Situation financière et procédure de redressement judiciaire de Valdunes
Valdunes, dernier fabricant français de roues et d’essieux ferroviaires, a traversé une crise profonde marquée par une situation financière dégradée, des tensions sociales et une succession rapide d’événements juridiques et industriels. Placée en redressement judiciaire en novembre 2023, l’entreprise a vu s’enchaîner mobilisations, offres de reprise, et interventions publiques pour tenter de préserver la filière et les emplois.
Contexte financier et industriel avant la procédure
En 2023, Valdunes, le dernier fabricant français de roues et d’essieux ferroviaires, faisait face à une crise sans précédent. Confrontée à des difficultés financières majeures, des tensions sociales et une perte de direction, l’entreprise n’avait plus que quelques mois de trésorerie en réserve. Quand, en novembre 2023, Valdunes, lâché par son actionnaire chinois, est placé en redressement judiciaire, le ministère, la région des Hauts-de-France, les collectivités locales, la CGT et même l’Elysée montent au créneau pour trouver un repreneur.
Avec 21 millions d’euros de dettes, 3,5 millions en caisse et des pertes mensuelles de 1,5 million, l’entreprise était au bord du précipice. Le rapport du cabinet Grant Thornton soulignait, avant sa reprise, « l’obsolescence des machines, en particulier sur sa partie forge » à Leffrinckoucke et estimait qu’il faudrait jusqu’à 57,7 millions d’euros pour remettre l’outil de production à niveau.
La procédure de redressement judiciaire : déroulement et décisions de justice
Le fabricant de roues de trains Valdunes a été placé en redressement judiciaire ce lundi 20 novembre. Le tribunal de commerce de Lille a placé ce lundi 20 novembre en redressement judiciaire le dernier fabricant en France de roues de trains, Valdunes, lâché en mai par son actionnaire chinois MA Steel, et qui cherche un repreneur. Le tribunal, constatant une situation de cessation de paiement au 8 novembre, estime qu’un « plan de redressement est envisageable ».
La société et les représentants des salariés comparaîtront lors d’une première audience le 17 janvier. En redressement judiciaire depuis novembre 2023, l’entreprise cherchait un repreneur et plusieurs acteurs se sont positionnés, parfois uniquement pour l’un des deux sites (Leffrinckoucke et Trith‑Saint‑Léger).
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Reprises, repreneurs et rôle d’Europlasma
Le 20 mars 2024, Valdunes, dernier fabricant français de roues ferroviaires, était « sauvé », selon les mots du ministre de l’industrie d’alors, Roland Lescure. Le tribunal de commerce de Lille validait sa reprise par un groupe landais, Europlasma. Le travail continue. Nous avons aujourd’hui un repreneur - Europlasma - qui porte un projet visant le maintien de cette filière ferroviaire à travers la décarbonation de la production.
Europlasma, spécialiste du traitement et de la valorisation des déchets dangereux, a déjà repris plusieurs sites en difficulté, dont, en 2021, Les Forges de Tarbes, unique fabricant français de corps creux de 155 millimètres pour les obus des canons Caesar. Le groupe basé dans les Landes a fait état jeudi d'une lourde perte nette en 2025, pour un chiffre d'affaires de 70,4 millions d'euros, en hausse de 65,9% sur un an (+40,5% à périmètre constant). Il reconnait des "tensions de trésorerie", en raison notamment du "caractère déficitaire de la majorité de ses activités".
Dix mois plus tard, comment se portent les deux sites de l’entreprise dans le Nord, à Leffrinckoucke et à Trith-Saint-Léger ? Difficile à dire, tant les réponses des multiples interlocuteurs restent floues. Le projet a pourtant pris, en quelques mois, un virage radical vers l’industrie de l’armement. Le groupe avait annoncé en avril discuter avec un "industriel français du secteur de la défense" pour un potentiel rachat de ses activités de défense.
Conséquences sociales et mobilisation des salariés
En mai, les 340 salariés ont appris que leur actionnaire n’investirait plus, même s’il se maintient jusqu’à la fin de l’année. Une dizaine de repreneurs se sont positionnés, mais sur un site ou l’autre : Dunkerque transforme l’acier en roues qui sont ensuite usinées et assemblées à Valenciennes. Il y a une forme d’urgence car si les salariés sont en poste, ils craignent un arrêt d’activité faute d’approvisionnement en métal et donc, par ricochet, des commandes non honorées l’an prochain.
Les grèves fréquentes des salariés, représentant 30% des jours ouvrés, ajoutaient une pression supplémentaire sur la production et les livraisons. Après trois semaines de grève en mai dernier, une autre grève a suivi pendant la première quinzaine de septembre. Certains n’attendront pas le verdict, constatait un salarié interrogé.
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La CGT porte également un projet de reprise : Valdunes pourrait incorporer un consortium comprenant l’équipementier, Alstom - qui fabrique les trains - et la SNCF qui les fait rouler. La CGT qui continue à croire à un consortium avec Alstom et la SNCF pour sauver les 2 usines nordistes présentera officiellement son business plan de reprise jeudi au ministère de l'économie.
Intervention de l’État et implications politiques
Comme s’y était engagé le président de la République en mai dernier, l’Etat continuera de se battre jusqu’au dernier quart d’heure pour Valdunes et ses salariés. Dans ce cadre, Roland Lescure, ministre délégué chargé de l’Industrie et de l’Energie, sera ce jeudi 21 mars sur le site de Leffrinckoucke aux côtés de l’ensemble des salariés du site pour accompagner cette reprise. Pour Roland Lescure : « Valdunes est sauvé. Le travail continue. »
Le ministère de l'Economie révèle ce jeudi le détail de l'offre de reprise de Valdunes, le dernier fabricant français de roues pour trains qui possède deux sites dans le département du Nord. Plus du tiers de l'effectif ne serait pas repris. Lors d'une interview, Emmanuel Macron a promis de « se battre jusqu’au dernier quart d’heure » pour les Valdunes.
État des sites et perspectives industrielles
Basé à Leffrinckoucke et Trith-Saint-Léger, Valdunes est le dernier fabricant de roues et d’essieux de trains en France. Dunkerque transforme l’acier en roues qui sont ensuite usinées et assemblées à Valenciennes. Aujourd’hui, 20 à 30 000 roues sortent de chez Valdunes chaque année, il en faudrait au moins 100 000 pour justifier les investissements nécessaires à la remise à niveau de l’outil de production.
Le rapport de Grant Thornton estimait qu’il faudrait jusqu’à 57,7 millions d’euros pour remettre l’outil de production à niveau. Les investissements devront être conséquents pour rattraper ceux non effectués ces dernières années, et une augmentation de la production sera nécessaire.
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Rôle du management de transition et actions menées
En 2023, c’est dans ce contexte critique que Guillaume Ferrand, manager de transition identifié par Delville Management, est intervenu pour redresser l’entreprise. En tant que manager de transition, je n’avais pas de passé ni de conflit historique avec les employés, ce qui a facilité les échanges avec les salariés de Valdunes. Dans tous processus de redressement, l’Humain, c’est la clé.
J’ai donc instauré des réunions régulières avec les employés et les syndicats, partageant toutes les informations financières et opérationnelles de manière transparente. Cette approche a permis de réduire les tensions et de remobiliser les équipes autour d’un objectif commun : sauver Valdunes.
Risques et facteurs d’incertitude
Il y a une forme d’urgence car si les salariés sont en poste, ils craignent un arrêt d’activité faute d’approvisionnement en métal et donc, par ricochet, des commandes non honorées l’an prochain. Le stock d’acier ne permettra pas de tenir jusqu’à la fin de l’année, estiment les syndicalistes. La direction affirme optimiser les ressources pour qu’il n’y ait pas d’interruption de production.
Le groupe Europlasma a reconnu des tensions de trésorerie et plusieurs de ses filiales ont été placées en procédures judiciaires distinctes, ce qui accroît l’incertitude sur la capacité du groupe à financer les investissements requis. Le temps presse car les effectifs commencent à diminuer sur les deux sites avec des démissions en cascade.
LCI 17/20 Michel Field: l'avenir des syndicats 1er mai 2013
Tableau récapitulatif des éléments financiers et opérationnels clés
| Élément | Valeur / situation |
|---|---|
| Dette (estimation au début de la crise) | 21 millions d'euros |
| Trésorerie disponible (estimation) | 3,5 millions d'euros |
| Pertes mensuelles (estimation) | 1,5 million d'euros |
| Investissement estimé pour remise à niveau | Jusqu'à 57,7 millions d'euros |
| Production actuelle (roues/an) | 20-30 000 |
| Production cible pour viabilité | ~100 000 roues/an |
| Effectif avant crise | ~320-340 salariés |
Points de vigilance pour la poursuite du redressement
- Assurer les financements nécessaires pour moderniser l’outil industriel.
- Maintenir l’approvisionnement en matière première pour éviter l’arrêt de production.
- Conserver les compétences en limitant les départs et en proposant des reclassements ou formations.
- Clarifier le projet industriel du repreneur (Europlasma) et sa capacité financière à tenir les engagements.
- Favoriser les coopérations industrielles (consortium avec Alstom/SNCF ou autres) pour sécuriser les débouchés.
La situation de Valdunes illustre les défis de la réindustrialisation et de la souveraineté industrielle : la sauvegarde d’un savoir‑faire national requiert des décisions rapides, des investissements conséquents et une coordination étroite entre acteurs publics, syndicats et industriels pour transformer une procédure juridique en véritable relance industrielle.
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