Explication des Factures et de la TVA chez Shein
Dans le monde du commerce en ligne, les plateformes comme Shein, Temu et AliExpress ont connu un essor considérable, offrant des produits à des prix très compétitifs. Cependant, ces plateformes sont désormais confrontées à de nouvelles réglementations fiscales qui impactent leurs opérations et, par conséquent, les consommateurs. Cet article vise à expliquer en détail les nouvelles taxes Shein, l'impact de la TVA, et les mesures prises par l'Union Européenne pour encadrer ces plateformes.
Nouvelles Taxes Shein : Ce Que Vous Devez Savoir
Vous êtes habitué à acheter sur Shein et vous vous demandez quels seront les impacts sur vos prochaines commandes ? De nouvelles taxes ont été mises en place, et il est essentiel de comprendre comment elles affecteront vos achats.
Les nouvelles taxes Shein mises en place concernent principalement la TVA. Auparavant, la TVA s'appliquait uniquement aux articles supérieurs à 20 €. Désormais, cette taxe est étendue à tous les produits, quel que soit leur prix. Les prix affichés sont toutes taxes comprises (TTC), incluant donc la TVA.
Bien que l'évolution ne soit pas immédiatement visible, les prix des petits articles sur Shein vont inévitablement augmenter. Les frais de livraison et les garanties ne sont pas des taxes, mais ils s'ajoutent au prix du produit.
Pourquoi cette évolution ?
Les géants du e-commerce comme Amazon, AliExpress et Shein sont souvent critiqués en raison de leurs prix très bas, qui concurrencent les commerces locaux. Les plateformes ont parfois utilisé des subterfuges pour ne pas inclure la TVA dans le prix de leurs produits. Les autorités ont donc étendu le paiement de la TVA, quel que soit le prix de l'article, pour uniformiser les règles.
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La TVA et les Achats en Ligne : Un Aperçu
La TVA à l'importation s'applique à toute marchandise importée dans l'Union Européenne, quelle qu'en soit la valeur, depuis le 1er juillet 2021. Cette mesure vise à taxer les colis inférieurs à 150 euros provenant de plateformes asiatiques, afin de freiner l’arrivée massive de ces produits bon marché.
Il existe une franchise pour les envois dont la valeur n'excède pas 150 euros. Au-delà de cette somme, la TVA et les droits de douane s'appliquent. La Poste, par exemple, se charge d’établir la déclaration en douane, un document obligatoire pour permettre l’importation de la marchandise.
Comme lorsque vous allez au supermarché, c’est au consommateur de payer la TVA. Contrairement à d’autres sites chinois (comme Aliexpress), sur une fiche produit SHEIN il n’y aucune indication afin de montrer à l’utilisateur que la TVA est incluse.
L'Impact de la TVA sur les Plateformes et les Consommateurs
La Commission européenne a proposé d'imposer des frais de 2 euros sur chaque petit paquet entrant en Europe. L’objectif est de limiter l’afflux de ces colis qui inondent le vieux continent. En 2024, plus de 4,5 milliards de colis sont entrés dans l’Union, dont 91% viennent de Chine.
Sur le papier, ce sont les plateformes qui payeront ces 2 euros. Mais le risque c’est évidemment que ces firmes d'e-commerces les répercutent sur le consommateur. On l’a vu aux États-Unis d’ailleurs, il y a un mois, ils ont augmenté les taxes sur ces petits colis et sans attendre, Shein et Temu ont directement augmenté leurs prix. Les clients ont donc payé plus. Ce sera probablement pareil pour les envois en Europe.
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L’Union européenne ne veut pas devenir un déversoir pour tous ces articles chinois qui, plus que jamais, vont concurrencer ses produits locaux. Reste que, s’il y a autant de petits colis, c’est aussi parce qu’il y a des consommateurs pour qui ces achats à bas prix, sont une façon de faire des économies.
Temu, AliExpress, Shein... les petits colis chinois bientôt taxés ? |LCI
Les Mesures Prises par l'Union Européenne
Bruxelles reprend une proposition française. Fin avril, Amélie de Montchalin, la ministre des Comptes publics a annoncé son intention de mettre des frais de gestion dès 2026, sur chaque petit colis entrant dans l’Hexagone. En 2024, 800 millions de petits colis ont été livrés en France.
L’argent doit servir à renforcer les contrôles des douanes qui vérifient que ces articles sont conformes, aux normes, pas illicites, que ce n’est pas de la contrefaçon etc. Là, même combat pour la Commission européenne qui veut aussi affecter l’argent pour soutenir ses services de douanes.
Protéger le marché européen
L’Europe cherche à se protéger d’un effet de vase communicant. Comme le marché outre-Atlantique est plus difficile d’accès à cause des droits de douane américains, elle fait face à un afflux de produits asiatiques. Selon les données chinoises, le volume des expéditions chinoises a déjà chuté de 65% ces trois derniers mois vers les États-Unis, mais en Europe, les exportations ont augmenté de près d’un tiers.
Les Stratégies Marketing et l'Intelligence Artificielle
Le succès rencontré par des applis comme Temu ou Shein s'appuie sur des outils marketing très efficaces. Ces dernières années, plusieurs sites Internet à positionnement ultra low cost ont fait leur apparition sur le marché français. Rien d'étonnant si le site Temu compte 18,4 millions d'internautes français chaque mois, selon les données de la fédération du e-commerce et vente à distance (Fevad). Et, désormais, les plates-formes low cost représentent 22% des colis pris en charge par la Poste, contre 5% il y a 5 ans.
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Bien entendu, l'inflation galopante en France ces dernières années explique pour partie cet engouement. Mais celle-ci n'est pas la seule explication de ces évolutions. Des algorithmes prédictifs analysent également le comportement des utilisateurs pour leur proposer des recommandations personnalisées. Cette approche vise à créer un besoin avant même qu'il n'apparaisse, en jouant sur le sentiment de rareté et d'urgence.
Grâce à l'intelligence artificielle, qui collecte d'abondantes données relatives aux profils des utilisateurs, chaque client dispose d'une boutique en ligne différente, personnalisée selon son historique, ses goûts, ses préférences et ses aversions.
L'IA au cœur du succès de Shein
Shein a développé ses propres outils d'IA et ses propres algorithmes pour collecter et analyser des données. Ces outils sont donc au cœur du succès de Shein, qui peut identifier les tendances (couleurs, prix, designs, etc.) en temps réel ou presque, et ajuster très rapidement la conception et la production de ses produits car l'ensemble de ces données est partagé avec ses fournisseurs, qui produisent l'intégralité des pièces vendues sur son site.
Selon un rapport Statista de 2024, les systèmes de recommandation basés sur l'intelligence artificielle influencent près de 35% des achats en ligne, ce qui démontre leur impact considérable.
La Pression Monte pour Shein
La semaine passée, la Commission européenne annonçait envisager des frais de gestion de 2 euros par colis d’une valeur de moins de 150 euros. Ce 26 mai, la Commission a adressé un avertissement à l'e-commerçant concernant la protection des consommateurs. Et la semaine prochaine, débute en France l’examen de la proposition de loi visant à réduire l'impact environnemental de l'industrie textile, adoptée en 2024 à l'unanimité par l'Assemblée nationale.
Si bien que Quentin Ruffat, porte-parole de Shein, n’a pas hésité à dénoncer au micro du journaliste Jean-Jacques Bourdin, sur Sud Radio, une attaque sur le pouvoir d’achat des consommateurs français. Pour lui, les différentes mesures renchériraient le prix des produits Shein de 12 euros à l’horizon 2030.
Shein : Plus Qu'un Simple Site E-Commerce
Shein n’est pas un simple site e-commerce. L'entreprise est née en 2008 dans la ville chinoise de Nanjing comme une société spécialisée dans l’export de différents types de produits. Son fondateur Xu Yangtian (ou Chris Xu) s’est spécialisé dans le textile en 2011 en créant le site de vente de robes de mariée SheInside.
Entreprise fondée en Chine mais aujourd'hui basée à Singapour avec une maison mère aux îles Caïmans, Shein est aujourd’hui plus puissante que H&M, avec ses 20 milliards d’euros de ventes. Et a clairement Inditex et ses 38,6 milliards d’euros de ventes dans le viseur.
Ces dernières années, l’entreprise a été vertement critiquée par des associations de défense des droits des travailleurs et des représentants des acteurs de la mode en Europe. La qualité et la dangerosité des vêtements importés, les conditions de travail des ouvriers au sein des ateliers sous-traitants, le manque de transparence de son système et de ses performances, l’impact environnemental de sa production estimée à plus de 7.000 nouveaux produits par jour mis en vente sur son site et du transport de ceux-ci, les contrecoups de son expansion sur les écosystèmes de mode au sein des marchés où la marque est présente, la diffusion d’une culture de l’ultra-consommation… Les critiques et attaques sont multiples.
Les Efforts de Communication de Shein
Ainsi, alors qu'il était impossible d’avoir des détails sur ses origines, ses fondateurs ou ses actionnaires il y a cinq ans, Shein multiplie à présent les prises de contact avec la presse et les représentants gouvernementaux. Face aux critiques, la marque défend le fait qu’elle applique les lois des différents pays dans lesquels elle évolue et se met en conformité si un problème intervient….
Shein a construit ses propos autour de quatre axes: l’impact social, l’impact économique sur la mode, l’innovation et l’impact environnemental.
Ainsi, sur l’aspect environnemental et social, il met largement en avant les audits réalisés auprès de ses fournisseurs, lui qui avait annoncé en 2023 un plan d’investissement de 15 millions d’euros sur quatre ans pour améliorer les conditions de travail et les outils de ses ateliers partenaires.
L’argumentaire contourne le sujet et met en avant son modèle à la demande en temps réel. Selon le groupe, ses séries de 100 à 200 pièces d’un modèle pour répondre à la demande des consommateurs réduit très nettement les taux de retour.
Les Défis Financiers de Shein
Dans le monde impitoyable de l’ultra fast fashion, le colosse chinois Shein vacille avec un bénéfice en chute de 40% et des ventes loin des promesses attendues. Selon le Financial Times, son bénéfice net s'est effondré de 40% en 2024, tombant à 954 millions d’euros, loin, très loin des 4,5 milliards d’euros avancés par le groupe en 2023.
Les ventes, bien qu’en hausse de 19% en 2024 à 36,2 milliards d’euros, sont elles aussi à des années-lumière des 43 milliards d’euros promis par les dirigeants de la plateforme. Explication de ces résultats en sérieux repli ? La montée en puissance de Temu, son rival dans l'ultra fast fashion, qui lui taille des croupières.
Mais ce qui donne vraiment des sueurs froides aux investisseurs de Shein, ce sont moins ses chiffres décevants que le durcissement des règles d’importations aux États-Unis et en Europe des produits chinois.
Conclusion
Les nouvelles réglementations fiscales et les pressions exercées par les autorités européennes et américaines posent des défis considérables pour Shein et les autres plateformes de fast fashion. Les consommateurs doivent s'attendre à des prix plus élevés, tandis que les plateformes doivent adapter leurs stratégies pour rester compétitives dans un marché en constante évolution.
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