Histoire et localisation de l'entreprise Suchard — chocolat, Fribourg, Allemagne
Chocolaterie suisse créée en 1826 à Neuchâtel par Philippe Suchard (1797-1884), d’une famille originaire du Dauphiné, descendant de réfugiés, victimes de l’Édit de Nantes. Inspiré par son voyage aux États-Unis, Philippe Suchard ouvre une confiserie à Neuchâtel, en Suisse. Il ouvrit, en 1825, une boutique-atelier dans la rue des Halles, où il mettait en valeur le « chocolat fin de sa fabrication, confectionné avec des cacaos caraques et surtout du sucre raffiné ». Un chocolat qu’il fabriquait lui-même, manuellement, comme c’était alors l’usage.
Ce travail lui faisant perdre un temps précieux, un an plus tard, « il se rappela qu’il avait vu en Amérique remplacer partout où cela était possible, la force de l’homme par une chute d’eau ; il n’eut pas à chercher bien loin, une roue hydraulique était disponible à Serrières. Philippe Suchard fit tailler à Saint-Triphon un bassin et des meules roulantes qu’il installa dans la pauvre bâtisse qu’il avait louée. Le résultat fut prodigieux ; en 24 heures la machine triturait 108 livres de cacao d’une façon irréprochable […]. » D’un moulin désaffecté il fit une fabrique appelée à une notoriété mondiale.
La maison Suchard obtint trente-et-une médailles d’or et d’argent dans les expositions de la fin du XIXe siècle et du début du XXe. À l’occasion de ce cinquantième anniversaire, son fondateur souscrivit une assurance « accidents » collective pour son personnel, ce qui constituait une innovation en matière de sécurité industrielle. Il est vrai que Philippe Suchard eut à cœur d’assurer le bien-être de ses ouvriers ; il leur fit construire des maisons, et, après sa mort, la Cité Suchard fut bâtie au bord du lac.
Expansion industrielle et internationalisation
L'entreprise mécanise sa production (création de Milka en 1901) et entame un développement international en ouvrant des filiales en Europe dès 1879 et en confiant ses recettes à des firmes étrangères dès 1922 (notamment en Roumanie, Suède, au Canada, en Afrique du Sud). Elle disposait d'entrepôts généraux à Paris (29, rue Turbigo ; 41, rue des Francs-Bourgeois), Londres (33, King William Street) et New York (73, Warren Street). Devenue société anonyme en 1905, Suchard SA se transforme en holding en 1930, marquant, après que Willy Russ eut vendu ses actions, la fin de l'entreprise familiale.
Après le décès prématuré de Philippe Suchard fils (1883), l’entreprise fut reprise en 1884 par Carl Russ-Suchard (1838-1925), gendre du fondateur, auquel devait succéder son fils, Willy Russ (1877-1959), en 1925. Après son rachat de Tobler, en 1970, Suchard prit le nom d’Interfood SA. Son essor s’arrêta là. Il devait être repris, en 1982, par la Société des cafés Jacobs, premier torréfacteur européen de café. Renommé Jacobs Suchard Tobler, le groupe transféra sa fabrication de chocolat à Berne.
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Usines en Allemagne et localisation - Rötteln, Lörrach, Strasbourg
Avant de disparaître, le vieux chocolatier organisa les agences de Paris et de Londres, et vit s’ouvrir la première fabrique hors de Suisse, celle de Rötteln, en Allemagne (1880), déplacée à Lörrach en 1882. A la fin du 19ème siècle, sa marque devient ultra-réputée dans le domaine de la chocolaterie. A cette occasion, l’usine de Strasbourg voit le jour.
Avec bientôt 200 bougies à souffler, Suchard est devenu bien plus qu’un chocolat, il est un hymne à l’ultra-gourmandise. A l’époque de l’Exposition Universelle de 1900, qui lui décerna un grand prix, la maison Suchard s’était considérablement développée : son usine de Serrières, actionnée par une force motrice de 1 200 chevaux, comptait 1 200 employés et produisait 20 tonnes de chocolat par jour.
Productions, marques et produits emblématiques
Productrice de bonbons fins réputés, la chocolaterie Suchard fut aussi longtemps le plus important fournisseur suisse de cacaos. Suchard poursuit son développement à l'étranger ainsi que sur le site de Serrières (30 kg de chocolat par jour en 1826, 60 t en 1924; 100 ouvriers en 1875, 920 à la fin des années 1960) et diversifie ses produits (Sugus, Suchard Express).
Suchard lance Le Rocher, un cœur de praliné, enrobé d’un chocolat noir et d’éclats de noisettes, que les gourmands s’arrachent aujourd’hui. Quant au rocher que cette firme fut la première à lancer, en 1948, et qui est élaboré avec des graines de pralin, il se décline en plusieurs versions : « Lait », au cœur de praliné onctueux, enrobé d’un nappage de chocolat au lait et parsemé de noisettes ; « Noir », créé en 1982, mariant un intérieur de praliné moelleux et une enveloppe de chocolat noir incrustée de noisettes ; « Amande », lancé en 1992, associant un cœur de praliné aux amandes, une coque de chocolat au lait et des petits éclats d’amandes ; « Noir Saveur Orange », alliant robe de chocolat noir, praliné fondant et parfum d’orange ; etc. En 2009, le rocher au lait traditionnel s’enrichit de brisures de macarons, qui lui donnent du croquant et un goût légèrement biscuité.
La gamme Suchard se modernise pour encore plus de gourmandise, comme pour donner un vent de fraîcheur à tes prochains moments festifs ! Tablette de chocolat noir « Supérieur », certes, mais aussi, et surtout, tablette de chocolat au lait, Milka.
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Transformations, rachats et fin de la production historique
En 1990, Jacobs-Suchard cesse toute sa production chocolatière à Neuchâtel et la déplace à Berne. En 1990, il fut absorbé par Kraft États-Unis, filiale du groupe Philip Morris. Puis, en 1993, à l’intérieur du groupe Philip Morris, Kraft General Foods Europe et Jacobs Suchard furent réunis pour constituer Kraft Jacobs Suchard. La société est vendue à Philip Morris (1990) et prend le nom de Kraft Jacobs Suchard (1993), puis de Kraft Foods Schweiz (2000), qui commercialise au début du XXIe s.
L’usine de Neuchâtel, qui ne produisait plus que les célèbres bonbons aux fruits Sugus, ferma ses portes, et sa production fut transférée à Reims. Après la fermeture du site historique de Serrières, les archives de la chocolaterie furent léguées à l'État, en 1996. L'exceptionnel fonds Suchard-Tobler qu’héberge le département historique du musée neuchâtelois couvre la période allant de 1826 au début des années 1990, et compte quelque 35 000 images et objets, dont environ 12 000 tirages sur papier et 13 000 négatifs, ektachromes et diapositives.
Présence actuelle et mémoire patrimoniale
En 2009, le Musée d’Art et d’Histoire de Neuchâtel proposa une exposition « Le monde selon Suchard », évoquant l’entreprise de sa création à la friche industrielle d’aujourd’hui - la marque existe toujours, mais plus à Neuchâtel -, en passant par son rayonnement planétaire et ses implications sociales. La maison Suchard édita également, entre 1895 et 1910, des menus (« Velma Suchard », Milka Suchard », « Cacao Suchard Soluble ») illustrés de scènes de genre ou humoristiques, d’évocations alpines, de chansons, etc.
La marque continue d’exister au sein de groupes internationaux et ses produits phares demeurent la tablette et le rocher. Les archives, muséographies et expositions locales conservent la mémoire d’une entreprise née à Serrières, devenue multinationale et implantée, entre autres, en Allemagne (Rötteln, Lörrach) et en Alsace (Strasbourg), contribuant durablement à l’histoire économique et culturelle régionale.
Usine "Suchard" à Strasbourg: une nouvelle ligne de production
| Année / Période | Événement |
|---|---|
| 1825-1826 | Ouverture boutique-atelier à Neuchâtel; première fabrique à Serrières |
| 1880-1882 | Première fabrique hors Suisse à Rötteln, déplacée à Lörrach |
| 1900-1905 | Usine de Serrières 1 200 employés; marque enregistrée; transformation en SA |
| 1930 | Transformation en holding; création de Chocolat Suchard SA pour le site de Serrières |
| 1970-1982 | Rachat de Tobler (1970); acquisition par Jacobs (1982) |
| 1990-2000 | Rachat par Philip Morris/Kraft; fermeture du site de Neuchâtel; marque intégrée à Kraft Foods |
Philippe Suchard est le fondateur de la célèbre marque de chocolat. Il est né le 9 octobre 1797 à Boudry, en Suisse. Il apprend le métier de confiseur à Berne. En 1826, il ouvre sa première fabrique de chocolat à Serrières, près de Neuchâtel, où il invente une machine à broyer les fèves de cacao. Il développe rapidement son activité et crée des succursales dans plusieurs pays européens. Il est aussi un entrepreneur qui a essayé de lancer plusieurs autres entreprises avec moins de succès (vers à soie, mine d'asphalte).
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