Définition de la Population par Ville Selon l'INSEE

La compréhension des dynamiques urbaines et rurales en France nécessite une définition claire et précise de la population par ville. L'Institut National de la Statistique et des Études Économiques (INSEE) joue un rôle central dans cette définition, en fournissant des outils et des méthodes pour analyser et classer les communes en fonction de leur population et de leur structure urbaine.

Carte de la densité de population en France

Carte de la densité de population en France.

Définition de la Population Totale

Le concept de population totale est défini par le décret n°2003-485 publié au Journal officiel du 8 juin 2003, relatif au recensement de la population.

La population totale d'une commune est égale à la somme de la population municipale et de la population comptée à part de la commune. La population totale d'un ensemble de communes est égale à la somme des populations totales des communes qui le composent.

La population totale est une population de référence à laquelle de très nombreux textes législatifs ou réglementaires font référence. A la différence de la population municipale, elle n'a pas d'utilisation statistique car elle comprend des doubles comptes dès lors que l'on s'intéresse à un ensemble de plusieurs communes.

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Ce concept diffère un peu de celui en vigueur lors du recensement de 1999 : Population totale (recensement de la population 1999). Le principal changement concerne les élèves ou étudiants majeurs âgés de 25 ans ou plus ayant leur résidence familiale sur le territoire de la commune et qui résident dans une autre commune pour leurs études : désormais, ils ne sont plus comptés dans la population totale de la commune de leur résidence familiale.

Qu'est-ce qu'une Ville pour l'INSEE ?

L’institut s’est constitué sa propre définition, qui a encore cours aujourd’hui, que vous pourrez utiliser à bon escient pour comprendre les statistiques sur la ville. Voici la définition qu’ils donnent sur leur site internet.

Les villes et agglomérations urbaines, désignées aussi sous le terme unique d’unité urbaine, dont la délimitation est fondée sur le seul critère de continuité de l’habitat, peuvent être constituées :

  • De deux ou plusieurs communes, c’est-à-dire d’une ville-centre et de sa banlieue (exceptionnellement de plusieurs villes-centres), sur le territoire desquelles une zone agglomérée contient plus de 2 000 habitants ; une telle unité urbaine porte alors le nom d’agglomération multicommunale ;
  • D’une seule commune, dont la population agglomérée compte au moins 2 000 habitants ; une telle commune est dite ville isolée ou plus communément ville.

Une première délimitation des villes et agglomérations urbaines a été réalisée à l’occasion du recensement de 1954.

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Définition d'une Unité Urbaine

La notion d’unité urbaine repose sur la continuité du bâti et le nombre d’habitants. Les unités urbaines sont construites en France métropolitaine et dans les DOM d’après la définition suivante : une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) qui compte au moins 2 000 habitants.

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Si l’unité urbaine se situe sur une seule commune, elle est dénommée ville isolée.

Si l’unité urbaine s’étend sur plusieurs communes, et si chacune de ces communes concentre plus de la moitié de sa population dans la zone de bâti continu, elle est dénommée agglomération multicommunale.

Si une de ces communes concentre moins de la moitié de sa population dans la zone de bâti continu mais qu’elle y concentre 2 000 habitants ou plus alors elle constituera une unité urbaine isolée.

L’agglomération de Paris désigne l’agglomération multicommunale contenant Paris. Enfin, on désigne par « commune hors unité urbaine », les communes non affectées à une unité urbaine.

Ces seuils, 200 mètres pour la continuité du bâti et 2 000 habitants pour la population des zones bâties, résultent de recommandations adoptées au niveau international. À titre d’exemple, dans le règlement européen encadrant le recensement de la population, des statistiques de population basées sur le zonage en unités urbaines sont attendues.

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Le calcul de l’espace entre deux constructions est réalisé par l’analyse des bases de données sur le bâti de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN). Il tient compte des coupures du tissu urbain telles que cours d’eau en l’absence de ponts, gravières, dénivelés importants.

Depuis le découpage de 2010, certains espaces publics (cimetières, stades, aérodromes, parcs de stationnement…), terrains industriels ou commerciaux (usines, zones d’activités, centres commerciaux…) ont été traités comme des bâtis avec la règle des 200 mètres pour relier des zones de construction habitées, à la différence des découpages précédents où ces espaces étaient seulement annulés dans le calcul des distances entre bâtis.

Les unités urbaines sont redéfinies périodiquement. L’actuel zonage, daté de 2020, est établi en référence à la population connue au recensement de 2017 et sur la géographie administrative du territoire au 1er janvier 2020.

Villes Moyennes : Définitions et Seuils de Population

La ville moyenne correspond, en France, à plusieurs seuils statistiques différents selon les auteurs, mais dans tous les cas il s'agit de la différencier de la grande ville. Cette dernière connaît des dynamiques liées aux économies d'échelle et à la métropolisation, et elle a longtemps concentré l'attention des politiques publiques, à l'instar des espaces ruraux. Les villes moyennes ont, quant à elles, longtemps été les oubliées de l'aménagement du territoire. Elles font l'objet depuis les années 2010 d'une attention soutenue en raison des difficultés qu'elles peuvent connaître : dévitalisation des centres, précarité des habitants dans certains quartiers, départ des classes moyennes et aisées vers les espaces ruraux, fermeture des services publics et privés.

En 2017, 15 millions d'habitants vivaient dans des communes de moins de 2 000 habitants, 15 autres millions dans des communes de 2 000 à 10 000 habitants, 22 millions dans des communes de 10 000 à 100 000 habitants, et 10 millions dans des communes de plus de 100 000 habitants.

Voici quelques définitions des villes moyennes selon différents critères :

  • Définition par la population agglomérée : Frédéric Santamaria rappelle que les limites de la ville moyenne sont fluctuantes : « Selon les auteurs, la catégorie "villes moyennes" commence à partir de 20, 30, ou 50 000 habitants. Elle s'achève à 100 000 ou 200 000 habitants » dans l'agglomération.
  • Définition par l'engagement associatif des élus : Les villes moyennes sont représentées par une association d’élus appelée Villes de France, représentant des communes de 15 000 à 100 000 habitants. Il existe d’autres associations de ce type pour les petites villes (Association des petites villes de France, communes de 2 500 à 25 000 habitants) ou les communes rurales (Association des maires ruraux de France, communes de moins de 3 500 habitants).
  • Définition statistique mêlant emploi, population polarisée et statut administratif : L'Insee définit comme ville moyenne « un pôle de moyenne ou grande aire urbaine, comprenant donc plus de 5 000 emplois, dont la population est inférieure à 150 000 habitants et qui n’est pas préfecture d’une ancienne région ». 311 villes de France métropolitaine répondent à cette définition, d'après l'institut. En deçà de ces seuils se situent un très grand nombre d'agglomérations (bourgs ruraux ou petites villes) peu analysées par l'Insee à l'échelle nationale.

Pour illustrer ces définitions, voici un tableau récapitulatif :

Critère Définition Seuil de Population
Population agglomérée Limites fluctuantes selon les auteurs 20 000 - 200 000 habitants
Engagement associatif Villes de France 15 000 - 100 000 habitants
Statistique INSEE Pôle de moyenne ou grande aire urbaine, non préfecture Moins de 150 000 habitants, plus de 5 000 emplois

Populations Légales

Le terme générique de « populations légales » regroupe pour chaque commune sa population municipale, sa population comptée à part et sa population totale qui est la somme des deux précédentes.

Les populations légales sont définies par le décret n°2003-485 publié au Journal officiel du 8 juin 2003, relatif au recensement de la population. Désormais, elles sont actualisées et authentifiées par un décret chaque année. Environ 350 textes législatifs ou réglementaires font référence à ces populations.

La population municipale est celle qui est utilisée à des fins statistiques ; la population totale est la plus souvent utilisée pour l'application de dispositions législatives ou réglementaires.

Jusqu'en 1999, les populations légales étaient déterminées à l'occasion de chaque recensement général de la population. Entre deux recensements elles pouvaient être modifiées par un recensement complémentaire.

A partir de 2008, la nouvelle méthode de recensement basée sur des enquêtes de recensement annuelles permet de calculer chaque année des populations légales actualisées.

Ainsi par exemple, fin 2009 ont été publiées les populations légales qui sont entrées en vigueur le 1er janvier 2010. Ces populations légales étaient millésimées 2007 car elles étaient calculées à partir des informations collectées lors des enquêtes de recensement de 2005 à 2009 et ramenées à une même date : celle du milieu de la période. L'égalité de traitement entre les communes est ainsi assurée.

Le nouveau dispositif de recensement qui actualise les populations légales chaque année se substitue aussi aux recensements complémentaires.

Depuis 2024, le terme de populations légales n’est plus utilisé. Celui de populations de référence s’y substitue.

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