Taux de TVA Applicable à la Confiserie et Chocolaterie en France
La question des taux de TVA (taxe sur la valeur ajoutée) applicables aux produits de confiserie et de chocolaterie en France est un sujet complexe. Alors que 98 % des produits alimentaires bénéficient d'un taux réduit de TVA de 5,5 %, la plupart des produits de confiserie et de chocolaterie sont assujettis à une TVA de 20 %.
L'article 278 bis du code général des impôts soumet au taux réduit de la taxe sur la valeur ajoutée les produits destinés à l'alimentation humaine à l'exception des boissons alcoolisées, du caviar, des margarines et graisses végétales, des produits de confiserie et de certains produits de chocolat.
Cette situation engendre une complexité pour les artisans et commerçants, notamment dans les boulangeries-pâtisseries, où la TVA peut varier en fonction des produits vendus et de la manière dont ils sont consommés.
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Taux de TVA : Généralités et Exceptions
Il existe 3 taux de TVA pour les produits de l'alimentation :
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- 5,5 % sur un produit conditionné dans un contenant permettant sa conservation, donc pour une consommation qui peut être différée. Le contenant doit être hermétique, avec une date limite de conservation.
- 10 % sur un produit vendu pour une consommation immédiate.
- 20 % : seulement sur les boissons alcoolisées, quel que soit le type de consommation, immédiate ou différée.
Pour déterminer le taux de TVA applicable à un produit alimentaire ou à une boisson, il faut déterminer s'il est vendu pour une consommation immédiate ou s'il peut être conservé.
Une petite bouteille d'eau vendue pour une consommation sur place ou à emporter est vendue avec un taux de 5,5 %. En effet le produit peut être conservé pour une consommation différée, même si le client choisit de l'ouvrir immédiatement après l'achat.
Les plats servis dans la restauration sont facturés au taux intermédiaire de 10 %. Les types de restaurations suivants sont concernés :
- Restaurant traditionnel
- Bar, café, en salle ou au comptoir
- Restauration rapide, fast-food à consommer sur place
- Restauration rapide dans les locaux du vendeur, par exemple dans une boulangerie, un supermarché, un centre commercial
En revanche, tous les aliments vendus dans un commerce de détail, comme un boucher, un charcutier, un boulanger, un poissonnier, etc. et tous les aliments vendus en supermarché sont facturés au taux réduit de 5,5 %. Ce taux s'applique de façon identique si les produits sont emballés hermétiquement (conserves, surgelés, etc.) ou bien vendus au rayon frais.
Exemple : Pains, viennoiseries, pâtisseries, viandes, charcuterie, plats préparés de charcutier traiteur, poissonnerie, fromagerie, épicerie, surgelés (glaces et autres), conserves, yaourts, crème, beurre, légumes, fruits, etc. sont facturés au taux réduit de 5,5 %.
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Spécificités pour le Chocolat
S'agissant du chocolat, bénéficient du taux réduit de 5,5 % les produits de chocolat relevant des catégories "chocolat", "chocolat de ménage" et "chocolat de ménage au lait" définies aux points I-16, I-17 et I-22 du titre I de l'annexe au décret nº 76-692 du 13 juillet 1976 concernant les produits de cacao et de chocolat destinés à l'alimentation humaine.
Le chocolat noir (comme par exemple la tablette de chocolat noir) est imposé à un taux réduit de 5,5 %. En revanche le chocolat blanc ou au lait est imposé à un taux normal de 20 %. Ce même taux normal s’applique aussi aux bouchées au chocolat autre que noir dépassant 5 cm ou 20 gr. Pour plus de détails, il est possible de consulter le bulletin officiel des finances publiques dédié aux aliments dont le chocolat.
À noter que lorsque le chocolat est considéré comme un bonbon « taille d’une bouchée », pour être soumis au taux réduit de 5,5 %, sa dimension ne doit pas excéder 5 cm et il ne doit pas peser plus 20 grammes.
Le bonbon peut être constitué soit de chocolat fourré, soit d’un seul chocolat ou d’une juxtaposition ou d’un mélange de chocolat (chocolat, chocolat au lait, chocolat de ménage au lait, chocolat blanc) et d’autres matières comestibles, à la condition que le chocolat ne représente pas moins de 25 % du poids total du produit.
En ce qui concerne le chocolat blanc, le chocolat au lait, le chocolat fourré et le chocolat à la taza, ils sont taxés au taux de 20 % s’ils ne font pas la taille d’un bonbon. En présence d’assortiments de chocolats, ils doivent faire l’objet d’une ventilation des taux de TVA.
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Enfin, les produits de confiseries relèvent du taux normal de 20 %.
Taux de TVA en Europe (exemple)
Confiseries : Taux de TVA applicable
Les confiseries correspondent aux produits suivants :
- Bonbons (dragées, pralines, pastilles, etc.)
- Caramels, nougats
- Cachou, chewing-gum
- Fruits et produits végétaux, confits ou glacés au sucre (exemple : marrons glacés)
- Pâtes d'amandes, pralines ; mélanges d'amandes ou de noisettes et de sucre cuits ou crus, le « tant pour tant » (mélange d'égale quantité de poudre d'amandes et de sucre), lorsqu'ils sont présentés sous forme de confiserie
- Pâtes de fruits dans la mesure où elles constituent des articles de confiserie : bonbons, bouchées, beignets, palets, etc.
- Calissons
À noter : Les articles à la saveur sucrée présentés sous forme de confiserie et dans lesquels les sucres ont été partiellement ou totalement substitués sont aussi soumis au taux plein de 20 %.
Dans la restauration, le taux intermédiaire à 10 % s'applique aux confiseries, produits chocolatés, margarines et caviar lorsqu'ils sont vendus dans le cadre de la restauration. Ils sont destinés à une consommation immédiate.
Gestion de la TVA en Boulangerie-Pâtisserie
Un artisan boulanger ou pâtissier doit gérer deux types de taxe sur la valeur ajoutée : celle déductible (payées aux fournisseurs), et la celle collectée, qu'il facture à ses clients sur ses ventes. Le taux de cette dernière est une mention obligatoire à faire apparaître sur le ticket de caisse.
Connaître les taux applicables est essentiel pour éviter toute erreur comptable et respecter la législation fiscale. Une bonne gestion de sa TVA est un levier clé pour la rentabilité et la pérennité de son commerce. Une mauvaise gestion peut entraîner des redressements fiscaux et des amendes. Cela peut entraîner un manque à gagner de plusieurs milliers d'euros par an pour votre point de ventes !
À noter également que les assortiments de chocolat doivent faire l’objet d’une ventilation des taux.
TVA en Boulangerie-Pâtisserie
En Conclusion
La complexité des taux de TVA applicables aux produits de confiserie et de chocolaterie nécessite une attention particulière de la part des professionnels. Il est crucial de bien distinguer les produits à emporter et ceux consommés sur place, ainsi que de connaître les spécificités liées à la composition et à la taille des chocolats.
Comprendre et appliquer correctement les taux de TVA en boulangerie est crucial pour éviter des sanctions et optimiser la gestion de son entreprise.
