Actif et Passif : Définitions et Composantes du Bilan Comptable

L’actif et le passif du bilan comptable sont deux éléments relativement simples à comprendre en surface. L’actif du bilan se positionne au débit (partie gauche du bilan), et le passif du bilan se positionne au crédit (partie droite du bilan). Ça paraît facile dit comme ça, mais c’est en réalité un peu plus complexe. On va décortiquer tout ça ensemble et vous allez voir que, finalement, l’actif et le passif, c'est pas sorcier !

Le Bilan Comptable : Tout comprendre en 6 minutes !

L'Actif en Comptabilité

L’actif est composé des éléments que l’entreprise possède, qu’il soit matériel ou immatériel. Ce sont des éléments identifiables du patrimoine d’une entreprise avec une valeur positive pour l’entité concernée. Ils sont utilisés par l’entreprise pour les besoins de son activité.

Dans le bilan, l’actif est situé sur la partie gauche du tableau. Il est composé de trois rubriques : l’actif immobilisé, l’actif circulant et les comptes de régularisation. Les rubriques sont classées de la moins liquide, à savoir les immobilisations, jusqu’à la plus liquide (les disponibilités en caisse, autrement dit la trésorerie) en passant par les stocks et les créances clients.

Les composantes de l’actif ont donc généré des ressources à un moment donné, ou sont en train d’en générer actuellement ou vont en générer dans l’avenir.

Actif du Bilan Comptable

L'Actif Immobilisé

L’actif immobilisé comprend l’ensemble des biens qui vont servir de façon durable à l’activité de l’entreprise. En langage comptable, on appelle cela des « immobilisations ». On en distingue trois catégories :

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  • Les immobilisations incorporelles : ce sont les actifs de l’entreprise qui n’ont pas de substances physiques et qui ne sont pas monétaires. Comme exemple d’immobilisations incorporelles nous pouvons citer les brevets, les fonds de commerce, les frais d’établissement ou encore le droit au bail.
  • Les immobilisations corporelles : il s’agit d’actifs physiques qui seront utilisés sur plus d’un exercice comptable. Ils serviront à l’entreprise dans le cadre de son activité, loués à des tiers ou à des fins de gestion interne. Les terrains, les bâtiments, les machines, le mobilier … constituent les immobilisations corporelles.
  • Les immobilisations financières : ce sont des actifs financiers durables. Les prêts accordés à l’entreprise, les cautions ou encore les titres de participation sont des immobilisations financières.

L'Actif Circulant

Cette partie concerne tous les éléments qui ne vont pas être utilisés de façon durable par l’entreprise. C’est-à-dire qu’ils sont susceptibles d’être monétisés à une échéance inférieure à un an. Ces éléments sont généralement consommés au cours du cycle d’exploitation de l’entreprise. 6 rubriques composent l’actif circulant :

  • Les stocks et en-cours : ce sont les marchandises, les biens non encore acquis et les travaux en cours. Ils interviennent dans le cycle d’exploitation pour être vendus ou consommés dans le processus de production.
  • Les avances et acomptes versés sur commande : lorsqu’une entreprise passe une commande auprès d’un fournisseur, celui-ci peut demander le versement d’un acompte.
  • Les créances : ce sont les créances que l’entreprise détient à l’égard des tiers (clients, trésor public …).
  • Les valeurs mobilières de placement : il s’agit de titres acquis en vue de réaliser des gains à court terme.
  • Les disponibilités : c’est l’ensemble des sommes figurant sur la caisse et des soldes positifs des comptes bancaires.
  • Les charges constatées d’avance : elles correspondent à des achats de biens ou de services dont la fourniture ou la prestation interviendra ultérieurement.

Les Comptes de Régularisation

Cette partie ne concerne pas les PME. Les comptes de régularisation désignent les charges à répartir sur plusieurs exercices comptables ainsi que les écarts de conversion-actif. Ces derniers concernent les enregistrements comptables particuliers que doit faire l’entreprise lorsqu’elle commerce avec d’autres structures en devise étrangère.

Pour illustrer la liquidité croissante, nous isolons la partie du bilan correspondant à l’actif.

Commençons par présenter le bas de l’actif du bilan comptable et remontons pas-à-pas pour bien comprendre.

Au bas de l’actif du bilan, nous avons la caisse qui, avec ses espèces sonnantes et trébuchantes, offre ses liquidités les plus disponibles pour honorer un règlement immédiat. Sur notre exemple de bilan, ça correspond à la partie « Disponibilités ».

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En remontant dans l’actif du bilan, nous arrivons à la banque. Avec notre compte bancaire, nous pouvons engager des dépenses rapides par chèque, virement, carte de crédit ou retrait d’espèces au guichet.

Remontons encore une marche plus haute dans l’actif, on arrive aux placements en actions, en obligations et en SICAV (société d’investissement à capital variable). Ces postes représentent bien des liquidités, car, en les vendant, nous alimentons la banque. Toutefois, la liquidité est moindre, parce qu'il nous faut attendre un peu pour disposer des fonds.

Avec la caisse, la banque et les placements à court terme, nous sommes restés dans le bas du bilan comptable dans un domaine de liquidités importantes. Le plan comptable fait figurer un 5 au début de ces comptes dits de trésorerie :

  • 503 - Actions ;
  • 506 - Obligations ;
  • 512 - Banque ;
  • 53 - Caisse.

Ces valeurs à l’actif du bilan se caractérisent par la comptabilité générale : ce sont les liquidités disponibles, mais aussi la trésorerie d’actif ou la trésorerie disponible.

Les comptes clients (chiffre 4) représentent des sommes dont nous attendons le règlement. Autrement dit, le chiffre d’affaires facturé, mais non encore encaissé. Pour information, une fois ces encaissements réalisés, ils descendent d’une marche dans le bilan pour alimenter la caisse ou la banque (le compte client diminue et le compte de trésorerie augmente d’autant).

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Remontons maintenant tout en haut de l’actif du bilan comptable, au niveau des immobilisations (classe 2 du plan comptable).

Dans l’hypothèse extrême ou votre entreprise se retrouve en situation de faillite, qu’elle ne dispose plus d’argent, ni de créance client, ni même de stock, elle n’a plus comme autre choix que de vendre ses biens immobilisés pour honorer ses créanciers.

Puisque nous sommes en haut de l’actif du bilan, nous allons le redescendre pour l’analyser encore, mais du haut vers le bas cette fois, afin de mieux en observer le principe de liquidité croissante, et ce, sous un autre angle.

Le Passif en Comptabilité

Le passif est la contrepartie de l’actif du bilan comptable. Il comprend toutes les dettes que l’entreprise a contractées auprès de ses nombreux créanciers. Celles-ci lui permettent de financer son actif.

Le passif du bilan est un élément du patrimoine qui a une valeur économique négative pour l’entreprise. Ce sont des obligations à l’égard d’un tiers qui conduira à une sortie de ressource au bénéfice de ce tiers.

Le passif se situe à droite du bilan comptable. Elle est composée de deux grandes rubriques : le passif interne (capitaux propres) et le passif externe.

Passif du Bilan Comptable

Le Passif Interne

Le passif interne d’une entreprise sont les capitaux propres. Ils représentent les ressources stables de l’entreprise qui doivent figurer dans le bilan avant l’inscription du résultat. Il est constitué de :

  • Capitaux permanents : apports en nature ou numéraires apportés par les associés à la création de l’entreprise ou par augmentation du capital.
  • Les réserves légales et statutaires : elles représentent les bénéfices non distribués et donc à la disposition de l’entreprise. Elles peuvent être imposées par la loi (réserves légales) ou prévues dans les statuts (réserves statutaires).
  • Le report à nouveau : ce sont les bénéfices antérieurs non distribués et non mis en réserve. Leur affectation sera définie à la fin d’un exercice futur.
  • Le résultat de l’exercice : c’est le bénéfice (ou la perte) réalisé par l’entreprise sur l’exercice précédent.

Le Passif Externe

Le passif externe est composé de deux rubriques : les dettes et les provisions pour risques et charges.

  • Les dettes : elles sont composées des dettes dont le montant et l’échéance sont connus. On y ajoute également les charges à payer qui sont les dettes dont le montant ou l’échéance sont estimables avec une faible incertitude.
  • Les provisions pour risques et charges : elles rassemblent les passifs dont l’échéance ou le montant n’est pas fixé de manière précise.

Provisions pour risques: Elles couvrent les risques liés à l’activité de l’entreprise (exemple : provision pour des litiges avec des clients ou des fournisseurs).

Provisions pour charges: Ce sont des prévisions pour restructuration, pour renouvellement ou pour des charges à répartir sur plusieurs exercices.

Au passif du bilan figurent des postes qui représentent les dettes que votre entreprise a vis-à-vis de l’extérieur.

Au chiffre 1 du plan comptable, se présente tout d’abord le capital de l’entreprise. Le capital social de l’entreprise est versé par les actionnaires.

Une question qui revient souvent est : « Comment se fait-il que le capital soit inscrit au passif comme une dette de l’entreprise puisque le capital est censé être détenu par cette dernière ? ». Cette question est logique, car votre entreprise dispose bien de son capital, mais il appartient aux actionnaires. C’est la contrepartie des sommes versées au capital, qui appartiennent bien à l’entreprise, à commencer par les immobilisations : le capital en lui-même n’est pas possédé par votre entreprise, mais bien par les actionnaires. En d’autres termes, l’entreprise doit aux actionnaires de l’argent, à savoir au minimum le montant du capital.

Au chiffre 16 du plan comptable, on constate les autres dettes de l’entreprise, ce sont les emprunts souscrits auprès des organismes financiers (principalement des banques).

Arrivés au chiffre 4 porté au passif du bilan, nous nous trouvons désormais dans les comptes de tiers. Nous avons déjà vu le compte de tiers « clients » lors de la découverte de l’actif. C’est également possible d’avoir un client au passif dans le cas où il verse un acompte à la commande.

Dans le bilan qui nous sert d’exemple, on retrouve :

  • Les fournisseurs (comptes 401): Vous avez acquis auprès d’eux des biens (stock, marchandises, fournitures) ou alors, vous avez bénéficié de leurs prestations de services. Le montant des factures restant à régler est comptabilisé en tant que dettes au passif de votre bilan comptable. Dans ce cas, c’est votre fournisseur qui vous fait crédit. Si demain, vous payez toutes vos factures, le compte fournisseur sera à 0.
  • Les salariés, charges sociales et impôts et taxes (comptes 421): Le compte 421 salariés représente les sommes nettes à verser aux salariés. À savoir le cumul des sommes portées en net sur chaque bulletin de salaire et non encore versés à la date du bilan.
  • Les charges sociales (comptes 43) sont toutes les charges salariales que l’entreprise doit verser aux organismes concernés : la Sécurité sociale, l’URSSAF, la retraite complémentaire, les mutuelles, etc. Si vous êtes salarié, alors ce sont les lignes qui figurent sur votre bulletin de paie et qui viennent diminuer votre net à payer, plus les cotisations patronales.
  • Les impôts et taxes (compte 44) concernent la fiscalité de l’entreprise : la TVA collectée ou à payer (la TVA déductible s’inscrit à l’actif), l’IS et toutes les autres impositions et taxes à payer au Trésor public. Pour connaître toutes ces taxes, vous pouvez parfaire vos connaissances sur le site officiel.

En bas du passif du bilan, le compte banque représente un découvert bancaire. C’est bien une dette à rembourser le plus tôt possible.

Autant à l’actif du bilan, il est question de liquidité croissante, autant pour le passif, il est question d’exigibilité croissante. Pour expliquer ce principe, nous allons donc remonter le passif du bas vers le haut, comme pour l’actif :

Banque Compte 512: L’éventuel découvert bancaire représente la dette la plus exigible. En effet, l’entreprise doit combler rapidement son découvert bancaire pour des raisons évidentes (agios, risque d’interdit bancaire, etc.)

Comptes de tiers: Il va de soi que ces tiers ont une patience limitée : il faudra donc les payer rapidement si l’on veut éviter les ennuis. Le compte 401 concerne les fournisseurs ayant livré leurs produits ou leurs services. Ils attendent ainsi d’être payés.

Emprunt ou dette à long terme: La banque nous a accordé un prêt sur une longue période. Les dettes à long terme nous donnent ainsi une réelle sécurité financière. En effet, nous avons un calendrier de remboursement connu dans le temps.

Capital: Nous avons tout notre temps pour rembourser les actionnaires, car ceux-ci ont souscrit au capital pour une durée indéterminée. On peut également rajouter les réserves et le report à nouveau (ce sont des résultats conservés au sein de l’entreprise) et le résultat. Le tout forme ce que l’on appelle les capitaux propres.

La TVA : Taxe sur la Valeur Ajoutée

La TVA, taxe sur la valeur ajoutée, est un impôt sur tous les biens et services consommés ou utilisés en France. La TVA repose sur le régime des déductions des différentes transactions d’amont, ce qui signifie que la taxe est supportée en totalité par le consommateur final.

La TVA est répercutée par l’entreprise sur le client, qui en supporte la charge ou la déduit s’il n’est pas le consommateur final. Autrement dit, la TVA n’est pas un impôt sur les bénéfices de l’entreprise mais uniquement un impôt collecté par l’entreprise pour le compte de l’Etat. En conséquence, le compte de résultat de l’entreprise est exclusivement hors taxes (hors TVA) et la TVA collectée et la TVA déductible sont comptabilisées dans des « comptes de tiers » au bilan (« Etat-impôts et taxes »).

TVA Collectée et TVA Déductible

Le montant de la TVA à collecter est un impôt indirect dont doit s’acquitter les clients qui achètent vos produits ou services. La notion de “collecte” prend alors tout son sens. Votre produit est vendu 2500€ HT avec une TVA à 20%, ce représente un montant TTC de 3000€.

La TVA déductible quant à elle ne vient pas s’ajouter à vos charges, au contraire. Comme son nom l’indique la TVA déductible vient se soustraire à la TVA collectée. Vous effectuez un achat de 500€ HT auprès de votre fournisseur avec un taux de TVA à 20%.

La TVA collectée a été facturée aux clients mais elle n’a pas encore été reversée à l’Etat, c’est donc une dette pour l’entreprise. Dans le cas contraire, c’est l’Etat qui vous est redevable d’une somme, c’est ce qu’on appelle le crédit de TVA.

Lors de l’établissement des comptes annuels, des opérations d’inventaire sont comptabilisées à la date de clôture de l’exercice.

Tableau récapitulatif des composantes de l'Actif et du Passif

Composantes Nature Exemples
Actif Immobilisé
Immobilisations Incorporelles Actifs virtuels Fonds de commerce, logiciels, brevets
Immobilisations Corporelles Actifs physiques Ordinateurs, véhicules, bâtiments
Immobilisations Financières Actifs financiers durables Dépôts de garantie, participations financières
Actif Circulant
Stocks Biens acquis ou produits non vendus Stock de marchandises, matières premières
Passif
Capitaux Propres Ressources stables de l'entreprise Capital social, réserves, report à nouveau
Dettes Obligations envers des tiers Emprunts bancaires, dettes fournisseurs

Les Équilibres du Bilan de l'Entreprise

Il y a trois équilibres du bilan qui sont fréquemment utilisés : il s’agit du fond de roulement, du besoin en fond de roulement et du besoin en trésorerie.

  • Le fond de roulement : cette variable met en évidence la politique de financement de l’entreprise. Il permet de s’assurer de l’équilibre de la structure financière de l’entreprise. Il se calcule simplement en faisant la différence entre les ressources permanentes et l’actif immobilisé. Si le fonds de roulement est positif alors il va pouvoir financer l’exploitation de l’entreprise. En revanche, s’il est négatif, l’entreprise pourrait faire face à des difficultés pour financer ses dépenses courantes.
  • Le besoin en fond de roulement : il représente la somme nécessaire que l’entreprise doit posséder pour financer ses charges courantes avant de percevoir le paiement dû par ses clients. Le besoin en fond de roulement (BFR) est un indicateur de l’autonomie financière de l’entreprise. Il se calcule en retranchant le montant des dettes à la somme des créances et des stocks.
  • Le besoin en trésorerie : celui-ci s’obtient par la différence entre le fond de roulement et le besoin en fond de roulement. La trésorerie représente l’ensemble des liquidités disponibles en caisse ou sur le compte bancaire de l’entreprise.

Il existe de nombreux autres ratios et indicateurs issus du bilan. Votre expert-comptable vous accompagnera pour les établir. Vous aurez ainsi la possibilité d’étudier le cycle de financement de votre entreprise à un instant précis.

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