Grève CFE-CGC et mobilisations : informations sur les journées des 5 et 6 février

Plusieurs journées de mobilisation et d'appels à la grève se sont succédé autour du projet de réforme des retraites, impliquant de nombreuses organisations syndicales et perturbant divers secteurs. Certaines organisations maintiennent la pression par des appels à la grève et des manifestations nationales, tandis que d'autres privilégient la participation aux dispositifs de dialogue proposés par le gouvernement.

Chiffres et contexte récent des manifestations

Selon le ministère de l'Intérieur, plus de 108.000 personnes ont manifesté en France ce mercredi 29 janvier pour la septième journée de mobilisation nationale interprofessionnelle, une mobilisation en recul par rapport aux précédentes.

Après la réussite de la mobilisation du 31 janvier, les syndicats ont appelé à deux nouvelles journées de manifestation les mardi 7 et samedi 11 février. La mobilisation a été historique mardi 31 janvier. Après cette mobilisation réussie, les organisations syndicales entendent maintenir la pression.

Appels à la mobilisation : qui, quand et pourquoi

L'intersyndicale (CGT, Force ouvrière, FSU, Solidaires, MNL, UNL, Fidl, Unef) opposée au projet de réforme des retraites a appelé à une nouvelle journée de grève et de manifestations le 6 février. L'intersyndicale a appelé à "interpeller les parlementaires".

La CFE-CGC, qui reste dans l'intersyndicale, n'est pas signataire de cet appel car elle a souhaité faire une pause après la journée de mobilisation du 24 janvier. La CFE-CGC, malgré sa présence dans l'intersyndicale, a adopté une posture moins engagée pour cette échéance particulière.

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Plusieurs syndicats, toutes professions confondues, appellent à la "grève générale" le 5 février. La CGT organise cette première journée de mobilisation de l'année, associée avec Solidaires, des organisations de Force ouvrière et avec le soutien du NPA, du PCF et de la France insoumise. Des syndicats lycéens et étudiants pourront se joindre au cortège.

Revendiсations portées par les manifestations

"À la veille de l'ouverture de la 'conférence des financeurs', nos organisations syndicales réaffirment leurs propositions d'augmentation des recettes des régimes de retraites, qui passent par une meilleure répartition des richesses créées par le travail des salarié-es", peut-on lire dans le communiqué publié dans la soirée par l'intersyndicale.

Deux revendications principales émergent : la hausse des salaires et la justice fiscale. Si lors des précédentes manifestations, la politique "libérale" du gouvernement et d'Emmanuel Macron était la principale cible, cette fois, les critiques se focalisent sur le patronat. "Dans un pays où les 40 plus grandes entreprises versent 57,4 milliards d'euros à leurs actionnaires, il ne faut pas uniquement frapper à la porte du gouvernement", insiste Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, qui réclame la suppression des aides publiques aux entreprises (CICE, exonérations).

"Une mobilisation historique par sa force et sa durée, le soutien sans faille de l'opinion publique, l'avis du Conseil d'État : le projet de réforme des retraites n'a jamais été si fragile", ajoutent les syndicats dans leur communiqué.

Impact sectoriel et services touchés

Concrètement, plusieurs secteurs devraient être touchés. À la SNCF, le CGT-Cheminots et SUD-Rail ont appelé à cesser le travail les 7 et 8 février, prélude à un préavis reconductible « dès la mi-février ». Ce mercredi, l’intersyndicale des organisations représentatives à la RATP a aussi appelé à la grève.

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Un préavis de grève a également été déposé par la CGT à partir du 6 février pour les raffineries et dépôts pétroliers de TotalEnergies. Des préavis de grèves ont été déposés notamment dans la fonction publique (DGCCRF), à la RATP ou à la SNCF, et des manifestations sont prévues un peu partout en France.

En Gironde, selon France Bleu, la SNCF prévoit un "impact faible" sur les trains TER et Intercités et une "circulation normale" sur les TGV. La manifestation bordelaise débutera à 11h30 place de la République. En conséquence, TBM annonce des perturbations sur le réseau de bus et trams dans le centre-ville de Bordeaux : ralentissements ou interruptions de trafic sur les trams A, B et C et déviation des bus autour du secteur République-Gambetta-Quinconces.

Les établissements scolaires, eux, devraient être majoritairement ouverts, avec quelques absences chez les enseignants en primaire, secondaire et dans le supérieur. Les services de restauration et de garderie, eux, pourraient être plus fortement impactés. Retrouvez ici la liste des perturbations, école par école, à Bordeaux. D'autres villes ont mis en place un système d'information similaire, à retrouver sur le site de la mairie.

Calendrier législatif et réactions politiques

Le projet de loi de réforme des retraites sera examiné par la commission spéciale la semaine prochaine. Le projet de loi est débattu depuis lundi et jusqu’à ce mercredi en commission à l’Assemblée nationale. Il sera ensuite débattu dans l’hémicycle à partir du lundi 6 février. Les députés examineront les près de 7 000 amendements qui ont été déposés.

Le gouvernement a multiplié les initiatives : "Le porte-parole du gouvernement a ainsi annoncé le dépôt à la fin du mois de mars d’un projet de loi de réforme de la fonction publique. Dans tous les ministères, les services sont passés à la moulinette pour contribuer aux 120 000 suppressions d’emplois publics promises."

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Pour le président de la CFE-CGC, « la responsabilité, c’est de prendre des décisions importantes qui misent sur la motivation des gens. Il est difficile de mener un pays vers l’avenir avec des gens résignés. Par ailleurs, il y a de la croissance en France et cette croissance est mal répartie. »

Stratégies syndicales et perspectives

Après la manifestation du 19 janvier puis celle du 31 janvier, l’intersyndicale a arrêté deux nouvelles dates de mobilisation « pour dire non à cette réforme ». L'intersyndicale CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU, SOLIDAIRES, a adressé une pétition au Premier ministre.

En plus de la journée de mardi, la CGT propose d'organiser toutes les semaines des "mardis d'urgence sociale". En outre, elle a mis en ligne des "cahiers d'expression revendicative" autour de six thèmes : salaires/pensions; fiscalité ; services publics ; quotidien au travail ; transition écologique ; démocratie/citoyenneté.

« On a l’impression qu’il y a deux trains qui cheminent sur deux voies parallèles », a déclaré François Hommeril, quelques minutes avant le début de la manifestation. L’intersyndicale a tenté d’établir des ponts, mais visiblement cela n’intéresse pas le président de la République de prendre contact avec son pays réel. « Nous sommes légitimes à représenter le courant majoritaire. Nous sommes dans notre rôle, nous assumons notre mandat. Le mouvement a été organisé de façon pacifique et graduelle. »

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Mesures visuelles et mobilisation sur le terrain

Ballons, banderoles, casquettes, chasubles et drapeaux : toute la panoplie visuelle de la CFE-CGC était déployée dans les cortèges qui ont sillonné la France, le samedi 11 mars. Dans le courrier que les organisations syndicales ont envoyé à Emmanuel Macron, le 9 mars, elles indiquent que « cette absence de réponse constitue un grave problème démocratique » et qu’elle « conduit immanquablement à une situation qui pourrait devenir explosive ».

Évaluation des forces et incertitudes

Lors de la précédente mobilisation, le 14 décembre, la CGT avait organisé 170 rassemblements et manifestations pour des hausses de salaires. La centrale syndicale avait dénombré 15.000 manifestants à Paris, la préfecture de police en comptant 6.000. Aucun chiffre au niveau national n'avait été communiqué. Pour mardi, Stéphane Sirot, un historien spécialiste des conflits sociaux, estime dans le JDD que la manifestation pourrait réunir environ 200.000 personnes.

Face à l’ampleur et à la radicalité de ce mouvement, le gouvernement hésite, manœuvre. Mais Macron veut reprendre la main : pendant qu’il organise un simulacre de débat, il charge ses ministres de continuer le sale boulot.

Date Événement Acteurs principaux
24 janvier Journée de mobilisation CFE-CGC participe puis marque une pause
29 janvier 7e journée nationale Intersyndicale, 108.000 manifestants (ministère)
31 janvier Mobilisation historique Intersyndicale
5-7 février Appels à grève et manifestations (5, 6, 7 février) CGT, Solidaires, FO, autres syndicats
6 février Débat en hémicycle, suites législatives Assemblée nationale, députés

Les travailleurs et travailleuses que nos organisations représentent sont en colère. La multiplication des mobilisations sous diverses formes le confirme. En effet, les différentes mesures budgétaires avancées sont d’une brutalité sans précédent.

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