Devenir Photographe Freelance en France : Statuts, Démarches et Conseils
Devenir photographe freelance permet d’exercer le métier en tant que travailleur indépendant. C’est un statut de travailleur indépendant où le freelance exerce le métier de la photographie, se positionnant comme un spécialiste de l’image. En tant que travailleur indépendant, le photographe travaillant sous le statut freelance doit également démarcher ses clients et assurer la communication. Il est aussi amené à tenir sa propre comptabilité et à rédiger un contrat de photographe freelance. Il doit s’occuper de sa déclaration de chiffre d’affaires, sauf s’il confie la tâche à un spécialiste.
Le photographe indépendant doit justifier de plusieurs qualités dans différents domaines pour réussir dans son métier. En tant qu’artiste, les principales qualités du photographe indépendant sont la passion et la créativité. Pour se démarquer de ses concurrents, il doit s’affirmer et avoir sa propre signature. En tant qu’entrepreneur autonome, le photographe indépendant doit disposer des compétences nécessaires pour lancer et développer son affaire.
Pour devenir photographe freelance, il faut avant tout avoir du talent et de la passion pour la photographie. Il est aussi nécessaire de maîtriser les différentes techniques afin de réaliser les prises de vues dans les règles de l’art.
Les formalités à réaliser pour devenir freelance et exercer le métier de photographe dépendent de la structure choisie pour l’exercice de l’activité : micro-entrepreneur ou entreprise individuelle. Ces démarches s’effectuent en ligne. Cependant, l’entrepreneur peut tout aussi bien choisir de créer une société individuelle pour se lancer en tant que photographe freelance.
Comment devenir photographe Auto-Entrepreneur - guide complet
Les Différents Statuts pour un Photographe Indépendant
L’activité de photographe indépendant se divise en 3 catégories. Il est important d'identifier votre type d’activité avant de créer votre entreprise. Même si ces activités sont cumulables, vous devez différencier leur gestion comptable, car elles sont imposées différemment.
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1. L'Auto-Entrepreneur Artisan Photographe
Ou photographe d’illustration, il peut exercer en micro-entreprise ou au régime réel (EI), et même créer une société commerciale (SASU ou EURL). C’est le statut le plus commun puisqu’il permet de faire de la prestation de services et de la vente (de tirage, par exemple). L’artisan photographe réalise des photos pour des événements, des particuliers, des entreprises, des portraits ou vend des tirages. Il est courant qu’un photographe soit artisan et auteur à la fois et déclare ses revenus aux organismes correspondants.
2. Le Statut de Photographe Auteur
Le photographe auteur est considéré comme un artiste. À ce titre, il dépend de l’Association pour la Gestion de la Sécurité Sociale des Auteurs (AGESSA). Il ne peut pas être auto-entrepreneur. Ce statut implique de créer et vendre des œuvres en cédant un droit d’usage. Le photographe auteur perçoit donc des droits d'auteur. De plus, il bénéficie d'une baisse possible des cotisations sociales, dans le cas d’une baisse de revenus ; un régime social particulier ; et un taux de TVA réduit à 10 %.
3. Le Statut de Photographe de Presse ou Photojournaliste
Ce statut permet au photographe de proposer ses services aux organismes de presse papier ou en ligne (pas forcément uniquement des agences de presse). Le photographe se fait payer en tant que pigiste, il est donc salarié et touche des droits sur ses tirages. Dans les faits, les organes de presse ont tendance à moins payer en piges, puisque c’est financièrement moins intéressant pour eux.
Devenir Photographe Auto-Entrepreneur : Est-ce Possible ?
Il existe différents statuts que le photographe indépendant peut ou non exercer en micro-entreprise. Pour être photographe auto-entrepreneur, vous devez exercer une activité de type artisanale, souvent appelée photographie sociale ou photographie d’illustration. Il s’agit alors d’une prestation de services et les photographies prises et vendues ne donnent lieu à aucun droit d’auteur. Contrairement au statut de photographe auteur, les photographies n’appartiennent pas au photographe artisan : elles appartiennent à ses clients.
Voici la liste des activités autorisées en micro-entreprise de photographie :
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- Photographie de portrait, de mariage ou de naissance pour des particuliers.
- Photographies de mode pour les marques et les magazines.
- Photographies pour des professionnels (immobilier, tourisme, entreprises, événementiel…).
- Vente d’équipement et de matériel photo ou vente de formation autour de la photographie.
Si vous souhaitez exercer en tant que photographe auteur, le statut d'auto-entrepreneur n'est pas une option possible. Vos œuvres sont vendues avec une cession de droits d’usage et une rémunération basée sur les droits d’auteur. Vous relevez donc du régime spécifique de l’Association pour la Gestion de la Sécurité sociale des Auteurs (AGESSA).
Un photographe peut cumuler deux activités distinctes : être inscrit à l’Agessa en tant qu’auteur pour la vente d’œuvres, et exercer une activité artisanale sous le régime de la micro-entreprise pour des prestations de services comme les portraits ou les mariages.
Pourquoi Devenir Photographe Auto-Entrepreneur ?
Le statut de micro-entrepreneur (anciennement auto-entrepreneur) est idéal pour devenir photographe indépendant. Les démarches de création d’une micro-entreprise sont gratuites et la gestion administrative allégée. Vous pouvez tester votre concept et construire progressivement votre clientèle, sans prendre de gros risques financiers.
Un autre avantage : vous ne payez des cotisations sociales que sur votre chiffre d’affaires réellement encaissé. Vous pouvez ainsi prendre le temps de développer votre activité tout en conservant, si besoin, un emploi salarié en parallèle. Une fois que votre activité est bien lancée, vous pourrez évoluer et passer d’une micro-entreprise à une société (SASU ou EURL).
Devenir photographe en micro-entreprise est très avantageux, mais vous devrez trouver vous-même vos clients et les fidéliser. Ce qui n’est pas toujours évident pour un photographe débutant qui n’a pas encore de réseau.
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Avantages et Inconvénients du Statut d’Auto-Entrepreneur pour un Photographe
En tant que photographe, les avantages du statut d’auto-entrepreneur sont nombreux. Mais vous devez aussi avoir en tête les inconvénients de ce statut, qui n’est pas adapté à toutes les activités.
Avantages :
- Paiement des cotisations sociales uniquement sur le chiffre d’affaires réalisé. Si vous ne générez aucun revenu, vous n’avez rien à payer.
- Simplicité des démarches de création d’une micro-entreprise (pas de rédaction de statuts ni de capital social à déposer).
- Peu d’obligations comptables.
- Régime fiscal simplifié avec impôt sur le revenu (IR) et possibilité d’opter pour le versement libératoire.
- Une grande flexibilité : vous pouvez devenir photographe auto-entrepreneur à côté de votre emploi salarié, pour effectuer des missions freelance ou facturer des ventes de tirages.
Inconvénients :
- Plafond de chiffre d’affaires limité à 77 700 € en prestations de services. Au-delà le régime micro-social devient une entreprise individuelle au régime réel.
- Impossible de déduire vos dépenses professionnelles (matériel photo, déplacements).
- Manque de crédibilité de la micro-entreprise qui rend plus complexe l’obtention de prêt bancaire.
- Plafond de TVA de 37 500 € annuel et seuil majoré de 41 250 €. Si vous dépassez ce seuil de CA sur l’année n+1, vous payez la TVA.
Étapes pour Devenir Photographe Auto-Entrepreneur
Un photographe auto-entrepreneur s’inscrit sous le code APE : 74.20Z - Activités photographiques. Le plafond de chiffre d’affaires est de 77 700 € en prestation de services. 21,2 % de cotisations sociales sont à payer à l’URSSAF pour les prestations BIC.
1. Déclarer son Activité de Photographe Indépendant
Pour vous déclarer photographe auto-entrepreneur et ouvrir votre micro-entreprise, vous devez vous immatriculer un mois avant le début de l’activité et au plus tard dans les 15 jours qui suivent votre lancement. Les étapes sont assez simples :
- Rendez-vous sur le site procedures.inpi.fr
- Fournir les pièces justificatives (pièce d’identité, justificatif de domiciliation de la micro-entreprise, déclaration sur l’honneur de non-condamnation et si vous êtes marié, attestation de notification de l’information du conjoint).
Ensuite, vous n’avez plus rien à faire ! Le Guichet Unique s’occupe de transmettre vos documents aux parties concernées. Comptez une quinzaine de jours pour recevoir votre numéro de SIRET et votre numéro d’immatriculation du registre national des entreprises (RNE).
2. Ouvrir un Compte Pro pour sa Micro-Entreprise
En tant qu'auto-entrepreneur, vous n'êtes pas obligé d'ouvrir un compte professionnel si votre chiffre d'affaires reste inférieur à 10 000 € pendant deux années consécutives. Cependant, il est vivement conseillé d’en ouvrir un dès la création de votre activité pour commencer sur de bonnes bases. Les avantages sont nombreux :
- Une séparation de vos opérations personnelles et professionnelles.
- Des services pensés pour les professionnels (outils de facturation, mise à disposition d’un terminal de paiement, outils de relance automatiques des impayés, etc.).
- Une carte business avec des assurances incluses.
- La souscription à des assurances professionnelles comme une assurance maladie, décès ou accident, une protection juridique, une assurance vol ou casse…
3. Assurer son Activité de Photographe Indépendant
La souscription à une assurance responsabilité civile professionnelle (RC Pro) n’est pas obligatoire pour les photographes auto-entrepreneurs. Toutefois, elle est fortement recommandée, et de nombreux photographes font le choix de s’assurer pour plus de sérénité. Une fois sur le terrain, un accident est vite arrivé. Un client qui se blesse lors d’un shooting, du matériel endommagé… Avec la RC Pro, vous êtes couvert contre les dommages causés à un tiers. Pensez également à la protection de votre matériel. Une assurance multirisque professionnelle couvre vos appareils photo, objectifs, drones, et ordinateurs contre le vol, la casse ou la perte.
Les agences et les entreprises demandent souvent à leurs prestataires d’être assurés. Une RC Pro rassure vos clients et vous permet d’accéder à des missions plus facilement.
Facturation et Tarifs
En tant que photographe indépendant, vous pouvez facturer vos prestations selon deux modèles : le taux journalier moyen (TJM) ou le forfait. Le TJM est idéal pour des missions longues ou des collaborations régulières, tandis que le forfait est plus adapté pour des événements comme les mariages ou les shootings corporate. C’est à vous de fixer votre salaire en freelance en fonction des pratiques du marché et de votre expérience.
Un photographe indépendant peut facturer au forfait : 2 000 € pour les prises de vue et le traitement des photographies de mariage. Dans les deux cas, il est important de ne pas se baser uniquement sur le temps de shooting. Une prestation peut facilement représenter 8 heures de travail en comptant la préparation, la retouche et l’échange avec le client. De plus, un photographe ne facture pas 20 jours par mois. Comptez en moyenne 10 jours facturés, le reste du temps étant consacré à la prospection et à la gestion administrative.
N'oubliez pas d’inclure vos charges : amortissement du matériel, logiciels, URSSAF, mutuelle et formations. Un bon repère est d’appliquer un taux de charges d’au moins 30 % sur votre chiffre d’affaires.
400 et 650 € c’est le TJM d’un photographe indépendant.
Fiscalité du Photographe Auto-Entrepreneur
Le photographe auto-entrepreneur relève du régime fiscal de la micro-entreprise et est donc imposé sur le revenu (IR). Vous devez déclarer vos revenus via la déclaration de revenus n°2042-C PRO, en même temps que votre déclaration annuelle. Les revenus de votre activité de photographe dépendent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), mais certaines activités relèvent de la catégorie des bénéfices non commerciaux (BNC). Afin de déterminer votre revenu imposable, l’administration fiscale applique un abattement forfaitaire sur votre chiffre d'affaires.
Vous pouvez également opter pour le versement libératoire, selon certaines conditions de revenus. Cela vous permet de payer l'impôt avec vos cotisations sociales (1,7 % supplémentaire), donc mensuellement ou trimestriellement. Attention, vous serez imposé dès 1 € de CA. Si vous n’êtes pas imposable, ce n’est pas forcément intéressant car vous ne pourrez pas être remboursé.
Aides pour se Lancer comme Photographe Indépendant
Il existe plusieurs dispositifs pour vous aider à créer et à vous lancer en tant qu’auto-entrepreneur photographe.
1. L'Aide à la Création ou à la Reprise d’une Entreprise (ACRE)
L’aide à la création ou à la reprise d’une entreprise (ACRE) permet une exonération partielle (50 %) des cotisations sociales la première année d’activité. Vous résidez dans un département d’outre-mer ? Vous bénéficiez d’une exonération de cotisations sociales durant vos 3 premières années d’activité, à compter de la date de création de votre entreprise. Aucune démarche à faire, l’exonération s’applique automatiquement.
2. Les Aides de France Travail
Si vous êtes demandeur d’emploi, vous avez le choix entre deux options :
- Le maintien de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE).
- Le versement de l’aide à la reprise et à la création d’entreprise (ARCE). Avec l’ARCE, vous recevez 60 % du montant de vos indemnités de chômage en 2 versements égaux. Le premier intervient à la date de création de votre micro-entreprise, et le second 6 mois après.
Vous pouvez également bénéficier d’un contrat d’appui au projet d’entreprise (CAPE). Ce dispositif offre une aide financière et de moyen, en plus d’un accompagnement à la création ou à la reprise d’une entreprise, dispensé par une entreprise ou une association. Le CAPE est intéressant si vous avez besoin de faire financer votre appareil photo ou tout autre matériel nécessaire à votre activité de photographe.
3. Les Aides Financières
Pour financer votre matériel et lancer votre activité, plusieurs solutions de prêts s’offrent à vous :
- Le prêt d’honneur solidaire de la BPI : empruntez entre 1 000 € et 8 000 € sur une durée de 1 à 5 ans.
- Le prêt d’honneur Création-Reprise de la BPI : peut s’échelonner entre 1 et 7 ans, pour un montant de 1 000 € à 80 000 €.
- Le micro-crédit de l’ADIE : jusqu’à 10 000 € maximum avec un taux de 7,45 % remboursable sous 36 mois.
4. Les Aides Fiscales
Vous pouvez bénéficier de plusieurs avantages fiscaux selon votre situation. Les dispositifs fiscaux zonés peuvent vous offrir des exonérations fiscales et sociales si vous vous installez dans certaines zones prioritaires : bassins d'emplois à redynamiser (BER), zones franches urbaines (ZFU) ou zones de restructuration de la défense (ZRD). Côté TVA, vous bénéficiez par défaut d'une franchise : pas de TVA à facturer ni à récupérer tant que votre chiffre d'affaires reste inférieur à 37 500 € pour les prestations de services artisanales.
La première année d'activité, vous êtes exonéré de la cotisation foncière des entreprises (CFE).
Tableau Récapitulatif : Photographe Auto-Entrepreneur
| Point Clé | Détails |
|---|---|
| CFE Compétent | Chambre de Métiers et de l’Artisanat (CMA) |
| Code APE | 74.20Z - Activités photographiques |
| Plafond de CA | 77 700 € |
| Catégorie Fiscale | Variable (BIC ou BNC) |
| TJM | Variable (400 à 650 € en moyenne) |
| Cotisations Sociales | 21,2% (services) ou 12,3% (ventes) |
FAQ
Puis-je exercer mon activité de photographe sous le régime de micro-entreprise (anciennement autoentreprise) ?
Cela dépend de votre activité. Si vous êtes artiste auteur, il est impossible d’exercer votre activité sous ce régime, qui ne vous permet pas de rédiger des cessions de droit. En tant que photographe auteur, ce régime ne permet pas de protéger vos droits d’auteur. Si vous êtes artisan, alors il est possible d’ouvrir une micro-entreprise. Mais cela reste néanmoins déconseillé dans le cas où vous avez des achats (en particulier dans cette activité qui entraîne dès la première année beaucoup de frais pour le matériel notamment) car vos cotisations sont dues sur votre chiffre d’affaires et non sur les bénéfices.
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