Création d’une entreprise de kinésithérapeute : démarches INPI et étapes administratives

Vous arrivez au bout de vos études en institut de formation en masso-kinésithérapie, vous avez votre diplôme d’État en ligne de mire… et une question qui tourne en boucle : « Concrètement, comment devenir kiné libéral, étape par étape, sans me perdre dans les démarches administratives ? »

Bonne nouvelle : le parcours d'installation en libéral d’un kinésithérapeute libéral est bien balisé. Devenir kinésithérapeute en libéral confère une plus grande autonomie, une gestion personnalisée de son emploi du temps et souvent une meilleure rémunération. Mais pour s’installer et exercer en toute légalité, certaines démarches sont indispensables.

Clarifier le projet professionnel avant les démarches

Clarifier votre projet d'exercice avant les démarches administratives : la première étape avant de devenir kiné libéral. Avant même de remplir le moindre formulaire, vous avez un projet d’exercice professionnel à poser noir sur blanc. C’est lui qui va guider toutes vos démarches administratives et conditionner vos revenus de kiné libéral.

Avant de vous lancer, il est utile de poser un business plan simple : estimation de la rémunération à l’acte, projections de revenus de kiné libéral, charges fixes (loyer, matériel, assurances, logiciel, etc.) et variable, pour vérifier que votre projet est adapté à votre situation personnelle.

Choisir le mode d’exercice et le statut juridique

Choisir votre mode d’exercice : assistant, remplaçant, collaborateur ou titulaire. En première année d’activité libérale, vous n’êtes pas obligé d’ouvrir votre cabinet immédiatement. Ce choix de statut de kiné en libéral a des conséquences sur votre statut juridique (par exemple entreprise individuelle ou SELARL (société d’exercice libéral à responsabilité limitée)) ; vos charges sociales et fiscales ; votre niveau de sécurité financière la première année ; et votre capacité à développer une patientèle et votre chiffre d’affaires.

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L’exercice en nom propre est, en effet, impossible en cas d’exercice à plusieurs. S’il choisit de rester seul, le kiné peut choisir l’entreprise individuelle ou une société d’exercice libérale à associé unique (SELURL ou SELASU). S’il envisage d’exercer à plusieurs, il doit obligatoirement créer une société. Il peut choisir une société d’exercice libéral à plusieurs associés (SELARL, SELAS, SELAFA…) ou une société de moyens (SCM).

Le choix du statut juridique est une étape déterminante ! L’entreprise individuelle (EI), c’est la forme la plus courante et la plus simple pour démarrer. Vous exercez votre activité en nom propre, sans créer de structure distincte. Créer une société d’exercice libéral permet d’avoir une structure plus formelle, adaptée à des projets de développement.

Les démarches liées aux qualifications et aux obligations professionnelles

Pour exercer le métier de masseur-kinésithérapeute, il faut obligatoirement détenir le Diplôme d’Etat de masseur kinésithérapeute (DE). L’inscription à l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes est indispensable pour pouvoir exercer. S’inscrire à l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes pour obtenir votre numéro RPPS : c’est la première grande démarche “officielle” : sans numéro RPPS, vous ne pouvez pas vous enregistrer auprès de l’Assurance Maladie ni vous conventionner.

Vous devez d’abord demander votre inscription au tableau auprès du conseil départemental de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes (CDOMK) de votre lieu d’installation. Une fois votre inscription validée, le conseil procède à l’enregistrement de votre diplôme et vous délivre une attestation d’inscription sur laquelle figure votre numéro RPPS. Ce numéro vous suivra tout au long de votre exercice professionnel, quel que soit votre mode d’exercice ou votre statut juridique.

Cette inscription à l’Ordre vous engage au respect du code de déontologie et du code de la santé publique (respect du secret professionnel, indépendance, qualité des soins, continuité de la prise en charge, etc.).

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Enregistrement auprès de l’Assurance Maladie et conventionnement

L’enregistrement auprès de votre caisse primaire d’Assurance Maladie (CPAM) est obligatoire pour pouvoir facturer les soins remboursables. Une fois votre numéro RPPS obtenu, vous pouvez vous enregistrer comme kinésithérapeute libéral auprès de votre CPAM.

Le formulaire d’identification sur installation-kine.ameli.fr : depuis plusieurs années, l’Assurance Maladie a mis en place un portail dédié : installation-kine.ameli.fr. C’est la porte d’entrée pour votre inscription à la CPAM et votre conventionnement. Lors de ce rendez-vous, la CPAM : vérifie la conformité de votre dossier. Elle vous informe des conséquences du zonage et des conditions de conventionnement (notamment au regard de l’avenant 7 et de la convention nationale). Et finalise votre inscription au régime PAMC (praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés).

L’accès au conventionnement peut être plus ou moins compliqué en fonction du lieu d’implantation retenu. En 2025, votre lieu d’installation n’est plus un simple choix géographique, c’est un enjeu de santé publique. L’avenant 7 renforce la régulation démographique : pour obtenir l’accès au conventionnement en exercice en libéral sous convention, vous devez par exemple justifier d’une expérience professionnelle minimale ou vous installer dans le cadre d’un départ ou d’une cessation d’activité dans certaines zones.

Il existe de nombreuses aides à l’installation, notamment pour les professionnels qui choisissent de s’installer dans des zones classées « très sous-dotées » ou « sous-dotées » par l’agence régionale de santé (ARS). Il renforce les contrats démographiques (par exemple contrat d’aide à l’installation ou contrat d’aide à la création d’un cabinet en zones très sous-dotées) qui peuvent vous apporter une aide financière importante (versements annuels, primes, etc.) en échange d’un engagement de durée.

Guichet unique INPI : déposer la création d’entreprise

Parallèlement à votre inscription à l’Assurance Maladie, vous devez donner une existence juridique à votre activité libérale. Le guichet unique des formalités des entreprises : depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, toutes les formalités de création d’entreprise y compris pour une profession libérale de santé doivent passer par le guichet des formalités des entreprises, accessible en ligne sur formalites.entreprises.gouv.fr, opéré par l’INPI. Ce guichet unique a remplacé les anciens CFE.

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Ces formalités permettent de transmettre automatiquement votre dossier à l’URSSAF (cotisations sociales), à l’INSEE (attribution du numéro SIRET) et aux autres organismes concernés (dont la CARPIMKO pour la retraite et la prévoyance des masseurs-kinésithérapeutes).

Étapes pratiques sur le portail e-procédures / Guichet unique

  1. Étape 2 : débuter la démarche. Vous êtes maintenant connecté au portail e-procédures, votre formalité commence. Débutez votre création d’entreprise en cliquant sur « Créer, modifier ou cesser une entreprise » depuis la rubrique « Entreprises ».
  2. Vous arrivez sur la page d’accueil pour les déclarations de création, de modification, de dépôt de documents et de cessation d’entreprise. Dans la rubrique « Création d’entreprise », cliquez sur « Créer une entreprise ». Une page « Préparez votre démarche » s’ouvre. Elle récapitule les points essentiels du processus de création d’entreprise. Cliquez sur le bouton « Continuer » en bas à droite de l’écran pour passer à l’étape suivante.
  3. Remplissez le formulaire : à la question « Quelle est la forme de l’entreprise que vous souhaitez créer ? », sélectionnez « Personne morale ». Puis remplissez la suite du pré-formulaire en fonction du type de SEL que vous souhaitez créer. Cliquez ensuite sur « Continuer ». Votre démarche commence.
  4. Il convient maintenant de nommer votre brouillon. Pour rappel, les données saisies lors du processus de création sont automatiquement enregistrées. Il sera possible de retrouver votre brouillon à partir de la page d’accueil en cliquant sur « Accéder à mes brouillons », pendant une période d'un an.

Informations à renseigner dans le dossier

Étape 3 : ajouter les informations demandées. À cette étape, indiquez les informations demandées. Veuillez remplir l’ensemble des champs obligatoires (marqués d’un astérisque *). Il convient de remplir tous les champs obligatoires pour passer à l’étape suivante.

  • « Identité de l’entreprise » : cette rubrique a pour but d’identifier l’identité de l’entreprise, la personne morale, la structure de l’entreprise et éventuellement le nom de domaine de la société.
  • « Publication » : dans cette rubrique, vous devez indiquer le lien de l’annonce de constitution publiée dans un journal d’annonce légale.
  • « Gestion et direction » : cette rubrique permet de déclarer le ou les représentant(s) de la société.
  • « Établissements » : remplissez les caractéristiques de l’établissement (c’est-à-dire le ou les locaux où s’exerce l’activité de l’entreprise) en renseignant les informations générales, la ou les activité(s) en suivant les instructions pour la catégorisation, et le nom de domaine internet si vous en possédez un.
  • « Bénéficiaires effectifs » : renseignez-le ou les bénéficiaires de la société.
  • « Options fiscales » : renseignez les informations relatives aux options fiscales.

Pièces jointes, vérification, signature et paiement

Étape 4 : ajouter les pièces jointes. À cette étape, ajoutez les documents justificatifs demandés au format PDF (10 Mo maximum par pièce jointe). L’INPI ne peut pas vous confirmer la conformité des pièces jointes téléversées. Le contenu des pièces jointes et leur validité sont du ressort des autorités compétentes. Depuis le 22 août 2025, vous pouvez gérer la confidentialité de vos actes et de vos données personnelles. L’anonymisation s’effectue directement depuis le site du Guichet unique.

Étape 5 : vérifier le dossier complété. Les pièces jointes sont maintenant ajoutées, vous pouvez vérifier le dossier. « Observations » : si vous le souhaitez, vous avez la possibilité de laisser un commentaire à l’autorité compétente en charge de la vérification de votre demande de création. Vous devez également compléter le formulaire et indiquer si vous acceptez l’utilisation de vos données personnelles à des fins de prospection. « Valider le dossier » ne signifie pas que votre demande est terminée.

Étape 6 : signer la formalité. À cette étape, un écran « Nouvelle entreprise » s'ouvre. Téléchargez la synthèse et vérifiez une nouvelle fois si votre dossier est complet et correct. Pour signer la formalité, cochez la case « Je confirme que les informations de la demande de création sont bien exactes ».

Étape 7 : payer la formalité. À cette étape, il convient d’effectuer le paiement. Le Guichet unique propose, au choix, le règlement : par carte bancaire via un module de paiement sécurisé ; par l’intermédiaire d’un compte de paiement INPI ; par délégation de paiement. Cette modalité est particulièrement adaptée aux déclarants et aux mandataires qui réalisent un nombre important de formalités.

Après l’envoi : suivi, régularisations et immatriculation

Après l’envoi d’une demande de création, vous pouvez suivre l’avancée de votre dossier à partir de votre tableau de bord. Si le dossier est incomplet ou présente des irrégularités, vous recevrez une notification par courriel vous invitant à consulter le tableau de bord dans le bloc « Formalité en attente de régularisation ». Ces régularisations sont toujours à effectuer sur le Guichet unique. La régularisation peut engendrer des frais complémentaires à payer.

Immatriculation de la SEL : une fois la validation de votre dossier de création par l'autorité compétente, votre entreprise est immatriculée. Vous recevrez une notification sur votre tableau de bord vous informant du changement de statut de votre formalité. Ces informations seront inscrites au Registre national des entreprises (RNE) et ainsi transmises à la Direction régionale des Finances publiques (DGFiP) et à l'Urssaf. Vous pourrez télécharger ces informations sur DATA INPI.

Propriété intellectuelle et protection de la marque

Après avoir créé votre entreprise, il est important de considérer la propriété intellectuelle car elle vous permet d’avoir un avantage concurrentiel et de vous démarquer de vos concurrents.

Obligations professionnelles et assurances

En qualité de professionnel de santé, le masseur-kinésithérapeute exerçant à titre libéral doit souscrire à une assurance de responsabilité civile professionnelle. Cette assurance est légalement obligatoire pour tout masseur-kinésithérapeute libéral (article L.1142-2 du Code de la santé publique). Sans attestation RCP, l’inscription à l’Ordre n’est pas possible.

Comparez plusieurs offres d’assurance : niveau de garantie ; plafond et franchise ; prise en charge des frais de défense ; options (protection juridique, moyens de paiement, cyber-risques, etc.).

Organisation financière et accompagnement comptable

Devenir kiné libéral c’est aussi : ouvrir un compte bancaire dédié et avoir gestion financière fiable. Même si la loi ne vous impose pas forcément d’ouvrir un compte bancaire professionnel, il est fortement recommandé d’avoir un compte dédié à l’activité de votre cabinet de kinésithérapie. En effet, il vous permet une meilleure lisibilité de vos revenus et de vos charges. Ces éléments ont un impact direct sur votre capacité à développer votre patientèle, votre chiffre d’affaires et votre salaire net après charges.

À ce stade, n’hésitez pas à déléguer votre comptabilité à des experts spécialisés dans les professionnels de santé libéraux avant de finaliser votre décision. Horizon libéral est la solution parfaite pour vous. Il vous accompagne de votre projet d’installation à votre comptabilité une fois votre rêve de devenir kiné libéral exaucé.

Un expert à vos côtés pour sécuriser votre comptabilité et vos revenus : gagnez du temps sur votre compta, suivez vos revenus avec plus de précision et gardez une vision claire de votre activité grâce à un service pensé pour les kinés libéraux. Être accompagné par un expert sur ma comptabilité.

Points pratiques supplémentaires et ressources

  • Vous devez obligatoirement déclarer et faire enregistrer votre activité libérale auprès de l’assurance maladie. Il doit déposer un dossier et prendre rendez-vous avec un conseiller. Le conseiller enregistre le dossier d’installation du professionnel et commande des feuilles de soins pré-identifiées à son nom.
  • Pour s’inscrire au tableau de l’Ordre, un kiné doit réunir plusieurs pièces justificatives et les déposer au conseil départemental dont il dépend géographiquement. Il peut aussi les lui communiquer par courrier, en lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR). Le conseil étudie le dossier puis donne sa décision.
  • Par la suite, une carte de professionnel de santé (CPS) lui est automatiquement envoyée par l’Agence des systèmes d’informations partagés de santé (ASIP Santé).
  • Un masseur-kinésithérapeute peut exercer son activité seul, ou se regrouper avec d’autres professionnels. La décision prise à ce niveau va avoir une influence sur la forme d’entreprise qu’il peut choisir.

Se préparer aux contrôles et obligations continues

Les masseurs-kinésithérapeutes doivent participer annuellement à un programme de développement professionnel continu. À ce titre, le professionnel de santé (salarié ou libéral) doit justifier de son engagement dans une démarche de développement professionnel. Le programme se présente sous la forme de formations (présentielles, mixtes ou non-présentielles) d’analyse, d’évaluation, et d’amélioration des pratiques et de gestion des risques.

Les masseurs kinésithérapeutes doivent notamment respecter les principes de moralité et de probité qui s’imposent à eux. Il doit, à ce titre, respecter un certain nombre de dispositions rassemblées dans un Code de Déontologie (devoirs envers les patients, les confrères, etc.).

[TUTO] Comment créer sa micro-entreprise ? (INPI 2026) - Guide Complet

Ressources utiles

  • Guichet unique des formalités des entreprises (opéré par l’INPI) : formalites.entreprises.gouv.fr
  • Portail installation-kine.ameli.fr pour l’inscription à la CPAM et le conventionnement
  • Conseil départemental de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes pour l’inscription au tableau

Oui. Le parcours pour devenir kiné libéral peut sembler dense : ordre des masseurs-kinésithérapeutes, numéro RPPS, CPAM, conventionnement, guichet unique, URSSAF, CARPIMKO, responsabilité civile professionnelle… Mais une fois les formalités administratives bien ordonnées, vous posez les bases solides de votre exercice en libéral pour les années à venir.

Avec une bonne préparation, quelques conseils pratiques de confrères déjà installés et un peu de méthode, vous avez toutes les cartes en main pour réussir votre installation et faire de votre futur cabinet de kinésithérapie un lieu de soins à votre image.

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