Comment exploiter un bar en tant qu'auto-entrepreneur
Ça y est, vous décidez de vous lancer : vous allez ouvrir un bar ! Avant de servir vos premiers clients au comptoir, quelques étapes de préparation vous attendent. Vous devrez notamment passer plusieurs formations obligatoires, dénicher le local de vos rêves et effectuer quelques tâches administratives.
Définir et affiner votre projet
La première étape, et sans doute la plus importante, est celle de la préparation. Vous allez affiner votre projet pour vous assurer de sa viabilité. C’est le moment de réfléchir au type de bar que vous allez ouvrir, à la clientèle accueillie, à l’endroit où vous installer… Rédigez ensuite un business plan détaillé. Ce document vous sera utile lors de vos recherches de financements.
À ce stade, lancez-vous dans une étude de marché pour mieux connaître vos futurs clients, mais aussi vos concurrents. Si vous mûrissez ce projet depuis longtemps, vous avez sans doute un concept de bar en tête. C’est une bonne chose : les clients apprécient les établissements à l’identité très marquée ! Vous spécialiser dans une niche vous assure d’être apprécié d’un public précis, avec une concurrence moindre.
Idées de concepts et positionnement
Vous n’avez pas encore d’idée précise concernant l’atmosphère qui régnera dans votre établissement ? Alors voici quelques idées de concepts de bar.
Bars spécialisés
- bières artisanales, éventuellement en laissant des tireuses en libre-service ;
- vins ;
- rhums ou spiritueux ;
- cocktails, avec et sans alcool ;
- jus frais et smoothies ;
- cafés et thés, accompagnés de pâtisseries.
Bars concept
- jeux de société, avec une large ludothèque et de grandes tables ;
- retrogaming, avec plusieurs consoles et des jeux vintage ;
- bar librairie avec fauteuils moelleux ;
- bar sportif avec écrans géants ;
- bar à chats.
Bars d’ambiance et à thèmes
- karaoké, scène ouverte et/ou concerts ;
- bar dansant, bar à chicha ;
- plongée dans une époque (années 80, Années folles), ou spécialisé dans un genre musical (métal) ;
- installé dans un lieu insolite (rooftop, péniche).
Bars-tabacs et multiservices
Créez ou reprenez un bistrot à l’ancienne et proposez des jeux de loterie et un rayon de presse. Vous pourrez aussi faire office de point relais pour les colis. Ce type de café multiservices convient parfaitement en zone rurale.
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Peut-on exploiter un bar sous le statut d'auto-entrepreneur ?
Comme pour divers domaines d’activités, le statut d’auto-entrepreneur s’ouvre aussi à la restauration. Effectivement, le restaurateur peut choisir le statut d’auto-entrepreneur pour démarrer son activité. Il est notamment apprécié dans le monde de l’entrepreneuriat pour les nombreux avantages et améliorations apportés au niveau de son régime juridique et de sa fiscalité.
Le régime de l’auto-entrepreneur en restauration repose sur deux plafonds de chiffre d’affaires et sur un calcul simplifié des cotisations. La vente de repas à consommer sur place ou à emporter est plafonnée à 203 100 € par an, tandis que les prestations de services (serveur, commis ou extra facturant sa main-d’œuvre) sont plafonnées à 83 600 €. En cas de dépassement pendant deux années consécutives, vous basculez vers un régime réel d’imposition au 1er janvier suivant.
Les cotisations sociales se calculent en pourcentage du chiffre d’affaires encaissé : la vente de repas est soumise à un taux de 12,3 %, alors que les prestations de services supportent un taux de 21,2 %. Côté impôt, un abattement forfaitaire s’applique sur le chiffre d’affaires avant imposition : 71 % pour la vente de repas et 50 % pour les prestations de services.
En matière de TVA, l’auto-entrepreneur bénéficie de la franchise en base de TVA : il ne facture pas de TVA tant qu’il reste sous les seuils, et fait figurer la mention « TVA non applicable, article 293 B du Code général des impôts » sur ses factures.
Points d’attention pour l’auto-entrepreneur
- Le choix du statut d’auto-entrepreneur implique une limitation du chiffre d’affaires et du nombre d’embauches.
- Le régime reste peu adapté à un gros investissement avec plusieurs salariés : pour un bar nécessitant des investissements lourds ou plusieurs employés, la création d’une société (SARL, SAS, etc.) sera souvent préférable.
- Veiller à ne pas tomber dans le salariat déguisé : travailler pour un seul employeur avec des horaires imposés peut entraîner une requalification.
Budget et financement
Aujourd’hui, il faut prévoir entre 150 000 et 250 000€ de budget pour ouvrir un bar. Pour les projets les plus ambitieux dans des zones très fréquentées, certains entrepreneurs peuvent débourser près d’un demi-million d’euros. Le tarif augmente en cas de reprise d’un établissement existant, mais il comprend déjà le mobilier, le local et tous les équipements. Toutefois, vous pouvez commencer par un projet plus modeste, par exemple en louant un local de petite surface.
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Le local : c’est souvent le poste de dépenses le plus important. Si vous ne pouvez pas investir dans un achat, vous trouverez sans problème des locaux commerciaux à louer, en particulier dans les centres-villes. Prévoyez aussi quelques travaux d’aménagement et de mise aux normes, notamment concernant l’accessibilité et la sécurité. L’enveloppe globale peut vite atteindre quelques dizaines de milliers d’euros.
Autres postes : licences et formations obligatoires (comptez 1 000 € pour les formations et plusieurs milliers d’euros si vous souhaitez acheter une licence IV), le mobilier et l’équipement professionnel (machines à café, réfrigérateurs, vaisselle, système de caisse), les premiers stocks de boissons et snacking, ainsi que les premiers salaires du personnel.
Estimer précisément le budget
Pour planifier avec précision les besoins en financement d’un bar, n’hésitez pas à vous faire accompagner d’un comptable. Il pourra vous aider à chiffrer précisément les dépenses à prévoir pour établir le budget prévisionnel. Ensemble, vous pourrez lister les postes de dépenses en demandant des devis à vos futurs fournisseurs ou en vous renseignant auprès de vos futurs confrères et consoeurs.
| Poste | Estimation |
|---|---|
| Local et travaux | Quelques dizaines de milliers d’euros (selon l’état et la surface) |
| Licences et formations | ~1 000 € à plusieurs milliers d’euros (licence IV) |
| Mobilier et équipement | Variable (machines, tireuses, réfrigérateurs) |
| Stocks initiaux | Variable (bouteilles, fûts, snacking) |
| Salaires d’ouverture | Selon effectif |
Localisation : bien choisir l'emplacement
Le succès de votre futur établissement réside en grande partie dans son emplacement. Il existe de nombreuses zones à haut potentiel économique : centres commerciaux, rues piétonnes ou places très passantes en centre-ville, quartiers d’affaires, bords de plages ou de lacs, sites touristiques en zone rurale, etc. Vous devrez sans doute en visiter plusieurs avant de trouver la perle rare.
Observez les établissements déjà installés dans le quartier, en les visitant à différents horaires. Vous pourrez vous faire une idée de la fréquentation et du potentiel des lieux. N’hésitez pas à vous installer sur place en journée et en soirée pour observer les flux de piétons ainsi que la circulation automobile ou cycliste dans les rues alentour.
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Matériel et équipement nécessaire
Une fois le local commercial trouvé, vient le moment de lui donner vie ! Commencez par faire une liste précise de tous les équipements de bar dont vous aurez besoin avant l’ouverture, du mobilier jusqu’à la décoration.
- vaisselle : différents types de verres, tasses, assiettes ;
- plateaux de service ; shakers, pilons et ustensiles pour cocktails ;
- comptoir et étagères de rangement ; tireuses à bière ;
- mobilier : chaises, tables, banquettes, tabourets, canapés, mobilier d’extérieur ;
- réfrigérateurs, congélateurs, fours ; machine à glaçons ; machine à café ; lave-verres ;
- équipement Hi‑Fi : enceintes, écrans ; signalétique et petits objets (paillassons, balais, porte-parapluies).
N’hésitez pas à demander différents devis à vos fournisseurs pour estimer le coût de votre matériel avant l’ouverture du bar.
Formations et obligations légales
Les exploitants de débits de boissons doivent être titulaires d’un permis d’exploitation (PE). Une formation obligatoire vous permet d’acquérir les connaissances de base sur les réglementations et la sécurité dans un débit de boissons. Celle-ci dure quelques jours, pour un total de 20 heures, et vous donne accès au permis d’exploitation. Le permis d’exploitation est valable 10 ans. Ensuite, vous pourrez le renouveler après une formation de rappel de 7 heures.
Attention : pensez à commencer la formation le plus tôt possible. Le permis d’exploitation est nécessaire pour l’obtention de la licence d’un débit de boissons. Ne peuvent exploiter des débits de boissons à consommer sur place les personnes condamnées pour certains délits (liste encadrée par la loi).
Les licences de débit de boissons
Si vous servez de l’alcool, il est obligatoire de posséder l’une des licences officielles :
- Licence III : boissons fermentées non distillées (vin, bière, cidre, poiré, etc.) ;
- Licence IV : rhums, alcools distillés et toutes autres boissons alcooliques (gin, vodka, whisky, etc.).
Le nombre de licences de débits de boissons étant limité dans chaque ville, il est parfois nécessaire de racheter celle d’un ancien établissement. Pour obtenir une licence, vous devez être majeur. Certaines condamnations judiciaires peuvent annuler ou suspendre ce droit.
Hygiène et sécurité
La formation hygiène alimentaire (HACCP ou « Hazard Analysis Critical Control Point ») est obligatoire si vous proposez des produits transformés à vos clients, tels que des plateaux de charcuterie. La méthode HACCP permet de déterminer et d'analyser les dangers biologiques, chimiques et physiques qui pourraient menacer les denrées alimentaires et d'en déduire les actions préventives.
Les établissements recevant du public (ERP) doivent respecter des normes strictes concernant les incendies : alarmes, plan d’évacuation et affichage de l’interdiction de fumer à l’intérieur. Ces actions de prévention sont contrôlées par la commission consultative départementale de sécurité et d'accessibilité (CCDSA).
Votre établissement doit être accessible à tous, y compris aux personnes à mobilité réduite. N’hésitez pas à vous faire accompagner par une entreprise spécialisée pour aménager les sanitaires, le parking, les entrées et l’intérieur de votre établissement.
Démarches administratives essentielles
Avant de pouvoir ouvrir officiellement votre bar et accueillir vos premiers clients, vous devrez réaliser un certain nombre de démarches administratives. Pour éviter tout retard inutile, il est important de réaliser ces démarches dans un ordre précis.
- Créer votre entreprise (micro‑entreprise / auto‑entrepreneur ou société selon le choix).
- Suivre la formation de 20 heures pour obtenir le permis d’exploitation (obligatoire avant demande de licence).
- Demander la licence de débit de boisson auprès de la mairie (ou préfecture pour Paris) : la déclaration doit être faite au moins 15 jours à l’avance via le formulaire Cerfa n°11542*05.
- Faire la déclaration sanitaire auprès de la DDPP si vous utilisez, transformez ou entreposez des denrées animales ou d’origine animale.
- Déclarer l’ouverture à la DDPP dans le mois suivant l’ouverture si concerné.
Sachez par exemple que vous ne pourrez pas faire votre demande pour une licence de débit de boisson si vous n’avez pas obtenu de permis d’exploitation au préalable. En parallèle de ces différentes démarches, il vous faudra créer une société qui encadrera votre future activité si vous n’optez pas pour le régime micro‑entreprise.
Affichages et obligations en salle
- Affichage de l'interdiction de fumer et des dispositions relatives à la répression de l'ivresse publique et à la protection des mineurs.
- Affichage des prix pratiqués au comptoir et en salle pour les principales consommations.
- Présentation d'au moins 10 boissons sans alcool en étalage.
- Information sur la provenance des vins vendus sur les menus (décret n° 2022-1038).
Horaires, nuisances et zones protégées
Le respect des horaires d'ouverture et de fermeture est fixé par arrêté préfectoral. Il existe des zones protégées où l’implantation d’un débit de boissons peut être limitée (périmètres autour d’hôpitaux, écoles, EHPAD, etc.). Il est conseillé de se rapprocher de la préfecture pour connaître la délimitation des zones de protection.
Il est également nécessaire de mettre en œuvre des moyens tendant à limiter le bruit et à protéger l'audition du public. Pour jouer de la musique dans votre bar, vous devez formuler une demande d'autorisation et payer les droits auprès de la SACEM (tarification selon nombre de couverts, localisation et jours d'ouverture).
Ouvrir un bar-restaurant ou proposer de la petite restauration
Ouvrir un bar-restaurant est légèrement plus complexe. Ce projet demande un peu plus de préparation et de matériel. Si vous souhaitez ajouter des services de restauration, vous devrez notamment vous équiper d’une cuisine professionnelle et obtenir des licences différentes :
- Les restaurants qui souhaitent proposer des boissons alcoolisées pendant le service peuvent détenir une « licence restaurant » ou « petite licence restaurant ». Un bar‑restaurant qui sert des boissons en dehors des repas doit être titulaire d’une licence IV.
- Une formation hygiène est obligatoire : pour les débits proposant une petite restauration, au moins une personne de l’équipe doit avoir suivi une formation d’une durée de 14 heures conforme au référentiel applicable.
Travailler en tant qu’auto-entrepreneur dans la restauration (services : serveur, commis, cuisinier à domicile)
Tous les métiers de la restauration sont ouverts au régime d’auto-entrepreneur : serveur, commis de cuisine, cuisinier à domicile, traiteur, etc. La facturation d’un auto-entrepreneur en restauration est la même que pour tout autre type de micro-entreprise.
La cuisine à domicile est possible sous le régime de l’auto-entrepreneur, sans diplôme obligatoire, mais impose le respect des normes d’hygiène et une déclaration sanitaire auprès de la DDPP. Le cuisinier reste seul responsable en cas d’intoxication alimentaire d’un client.
Le métier de serveur indépendant offre plusieurs avantages en matière de liberté et de flexibilité. Attention toutefois à la règle contre le salariat déguisé : il est conseillé de travailler pour plusieurs établissements et d’éviter de dépendre d’un seul employeur avec des horaires imposés.
Ressources et accompagnement
Pour planifier votre projet, établir un business plan, ou réaliser les démarches administratives, faites-vous accompagner : comptable, chambre de commerce et d'industrie (CCI), organismes de formation agréés pour le permis d’exploitation, DDPP pour les questions sanitaires. LegalPlace et d’autres prestataires proposent des packs et services pour vous aider à immatriculer votre activité et constituer vos documents juridiques.
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En commençant très tôt la communication sur votre futur bar, vous aurez plus de temps pour créer une véritable communauté et l’information aura plus de chances d’atteindre le plus grand nombre. Recrutez le personnel nécessaire, organisez les travaux, l’ameublement et la décoration, et préparez vos stocks avant l’ouverture.
Enfin, sachez qu’une ouverture réussie repose sur une préparation méthodique : définir le concept, chiffrer précisément le budget, choisir l’emplacement, obtenir les formations et licences obligatoires, respecter les normes d’hygiène et de sécurité, et mettre en place une gestion adaptée au statut d’auto‑entrepreneur ou de société selon vos ambitions.
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