celles de la comptabilité d’entreprise.

Ce compte permet par exemple d’établir la valeur ajoutée de la branche agricole, qui correspond à la production totale de l’ensemble des exploitations agricoles diminuée des consommations intermédiaires et qui représente la contribution de l’agriculture au Produit intérieur brut (PIB).

En plus des revenus qu’il dégage de son activité professionnelle sur l’exploitation, un agriculteur dispose dans la plupart des cas d’autres ressources financières. De plus, le niveau usuel d’observation et d’étude des revenus est souvent celui du ménage, c’est-à-dire l’ensemble des personnes vivant dans un même logement. Les exploitants agricoles peuvent vivre seuls ou avec d’autres personnes, conjoint, enfants ou d’autres personnes à charge, certaines d’entre-elles disposent elles aussi de revenus individuels (salaires, retraites, etc.).

Pour les salariés, les revenus d’activité pris en compte pour calculer le revenu disponible du ménage sont les salaires perçus, nets de cotisations sociales. Les agriculteurs, comme tous les indépendants, ne perçoivent pas l’équivalent d’un salaire régulier.

Par convention, qui est celle retenue par l’administration fiscale (pour tous les indépendants), on considère que le résultat comptable de l’exploitation est la mesure du revenu d’activité de l’agriculteur et doit donc être déclaré au titre du calcul de l’impôt sur le revenu (et des cotisations sociales de l’agriculteur).

On peut néanmoins noter que les bénéfices agricoles d’un agriculteur ne sont pas équivalents à un salaire en termes de disponibilité du revenu pour consommer et épargner. En effet, en tant que travailleur indépendant, les agriculteurs peuvent intégrer une partie de leurs dépenses de consommation directement dans les comptes de leur exploitation (dépenses d’énergie ou de logement par exemple si elles ne sont pas séparables de leur activité agricole), et donc les déduire de leurs bénéfices agricoles comme charges.

Par ailleurs, les bénéfices agricoles restent une construction comptable et fiscale et ne traduisent pas un niveau de liquidités effectivement disponibles.

En 2020, le niveau de vie médian des personnes vivant dans un ménage agricole (c’est-à-dire un ménage auquel appartient un agriculteur) est proche de celui de la population dans son ensemble : 22 400 € pour l’ensemble de la population, contre 22 800 € pour les personnes vivant dans un ménage agricole (Givois, 2024). Cependant, la dispersion des revenus est plus élevée au sein des ménages agricoles que dans l’ensemble de la population.

C’est vrai en bas de la distribution avec un niveau de vie au sein des ménages agricoles qui se situe plus fréquemment sous le seuil de pauvreté (défini à 60 % du niveau de vie médian) que dans l’ensemble de la population : le taux de pauvreté des personnes vivant au sein des ménages agricoles atteint 16,2 %, alors qu’il est de 14,4 % en France métropolitaine.

Les bénéfices agricoles, qui s’élèvent en moyenne à 17 500 € par exploitant en 2020, représentent en moyenne 34 % du revenu disponible des ménages agricoles. Comme dans l’ensemble de la population, le poids des revenus d’activités (bénéfices agricoles et autres revenus d’activité) augmente avec le niveau de vie, passant de la moitié de la composition du revenu disponible pour les 10 % des ménages agricoles les plus modestes à plus de 80 % pour les 20 % des ménages les plus aisés.

À l’inverse, l’apport relatif des pensions, retraites, rentes et prestations sociales est de plus en plus faible à mesure que le niveau de vie du ménage agricole augmente : il représente 10 % du revenu disponible en moyenne mais jusqu’à 46 % pour les ménages les plus modestes. Les revenus du patrimoine représentent quant à eux en moyenne 22 % du revenu disponible des ménages agricoles, une part sensiblement plus forte que pour l’ensemble de la population (9 % en 2020).

Comme pour les résultats économiques des exploitations agricoles, les écarts de niveaux de vie des ménages agricoles sont plus ou moins grands selon les orientations de production des exploitants. Par exemple, le niveau de vie d’un ménage agricole est, comme le résultat par exploitant, en moyenne plus faible lorsque l’exploitation est un élevage de bovins, d’ovins ou de caprins, que lorsque l’exploitation est spécialisée en viticulture (Givois, 2024).

La question du revenu des agriculteurs est donc un sujet complexe, qui peut être appréhendé de différentes manières. Un constat apparaît cependant quelle que soit l’approche retenue : la très grande diversité des situations et les fortes inégalités de revenus qui caractérisent le monde agricole.

Évolution du Revenu Net de la Branche Agricole (RNBA)

Or, depuis 30 ans, le revenu net de la branche agricole (RNBA) a significativement baissé en France. En 30 ans, le RNBA a baissé de près de 40 % en France en euros constants. Dans le même temps, le nombre d’exploitations agricoles a diminué de 60 % avec des évolutions importantes des structures juridiques. Cependant, l’évolution démographique a permis un accroissement du résultat net par actif agricole non salarié (UTANS), mais de fortes fluctuations ont été enregistrées au cours des dix dernières années.

Sur la base du RICA des trois dernières décennies, l’excédent brut d’exploitation par UTANS a augmenté de 35 % alors que le revenu disponible par UTANS a été structurellement stable, en euros constants. Ces moyennes, cachent une très forte hétérogénéité des revenus agricoles suivant les catégories d’exploitations, en particulier en termes d’orientations technico-économiques, de taille et de circuits de commercialisation.

Pour l’avenir, outre les niveaux d’aides publiques, les revenus des exploitations agricoles sont dépendants des marchés de produits agricoles et des intrants, ainsi que de la productivité des facteurs de production alors que les aléas climatiques et sanitaires sont croissants.

Répartition du revenu disponible des ménages agricoles

Répartition du revenu disponible des ménages agricoles

Revenus des Ménages Agricoles dans les Hauts-de-France

Ces ménages agricoles disposent d’un revenu disponible de 55 000 € en moyenne (figure 1). Les revenus des ménages agricoles (champ) sont sujets à de fortes variations dans le temps. En moyenne plus âgés que l’ensemble des actifs. Les revenus perçus par les ménages agricoles varient fortement.

Dans les Hauts-de-France, 93 % des agriculteurs sont en couple. Le bassin de production du Santerre est favorable aux grandes cultures. Les petites régions agricoles (PRA) découpent le territoire en fonction des activités agricoles dominantes.

Revenus des ménages agricoles selon les spécialisations

Revenus des ménages agricoles selon les spécialisations

Disparités et Facteurs Influant sur les Revenus Agricoles

Ces données cachent, par ailleurs, d'importantes disparités, selon le type d'exploitation considérée. Ainsi, les viticulteurs ou les céréaliers sont généralement bien mieux lotis que les éleveurs bovins dont les 10% des ménages les plus modestes doivent composer avec un niveau de vie inférieur à 10.000 euros par an.

Les revenus du patrimoine augmentent en fonction de l’âge. Les revenus perçus par les ménages agricoles varient fortement en fonction de l’orientation technico-économique (Otex). Le niveau des aides augmente avec la taille économique des exploitations. Le niveau des aides augmente avec la taille économique des exploitations.

Les revenus perçus par les ménages agricoles varient fortement en fonction de la taille économique. Les revenus perçus par les ménages agricoles varient fortement en fonction de la taille économique. Les revenus perçus par les ménages agricoles varient fortement en fonction de la taille économique.

Ces moyennes cachent une très forte hétérogénéité des revenus agricoles suivant les catégories d’exploitations, en particulier en termes d’orientations technico-économiques, de taille et de circuits de commercialisation.

Les exploitations perçoivent en moyenne 35 940 euros d’aides. Le niveau des aides augmente avec la taille économique des exploitations. Les revenus du patrimoine augmentent en fonction de l’âge. Les revenus du patrimoine augmentent en fonction de l’âge.

Dans les Hauts-de-France, 93 % des agriculteurs sont en couple. Les revenus du patrimoine augmentent en fonction de l’âge. Les revenus du patrimoine augmentent en fonction de l’âge. Les revenus du patrimoine augmentent en fonction de l’âge.

Les revenus du patrimoine augmentent en fonction de l’âge agricole (contribution sociale généralisée). Les revenus du patrimoine augmentent en fonction de l’âge agricole (contribution sociale généralisée). Les revenus du patrimoine augmentent en fonction de l’âge agricole (contribution sociale généralisée).

Répartition des revenus du patrimoine

Répartition des revenus du patrimoine

Cumul d'Activités et Revenus des Agriculteurs Non-Salariés

Parmi les non-salariés agricoles imposés au régime réel, 12 % déclarent un revenu nul ou déficitaire en 2022. 16 % des non-salariés agricoles cumulent leur activité avec un emploi salarié. Parmi elles, 22,3 % bénéficient du régime du micro-bénéfice agricole (micro-BA).

Le revenu est plus faible que celui d’un monoactif (1 670 euros contre 2 660 euros). Le rapport interdécile est un indicateur de mesure des inégalités de revenus entre les personnes. Le rapport interdécile est un indicateur de mesure des inégalités de revenus entre les personnes. Le rapport interdécile est un indicateur de mesure des inégalités de revenus entre les personnes.

Le rapport interdécile D9/D1 correspond au ratio entre le 9e et le 1er décile. Le rapport interdécile D9/D1 correspond au ratio entre le 9e et le 1er décile. Le rapport interdécile D9/D1 correspond au ratio entre le 9e et le 1er décile.

Le rapport interdécile D9/D1 correspond au ratio entre le 9e et le 1er décile du revenu dans la population. Le rapport interdécile D9/D1 correspond au ratio entre le 9e et le 1er décile du revenu dans la population. Le rapport interdécile D9/D1 correspond au ratio entre le 9e et le 1er décile du revenu dans la population.

Répartition des revenus selon l'activité

Répartition des revenus selon l'activité

En conclusion, la situation financière des agriculteurs en France est complexe et hétérogène. Les revenus varient considérablement en fonction de plusieurs facteurs, notamment le type d'exploitation, la taille de l'exploitation, la région géographique, les aides publiques et les revenus du patrimoine. La question du revenu des agriculteurs reste un enjeu majeur pour l'avenir de l'agriculture française.

Face à vous - Augmenter le revenu des agriculteurs : le rôle des coop

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