Conseils pour quitter une petite entreprise pour une autre

Entre quête de sens et désir de stabilité, le choix est parfois cornélien. D’un côté, l’époque n’est plus aux carrières qui durent toute une vie : la mobilité et la polyvalence sont encouragées. Et depuis la génération Y en particulier, le souhait de se réaliser et/ou de se réinventer est au cœur du projet professionnel. De l’autre, le spectre du chômage et de la précarité effraient plus que jamais.

Avant toute chose, il s’agit de comprendre et d’identifier qu’un changement est nécessaire et que ce cadre de travail ne nous convient plus. Pour cela, il faut vous connecter à votre corps, qui peut vous envoyer toute une série de petits signaux (maux de tête, douleurs dans le dos, troubles du sommeil, troubles alimentaires…).

Faire le point sur vos motivations

Faites le point sur les raisons de votre démission. Avant de poser votre démission, prenez le temps de la réflexion ! Assurez-vous que vous avez mûrement réfléchi à votre décision et que celle-ci n’est pas le résultat d’une remise en question temporaire ou d’une situation passagère. Démissionner d’un emploi en CDI n’est pas un acte anodin et il est donc essentiel d’y avoir sérieusement réfléchi pour être certain de prendre la bonne décision.

  • Analyser les raisons qui vous poussent à quitter votre emploi : salaire, manque d’opportunités pour évoluer, équilibre de vie, conditions de travail, ambiance dans l’équipe, … Enumérez les éléments qui motivent votre envie d’ailleurs.
  • Listez également toutes les raisons qui pourraient vous faire rester chez votre employeur.
  • Vérifier si des réponses peuvent être apportées à certaines des problématiques identifiées précédemment : formation, promotion, télétravail, coaching, augmentation de salaire, …

Y a-t-il encore des choses qui vous plaisent dans votre poste actuel ? Peut-être réaliserez-vous qu’il s’agit juste d’une lassitude passagère et qu’à l’instar d’une romance qui s’essouffle, la flamme a simplement besoin d’être ravivée. Si en revanche la liste des bénéfices et autres sources de joie apportés par votre travail est quasi-inexistante ou ne suffit pas à faire passer votre envie de partir, il est peut-être temps d’envisager de nouveaux horizons.

Affiner la connaissance de soi et mesurer les peurs

Pour faire un choix professionnel majeur, il est essentiel de se poser les bonnes questions. Est-ce vraiment le travail qui pose problème ou autre chose ? Or, pour répondre à ces questions et afin de prendre toute décision de manière éclairée, encore faut-il affiner sa connaissance de soi. Si votre incertitude naît d’une méconnaissance profonde de qui vous êtes et ce qui vous anime, les tests de personnalité peuvent vous aider.

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Le test de Myers-Briggs en particulier est très utilisé par les recruteurs et les psychologues du travail. Vous pouvez également vous appuyer sur les neurosciences ou encore retracer la chronologie de votre parcours pour détecter vos évolutions et le rôle qu’a joué votre personnalité (de manière positive et négative) à ces moments clés.

Est-ce une peur de la nouveauté, celle de ne rien trouver de mieux ou un manque de confiance en vous ? Il est important de discerner la crainte qui vous bloque. Il faut aussi se poser la question de la sécurité financière : Sécurité financière avant tout chose c'est une évidence.

Explorer des alternatives avant de partir

Vous hésitez entre vous accrocher à votre emploi ou aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte ? Si oui, peut-il éventuellement être satisfait en changeant les conditions de votre poste actuel sans pour autant démissionner ou changer d’entreprise ?

N’hésitez pas à proposer des améliorations : cours de yoga ou méditation en entreprise, formation en communication bienveillante, apéros entre collègues, pratiques plus éco responsables… En bref, « soyez le changement que vous désirez voir dans le monde » ! Au mieux, vous aurez obtenu satisfaction tout en ayant un impact positif sur votre communauté.

La situation n’est pas forcément figée ! Il suffit parfois d’en parler avec les RH ou les équipes pour trouver des solutions. Si en revanche votre bien-être physique ou mental est durablement affecté, mieux vaut vous protéger avant d’y laisser des plumes.

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Se former et préparer une reconversion

Que ce soit pour acquérir de nouvelles compétences ou vous lancer dans une reconversion professionnelle, sachez que vous pouvez, dans certains cas, vous former sur votre temps de travail. D’après les articles L. 6313-1 et L.6321-1 du Code du Travail, l’employeur doit assurer l’adaptation de ses collaborateurs à leur poste du travail. Ainsi, si l’évolution de votre métier nécessite de nouvelles compétences, vous pouvez demander une formation.

Dans le cadre d’une reconversion, vous pouvez également solliciter votre employeur pour mettre en place un projet de transition professionnelle afin de vous former à un nouveau métier. L’avantage : vous bénéficiez d’une partie de votre salaire pendant toute la durée de votre formation. Si vous ne pouvez pas vous former via votre employeur, il est toujours possible d’utiliser votre CPF pour apprendre de nouvelles compétences hors du temps de travail.

Choisir la meilleure modalité de départ

En deux mots, tu peux quitter ton taff de 3 façons :

  1. la démission : tu décides unilatéralement de quitter ton emploi (le “c’est pas toi c’est moi” qu’on te souhaite).
  2. le licenciement : ton employeur décide unilatéralement que tu dois quitter ton emploi (”ma décision est prise”).
  3. la rupture conventionnelle (la rupture co de son petit nom) : toi et ton employeur vous mettez d’accord (”on reste amis ?”).

1. Quitter son taff par une démission - Avantages : tu choisis quand tu pars (tu as quand même un préavis attention), c’est simple à mettre en place (tu envoies ta petite lettre recommandée avec accusé de réception). Inconvénients : a priori, tu ne touches pas d’indemnités de départ, ni le chômage, sauf si ta démission est légitime. Les seules indemnités que tu peux toucher sont : l’indemnité compensatrice de préavis et l’indemnité compensatrice de congés payés.

2. Quitter son taff par une rupture conventionnelle - Avantages : tu as le droit à une indemnité de départ de la part de ton employeur et au chômage. Inconvénients : ça se négocie, il faut que ton employeur soit d’accord pour te l’accorder (et ça lui coûte des sous). Prends bien en compte qu’il y a au moins 1 mois de délai entre la date de ta rupture co et ton départ.

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3. Quitter son taff par un licenciement - Avantages : tu as le droit à une indemnité de départ et au chômage dans la plupart des cas. Inconvénients : si tu es licencié pour faute grave ou lourde, tu n’as pas le droit à une indemnité de licenciement, ni de préavis. Sache que tu peux toujours contester ton licenciement dans les 12 mois qui suivent grâce au conseil de prud'hommes si ton licenciement est abusif.

Vérifier votre contrat et le préavis

Avant de soumettre votre démission et surtout de vous engager auprès d’un nouvel employeur, renseignez-vous en amont sur les conditions de rupture de votre contrat de travail prévues dans votre convention collective. En effet, celles-ci sont susceptibles de changer selon votre statut (cadre, non-cadre), votre fonction, votre ancienneté au sein de l’organisation ou même votre région.

La durée de votre préavis : En fonction de votre ancienneté et de votre statut, vous devrez respecter un certain délai de préavis. Sa durée oscille en général entre 1 à 3 mois pour un CDI, mais il peut être plus court pour d’autres types de contrats type CDD ou intérim. Si vous souhaitez obtenir une dispense de votre préavis, vous devez obligatoirement la demander à votre employeur.

Les clauses spécifiques : Certaines entreprises incluent des clauses spécifiques dans leur contrat, comme des obligations de confidentialité ou une clause de non-concurrence. Pour être activées, ces clauses doivent obligatoirement avoir été clairement inscrites dans le contrat de travail. La clause de non-concurrence s’active elle après la démission ou le licenciement du salarié. Pour la déclencher, l’employeur doit verser au salarié partant une indemnité financière compensatrice.

Les indemnités prévues : si la démission n’ouvre pas droit à des indemnités de rupture, l’employeur est tenu de verser au salarié partant : le reliquat de son salaire jusqu’au dernier jour travaillé, les éventuelles primes liées au contrat de travail, l’indemnité compensatrice de congés payés ainsi que l’indemnité de non-concurrence si celle-ci n’a pas été levée.

Préparer sa démission et informer son employeur

Votre décision est prise : vous souhaitez définitivement quitter votre travail. Que vous soyez en CDI ou que vous envisagiez de quitter votre emploi avant la fin de votre CDD, démissionner est très simple ! Vous pouvez le faire à l’oral ou à l’écrit, sans en justifier le motif. Néanmoins, nous vous conseillons de l’annoncer à l’oral et, pour éviter tout litige, d'envoyer une lettre de démission par courrier recommandé avec accusé de réception.

D’un point de vue légal, la démission n’est soumise à aucune condition de forme et peut être orale. Cependant, pour éviter tout litige possible, il est fortement recommandé de matérialiser votre envie de quitter votre fonction dans une lettre de démission. Et même si vous pouvez la remettre en mains propres, il est préférable de l’envoyer en recommandé avec accusé de réception.

Prévenez votre responsable hiérarchique et vos collègues. Une fois votre décision prise, commencez par informer sans délai et en tout premier lieu votre manager. Demandez-lui simplement un entretien et expliquez-lui cordialement les raisons qui vous poussent à quitter l’entreprise. Soyez honnête, mais restez respectueux, même si vous quittez l'entreprise pour des raisons négatives.

Si vous êtes en bons termes avec votre manager, nous vous conseillons de le prévenir à l’oral un peu en amont de l’envoi de votre lettre de démission afin de ne pas le prendre totalement au dépourvu. Qui sait, il pourrait peut-être même vous faire une contre-proposition pour tenter de vous retenir !

Gérer le préavis et organiser la passation

Une fois votre démission actée et votre date de départ définie, vous pouvez maintenant commencer à organiser la fin de votre contrat et anticiper les démarches à prévoir pour votre passation. Pour faciliter les départs et la période de préavis, il arrive que certaines entreprises aient formalisé les étapes et actions à suivre dans une procédure d’offboarding.

Si jamais, ce n’est pas le cas, voici quelques démarches que vous pouvez mettre en place pour partir sereinement :

  • Triez et rangez vos dossiers pour permettre à vos collègues, à votre successeur ou à votre manager de facilement trouver les informations après votre départ.
  • Listez les projets en cours et vos avancées par écrit dans un document récapitulatif que vous pourrez mettre à jour au moment de votre départ.
  • Assurez ou préparez la formation et la prise de poste de votre successeur. Liste des missions, des contacts ou des ressources utiles, formalisez au mieux votre passation.
  • Prévoyez un échange avec vos interlocuteurs internes et externes. Faites le point sur les dossiers en cours et/ou prenez simplement le temps de les remercier pour leur collaboration au cours de ces derniers mois/années.
  • Faites un état des lieux de vos équipements (ordinateur, téléphone portable, voiture de fonction, …) et assurez-vous de les remettre en bon état avant votre départ.

Si jamais vous n’avez pas trouvé de nouvel emploi au moment de votre démission, n’oubliez pas de mettre à jour votre CV avec votre dernière expérience professionnelle. Profitez de ce moment pour évaluer votre parcours professionnel et vos aspirations futures pour votre carrière.

Négocier plutôt que confronter

La négociation donnait d’aussi bons, voire de meilleurs, résultats que le contentieux, dans des délais bien plus courts. L’idée du conflit peut faire peur, mais il ne s’agit pas d’une guerre ouverte. Si vous n’êtes pas d’accord, si vous ressentez un mal-être ou l’envie de partir, il est important que vous puissiez l’exprimer de façon constructive et saine, pour se prémunir de l’explosion d’une marmite de frustration au plus mauvais moment.

La posture est essentielle. Certes, il y a un certain rapport de force, mais la négociation n’est pas un duel et il faut savoir y apporter de la subtilité et ne pas être trop agressif. L’expression que j’utilise souvent, c’est « une main de fer dans un gant de velours ». Et pour cela, l’idéal est de se mettre à la place de votre interlocuteur : si j’étais lui, comment aimerais-je que la discussion soit abordée ?

Quand on négocie, on doit arriver avec un scénario en tête, exposer les raisons qui font que la situation n’est plus tenable pour les parties. La procédure de licenciement négocié peut aussi être une solution intéressante et gagnant-gagnant.

Documents et droits à récupérer

Quel que soit ton mode de départ (démission, rupture co, licenciement), ton employeur est obligé de te remettre trois documents à la fin de ton contrat : le certificat de travail, l'attestation France Travail (indispensable pour t'inscrire au chômage) et le reçu pour solde de tout compte. Et s'il y a de l'épargne salariale dans ta boîte, il doit aussi te donner un récapitulatif des sommes épargnées. Vérifie bien que tu as tout avant de partir.

Conseils pratiques et état d’esprit

Il est important de ne pas sous-estimer la charge émotionnelle d’une rupture professionnelle, et l’accompagnement peut vous apporter ce recul que vous n’avez pas et limiter les risques. Je pense qu’il faut changer la façon dont on perçoit le recours à l’avocat. Si vous sentez que cela ne va pas et que vous avez besoin de conseils, allez-y. Ce n’est pas parce que vous consultez un avocat que vous allez aboutir à une procédure en contentieux. Au contraire, je suis souvent dans une posture de médiation entre les entreprises et mes clients.

Ne passez pas à côté d’une belle opportunité par peur de ne plus travailler avec des personnes que vous appréciez - prenez le temps pendant le process de recrutement de découvrir la culture de l’entreprise qui vous intéresse, passer un moment informel avec vos potentiel·les collègues pour vous assurer d’un environnement sain.

Exemple de lettre de démission (formule simple)

Je tiens à vous remercier pour les opportunités offertes durant mon parcours au sein de votre entreprise. Je me tiens à votre disposition pour toute question concernant la transition ou pour organiser la remise de mes responsabilités. Cordialement, [Votre signature]

Prendre la décision et avancer

Après avoir pris le temps de peser le pour et le contre de quitter un emploi de longue durée pour un nouveau poste, nous espérons que vous avez une meilleure idée de ce qui est le plus approprié pour vous ! Chez Leonid, nos consultants sont là pour vous donner des conseils professionnels et partager leurs expériences - cela reste bien entendu une décision personnelle qui vous appartient.

Enfin, n’oubliez pas démissionner est une décision importante et il est essentiel de le faire de manière professionnelle et réfléchie. En respectant les procédures, en maintenant des relations positives et en préparant soigneusement votre départ, vous maximisez vos chances d’entamer une nouvelle étape de carrière sereinement.

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